Accord sur le nucléaire iranien : de nombreuses ambiguïtés

Autocollant contre le nucléaire iranien (Berlin, 2009) (Crédits : Stefanx80, licence CC-BY-SA 2.0), via Flickr.

Peut-être « un pas vers la paix » avec l’accord potentiel sur le nucléaire iranien, mais les ambiguïtés demeurent.

Un article de l’Aleps.

Autocollant contre le nucléaire iranien (Berlin, 2009) (Crédits : Stefanx80, licence CC-BY-SA 2.0), via Flickr.
Autocollant contre le nucléaire iranien (Berlin, 2009) (Crédits : Stefanx80, licence CC-BY-SA 2.0), via Flickr.

Barack Obama a exulté : le « prix Nobel de la Paix » n’est-il pas en train de démontrer qu’il méritait bien sa distinction suprême : paix avec l’Iran, précédant de quelques jours la paix avec Cuba. Le Président américain efface tout le passé belliqueux et dominateur de son pays !

Mais, de façon moins spectaculaire, nombreux sont ceux qui ont salué « un pas vers la paix » comme le Pape François. L’Iran ne va-t-il pas rejoindre le club des nations civilisées ? Le peuple iranien qui ne souffrira plus des sanctions économiques actuelles ne va-t-il pas connaître les bienfaits du développement économique, imiter les autres pays émergents ; et le fanatisme religieux n’en sera-t-il pas tempéré ?

Autant de souhaits sympathiques, mais peut-être de simples vœux pieux.

rené le honzec iranEn effet, l’accord de Lausanne n’est qu’une étape, et le pacte liant les États-Unis, les Iraniens et les institutions internationales (dont l’ONU) ne sera conclu qu’à fin juin. D’ici là, les incertitudes demeurent. Elles portent d’abord sur la possibilité de vérifier l’engagement des Iraniens de renoncer à l’arme nucléaire ; dans le passé, ils ont triché à plusieurs reprises, pourquoi pas maintenant ? Est liée ensuite la question de la levée des sanctions : sera-t-elle immédiate et totale ou largement dépendante du contrôle du programme nucléaire ? Et, sur l’une des causes profondes du conflit avec l’Iran, va-t-il reconnaître l’existence de l’Etat d’Israël et cesser de soutenir les terroristes du Moyen Orient, tant en Syrie qu’au Liban ? Et l’Iran chiite peut-il abandonner le leadership politique aux Saoudiens sunnites ?

La vigilance est donc de mise, tant du côté d’Israël que du côté du Congrès américain. Depuis plusieurs décennies, l’Iran s’est tellement coupé de la civilisation et de la paix qu’on a du mal à lui accorder quelque crédit. Il serait imprudent de baisser la garde.

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