Inflation : une situation américaine énigmatique

Malgré le retour de la croissance et des faibles taux directeurs, l’inflation aux États-Unis reste extrêmement faible. Comment expliquer une telle situation ?

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Inflation : une situation américaine énigmatique

Publié le 18 avril 2015
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Par Dominique.

inflation credits simon cunningham (licence creative commons)
inflation credits simon cunningham (CC BY 2.0)

 

Contrairement à la France, les États-Unis ont retrouvé une croissance de plus de 2% depuis 3 ans, tandis que le chômage est passé de 10% en 2010 à seulement 5,5% en 2015, soit le taux de chômage considéré comme correspondant au « plein emploi ». Mais un problème subsiste : l’inflation, tombée à -02% en janvier, ou 1,3% en moyenne annuelle si l’on exclut le prix de l’énergie et de la nourriture. Les États-Unis se trouvent donc dans une situation curieuse où malgré la croissance et des taux bas, l’inflation ne repart pas.

Cette faible inflation est un problème dans la mesure où elle prive les États-Unis de toute politique économique monétaire. Une manière de relancer la croissance est en effet de diminuer le taux d’intérêt nominal, celui-ci étant la somme du taux d’intérêt réel et de l’inflation.1 La croissance paraissant encore fragile, la Fed garde pour l’instant des taux d’intérêt proches de zéro, mais les économistes s’en inquiètent, craignant que la prochaine récession vienne surprendre les États-Unis dans cette situation.

Pour certains journalistes économiques2, la faible inflation actuelle pourrait refléter la chute du coût des matières premières ou une capacité affaiblie des travailleurs à gagner de meilleurs salaires. Mais à ces deux hypothèses, on pourrait en ajouter au moins une autre : la faiblesse du nombre d’entrepreneurs. On constate en effet depuis 2008 une baisse substantielle et durable du nombre d’entrepreneurs et donc d’entreprises employeuses créées chaque année aux États-Unis. Alors que depuis 1984, elles oscillent en moyenne autour de 500.000 créées par an, elles oscillent depuis 20093 autour de 400.000 seulement, soit une baisse d’environ 20%.

New Firm formation

New Firm Formation : emploi 2017 Source : Kauffman Foundation, 2013. 

 

Les différentes études économiques disponibles affirment qu’à court terme, l’impact de ce plus faible entrepreneuriat est faible en termes d’emplois et que la reprise économique a permis de recréer ceux perdus pendant la crise4. Néanmoins, à plus long terme, on peut s’interroger sur l’impact d’un entrepreneuriat languissant sur la croissance. Ainsi que le rappellent des économistes de la Banque Fédérale de Chicago5 : « Des mesures soigneuses révèlent que la plupart des gains de productivité dans une économie surviennent lorsque les vieilles entreprises sont remplacées par de nouvelles ». Or, c’est bien la productivité qui permet la croissance, et l’on considère traditionnellement qu’une forte croissance s’accompagne d’inflation…

D’après ces mêmes économistes6 « les raisons derrière le déclin du nombre d’entreprises nouvelles restent largement inconnues », ils se contentent ainsi d’avancer des hypothèses : resserrement du crédit, baisse de la demande de biens et services marchands, plus faibles prévisions de croissance, environnement fiscal et règlementaire incertain. Mais on pourrait sans doute y ajouter le socialisme qui sévit de plus en plus aux États-Unis : à titre d’exemple la bureaucratisation des États-Unis qui coûte 1.800 milliards de dollars par an, l’Obamacare qui alourdit les charges des entreprises, ou encore la lente émergence d’une mentalité anti-riche.

Certains chiffres pourraient par ailleurs suggérer que cette mentalité a fini par décourager les plus jeunes, comme si le discours ambiant les faisait douter de l’opportunité d’entreprendre. On constate en effet que c’est pour eux que l’entrepreneuriat diminue le plus depuis 2010. Les chiffres de la Kauffman Foundation attestent une diminution du taux d’entrepreneuriat de plus du tiers chez les 20-34 ans.

Index d’activité entrepreneuriale par âge (1996-2013)

Index d'activité entrepreneuriale par âge (1996-2013) / emploi 2017 Source : Kauffman Index of entrepreneurial activité, April 2014.


Sur le web

  1.  Si le taux d’inflation était de 2%, ce qui était l’objectif initial de la Fed, et le taux d’intérêt réel par exemple de 2%, on disposerait de 4 points de marge de manœuvre de baisse nominale des taux pour faire repartir la croissance.
  2. Cf. par exemple l’article du 20 mars 2015 du Wall Street Journal : Low inflation argues for Fed patience, par Greg Ip.
  3.  Et jusque 2012, derniers chiffres donnés par le Census Bureau à 410.000 entreprises employeuses créées dans l’année.
  4.  Voir la Chicago Fed Letter de septembre 2014 : What is the economic impact of the slowdown in new business formation, par François Gourio, Todd Messer et Michael Siemer, ainsi que l’Entrepreneur Policy digest du 25 septembre 2014 publié par la Kauffman Foundation.
  5.  Voir la Chicago Fed Letter de septembre 2014 : What is the economic impact of the slowdown in new business formation, par François Gourio, Todd Messer et Michael Siemer.
  6.  Ibid.
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  • « Une manière de relancer la croissance est en effet de diminuer le taux d’intérêt nominal » : c’est la théorie fausse à la mode. Dans la réalité, jamais la baisse des taux n’a permis de relancer quoi que ce soit. Même chose pour la quantité de monnaie : aucun injection (QE) n’apportera la moindre croissance. Croire cela est une interprétation de l’équation monétariste dénuée de fondement et d’intelligence, soutenue par des banques centrales qui s’en servent pour justifier péniblement leur inutile existence et leur activisme destructeur. Au contraire, le prix de l’argent est la conséquence d’une interaction avec la croissance nominale. Ni trop ni trop peu de monnaie, voilà l’interprétation sage et pondérée du monétarisme. Relire Friedman d’urgence, mais dans le texte, pas les interprétations actuelles qui déforment sa pensée au service de quelques intérêts.

    En revanche, les manipulations monétaires conduisent à ce que la fausse monnaie des banques centrales, obtenue sans effort, concurrence impitoyablement l’argent sain, durement gagné à force d’efforts, d’épargne et de risques raisonnés. Le même phénomène est à l’oeuvre avec les relances budgétaires qui favorisent les affidés des Obèses au détriment des créateurs de richesse. Les politiques discrétionnaires mènent inexorablement à la récession parce qu’elles faussent les marchés et interdisent de ce fait la création de valeur. Reflet de la raréfaction des échanges volontaires, la vitesse de circulation de la monnaie s’effondre. De leur côté, les marchés financiers perdent la boussole de la valeur et présentent des ratios de valorisation délirants sans contrepartie de richesses nouvelles.

    Malgré les injections massives des banques centrales, l’inflation officielle demeure faible, nulle ou négative. Mais où est-elle donc passée ? Quand plus de 90 millions d’Américains ne participent plus à l’activité économique à cause des distorsions de concurrence provoquées par la Fed, ils perdent leurs revenus. ils subissent par conséquent 100% d’inflation par rapport à leurs revenus antérieurs. Voilà où se trouve l’inflation réelle, quand bien même l’inflation officielle serait négative. A terme, l’inflation officielle basculera dans l’hyperinflation lorsque les bons détenus par les banques centrales seront évalués à leur juste valeur, c’est-à-dire nulle ou presque. Alors, les populations appauvries une première fois par l’activisme insensé de leur banque centrale devront subir une seconde vague d’appauvrissement.

    Les banques centrales prétendent qu’elles ont appris de la crise de 29 qu’elles devaient injecter de la monnaie pour ne pas étouffer l’activité. Mais aujourd’hui, nous sommes dans cette situation absurde où les banques centrales tuent les économies par noyade au prétexte que ces dernières avaient soif. Sans eau, on meurt. Noyé dans un tsunami d’eau, on meurt aussi. Les marchés ont besoin d’un filet de liquidités ininterrompu mais adapté à la croissance nominale, pas d’une inondation destructrice.

    Les crétins incompétents qui pullulent au sein des banques centrales, de furieux étatistes socialo-keynésien ignorant superbement les marchés et la création de valeur, méprisent les besoins naturels des économies en provoquant un tsunami monétaire (guerre des monnaies). Ils agissent ainsi dans le but de retarder la faillite de leurs maîtres, les Etats obèses, peu importe les dégâts collatéraux affectant les économies productives. Ils espèrent la survenue d’un hypothétique cycle de croissance qui permettrait de les sauver à bon compte. Mais c’est peine perdue, car la croissance est progressivement obérée par ces mêmes politiques discrétionnaires qui entretiennent les Obèses partout à travers le monde. Sans alternative, si on espère encore sauver les économies, le temps est venu de se débarrasser des Etats obèses. Et de leurs banques centrales avec eux.

  • Et si, plus simplement, les US n’était en fait jamais sorti de la crise et que cette « reprise » n’est le fruit que des injection massive de liquidité alors que dans l’économie réelle la demande est toujours atone et que les entreprises toujours bien en peine de trouver des clients sont donc obligé de maintenir des prix bas pour vendre leur stock?

  • En tout cas, j’en conclus, au passage, qu’il est urgent d’attendre et de relire scrupuleusement, ligne par ligne, ce traité transatlantique (TIPP ou TAFTA), avant de signer quoi que ce soit, histoire de comprendre ce qu’on va vraiment importer des U.S.A. dont je comprends encore mieux l’envie pressante de vendre et d’exporter!!!

    « De leur côté, les marchés financiers perdent la boussole de la valeur et présentent des ratios de valorisation délirants sans contrepartie de richesses nouvelles »: de fait!

    Et pat le traité, ne va-t-on pas ouvrir la porte à Goldman Sachs (par exemple) pour une meilleure collaboration avec les « anciens camarades de jeux » qui pourraient se montrer utiles?

  •  » or, c’est bien la productivité qui permet la croissance , et une forte croissance s’accompagne d’inflation …  »

    ha bon ? moi, je croyais plutôt que la hausse de la productivité faisait baisser les prix ?

    j’ai pas raison ?

    • Salut anti gros minet!

      Je te réponds parce que moi aussi je me suis posé cette question. J’ai lu un peu d’économie mais sans vraiment comprendre d’où pouvait venir une hausse des prix puisqu’en effet la hausse de la productivité devrait faire baisser les prix. Je connais deux réponses: Keynes qui dit que c’est l’ajustement des prix face à la hausse de la demande et Friedman qui dit que ça vient de la monnaie puisque lorsque tu en injectes celle-ci perd de sa valeur nominale. Si je me trompe et que quelqu’un me reprend ce sera avec plaisir 🙂

      Cela n’est pas totalement satisfaisant parce que dans ce cas on ne sait pas ce qui est vrai ou faux. Voilà ce que j’ai déduit de ma réflexion en reprenant le problème de zéro. C’est mon idée, libre à chacun de la contredire ou de la compléter:

      Tu as un système productif qui est composé de machines et d’employés qui s’amusent à transformer des ressources pour les vendre, en retirer du capital et pouvoir consommer d’autres ressources à leur tour. On distingue donc trois facteurs de production: Main d’œuvre, Machines et Ressources. Pour mettre en place ces facteurs il te faut du capital. Si tu es dans un système avec un montant de capital fini tu conviendras que tôt ou tard tu auras une inéquation entre le capital disponible (épargne) et les besoins en capital. En effet, tu devras attendre de nouveaux gains de productivité pour pouvoir financer d’autres activités. Tu ne pourras donc pas financer une activité qui pourrait pourtant être rentable et la communauté se trouvera privée de travail supplémentaire, surtout sa consommation de ressource et ainsi l’amélioration de son niveau de vie seront restreintes. Par conséquent la banque va prêter du capital en le créant. Selon moi la création monétaire est nécessaire. Il y a bien sûr le risque que l’activité échoue. Mais si l’argent a été sorti il est bien dans la poche de quelqu’un d’autre qui soit l’épargnera et limitera donc les besoins de création monétaire futurs, soit s’en servira pour rembourser une dette qu’il avait lui même contractée auparavant.

      Ici je note que je ne comprends pas pourquoi on rémunère le capital. Qu’on paye un banquier pour évaluer une affaire et savoir si on la finance je le conçois, mais la rémunération du capital est pour moi un énigme. Si on crée de la monnaie je ne vois pas en quoi ce capital devrait être rémunéré, quant à l’épargne, effectivement il y a un risque pour la personne qui a gagné ce capital de le perdre. Cependant, cela implique que l’on n’a plus besoin de travailler pour gagner de l’argent à partir du moment où l’on en a accumulé suffisamment ? Pour moi la monnaie est un moyen de stocker le fruit de notre travail pour le dépenser plus tard. Ainsi, lorsqu’on décide de financer un projet c’est qu’on en retire quelque chose et que l’on a estimé le risque comme acceptable. Je referme cette parenthèse mais vos avis m’intéressent également sur ce point. Il me semble que la non rémunération du capital n’est pas un frein à l’initiative (mais au financement c’est vrai) dans les coopératives que j’ai pu rencontrer.

      Reprenons. Si l’argent ne part pas dans la spéculation financière comme aujourd’hui, il va aller dans le salaire des personnes recrutées, dans des machines ou bien dans des matières premières (ressources). J’identifie différentes situations:

      – Productivité (machine + main d’œuvre) croissante / Ressources stable
      On produit autant mais pour moins cher. On devrait constater une baisse des prix, sauf si l’on commence à injecter de l’argent pour obtenir plus de croissance que celle que l’on constate et qui n’a alors d’autre fonction que de créer de l’inflation par des bulles qui devront éclater en dépréciant la monnaie ou la valeur des biens. Pour moi ça n’a rien de mal si cela permet le bon fonctionnement de l’économie sans être exacerbé par des gouvernements affolés par une croissance faible qui ne vient pas pallier à leur déficit qu’ils ont au préalable aggravé par l’octroi de taux d’intérêts aux banques à chaque création monétaire (cf. Loi du 3 janvier).

      – Productivité (machine + main d’œuvre) croissante / Ressources restreintes
      D’après ce que j’ai pu voir, l’importance des énergies fossiles est telle dans la productivité que l’on devrait constater une hausse des prix. Si tu finances de l’activité qui ne vise pas l’optimisation des ressources à ce moment là alors tu génères des bulles comme dans le cas précédent.

      Je pense que dans ces deux premiers cas c’est Friedman qui a raison puisque la quantité d’argent en circulation est trop importante par rapport à une activité et donc à un nombre de travailleurs stable ou en baisse.

      – Productivité (machine + main d’œuvre) croissante / Ressources croissantes
      L’industriel voit ces ressources abondantes et sait que plus il en extraira plus il gagnera d’argent. En quoi l’enrichissement de la population par la simple baisse des prix est elle intéressante pour lui puisqu’il ne pourra pas capter cette richesse ? Avec une productivité croissante, l’augmentation des volumes passe par l’extension de l’activité pour donner du travail à tout le monde et l’augmentation des salaires (ici nous sommes dans la théorie mais il est important de rappeler que cette augmentation s’est produite dans les faits à travers deux guerres mondiales). En effet, il faut bien que les gens puissent justifier le fait qu’ils mangent. On va même pouvoir inventer des services (plus ou moins utiles) puisque la production de biens est assurée par de moins en moins de main d’œuvre. Les industriels demandent donc de l’argent pour payer les facteurs de production nécessaires. Que ce soit pour la construction d’une machine ou l’extraction de ressources, cet argent ira dans la poche d’une personne qui a travaillé. Cette personne aura donc plus d’opportunités d’achats et l’industriel pourra donc monter ces prix. Hausse de prix qui ira dans le salaire de ses salariés (avec une petite part pour lui tout de même) et ainsi de suite.

      Ici je pense que la vision de Keynes est la bonne.

      Pour obtenir une déflation constante il faudrait que l’on soit dans un système sans création monétaire qui serait limité dans sont expansion.

      Au plaisir de voir mon analyse complétée, merci pour votre opinion !

      (il est tard lorsque j’écris cette réponse donc je vous prie de m’excuser si il y a des fautes)

      • « Friedman qui dit que ».
        Bien avant Friedman :
        http://www.wikiberal.org/wiki/Richard_Cantillon

        « je ne comprends pas pourquoi on rémunère le capital »
        Bastiat vous explique pourquoi, en long, en large et en travers :
        http://bastiat.org/fr/gratuite_du_credit.html

      • le 19ième siècle, connu pour etre celui de l’industrialisation , et donc d’une forte hausse de la productivité , et aussi celui de la déflation , et , passé les turpitudes révolutionnaire et napoléonienne , celui de l’étalon or et de la stabilité monétaire … le 20ième siècle, voit une poursuite des gains de productivité, mais un abandon rapide de l’étalon or, et une inflation moyenne importante , variable suivant les décennies 1900 – 1910 stabilité des prix ; 1910 – 1930 inflation , parfois cataclysmique ; 1930 – 1940 déflation 1940 – 1950 forte inflation ; 1950 – 1960 faible inflation avec forte croissance économique ; 1970 – 1980 stagflation ; 1980 – 2000 faible inflation avec faible croissance économique , l’émergence de la chine notamment , participant à la modération des prix …

        j’en déduit donc que c’est plus la politique monétaire qui dicte la hausse des prix , que la productivité

        en économie agricole, la productivité à l’hectare est multipliée par 10 en 200 ans , et les prix des denrées agricoles ,en monnaie constante, connaissent une décrue régulière depuis cette même époque, avec des variations interanuelles importante selon les conditions climatique, mais aussi inter décennales , suivant la quantité de capital investie dans l’agriculture : les périodes de prix fort poussent les agriculteurs à investir ce qui entraîne fréquemment une baisse des prix lorsque la production supplémentaire permise par ses investissements arrive sur le marché … baisse des prix qui pousse elle-même à désinvestir , ce qui fait remonter les prix quelques années plus tard.

      • C’est Friedman qui a raison, mais il faut considérer 2 cas de figures :

        – la monnaie est indexée sur une ou des valeurs de référence (l’or, l’argent …) – le volume de monnaie est limité.

        – la monnaie n’est pas indexée, mais régulée par sa création/destruction, via les dettes et crédits gérés par les banques centrales. Le volume n’est pas limité.

        Le besoin de monnaie dépend de l’économie, en fonction des temps de retour sur investissement : si vous faites du troc, le besoin est nul, si vous achetez et ne remboursez que plus tard, vous mobilisez une somme d’argent pendant l’investissement.

        Quand la monnaie est indexée, plus l’économie ‘chauffe’ plus elle demande d’argent, plus l’argent devient rare, donc cher : les prix baissent et la croissance implique une déflation.

        Quand la monnaie n’est pas indexée, plus l’économie ‘chauffe’ plus elle obtient d’argent, donc le volume d’argent en circulation augmente, l’argent devient abondant, donc peu cher : les prix augmentent et la croissance implique une inflation.

        L’idée des monétaristes libéraux (Friedman et suivants) est de renverser le point de vue : la création monétaire doit juste s’adapter en fonction des besoins de l’économie en fonction des prix : si les prix augmentent, s’est un signe que l’argent devient trop abondant, si les prix diminuent, que l’argent manque.

        Le principal problème avec cela étant les systèmes de Ponzi (cavalerie) qui soit créent des besoins d’argent en perpétuelles augmentation – ce qui est le cas avec par exemple avec les dettes d’Etat ou des fabrication d’argent fictives : des bulles spéculatives par exemple. L’un n’allant en général pas sans l’autre.

        Sur ce sujet, Cavaignac peut vous en parler bien plus en longueur que moi 🙂

        • Merci pour ce résumé limpide. Je ne vois pas de biais dans cette explication et je trouve intéressant qu’Anti gros minet la valide par les faits. Cependant je trouve que l’argument de Keynes est lui aussi plutôt intuitif. Est-ce que vous auriez un argument pour le contredire de manière théorique ? (On s’accordera tous sur le fait que nos dirigeants utilisent l’une ou l’autre des théories en les sortant de leur système de pensée de façon irresponsable pour justifier leur existence mais ça ne me suffit pas pour discréditer Keynes). J’ai lu Johan Norberg (plaidoyer pour la mondialisation capitaliste) et je reconnais que les chiffres qu’il montre m’amènent à penser que le capitalisme est peut être la chose la plus juste. Je constate aussi qu’on a vu des délocalisations à la chaîne qui ne me semblent pas être le fait de la rente mais bien la recherche de salaire plus bas. Ainsi, j’aimerais connaître également votre point de vue sur le fait que cette mondialisation capitaliste (considérons qu’elle le soit réellement) mènera surement à un enrichissement de ces pays mais également à l’appauvrissement de la France (Sans parler de nos dettes qui nous ont déjà condamnées). On peut considérer que c’est juste mais est-ce que cela ne relève pas plus du choix politique que de la vérité économique… (J’ai La route de la servitude qui attend dans ma bibliothèque, mais j’ai le sentiment que vous pourrez d’ores et déjà me donner des arguments intéressants) 🙂

    • Si il y a des matières premières en faible quantité, la demande pour celles-ci augmentant plus vite que l’offre et malgré les gains de productivité, les matières premières augmentent …

      • Ca signifie que pour toi Keynes est également pertinent sur les deux premiers cas de figure ? Je parlais plutôt de la production de ressource (stable , croissante ou restreinte).

        • Votre erreur consiste à confondre des ressources « stables ou croissantes » avec des ressources « abondantes ». L’accroissement de la disponibilité d’une ressource ne signifie pas qu’elle est abondante au sens de la satisfaction des besoins. Les besoins étant illimités par nature, aucune ressource ne sera jamais assez abondante. L’abondance est une vue de l’esprit qui rend le raisonnement économique parfaitement vain. Pour l’abondance, il convient d’attendre d’être au Ciel. Ne pas être impatient, ça vient !

          On note incidemment que la prétendue satisfaction des besoins au coeur de la propagande socialiste (« à chacun selon ses besoins ») est un des plus grands mensonges économiques jamais inventé pour justifier le crime de la collectivisation, le crime de l’assujettissement des populations aux pouvoirs immoraux. Inversement, la propagande escrologiste malthusienne joue avec les peurs irrationnelles liées à la rareté naturelle de toute chose. Mais le but est le même, ce qui explique l’enthousiasme des idéologues de la première lorsqu’ils se sont reconvertis dans la seconde.

          •  » à chacun selon ses besoin …  »

            dans les pays socialistes, les dirigeants ont des besoins énormes : harem pour mao tsé tong , vie de nabab pour les castro , fortunes investies dans les capitales européenne pour les dictateurs africains …

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