La sécheresse californienne : une pénurie de capitalisme !

Le rationnement d’eau en Californie suite à la sécheresse démontre qu’en l’absence de capitalisme on se retrouve vite en pénurie.

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Californie - Death Valley National Park - Crédits : We travel the world via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

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La sécheresse californienne : une pénurie de capitalisme !

Publié le 15 mai 2015
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Par le Minarchiste

Californie - Death Valley National Park - We travel the world (CC BY-NC-ND 2.0)
Californie – Death Valley National Park – Crédits : We travel the world via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

 

Comme vous le savez sans doute, une sévère sécheresse s’abat actuellement sur la Californie, occasionnant un rationnement de la consommation d’eau potable. Pour certains, il s’agit certainement d’une autre preuve des impacts négatifs du réchauffement climatique, alors que pour d’autres, c’est la preuve que l’interventionnisme étatique est nécessaire à éviter ce genre de problème.

En fait, cette sécheresse n’est pas si extraordinaire que cela, puisque ce genre d’événement s’est produit à plusieurs reprises au cours des derniers quelques siècles. La période 2012-2014 est considérée comme ayant été « anormalement » sèche, mais encore une fois, une telle période de trois ans s’est produite à trois reprises au cours des 440 dernières années. D’autre part, selon les modèles climatiques, le réchauffement aurait dû faire augmenter les précipitations sur la partie de la Californie qui est aujourd’hui privée d’eau. Donc cette sécheresse serait plutôt une preuve que le réchauffement n’est pas si grave ou que les modèles climatiques sont inefficaces1 !

Il y a cependant une chose qui est claire : l’interventionnisme étatique a contribué au problème.

Dans les États de l’Ouest américain, l’agriculture utilise plus de 80% de l’eau et la majorité de cette eau provient d’infrastructures gouvernementales financées par les contribuables. La distribution de cette eau n’est pas sujette aux forces d’un quelconque marché, mais bien à la discrétion d’un processus politique.

Aux États-Unis, c’est le Bureau de Réclamation qui gère l’eau depuis plus d’un siècle (1902). Cette entité du gouvernement fédéral est le plus grand grossiste en eau du pays et le second plus grand producteur d’hydroélectricité avec 58 centrales. Ce bureau possède 250 barrages et 350 réservoirs, qui sont utilisés pour la production d’électricité, l’irrigation, le contrôle des inondations et à des fins récréotouristiques. Son budget (en 2011) se chiffrait à US$2.9 milliards.

L’existence d’une telle entité n’était pourtant pas nécessaire. Auparavant, des sociétés mutuelles d’irrigation privées avaient vu le jour quand les besoins le justifiaient. Ces compagnies émettaient des parts à leurs membres, qui avaient ensuite accès à l’eau en fonction de leur nombre de parts. Les utilisateurs d’eau ont aussi investi dans des entreprises qui ont construit des canaux, barrages et autres infrastructures aquifères dans l’Ouest Américain.

Cependant, au début du 20ème siècle, un puissant lobby constitué notamment des fermiers et des compagnies de chemins de fer a mis la pression pour que le gouvernement fédéral subventionne l’irrigation. Pour les compagnies de chemin de fer, ces infrastructures allaient faire augmenter la valeur de leurs terrains dans l’Ouest et stimuler la demande de transport ferroviaire puisque plus de gens allaient en profiter pour s’installer dans l’Ouest et davantage de biens allaient y être produits pour ensuite être expédiés vers l’Est par train.

L’expansion de ces infrastructures financées par les contribuables de tout le pays a fortement stimulé la consommation d’eau dans l’Ouest. Et comme la tarification ne reflète pas correctement les coûts de production, l’utilisation de ces précieuses ressources a été inefficiente et a mené au gaspillage. Par ailleurs, les fermiers ne peuvent pas revendre leurs quotas aquifères. Ils se doivent donc de les utiliser entièrement, même si cela n’est pas optimal, d’autant plus que s’ils ne les utilisent pas entièrement, ceux-ci seront réduits !

En plus de bénéficier d’infrastructures opérées à perte par le gouvernement fédéral, les fermiers reçoivent des subventions pour investir dans l’irrigation. Entre 1997 et 2012, le gouvernement a versé $4,2 milliards en subventions visant la conservation de l’eau, dont $1 milliard a été dépensé dans le but d’améliorer l’efficience de l’irrigation des fermiers. Cependant, les fermiers ont utilisé ces gains d’efficience pour augmenter leur consommation ! Une étude de l’Université de Californie à Davis a montré en 2013 que les fermiers qui ont reçu des subventions visant à encourager la conservation de l’eau en ont profité pour augmenter leur réseau d’irrigation et/ou faire pousser des denrées qui demandent davantage d’eau. Ils ont donc augmenté leur consommation d’eau plutôt que de conserver la ressource2.

Finalement, il ne faut pas oublier que l’industrie de l’agriculture américaine est largement subventionnée que ce soit par le programme d’assurance-récolte de l’USDA, les subventions et quotas minimaux d’éthanol et les mesures protectionnistes (notamment sur le sucre), qui font en sorte que l’industrie américaine est plus grosse qu’elle ne le serait si le marché était libre. Bénéficiant de telles subventions, les fermiers font pousser des denrées très gourmandes en eau, comme la luzerne, ensuite exportée en Chine où elle est utilisée pour nourrir le bétail. En 2012, les exportations de luzerne californienne vers la Chine renfermaient plus de 50 milliards de gallons d’eau ! Peut-être que certaines denrées (comme le sucre) devraient être produites au Brésil plutôt qu’en Californie ?

Conclusion

Quand on observe la structure de l’approvisionnement en eau aux États-Unis, on constate vite que la crise qui sévit présentement en Californie résulte de distorsions induites par l’intervention du gouvernement sur plusieurs fronts. En plus d’avoir aggravé la sécheresse, les projets du Bureau de Réclamation ont endommagé l’environnement, notamment en détruisant des écosystèmes. Le gouvernement fédéral a par la suite dû dépenser des sommes considérables dans le but d’atténuer ces dommages à l’environnement.

Encore une fois, la solution à ce problème est le libre-marché. Le gouvernement fédéral devrait abolir toutes les subventions et mesures protectionnistes favorisant l’industrie de l’agriculture. Il devrait ensuite privatiser toutes les infrastructures du Bureau de Réclamation, ce qui ferait augmenter le prix de l’eau pour les agriculteurs et autres grands utilisateurs industriels. Les consommateurs résidentiels verraient peut-être leur facture augmenter aussi, ce qui les inciteraient peut-être à s’installer dans une autre région, où l’eau est plus abordable. Finalement, il faudrait abolir tout système de quotas ; c’est le prix qui jouerait ce rôle.

En somme, la pénurie d’eau en Californie démontre encore une fois qu’en l’absence de capitalisme, on se retrouve vite en pénurie…

Quand Barack Obama nous proclamait son fameux « You didn’t build that », il se référait entre autre au barrage Hoover. On aurait pu simplement lui répondre : « Yes, and look at the disaster that resulted! »


Sur le web.

Sources :

  1. Voir ceci et ceci.
  2. Voir ceci.
Voir les commentaires (26)

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  • « la solution à ce problème est le libre-marché »

    c’est sans doute la solution …dans un autre monde car , le ‘libre-marché’ , n’existe pas , par contre les groupes de pression …..

    • Il y aura des influenceurs tant qu’il y aura des gens à influencer. Reprenons le pouvoir, voilà un piste utile et juste.

      • c’est qui ‘nous’ ?
        une fois que tu as le pouvoir tu contrôles le climat….impossible le climat n’est pas influençable par des gens qu’il ne connait pas

  • On peut très bien être libéral sans utiliser des arguments hypothétiques sans grande valeur: la solution proposée ici n’a pas existé et n’a donc pas fait la preuve concrète, « in vivo », de son efficacité (avec des « si », on met Paris…).

    Que la solution qui a eu cours n’était pas idéale, c’est bien possible, mais, dans tous les secteurs, même avec un plan à terme, ce sont souvent les phénomènes non prévus qui demandent une adaptation.

    Et il n’y a rien de pire qu’une idéologie, fût-elle libérale (ce qui me parait encore différent de « capitaliste », terme dont l’acception est variable), qui préfère s’entêter dans la poursuite de ses idées plutôt que de s’adapter souvent aux circonstances multiples et variées.

    Si on se bloque dans une idéologie, difficile de ne pas tomber dans ce qu’il est convenu d’appeler « totalitarisme » ou « autoritarisme » où « tout le monde est prié de penser comme moi », ce qui est vraiment le contraire de la liberté!

    • Mais c’est quoi ce commentaire! Combien de fois il faudra le répéter!?! le libéralisme n’impose rien à personne, il demande simplement que rien de soit imposer à part les droits fondamentaux (liberté, propriété, responsabilité). Si un ensemble de personne on envies de former un « paradis communiste » ou personne ne possède rien ou la « communautés » décide de tout et bien moi libérale je n’ai rien à en dire, c’est leur liberté. Mais que l’on ne m’oblige pas à en faire partie (comme en France). Le libéralisme ce devrait être le BABA de la pensée, le minimum, l’essentiel d’un discourt politique. En vérité c’est de manière libérale que les gens vivent tout les jours en bonne entente avec leur voisins, leur famille, leur amis. Pourquoi est ce différents pour les états? sans doute que dans ces construction oppressives par nature se concentre toutes la noirceur humaine. Un peut comme si dans la vrai vie on n’osais pas donner libre court à ses penchant les plus pervers mais que à travers un état on avait le luxe de les exercer sans prendre aucun risque.

      • Si vous êtes libéral et que la France ne vous convient pas, allez voir ailleurs.

      • @ Laurent
        Je dirai d’abord @ autres: je peux répondre?
        Non, sérieusement! En fait je suis bien d’accord que la liberté et, en corollaire, le respect de la liberté des autres est, à mes yeux, le fondement d’un libéralisme que je défends!
        Si je dis que dans un groupe humain, certains font passer leurs intérêts comme supérieurs à celui des autres par des moyens de +/- contrainte, ils trichent avec la notion de libéralisme décrite.
        Que ces « tricheurs » mentent d’abord pour ramasser les mises de ceux qui ont cru à leurs promesses, cela n’est ni éthique ni honnête (c’est pourtant bien ce qui se passe à chaque élection). Pourtant on sait qu’ils ne sont jamais trainés en justice pour escroquerie! Ce serait au scrutin de les sanctionner, sauf qu’ils ont quelques années pour rattraper leurs mensonges et donc corrompre et motiver par diverses faveurs, leurs prochains électeurs! Enfin chacun n’a que le régime de sa nation: La France est aussi descendante, pour ne pas dire décadente, que le moral de ses gens!

    • « On peut très bien être libéral sans utiliser des arguments hypothétiques sans grande valeur: la solution proposée ici n’a pas existé et n’a donc pas fait la preuve concrète, « in vivo », de son efficacité (avec des « si », on met Paris…). »

      Ben justement, si le probleme vient d’une politique de subvention qui a pour conséquence directe d’inciter les agriculteurs a surconsommer l’eau (car ils ne payent pas réellement ce que ca coute a produire) l’attitude la plus rationnelle consiste a dénoncer ce genre de politique, et non pas a invoquer le rechauffement climatique ou le grand manitou, independamment meme de l’existence ou non de ces autres causes. Si tu roule 700 kilometres en voiture sans refaire le plein, que la jauge est a zéro et que ta voiture s’arrete, la premiere chose qui te viendras a l’esprit sera « mais quel con j’ai oublié de remettre de l’essence ! » et non pas « Tiens c’est curieux j’ai pourtant changé les bougies il y a un mois ! »

  • Très bonne analyse, ou l’on retrouve encore une fois que le problème n’est pas la crise, mais la bulle interventionniste qui l’a précédée…

  • « En fait, cette sécheresse n’est pas si extraordinaire que cela, puisque ce genre d’événement s’est produit à plusieurs reprises au cours des derniers quelques siècles. »

    A ceux qui seraient intéressés par la science, je conseille une étude qui explique pourquoi la sécheresse californienne (et non pas seulement le déficit pluviométrique) est sans comparaison avec tout ce qui a pu se produire depuis plus de 1000 ans. Les références données dans l’article ( DOI: 10.1002/2014GL062433 ) permettront à tout un chacun d’explorer le sujet en profondeur.

    • L’Arizona s’en sort, ils été assez intelligent pour bâtir les infrastructures nécessaire.
      Hey non, elle n’a rien d’exceptionnel, même pas en rêve.

    • @ reverb

      Faut quand même avoir beaucoup d’humour pour oser s’avancer sur des études de précipitation 1200 ans en arrière et pouvoir différencier des périodes de sécheresse de 3 ans. Pour un peu ils ne vont pas tarder à nous dire le temps qu’il faisait le 4 juillet de l’an 800.

      L’alérique a été découverte en 1492 ha oui… et on ne peut même pas donc s’appuyer sur des traces écrites laissées par les autochtones… Quand aux cernes des arbres… uhm…

      • Il faut à peut près autant d’humour que le GIEC qui nous annonce une augmentation de température GLOBALE avec deux chiffres après la virgule dans 100 ans sur la bases de données dont la fiabilité même actuelle sont plus que contestables…

  • Cette politique gouvernementale est victime de son succès. Production et population élevées mais aussi développement non durable. Maintenant, je suis assez d’accord avec l’auteur de l’article. Il faut libéraliser en douceur afin d’augmenter progressivement les prix, et modérer la croissance. La loi du marché, ou recherche d’un équilibre entre l’offre et la demande, doit s’appliquer.

    • Quel succès? Faite une distribution de billets de 100 € dans la rue et vous verrez que vous aurez aussi du succès. faite le avec de l’argent que vous avez volé à d’autre et vous passerez pour quelqu’un de généreux et d’indispensable en prime… C’est exactement ce que fait l’état

  • Chômage ? Trop d’état ! Pas assez de libéralisme, de « loi du marché »
    Déficits, délinquance, … et maintenant sécheresse ? Trop d’état et pas assez de libéralisme ?!

    Les Experts de l’économie font des prévisions pour le lundi et t’expliquent le mardi pourquoi leurs prévisions ne se sont pas réalisées, écrivait (+/-) Bernard Maris de Charlie Hebdo
    Ils sont devenus les parasites de l’économie en captant des parts considérables de l’argent qui circule

  • Les coupures d’électricité en californie sous Enron, c’était aussi une pénurie de capitalisme ?

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