Petite histoire contemporaine de la politique monétaire

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Petite histoire contemporaine de la politique monétaire

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 9 avril 2015
- A +

Par Vladimir Vodarevski.

Billets Euros (Crédits Blatant World, licence Creative Commons)
Billets Euros (Crédits Blatant World, licence Creative Commons)

Certains économistes considèrent que la macroéconomie prouve qu’il faut agir sur certains agrégats comme la demande globale ou la masse monétaire pour créer de la croissance. D’autres disent le contraire. Tandis que la microéconomie étudie le comportement des entreprises, et plus largement des agents économiques, jusqu’aux individus. Là encore, il s’agit soit de les contrôler pour favoriser la croissance ; soit de démontrer que pour favoriser la croissance, il faut les laisser agir à leur guise.

Nous verrons ici un exemple d’application de la théorie à la politique économique. Nous nous intéresserons à la politique monétaire qui est devenue un axe principal de la politique économique. En faisant un rapide historique.

Pendant longtemps, la monnaie a été un métal, notamment l’or. Puis, les billets sont apparus mais toujours en liaison avec un métal. Les billets correspondaient, plus ou moins, au stock d’or de la banque nationale qui les émettait. Ainsi la France a connu le franc germinal, ou franc-or, une monnaie des plus stables de 1803 à 1914.

 

HISTORIQUE DE LA MONNAIE

La Première Guerre mondiale a fait voler en éclats le franc germinal. Elle a en effet été financée par la planche à billets, c’est-à-dire que l’argent était imprimé sans correspondance avec le stock d’or.

L’entre-deux guerres n’a pas vraiment permis de retrouver la stabilité du franc germinal. Il est difficile de rétablir un système monétaire. De plus, la crise des années trente est arrivée. Les pays ont dévalué leurs monnaies, ce qu’on nomme une dévaluation compétitive, en plus de pratiquer le protectionnisme. Le résultat a été catastrophique, aggravant fortement la crise au lieu de la faire cesser. Les circuits commerciaux étaient perturbés. Donc, les producteurs ne trouvaient plus de débouchés pour leurs marchandises. Par conséquent, ils faisaient faillite. Ce qui aggravait la crise.

Les dévaluations compétitives et l’instabilité monétaire ont été considérées par ceux qui ont vécu la crise des années trente comme un facteur aggravant de celle-ci. Par conséquent, les pays ont cherché après la Deuxième Guerre mondiale à retrouver une stabilité monétaire. C’était l’objectif des accords de Bretton Woods, qui ont institué un nouvel ordre monétaire. Dans ce système, le dollar est lié à l’or et les autres monnaies sont liées au dollar. Les pays doivent donc avoir des dollars pour créer de la monnaie. Le système de Bretton Woods volera lui aussi en éclats, les États-Unis ne respectant pas le contrat : ils ont fait marcher la planche à billets. Et, en 1973, les changes deviennent flottants.

 

LE PILOTAGE MACROÉCONOMIQUE DE L’ÉCONOMIE PAR LA POLITIQUE MONÉTAIRE

Le changement est majeur. Jusqu’à présent, la monnaie d’un pays était liée à l’or ; le lien étant indirect dans le système de Bretton Woods, les banques centrales ne pouvaient pas émettre de la monnaie comme elles le voulaient. Il fallait qu’augmente la quantité d’or qu’elles détenaient. Par conséquent, la monnaie n’était pas un agrégat sur lequel la macroéconomie pouvait agir. Nous avons vu en effet précédemment que la macroéconomie étudie sur quel agrégat agir pour stimuler l’économie. Et que dans le modèle keynésien l’injection de monnaie permet de stimuler l’économie. Dans le cadre d’une monnaie liée à l’or, l’injection monétaire est limitée.

Les pays ont néanmoins cherché à utiliser la planche à billets. C’est ce qui a fait exploser le système du franc-or, et celui de Bretton Woods. À partir de 1973, après quelques tâtonnements, c’est un système basé sur la stimulation de l’économie par la création monétaire qui se met en place.

Au niveau macroéconomique, comme la monnaie n’est pas liée à l’or, la banque centrale peut librement piloter sa création. La création monétaire est devenue le levier macroéconomique officiel pour stimuler l’économie. Le mode principal de création monétaire est la fixation des taux d’intérêt, qui est contrôlée par les banques centrales qui diminuent les taux d’intérêt pour encourager le crédit, celui-ci étant en effet de la création monétaire. Même si le particulier ne fait pas la différence, il y a une différence entre un crédit bancaire, et par exemple un emprunt que fait une entreprise sur un marché financier. Dans le cas du crédit, la banque crée de la monnaie. Dans le cas d’un emprunt sur un marché financier, c’est de l’argent épargné qui est prêté à l’entreprise.

En baissant les taux d’intérêt les banques centrales veulent stimuler le crédit. L’idée étant que la stimulation du crédit va entraîner plus de dépenses, des dépenses d’investissement notamment. Nous sommes donc en plein dans la macroéconomie keynésienne, selon laquelle les dépenses créent la croissance, et en particulier les dépenses d’investissement.

La baisse des taux d’intérêt a aussi pour objectif de faire monter les marchés financiers. Cette augmentation passe par différents mécanismes. Par exemple, si les taux d’intérêt des crédits baissent, une entreprise pourra préférer demander un crédit auprès d’une banque plutôt que d’emprunter sur les marchés financiers. Mécaniquement, cette concurrence des crédits bancaires fait baisser les taux des emprunts sur les marchés financiers. Une entreprise peut emprunter à taux réduit et n’a donc plus besoin de demander d’argent à ses actionnaires. Elle peut même leur en redonner.

Les entreprises cotées en bourse ont à choisir entre différentes sources de financement : les actionnaires, les banques, les emprunts sur les marchés financiers. Toutes les sources de financement ont un coût. Un épargnant va prendre le risque d’investir dans des actions si le rendement est intéressant, c’est-à-dire si les dividendes sont élevés, ou si la probabilité de voir l’action augmenter est forte.

Si une entreprise peut se financer par emprunt ou par le crédit à taux réduit, cela peut avoir trois conséquences :

  • Le coût financier d’un nouveau projet financé par le crédit ou l’emprunt diminue, ce qui mécaniquement augmente les perspectives de profits et qui fait monter l’action.
  • Ou l’entreprise peut financer par l’emprunt ou le crédit un projet pour lequel elle aurait normalement dû demander de l’argent à ses actionnaires. À nouveau, les perspectives de profits, sans avoir à remettre au pot, font augmenter la valeur des actions.
  • Enfin, une entreprise peut avoir suffisamment d’argent pour investir dans de nouveaux projets. Mais si un crédit ou un emprunt ne coûte quasiment rien, son intérêt est de reverser son argent aux actionnaires, et d’emprunter ou de souscrire un crédit pour investir. Le fait de reverser de l’argent aux actionnaires, qui sont les propriétaires de l’entreprise, fait augmenter le cours de l’action.

L’augmentation des marchés financiers est un objectif macroéconomique. Si les placements financiers non risqués augmentent, c’est que leur rentabilité baisse. Donc les économistes pensent que les investisseurs vont s’orienter vers d’autres placements, par exemple des actions de jeunes entreprises, plus risquées mais plus rémunératrices. Si les investisseurs s’orientent vers ces jeunes entreprises, on suppose que la croissance économique va s’accélérer. Le but de la baisse des taux d’intérêt est donc aussi la hausse des marchés financiers.

Enfin, la hausse des marchés financiers a aussi pour objectif de créer un effet richesse. L’idée est que la hausse des marchés financiers entraîne une hausse de la valeur du patrimoine des ménages. Se sentant plus riches, ceux-ci vont consommer davantage. Par ailleurs, une hausse du patrimoine des ménages augmente les possibilités de crédit bancaire. En effet, les gros crédits sont garantis par le patrimoine. Si vous demandez un crédit important à votre banquier, il va demander des garanties : une hypothèque sur votre maison, des actions en garantie. On ne prête qu’aux riches. Par conséquent, l’augmentation du patrimoine augmente les possibilités de crédit et donc favorise la demande. Cela forme un cercle, que les keynésiens estiment vertueux ; la baisse des taux d’intérêt augmente les possibilités de crédit de deux manières : en rendant le crédit moins cher, et en augmentant la valeur du patrimoine. Le crédit est dépensé, créant de la demande. Ce qui crée de la croissance, des revenus, une nouvelle augmentation de la demande, de l’optimisme, ce qui renforce les dépenses, l’investissement, et crée à nouveau de la croissance.

 

UN EXEMPLE DE RELANCE MONÉTAIRE : LA BULLE IMMOBILIÈRE DES ANNÉES 2000

Une bonne illustration de cette politique économique est la bulle immobilière des années 2000. En 2002, les USA connaissaient une crise économique suite à l’éclatement de la bulle internet. Voici quelle politique préconisait le prix Nobel d’économie Paul Krugman, en 2002, dans le New York Times :

Pour combattre cette récession la Fed a besoin d’une hausse importante des dépenses des foyers pour compenser la défaillance de l’investissement privé. [Ainsi] Alan Greenspan [ le président de la Fed, la banque centrale US, en 2002] a besoin de créer une bulle immobilière pour remplacer la bulle du Nasdaq.

Dans une interview accordée en 2001, il déclarait :

Entretemps, la politique économique devrait encourager d’autres dépenses pour compenser la chute des investissements dans le monde des affaires. Des taux d’intérêt bas, qui favorisent les dépenses dans l’immobilier et d’autres biens durables, sont la principale réponse.

La politique préconisée est ainsi de faire monter les prix de l’immobilier. Une baisse des taux d’intérêt accompagnée d’une politique favorable aux prêts immobiliers va permettre, d’abord de faciliter l’achat et la construction de maisons. En effet, les taux d’intérêt bas rendent les crédits immobiliers moins chers. Cette baisse du coût des crédits entraîne une demande d’achats et de constructions de maisons. Cette hausse de la demande fait augmenter les prix des maisons. Ce qui favorise les crédits hypothécaires. Les banquiers vont accorder plus facilement un crédit hypothécaire car ils pensent qu’ils ne perdront pas d’argent : les prix augmentent, donc les acheteurs pourront toujours revendre la maison avec un bénéfice s’ils ne peuvent pas rembourser leur crédit.

On note que Krugman indique que les taux d’intérêt bas doivent aussi favoriser les achats de biens durables. Le schéma est le suivant : les ménages contractent d’abord un crédit hypothécaire garanti par la maison qu’ils achètent pour devenir propriétaire… puis la valeur de la maison augmentant il contracte un deuxième crédit hypothécaire, garanti par la même maison, pour consommer. Ce qui, dans la logique keynésienne, crée de la croissance puisque la consommation augmente. Comme il y a de la croissance, il y a de l’emploi, et donc des revenus pour rembourser les crédits. C’est cette politique qui a été appliquée par la banque centrale des USA, encouragée par les pouvoirs publics.

 

APPLICATION DE LA MICROÉCONOMIE À LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE

La politique monétaire macroéconomique est complétée par des mesures microéconomiques. Le comportement des acteurs du monde de la finance est étroitement contrôlé. Les banques doivent ainsi respecter les critères de Bâle. Concrètement, ce ne sont pas les banques qui décident de ce qui est risqué ou non, ce ne sont pas elles qui, par exemple, décident si accorder un crédit à une entreprise est risqué ou non. Elles ont une marge de manœuvre, bien sûr, mais elle doivent d’abord respecter les critères de Bâle.

Ces critères portent le nom de la ville qui accueille le siège de la Banque des Règlements internationaux. Ils ont été énoncés à cet endroit, par un comité composé des gouverneurs de banques centrales des principaux pays de l’OCDE. Il s’agit d’éviter que les banques ne prennent trop de risques. En contrepartie, ces mêmes banques sont assurées d’être secourues par la banque centrale de leur zone monétaire en cas de problèmes.

Schématiquement, les critères de Bâle désignent plusieurs types de crédits et de placements que peuvent faire les banques. En fonction du risque, les banques doivent avoir plus ou moins de capitaux propres. Concrètement, immobiliser plus de capitaux propres réduit la rentabilité pour les actionnaires. Les critères de Bâle considèrent que les emprunts d’État ne sont pas risqués, puis vient l’immobilier, et ensuite les emprunts des entreprises. Les critères de Bâle se sont imposés au-delà des banques. Et ce sont les agences de notations qui décident de ce qui est risqué ou non.

En pratique, différents organismes, des États, des entreprises, viennent emprunter sur les marchés financiers. Ils émettent pour cela des titres financiers, des obligations. En face, des banques, des compagnies d’assurances, des fonds de pension, etc. Tous ces organismes qui achètent des obligations obéissent aux critères de Bâle pour gérer les risques. Par conséquent, ceux qui veulent emprunter sur les marchés financiers se font noter par des agences de notation. Ils peuvent emprunter sans se faire noter, mais dans ce cas ils seront classés comme des emprunts risqués. La notation détermine si un emprunt est risqué ou non. Les États aussi sont notés. Mais une banque peut acheter des obligations de son pays même si elles sont mal notées.

Nous avons donc un système qui favorise les emprunts d’État et l’immobilier. Ce n’est donc pas un hasard si Paul Krugman appelait à une bulle immobilière. L’argent injecté dans l’économie par les banques centrales se retrouve dans les emprunts d’État et l’immobilier. On remarque également que les acteurs de la finance sont très contrôlés. Les critères de Bâle sont entrés en vigueur en 1988, et n’ont cessé d’évoluer depuis.

 

LES MULTIPLES SOURCES DE LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE

Nous avons ici simplifié la politique économique en la décrivant comme obéissant aux principes keynésiens, à savoir que l’argent crée la croissance. La réalité est plus complexe. Nous avons vu que la macroéconomie justifiait tout aussi bien une politique keynésienne de dépenses pour stimuler l’économie, que son contraire. La politique économique fait son marché entre ces théories.

Ainsi, pour justifier la politique de création monétaire c’est aussi Milton Friedman qui est invoqué. Milton Friedman est le chef de file du courant monétariste anti-keynésien. Mais il a écrit une histoire de la monnaie aux USA avec Anna Schwartz, dans laquelle il est stipulé que la crise des années 1930 a été aggravée par le fait que la Fed, la banque centrale US, a diminué la masse monétaire. Il en a été conclu qu’il fallait augmenter la masse monétaire, c’est-à-dire injecter de l’argent dans l’économie pour résoudre les crises. Cependant, telles ne sont pas les préconisations de Milton Friedman et du monétarisme. Il n’a jamais approuvé cette politique. La politique économique ne s’embarrasse pas de certains raccourcis.

Une autre illustration du mélange des théories économiques par la politique économique survient quand la théorie dominante ne donne pas les résultats escomptés. Ainsi, dans les années 1970, quand les recettes keynésiennes n’ont pas permis de sortir de la crise (le Royaume-Uni ayant été carrément sous assistance du FMI), il a été décrété qu’il y avait des crises keynésiennes et des crises non keynésiennes pour lesquelles la relance par la dépense ne fonctionnait pas. Sans que personne ne mentionne l’incohérence sur le plan théorique de cette affirmation.

Aujourd’hui, face à la crise la théorie keynésienne de dépense est appliquée. Mais, après quelques années de crise, on commence à insister sur les réformes structurelles. En effet, les pays qui s’en sortent le mieux sont ceux qui ont une économie qui s’adapte, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, les USA, ou ceux qui ont fait des réformes pour que leur économie soit réactive, comme l’Espagne. A contrario, la France stagne. Alors, les préconisations de politique économique mettent l’accent sur les réformes structurelles dans le sens de la macroéconomie classique, en accompagnement de la politique d’injection de monnaie. C’est là une juxtaposition de deux politiques différentes, sans rapport théorique entre elles. La politique économique fait son marché dans les théories économiques.

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  • Merci pour la mise au point.

    Les politiques discrétionnaires actuellement menées par les banques centrales n’ont rien à voir avec une sage déclinaison du monétarisme, mais tout à voir avec une fuite en avant suicidaire pour continuer encore et toujours les mêmes politiques socialo-keynésiennes de collectivisation. Ces politiques, présentées comme non conventionnelles pour abuser les naïfs, consistent à financer les dettes publiques par l’impression monétaire, pour se substituer aux économies laminées par la non-valeur intrinsèque des actifs publics. Leurs promoteurs prétendent qu’ils innovent, qu’ils progressent en territoire inconnu pour le bien commun. C’est à la fois faux et mensonger. En effet, les exemples d’impression monétaire sans limite abondent dans l’histoire économique. A chaque fois, sans exception, ça s’est très très mal terminé pour les populations sacrifiées au bon plaisir de leurs dirigeants irresponsables, par la crise économique, éventuellement par la guerre. Pourquoi la guerre ? Parce qu’elle est non seulement l’outil le plus radical de la dissimulation des turpitudes des criminels usurpant le pouvoir, mais également l’objet ultime de toute politique de collectivisation. Les mêmes folies produisant invariablement les mêmes effets désastreux, cette fois-ci ne sera pas différente.

    Les QE et les taux nuls destinés à sauver les Obèses, impécunieux puisqu’ils sont fondamentalement improductifs, vont ruiner les économies. Le scandaleux QE de SuperMariole ne fait pas exception. Les signaux d’affaissement généralisé de l’économie mondiale se multiplient déjà sous l’effet des coups de boutoir des injections monétaires insensées. Il n’y a plus que les marchés financiers drogués par l’afflux d’argent gratuit pour ne pas les voir. Quand ils vont enfin ouvrir les yeux, la réaction sera extrêmement brutale, d’autant plus brutale qu’ils seront montés au plus haut.

    • anti gros minet
      9 avril 2015 at 12 h 35 min

      avouez que la première guerre mondiale n’est pas du à la création monétaire ( c’est même l’inverse qui s’est produit … ) , et que la collectivisation des société russe et chinoise au 20ième siècle , n’a pas aboutis à la guerre …

      • et que la collectivisation des société russe et chinoise au 20ième siècle , n’a pas aboutis à la guerre …

        A la guerre civile, non ❓ Combien de gens lâchement assassinés dans les 2 cas ❓ Combien de dizaines de millions de morts ❓

      • Tentative d’humour noir ? Oui, oui, oui. CQFD. On peut à loisir sacrifier les populations. La mort des sans-dents ne compte pas puisqu’il suffit de la nier. La guerre n’est pas qu’internationale. La guerre est d’abord civile. Faire mourir sa population, en provoquant crises et famines, c’est une guerre civile.

        Ainsi, la première guerre mondiale ne serait pas due à la création monétaire. Mon pauvre ami, elle n’aurait tout simplement pas eu lieu sans la création monétaire débridée qui l’a alimentée. Et qui peut encore oser faire mine d’oublier la très opportune création de la Fed en 1913 ?

        • «  »Et qui peut encore oser faire mine d’oublier la très opportune création de la Fed en 1913 ? » » »
          C’est une affaire exclusivement américaine.
          A l’époque, les USA n’était pas encore la superpuissance qu’ils sont devenus après deux guerres européennes, la première étant une guerre civile déclenchée par l’automatisme des traités de défense, la seconde étant une guerre de religion entre les démocraties parlementaires et les deux régimes totalitaires qu’étaient le III° Reich et l’URSS – la guerre USA:Japon étant plus classique – contrôle des richesses.
          Avant 1914, ies USA commençaient à devenir un Etat important, mais toujours surclassés par les Etats et empires européens qui régnaient sur le monde.
          La richesse des EUA provient des achats effectués par les alliés France, GB, en produits de toutes sortes y compris agricoles, les campagnes s’étant dépeuplées du fait de la mobilisation.
          En Russie, la mobilisation de trop de paysans trop longtemps entraîna des disettes dans un empire auparavant exportateur de céréales, disettes qui amenèrent la révolution.
          En rappelant que l’empire russe, du fait de l’entrée en guerre de l’empire ottoman aux côtés des empires centraux (empire allemand, empire austro-hongrois) isola complètement la Russie qui ne pouvait plus vendre et acheter à l’extérieur, ses voies de communication étant coupées – en mer du nord par la flotte allemande, vers la méditerranée par le détroit des Dardanelles.

          • anti gros minet
            9 avril 2015 at 17 h 19 min

            bien répondu …

            on peut même dire sans trop se tromper, que la première guerre mondiale découle de l’affrontement de 1870, ou napoléon 3 se lance stupidement tête baissée dans le piège que lui tend bismarck …et de la volonté française de cerner l’allemagne par une entente avec les russes .
            quand à la deuxième, elle découle évidemment du mauvais règlement de la première au traité de versaille, c’est connu comme le loup blanc !
            la planche à billet a tourné à cause de la guerre, et pas l’inverse, c’est malhonnête de le nier. de même que le conflit entraîne le transfert d’immense quantité d’or par delà l’atlantique, or qui ne manquera pas de faire monter les prix aux USA , tout autant que la FED …
            quand au famines russe et chinoise, elles sont du à des décisions politiques machiavelique ( affamer le peuple ukrainien qui était aussi un ennemis de classe ) ou erronées pour le cas chinois … on ne voit toujours pas le rapport avec la planche à billet ou avec le réchauffement climatique . à moins d’avoir beaucoup d’imagination !

            • Vous ignorez manifestement que l’abandon de l’étalon-or par la Reichsbank a été décidé plus d’une année avant le début de la guerre. Il est même possible de soupçonner que la décision non formelle d’abandon remonte au moins à la crise de 1907 qui avait offert une première opportunité d’habituer les esprits à cette idée, à commencer par ceux des banquiers. Nul besoin de vous égarer dans des spéculations rhétoriques sur les causes multiples des guerres. A la rigueur, vous pourriez considérer que la guerre est une fin en soi et que les causes longuement analysées ne sont que de bonnes excuses.

              • anti gros minet
                9 avril 2015 at 21 h 26 min

                si vous avez des informations nouvelles sur les causes du premier conflit mondial, vous devriez écrire un bouquin , ça devrait marcher …

                je vois d’ici la conclusion comme quoi il faut interdire le socialisme !

                • « interdire le socialisme » ? Vous voyez que vous avez d’excellentes idées quand vous voulez.

                  Des bouquins ? Ne soyez pas ridicule, ils sont déjà écrits.

          • « C’est une affaire exclusivement américaine. » C’est une erreur de croire que la création de la Fed n’était qu’une affaire interne. Si les USA n’avaient pas encore gagné leur suprématie économique, les liens financiers d’avant-guerre étaient déjà suffisamment importants entre les continents pour déstabiliser le régime d’étalon-or (ce qui révélait ses lacunes) et concernaient l’ensemble des futurs belligérants des deux camps. Surtout, comment ignorer les errements monétaires de la Fed, pendant et à la suite de la guerre, qui ont eu de lourdes conséquences dans le déclenchement de la bulle des années 20 puis de la crise de 29 ?

    • Il n’y a plus que les marchés financiers drogués par l’afflux d’argent gratuit pour ne pas les voir.

      Ne serait pas les rendements nuls, voire négatifs, des obligations publiques qui créent cette bulle ? Bulle qui me semble être en fait celle de l’état Obèse. Le jour ou ces obligations prennent +3%, et que les entreprises ne font pas plus de profits, il est logique de s’attendre à une correction, donc baisse de 50% ou plus.

  • Excellent article. Merci 🙂

    • D’accord avec vous, cet article remet les choses au point.

      Pour la petite histoire, il ne mentionne pas l’émission de ce que l’on appelle « la monnaie de nécessité » du au manque de métaux durant la guerre de 14 et la désaffection du public pour la monnaie papier entre 1920 et 1927(réflexe de thésaurisation) , désaffection qui toucha jusque dans l’émission de la petite monnaie où l’argent et le bronze sont abandonnés pour le cupronickel.
      Afin de faciliter les échanges au quotidien, l’Etat autorisa alors les Chambres de Commerce et d’Industrie à mettre en circulation leur propre monnaie qu’elles garantissaient, des pièces de moins d’un franc certes, mais aussi des billets de 1, 2, 5 et 10 francs.
      J’en parle parce que, par héritage, j’ai retrouvé pas mal de ces billets, plus d’une cinquantaine, émis par les CCI de nombreux départements.
      Cette monnaie disparut avec l’instauration du franc Poincarré de 1928 qui ne vaut plus que le 1/5° du franc germinal pour sa contrepartie en or. http://www.herodote.net/25_juin_1928-evenement-19280625.php

  • Un article certes biaisé par le bord économique du journal (que je suis et assume cependant, nous autres entrepreneurs sommes un groupe d’intérêt au sens de Dahrendorf), mais cependant complet et source d’information.
    A noter malgré tout que les marchés financiers ne SONT PAS liés à l’origine par les règles de Bâle, celles-ci se présentant sous la forme de recommandations (certes très appuyés) mais surtout étaient jusqu’à Bâle III d’une légèreté frivole, considérant les obligations d’État comme sures (ce qu’elles sont: Un Etat, si il a des difficultés de paiement, peut reporter indéfiniment certains coûts, couper dans le social ou au contraire augmenter l’impôt…) mais détournées par la finance qui fit des obligations le terreau d’une création destructrice: Les produits dérivés, voire dérivés de dérivés, complexes montages permettant un profit maximal. Un profit…ou une perte, nous l’avons vu lors de la crise, lorsque les Hedge Funds qui vivaient sur ces produits financiers se sont faits rattraper par la crise immobilière via la titrisation et on paniqués, engendrant une crise financière plus lourde encore.
    Ainsi, à la macro (Bâle) succède la micro, car la finance n’a pas eu l’intention de faire ces dégâts: Il s’agit d’agents isolés qui ont eu l’intention toute normale de maximiser leur profit…et se sont engagés de plus en plus loin dans cette quête. Finalement, la finance s’est pris un petit coup de règle sur les doigts après la crise, du genre qu’on donne a un enfant désobéissant, ce qui n’empêche ni à l’un ni à l’autre de recommencer: En effet, les institutions financières ont étés sauvées par les Etats, et c’est au tour de l’économie réelle de payer le prix de leur imprudence. Mais même si l’État n’avait pas sauvés les banques, celles-ci auraient entrainées l’économie réelle dans leur chute. Vous avez dit une spirale infernale?

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