Le « jacobinisme libéral » ou le mariage de la carpe et du lapin

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Le « jacobinisme libéral » ou le mariage de la carpe et du lapin

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 16 mai 2015
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Par Pierre Chappaz

koenigSi la France a un État particulièrement centralisé, on le doit au jacobinisme. Aujourd’hui, deux cents ans après Robespierre, rares sont ceux qui souhaitent encore plus de centralisme. Gaspard Koenig, un philosophe qu’on voit beaucoup dans les médias, est de ceux-là.

Son livre récent, Le Révolutionnaire, l’Expert et le Geek, n’est pas facile à lire. Il y décline, dans un style chargé d’une multitude de références (l’abbé Sieyès, Le Chapelier…) sa thèse centrale : rien ne doit s’interposer entre l’État et l’individu. Il faut une « centralisation puissante pour émanciper l’individu de ses tutelles ». L’ennemi, ce sont les communautés, les corps intermédiaires, les collectivités locales… c’est ce qu’il appelle le « jacobinisme libéral », terme inventé par l’historien socialiste Pierre Rosenvalon.

Koenig est donc partisan d’un État très centralisé et fort, à l’opposé de la plupart des libéraux (dont je suis) qui plaident pour la décentralisation et la subsidiarité.

Logiquement, il s’affiche donc contre la régionalisation, pour une recentralisation. « Repoussons le politique le plus loin possible (des habitants), pour mieux autonomiser le local ». Comprenez : dans le monde idéal du philosophe, les citoyens pourront s’associer pour toutes sortes d’activités, à l’exception de la politique et de l’enseignement, domaines réservés de l’État central.

Le philosophe réclame l’interdiction de l’enseignement privé. Pour lui, la mission première de l’État est de libérer l’individu en l’arrachant à son milieu d’origine, sa famille ou sa religion. Ainsi il propose « une réforme (de l’enseignement) brutale, (qui) entrainera des résistances, que l’État jacobin devra briser sans état d’âme ».

L’homme a du style ! Mais sa philosophie, si elle était mise en œuvre, risquerait bien de produire des hommes déracinés, hors-sol, coupés de leur culture et de leur histoire personnelle et familiale.

À l’opposé de la méfiance traditionnelle des libéraux vis-à-vis de l’État, Koenig veut faire « l’individu par l’État », et non pas « l’individu contre l’État ». L’auteur moque ainsi les positions des libéraux classiques (également appelés libertariens), dépeints comme des nostalgiques des sociétés primitives. Comme si entre l’État tout-puissant et les Guaranis d’Amazonie il n’existait pas de nombreux exemples de sociétés ou l’État est efficace, décentralisé et respectueux de la liberté des citoyens. C’est le cas de la Suisse où je vis, pays de la démocratie directe à tous les niveaux de décision, du gouvernement modeste, et d’une grande liberté de l’individu.

Je dois l’avouer, j’ai achevé le bouquin en diagonale, tant la dernière partie sur Internet m’a épuisé. Koenig y brasse à peu près tous les débats autour de la technologie, de la protection de la vie privée jusqu’au transhumanisme, non sans un confusion certaine.

Il présente comme une évidence la prochaine disparition du travail à cause des robots. La thèse n’est pas nouvelle, elle peut sembler crédible aux yeux des Français habitués au chômage de masse causé par les politiques anti-business des gouvernements successifs, mais le fait est que la plupart des pays développés connaissent le plein emploi. Amateur de belles formules, l’ancien copywriter de Christine Lagarde s’exclame : « l’économie du partage est l’économie du servage » ; « la gratuité (des services Internet) a un prix colossal : l’expropriation de soi »… Je suis connecté depuis 20 ans, travaillant dans l’internet, et je ne me reconnais en rien dans ses analyses. Ainsi quand il dénonce la « démocratie liquide » (démocratie participative par Internet), parce que, tenez-vous bien, « le moi du citoyen cesse d’être celui de l’intérêt général pour devenir la pure traduction d’un intérêt particulier ». Vous avez bien lu, et peut-être comme moi vous demandez-vous comment un auteur qui énonce ce genre de sentence peut être présenté comme un libéral par les médias unanimes ?

La conclusion de Koenig est que « sous les apparences du cool, la Tech recèle une potentialité totalitaire extrême ». C’est le genre d’affirmation avec laquelle tout le monde se sent spontanément d’accord, et pourtant elle est fausse, car elle ignore un facteur essentiel qui est la puissance de l’autorégulation sur Internet. Le jour où une société privée, Google, ou Facebook, ferait un usage incorrect des données concernant les individus, son service serait immédiatement abandonné par ses utilisateurs. Je n’ai pas vu en revanche dans le bouquin de Koenig, mais peut-être l’ai-je loupée, de dénonciation de la vraie menace, celle des États, qui à coup de lois anti-terroristes mettent en place la surveillance de masse des citoyens par Internet.

Décidément, quand bien même je partagerais certaines positions de l’auteur, qui défend quelques idées libérales (il dénonce le planisme et le règne des experts, demande la suppression du statut de fonctionnaire, mais propose aussi de faire défaut sur la dette, ça c’est plus loufoque que libéral), je ressens un gros malaise.

Comme disait Bastiat, qui est un des pères du libéralisme, il y a « ce qui se voit, et ce qui ne se voit pas ». Dans « Jacobinisme libéral », on voit bien le mot libéral. Mais la philosophie qui se cache derrière semble receler quelques relents totalitaires.


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  • Enième avatar du Khmer rouge, du maoïste, du constructiviste, du prométhéen, de celui qui s’enivre de ses propres mots, du fanatique, du secoué.

    Figure -hélas- éternelle.

    Mais avec les oripeaux de l’époque :

    -dents blanches
    -joli sourire
    -geek attitude
    -coiffure impeccable

    On peut en rire.

    Mais au fond, non.

    « Briser sans état d’âme ! », dit il l’air léger comme lorsqu’il commande une salade avec des copeaux de parmesan dans un café à Saint-Germain, jouissant littéralement de lui-même. Dans lui-même.

    Il y a un mot qui décrit cela : l’obscénité.

    Au moins cela nous permet de justifier aisément nos combats contre tous les Gaspard Koening du monde.

    Afin de les renvoyer à leur néant.

  • La centralisation est la restructuration dont la France à besoin,

    Suppression
    des communes, des intercommunalités, des départements, des régions,

    Il restera un seul ministère ; celui de la pensée unique !

    Adieu
    maire, président de ceci ou de cela, de ministre, de premier ministre

    Quelles économies en perspective !

    Une seule obligation, la lecture la prose de Gaspard Koenig

    Attention ;
    Celui qui s’endort pendant la lecture de l’œuvre de ce philosophe, servira de cible, dans un camp d’entraînement au canon antichar !

  • Moi, ce qui m’énerve avec Koenig, c’est qu’il est décrit par tous les médias comme le plus libéral des libéraux de France. À la fois, je pourrais être ravi d’entendre parler en bien du libéralisme à la télévision, dans les journaux, sur le web, grâce à notre camarade Koenig, à la fois cela m’ennuie d’entendre le libéralisme défendu par un énième rousseauiste, car si on devait le caractériser, le catégoriser, Gaspard Koenig tient plus de Rousseau que Bastiat. Je ne sais plus qui me disait, méfie-toi de tes faux amis !, cette personne avait bien raison : nos faux amis nous font plus de tort que nos ennemis. C’est pas comme si le libéralisme n’était pas déjà compliqué à comprendre avec tous ces social libéral, néolibéral, ultra-libéral, libéral conservateur, libéral libertaire, alors Koenig est certes un jacobin, mais il doit encore faire un effort s’il veut être un libéral.

  • Après la lecture de son livre, il me reste la découverte d’Isaac le chapelier, la découverte de philosophes dont j’avais jamais entendu parler : Condillac, Jean-Baptiste Say, Maine de Biran, Benjamin Constant, Frédéric Bastiat, Raymond Aron, Jean-François Revel, Raymond Boudon, etc… un livre qui combat la pensée paresseuse.

    • Ou pour combattre l’inculture, car il n’y a pas besoin d’acheter son livre pour avoir lu ou entendu parler de Jean-François Revel, Raymond Boudon, Frédéric Bastiat, et de Benjamin Constant, il suffit de connaitre un peu l’Histoire de France et de s’intéresser à l’Histoire des idées. Encore un effort, camarade ! Le problème vient d’ailleurs, et ce livre n’est pas la solution.

      • Très surpris par votre message moraliste… je n’ai pas acheter son livre pour entendre parler des auteurs cités. J’ai écrit : découvert en lisant le livre…
        je m’intéresse à l’histoire des idées comme vous écrivez en lisant son livre.
        je ne comprends pas toutes ces attaques contre ce livre.
        d’ailleurs l’avez vous lu ?

        • Hélas oui, je suis en train de le terminer. Désolé pour le ton moralisateur de mon message, c’est vrai, je m’aperçois que c’était agressif de ma part. Disons que, j’ai beaucoup d’estime pour Gaspard Koenig, car Génération Libre, l’association dont il est le fondateur, est l’une des rares associations jeunes libérales de France, et avec Trop Libre de Fondapol,ça fait du bien d’entendre des « jeunes » parler du libéralisme, car Pascal Salin et Alain Madelin ne sont pas éternels et il faut que la relève se fasse. Je constate juste, qu’à force de gesticulations — car je ne vois que ce mot pour qualifier son attitude —, Gaspard Koenig est en train de se perdre dans un mic-mac républicain. Alors, peut-être qu’il a raison, peut-être que sa « stratégie » sera gagnante pour faire parler du libéralisme à nouveau. Et je dois avouer que pour l’instant ça marche. Il est sur les plateaux télé, il écrit des papiers pour de « grands » journaux, et nous avons assistés récemment à plusieurs débats dans les colonnes du Figaro au sujet du libéralisme, ce qui est plutôt inattendu. Et qui sait, Gaspard Koenig sera peut-être le Rand Paul de la France. Mais de Rand Paul, parlons-en ! Rand Paul, à trop vouloir se mettre les conservateurs dans la poche, à trop vouloir ne pas se disputer avec les républicains, à trop vouloir ratisser large, eh bien il ne ratissera rien du tout et fera des déçus. Je peux me tromper, j’espère me tromper, mais Rand Paul ne peut que décevoir car il gesticule, il fait des compromis électoralistes, il cherche à marier le bœuf et le porc. C’est ce que j’appelle des faux amis.

  • « les positions des libéraux classiques (également appelés libertariens) » c’est en anglais que les libertariens sont aussi composé des libéraux classiques et cela parce qu’aux usa, les gauchistes ont pris le terme « liberals » pour eux. Il y a une différence entre libéral et libertarien (une différence de degré, les libertariens étant plus extrémistes)

    • Oui, bien sûr, mais bien évidemment que non. Mon Dieu! Si les prétendus libéraux pouvaient lire les auteurs libéraux et étudier la pensée libérale, si vaste et si riche, au lieu de tomber dans des sophismes. En quoi les libertariens seraient plus extrémistes ? Bientôt vous allez me sortir, comme mon professeur de sociologie, que les libéraux sont à droite, et les libertariens à l’extrême droite ? Attention à ne pas confondre libertariens et anarcho-capitalistes, ce sont deux essences différentes ! Le libertarianisme bien compris n’est rien de plus que le libéralisme des origines, alors y voir un quelconque extrémisme, cette pensée vous appartient.

      • Stéphane Boulots
        16 mai 2015 at 10 h 34 min

        Vous auriez des références à proposer pour étayer votre affirmations ?

        Ma vision ( et elle est peut etre fausse) est que le libéralisme (Locke et la suite) est fondé sur une vision égocentrique et transcendante de la liberté (la foi étant au cœur du libre arbitre) les libertariens ayant une vision antropocentrique, rationnelle et légaliste de la liberté (la raison étant au cœur du libre arbitre)

        • D’un côté, il y a l’Histoire et les faits historiques, qui sont certes laissés à la libre interprétation. De l’autre côté, il y a ma vision du libéralisme, ou plutôt, des libéralismes. Beaucoup de libéraux considèrent en effet John Locke comme le père fondateur du libéralisme. Ce n’est pas mon cas. D’autres, minoritaires, font remonter la tradition de la liberté à Thomas Hobbes ou Machiavel. Je me situe dans cette filiation-là. Le libéralisme, si je devais le définir, j’en serais bien incapable, car il n’y a pas une seule définition du libéralisme — il y a des penseurs de la liberté. C’est pourquoi je ne serais pas aussi sévère avec Gaspard Koenig : s’il a décidé de s’auto-proclamer libéral, soit, c’est qu’il a ses raisons, des raisons que j’ignore. Après, il y a les faits, ou plutôt, des constantes dans la tradition libérale.

          La décentralisation en est une. La méfiance vis-à-vis du pouvoir en est une autre. La préférence pour l’initiative privée. La défense du libre échange. Il y a certaines constantes que l’on retrouve tout au long de l’Histoire du libéralisme qui ne trompe pas. Est-ce que cela signifie que la doctrine libérale coule de source ? Non, mais on peut s’entendre sur les termes. La plupart des libéraux, pas tous, s’entendent sur la question de la propriété de soi — tradition qui remonte effectivement à John Locke et qui est plus de l’ordre de la foi — qu’on peut aisément retrouver à travers l’Histoire des idées libérales en France et en Angleterre. La liberté d’expression ne va pas de soi sans la propriété de soi, or la propriété de soi ne se suffit pas en elle-même, d’où la défense unanime chez les libéraux de la propriété privée — Ricardo avait compris cela.

          En quoi les libertariens diffèrent des libéraux ? Un coup d’œil rapide pourrait nous faire penser que les libertariens diffèrent, en effet, du libéralisme, et que le libertarianisme serait dès lors un sous-ensemble du libéralisme, une divergence, une excroissance, mais lorsqu’on regarde de plus près l’Histoire du mouvement libertarien, qui commence aux Etats-Unis, on constate que le mot « libertarian » n’était qu’un stratagème pour se distancier du nouveau libéralisme naissant qui n’avait pas grand chose de libéral et qui puisait sa source dans une tradition autre que celle des libéraux, à savoir la social-démocratie et le pragmatisme américain.

          L’expression « libertarian » n’était qu’un pied de nez au New Left. Pensez-y, libertaire !, mot inventé par un français pour opposer la liberté des libéraux à la liberté des socialistes. Mais quelle audace ! Les socialistes ont décidé de s’appeler dorénavant libéraux aux Etats-Unis ? Qu’importe ! Les libéraux s’appelleront dorénavant libertaires aux Etats-Unis ! Alors certes, la pensée libérale s’est étoffée dans et par le libertarianisme, mais au fond, c’est la même aventure qui continue sa course folle, avec à ma droite les défenseurs de la liberté individuelle, et à ma gauche les défenseurs de la société solidaire, avec à ma droite des individus qui considèrent, à travers des explications argumentées et des schémas logiques, que la liberté individuelle, le libre choix et la libre entreprise sont des « outils » plus efficace pour aboutir à une société plus solidaire et plus égalitaire, tandis qu’à ma gauche on considère que le collectif est supérieur à la somme des parties, et que l’Etat doit veiller à ce que le Tout fasse société dans une harmonie triomphante et totale.

        • Et pour les références, car c’était la question, voyez avec Sébastien Caré, qui a écrit deux ou trois livres sur le sujet. Je vous conseille Les libertariens aux Etats-Unis : sociologie d’un mouvement asocial.

        • Je ne suis pas convaincu de cette distinction quoiqu’elle soit intéressante pour l’analyse.
          Je pense plutôt que dans l’acception actuelle francophone le libéral est un individu qui met la liberté en avant comme outil pour un « bien commun », ou l’intérêt de la société alors que le libertarien nie la validité de la société comme objet philosophique et pense la liberté comme première, la « société » n’étant que la conséquence émergeant de l’interaction des individus libres, régulée par le refus de l’initiation de la violence (physique).

          Cela dit on peut comprendre ça comme une opposition entre ancien testament (liberté dans le peuple de dieu et pour le peuple, les licences laissées à chacun n’étant que dans ce but) versus nouveau testament (chaque homme considéré comme individu libre pour lui même car fils de dieu et le peuple et sa liberté n’étant que la conséquence de cela, quand il est même pensé).

          • « la société n’étant que la conséquence émergeant de l’interaction des individus libres », les libéraux pensent exactement cela aussi, il n’y a pas de distinction à faire à ce niveau-là entre les libéraux et les libertariens. L’individualisme est à la base du libéralisme et s’oppose justement, et c’est important, à toutes formes de constructivisme. C’est la pierre angulaire pour différencier un libéral de quelqu’un qui ne l’est pas. Un libéral pensera toujours que ce sont les individus qui font société et que la société n’existe pas sans les individus, tandis qu’un non-libéral pensera souvent que la société est supérieure à la somme des individus. Je suis au regret de ne pas vous suivre dans votre analyse.

            • « L’individualisme est à la base du libéralisme »
              « Un libéral pensera toujours que ce sont les individus qui font société »
              J’ai du mal à comprendre le lien entre individualisme et société, pouvez vous être plus clair dans l’interaction de ces 2 notions qui me semble plutôt antinomique ?

              • En fait les deux vont ensemble puisque l’homme est un être social.
                Mais il s’agit de savoir ce qui est premier. Le socialiste considère que le groupe social est premier et que l’individu vaut surtout comme membre du groupe (d’où le nom de socialiste). Le libéral considère que l’individu est premier et que la société (le groupe social) ne vaut que pour les individus qui la constituent.

                De toutes façons il y a des gens (individus) qui se rassemblent en groupe (à commencer par des familles/couples sans lesquelles il n’y aurait pas trop d’individus). Après c’est l’importance relative, la façon de voir ces deux choses (l’élement et l’ensemble) qui créent la distinction.

            • Certes mais le libéral classique intègre toujours dans son discours une place pour la société et admet (voire promeut) une organisation qui vienne faire État. Donc une super structure sociale qu’ils considèrent comme inévitable. Par ex. ils considèrent que la police, la justice, la défense doivent être menés par cette super structure au nom de l’intérêt de tous. Ils pensent parfois qu’un revenu de subsistance doit être donné à ceux qui ont du mal (par la coercition, puisque l’État se définit comme ayant le monopole de la violence légale sur un territoire). Tout cela, finalement, au nom d’un « intérêt du groupe », de la société…

              Évidement ça pose un problème de continuité logique et donc les « libertariens », au sens moderne, à commencer par un Rothbard considèrent que tout ça n’a pas a exister que l’aide aux défavorisés doit être libre et privée, que la police et la justice devraient être des activités commerciales soumises à la concurrence etc. Et cela en raison d’une primauté complète de la liberté de chacun sur un quelconque « intérêt du groupe ».

              • Ah! mais je vous renvoie à l’un des compatriotes. Gustave de Molinari, disciple de Bastiat, considérait qu’on pouvait très bien privatiser la sécurité. De nombreux économistes libéraux sont arrivés aux mêmes constats des années plus tard en utilisant les outils de l’analyse économique. Soyons sérieux. Est-ce vraiment si compliqué de construire des routes ? L’Etat serait-il le seul en mesure d’accomplir de telles prouesses ? Je suis d’accord avec vous lorsque vous dites que de nombreux libéraux accordent une place à l’Etat dans leurs analyses, on peut même dire qu’il existe un Etat libéral : il est constitutionnel, il est centré sur ses fonctions régaliennes, et l’on appelle Etat de droits. Enfin, je serais moins catégorique que vous quant à la vision monolithique du libéralisme, car les penseurs libéraux sont souvent d’accord sur une chose, qu’ils sont souvent en désaccord. En fait, je crois, l’erreur est de vouloir parler absolument de libéralisme plutôt que d’opter, comme je le préfère, pour une tradition de la liberté. Au sein d’une tradition, d’un héritage, vous avez toute un arbre généalogique, toute une arborescence qui apparait, avec ses cousins, ses frères ennemis, les oncles lointains, et même la belle famille. Il est intéressant de focaliser son attention sur l’histoire des mots. Au final, sans vouloir choquer quelqu’un — j’espère que des anarchistes ne trainent pas sur Contrepoints —, on peut dire que le libéralisme et l’anarchisme sont cousins. D’ailleurs, je vais scandaliser tout le monde, mais je considère à titre personnel le socialisme dans la continuité d’un tout, comme d’une dérive de la pensée libérale elle-même. Quand on lit Adam Smith, Ricardo, il n’y a qu’un pas pour en arriver à Marx. Certes, un pas de géant dans l’inconnu et le grand délire communiste, mais les libéraux ont été les premiers à se plaindre des rentes, des monopoles, et même des turpitudes de la propriété. C’est là qu’on arrive à la fin, c’est à ce moment-là qu’on arrive à Rousseau. Il faut relire Rousseau, car c’est lui notre véritable ennemi.

                • Stéphane Boulots
                  16 mai 2015 at 23 h 45 min

                  @Brian :

                  Entièrement d’accord sur la dernière phrase sur Rousseau.

                  Mon opinion est que le holdup est du à deux choses : la volonté de nier la foi, de se réfugier dans la raison pure et l’effet miroir, le mythe de Narcisse, deux éléments dont Rousseau a été le champion.

                  Pour un libéral, la liberté est un don, une grâce : L’homme libre est celui qui croit en sa liberté, don ou grâce divine (quel que soit la source). La liberté est un fait : celui d’être le seul maitre en tout ce qui concerne soi-même.

                  La conscience éclaire cet état de fait : l’homme est conscient de sa liberté, liberté qu’il ne comprend pas, mais qu’il cherche à décrire, à maitriser, à généraliser…

                  C’est cette liberté ‘naturelle’ qui est responsable de toutes les actions des hommes : toute action consciente est le fruit de la maîtrise de soi-même.

                  La liberté est donc à la foi rationnelle et transcendante : la conscience nous la rend rationnelle, mais son origine est transcendante : il n’y a aucune explication autre que le réel au fait que nous sommes les seuls à décider de ce que nous faisons, et ce en toute conscience.

                  Si l’on tente de nier cette transcendance, on cherche des explications uniquement rationnelles au sens de la vie, alors que la raison ne donne aucun sens, elle permet juste de se poser des questions et d’y répondre.

                  Si l’on regarde le reflet de cette liberté, on voit l’humanité, l’Homme, l’espèce humaine à la place de soi-même : on généralise aux autres, à la société ce qui serait bon pour soi.

                  La combinaison des deux donne les utopies, des constructions uniquement rationnelles qui à force de sophismes donne un sens imaginaire : le monde parfait pour le genre humain. La raison en définit alors les règles : une projection de sa propre liberté, de sa propre morale dans un monde imaginaire que l’on voudrait ensuite imposer.

                  Les hommes étant naturellement libres, le monde purement libéral n’existe pas : il est transcendant. Reste donc à découvrir ou à temporairement mettre en place, la moins mauvaise des solutions, moins mauvaise à un moment et en un lieu.

                  Le sophisme de Rousseau est de dire que l’homme est moral naturellement (le bon sauvage) alors que la morale n’est pas humaine, mais personnelle, unique pour chaque individu, donc transcendante ou comme disait Thomas d’Aquin : le chemin que chacun construit pour découvrir Dieu, pour découvrir le sens de la Vie.

                • Et Molinari est souvent considéré comme le premier « proto-anarcho-capitaliste » ou « libertarien » au sens moderne, la boucle est bouclée.

                  Effectivement la liberté étant la valeur centrale et l’individu son terrain d’expression on pourrait facilement dire qu’il y a autant de libéralismes qu’il y a de libéraux, donc classifier et ranger entre « classiques » et « libertariens » ou « ordo-libéraux » etc. n’est pas simple. Même pour des « écoles » définies, type école de Vienne / Autrichienne il y a pas mal de divergences, par exemple entre un Mises, un Rothbard et un Hoppe !

                  Et d’accord avec vous, la racine de l’ennemi, c’est Rousseau.

          • @Franz : clap clap ! Très bonnes définitions 🙂

          • Stéphane Boulots
            16 mai 2015 at 23 h 16 min

            @Franz :

            Vous me confortez entièrement dans mon idée :

            Le libertarien a une approche morale de la politique : refus de la violence, refus de la subordination jugées mauvaises. La liberté selon les libertariens dépend entièrement de la raison : l’homme libre est celui qui n’est pas asservi par aucune hiérarchie, ni aucune violence.

            La libéral a lui une approche amorale de la politique (qui doit être découplée de la morale qui elle ne réside que dans le fait religieux). La liberté selon les libéraux est un élément de foi : il suffit d’y croire pour qu’elle se révèle. L’homme libre est celui qui croit en sa liberté, don ou grâce divine.

            S’en suit une différence fondamentale : le libéral admet les structures politiques, il dit juste qu’elles ne sont plus fonctionnelles quand elles respectent la liberté (que l’on ne peut enlever, celle-ci étant un don, un grâce) – le libertarien mène un combat pour une utopie : celle d’un monde sans contrainte, sans structure politique.

            • Stéphane Boulots
              16 mai 2015 at 23 h 18 min

              erratum : qu’elles sont plus fonctionnelles

            • Oui et non.
              La distinction est juste sur les conséquences, moins, je le crois, sur les prémisses.
              Le « classique » admet qu’il y a une liberté reçue, soit de soi-même, soit de Dieu et donc qu’il peut y avoir une subordination de cette liberté à un État (qui par nature, même pour les tâches régaliennes, empiètera sur certaines libertés).
              Au contraire, le libertarien se reçoit libre parce qu’Homme. Que ce soit une transcendance ou une observation raisonnée, sa liberté est consubstantielle à sa nature humaine (donc c’est le premier droit naturel) et accepter sa restriction est accepter de restreindre son humanité.

              Mais à partir de cela, on arrive quand même à l’idée que généralement le libertarien se concentre sur une utopie (qu’il sait être utopique, mais il faut viser très haut pour ne pas arriver trop bas) comme guide, alors que le classique est plus conservateur et part non point du but à atteindre mais de la situation actuelle.

              Les deux se sont mutuellement utiles, je pense. Le libertarien est une boussole qui évite au libéral les errements à la Koenig, et le libéral classique rappelle au libertarien que pour arriver au but il faut passer par les étapes, les petits pas.

              • Stéphane Boulots
                17 mai 2015 at 0 h 55 min

                Je suis entièrement d’accord : il reste à relier les deux approches : celle théorique du libertarien et celle pratique du libéral, sachant qu’elles vont dans le même sens et pour cela détruire les sophismes Rousseauistes qui divisent encore les deux parties : si l’on suit un découpage purement socialiste : le libéral est d’extrême droite et le libertarien d’extrême gauche 🙂

  • « Le philosophe réclame l’interdiction de l’enseignement privé »
    Je me suis arrêté içi

    • En effet ce genre de phrase pose son libéral n’est ce pas ? Ça me fait penser à mon épreuve d’économie au bac (il y a fort longtemps déjà) ou l’examinateur voulait me faire dire que Marx était un libéral…

    • En effet. Ca devrait être rédhibitoire chez toute personne se disant libérale.

      Ce libéralisme jacobin m’a un peu l’air d’être la forme « franchouillarde » de l’ordolibéralisme allemand, qui veut organiser le libéralisme – économique – à travers l’État. Mais au moins ce dernier à obtenu des résultats certains et n’a pas les prétentions politiques et sociétales dépeintes à travers les idées de M. Koenig.

      (et ce qu’il semble dire sur la robotisation est juste – et surtout en France – complètement fantasmé).

  • D’accord avec P. Chappaz. Adhérent du PLD et attentif habituellement aux idées de Koenig , je me suis demandé quelle mouche communiste l’avait subitement piqué !

  • Je dois dire que j’appréciait assez Gaspard Koenig jusqu’à présent. Mais si il s’avère vrai qu’il pense que l’Etat doit déraciner l’individu et interdire l’enseignement privé, alors je n’ai plus rien à voir avec ce type. Tenir de tels propos et se revendiquer libéral… lol.

    • Oui. Au début il semblait moins pire que la majorité des « intellectuels publics » et au moins un peu libéral. Mais soit qu’il se renie pour continuer à avoir sa dose de paillettes et des spot-lights des médias dominants soit qu’il soit une forme d’homme de paille géant, posant « le libéral » qu’on invite de ci-de là puisqu’il défend des idées qui ne gênent pas trop (et qui ne sont pas libérales), il déçoit, il déçoit.
      Pas les médias mainstream, toutefois.

    • Koenig a inventé le facho libéralisme ? 😀

      ou bien le liberalcommunisme ?

  • Subversion idéologique du libéralisme.

  • Je trouve très insidieuse cette critique de Chappaz, le soi-disant « libertarien » viscéralement anti-immigration.

    Le discours de Koenig est très libéral classique: un état renforcé sur ses missions régaliennes (dans lesquelles il inclut l’éducation, ce qui se discute même chez « les libéraux ») et suppression des corps intermédiaires et autres corporations clientélistes.

    Vouloir en faire un partisan de l' »État fort et centralisé » au sens où les libéraux l’entendent usuellement, c’est créer la confusion et je trouve ça plutôt malhonnête.

    • Je suis pro-immigration et libéral. Je ne cherche pas à défendre M. Chappaz, que je ne lis depuis pas assez longtemps pour savoir ce qu’il pense de l’immigration. En fait, c’est le troisième article que je lis de lui pour être précis, et les trois articles concernent Gaspard Koenig. Que cela soit dit. Le problème de l’immigration libre, c’est l’Etat-Providence. Si je ne fais pas de distinction entre la liberté de circuler pour les biens et la liberté de circuler pour les individus — ce que tout libéral conséquent sait par ailleurs —, je suis au regret de constater, qu’à partir du moment où existe la sécurité sociale, la question de la régulation de l’immigration se pose. Je pense même que, à cause de l’Etat-Providence, la question de la régulation se pose hélas pour tous les sujets. Il n’est pas possible de financer une sécurité sociale et de laisser s’installer n’importe qui. L’impôt est ce qui fait hélas communauté. L’impôt, malgré sa violence, malgré la contrainte qu’il exerce, est hélas le fruit non-négociable de l’intérêt général. Je n’accorde pas beaucoup d’importance à ces blabla, mais tant qu’on vivra sous le règne de la sécurité sociale, la question de la circulation des individus se posera.

      • On peut aussi accepter l’immigration à la condition que ceux qui ne travaillent ( donc pas d’impôts..) ne bénéficient d’aucune aide d’état. A eux de compter sur la solidarité des citoyens. Il est par exemple scandaleux qu’un couple d’étrangers n’ayant jamais travaillés en France ( et donc jamais payés d’impôts ou de retraite ..) peut prendre sa retraite en France en étant payé par nos impôts!!! A vouloir donner de l’argent à des gens qui n’ont rien fait pour le mériter on génère des risques de tensions sociales graves: quand le niveau de vie de ceux qui créent des richesses va baisser de 30 % ( c’est pour bientôt) ils vont réaliser qu’ils ont été trahis par les politiques de droite comme de gauche et à ce moment là on ne sera plus chez les bisounours et dans la comm. chacun voudra sauver sa peau ( logique de gagnant -perdant et non de gagnant-gagnant pour ceux qui s’interessent à la théorie des jeux).

      • Je partage votre point de vue.

      • Stéphane Boulots
        17 mai 2015 at 0 h 05 min

        La liberté de circulation n’a rien à voir avec la liberté d’association : nul ne peut forcer des gens à se regrouper dans une association quelconque, nul ne peut forcer une association à accepter de force des gens.

        La Nation étant au mains de l’Etat (et non l’inverse) l’immigration signifie la cooptation de force de gens qui s’imposent dans la Nation, afin de profiter de l’Etat. Comme ces gens s’y intègrent de force, ils sont rejetés. Pire : comme les membres de la Nation pensent que les migrants s’y intègrent de force, ils les rejettent et les considèrent comme des profiteurs.

        Au plus l’Etat expliquera qu’il ne faut pas être raciste, qu’il ne faut pas rejeter l’immigration, au plus les gens rejetteront l’immigré.

        On ne convint jamais les gens par la force.

    • En quoi l’éducation serait une mission régalienne de l’état à titre de monopole? Comme si seul l’état était capable d’enseigner le français, les mathématiques, la géo ou l’histoire à des élèves.

      D.J

  • Il y a tellement de variantes et de définitions autour de la notion de libéralisme que même les gens qui s’en réclament ne sont pas d’accord sur la signification de ce mot, qui de plus est vilipendé par les différents étatistes pour leur servir de repoussoir.
    C’est pourquoi je préfère le mot « minarchiste ».
    Moins d’Etat, et point final. Sans aucun dogmatisme.
    Chaque pas fait dans cette direction sera positif.

    • Moins d’état n’est pas un absolu en soi.
      Il faut moins d’état mais pour un situation globale qui ne se dégrade pas.

    • Vous êtes contradictoire. Vous dites que, mes aïeux !, il y a tellement de variantes pour définir le libéralisme que les gens qui s’en réclament ne sont pas d’accord entre eux, puis vous dites au final qu’il faut essayer autant que faire se peut de tendre vers le moins de dogmatisme, mais si, à vous écouter, il n’existerait qu’une définition du libéralisme, voilà bien ce qu’est la définition du dogmatisme ! Oui, les libéraux ne sont pas d’accord entre eux. Oui, il n’existe pas de Petit Livre Rouge du Libéralisme, ou de Manifeste du Parti Libéral, mais cela est une chance parbleu ! Cela est positif.

  • Stop ! Effacer tout, arrêtez les projets débiles. Plus d’aides aux entreprises, Élus payés par votation mensuelle sur Internet : A fait le job : touche son salaire, n’a pas fait le Job : ne touche rien-=RIEN. Au bout de 3 négatif, rééllections.. Réduction des impôts, arrêt de l’immigration, la France a déjà donné.

  • « Dans « Jacobinisme libéral », on voit bien le mot libéral. Mais la philosophie qui se cache derrière semble receler quelques relents totalitaires. »

    Le totalitarisme se cache derrière toute idéologie qui postule, pour qu’elle fonctionne, que tout le monde s’y rallie. C’est le cas de ce que dit Koenig : ca ne peut marcher que si chacun accepte d’être transformé en un « Homo Koenigus », détaché à la fois de ses parents, de ses amis, de ses voisins, de son passé, de son futur…

    Koenig vit à Dreamland, mais Chappaz aussi : on a l’impression, à chacun de ses écrits sur son blog, qu’il hurle « mais enfin, le monde serait un lieu si merveilleux si tout le monde pensait comme moi ! »

    Ils ont tous les deux des tendances totalitaires, l’envie de créer un homme nouveau à leur image, de façonner un monde « parfait » à l’image de leurs convictions. Ils me foutent les jetons.

    • Stéphane Boulots
      18 mai 2015 at 15 h 55 min

      C’est le syndrome de Rousseau – voir la discussion plus haut entre Brian, Frantz et moi :

      « Si l’on tente de nier cette transcendance, on cherche des explications uniquement rationnelles au sens de la vie, alors que la raison ne donne aucun sens, elle permet juste de se poser des questions et d’y répondre.

      Si l’on regarde le reflet de cette liberté, on voit l’humanité, l’Homme, l’espèce humaine à la place de soi-même : on généralise aux autres, à la société ce qui serait bon pour soi.

      La combinaison des deux donne les utopies, des constructions uniquement rationnelles qui à force de sophismes donne un sens imaginaire : le monde parfait pour le genre humain. La raison en définit alors les règles : une projection de sa propre liberté, de sa propre morale dans un monde imaginaire que l’on voudrait ensuite imposer. »

  • Il tient plus du marxiste que du libéral. Le marxisme était à l’origine catégorisé dans  » liberté positive  » au même tire que les pensées de J-J Rousseau.

    On a vu la suite de ceux qui en ont fait une religion. Koenig serait le genre de type qui vous dira en étant à la tête de l’état centralisé que votre liberté est de pouvoir pisser librement à des heures fixes obligatoires.

    D.J

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