L’économie planifiée ne peut pas faire de miracles

Quelle est la place de la planification dans l’économie de marché ?

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L’économie planifiée ne peut pas faire de miracles

Publié le 2 avril 2015
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Par Jasson Urbach depuis Durban, Afrique du Sud.
Un article de Libre Afrique

more metal more weapons credits James Vaughan (CC BY-NC-SA 2.0)
more metal more weapons credits James Vaughan (CC BY-NC-SA 2.0)

 

Peu de temps après la chute du mur de Berlin, un groupe de fonctionnaires soviétiques a été envoyé en mission au marché des produits frais à Londres pour observer le fonctionnement d’un marché libre. Ils ont alors été surpris par l’efficacité des opérations. En effet, les marchandises sont livrées à temps, l’argent change facilement de mains, et après s’être remerciés les uns les autres, à la fois les clients et les vendeurs se quittent avec des sourires. Sidérés que tout cela fonctionne sans autorité centrale, l’un des responsables soviétiques s’écria : « Mais sont les invendus» ?

Dans La tyrannie des experts, William Easterly écrivait, « Le savoir nécessaire pour générer la prospérité n’est pas contenu dans un seul esprit, il est dispersé entre de nombreux esprits. La société libre crée les incitations pour chaque individu d’utiliser ses propres connaissances ». Cette idée importante fournit une partie de la réponse à la question de l’agent soviétique. La raison pour laquelle il n’y avait pas d’invendus sur le marché des produits frais de Londres est simple : les ressources n’ont pas été allouées par une commission de planification centrale et elles n’ont pas besoin de l’autorisation des planificateurs pour réduire leurs prix à la fin de la journée si cela était nécessaire, afin de vendre la dernière unité de leurs produits. Au contraire, les ressources et le savoir nécessaires pour acheminer la marchandise au marché avec les bonnes quantités et au bon moment, et de s’adapter rapidement à l’évolution des circonstances, ont été dispersés entre d’innombrables personnes et réunis par l’arme secrète des prix.

Les prix permettent à l’offre et à la demande de s’ajuster spontanément sans avoir besoin de toute personne ou tout groupe d’individus pour superviser l’ensemble de l’économie et de l’orienter dans la « bonne » direction. Comme les prix varient, ils orientent les ressources et les connaissances d’une sphère de l’économie à une autre et par la même occasion redirigent les ressources rares des secteurs improductifs vers les secteurs productifs.

Ce « paradigme de la planification » était « durement gravé » dans l’esprit des fonctionnaires soviétiques, et de nombreuses personnes à travers le monde croient encore que fondamentalement la tâche de développement incombe au gouvernement plutôt qu’aux individus. Ils soutiennent que l’État doit savoir ce dont les gens ont besoin et devrait prendre les décisions qui affectent leur vie quotidienne. Mais l’intuition de William Easterly doit être prise en considération. Aucun individu, aucun gouvernement ne peut avoir toutes les informations nécessaires pour élaborer de tels plans au nom de toute une nation. Personne ne peut voir ou comprendre les différentes ramifications de l’ensemble de l’économie. Pour survivre et prospérer, les individus doivent être libres d’observer ce qui se passe dans leur environnement et de prendre les décisions adaptées à leur situation particulière, que ce soit en tant qu’entrepreneur, employeur ou travailleur, et à faire tout ce qu’ils peuvent pour adapter leurs efforts au reste du marché.

Les gouvernements n’ont tout simplement pas le temps, le pouvoir ou la capacité de calcul pour collecter suffisamment d’informations leur permettant de planifier toute une économie. Les tentatives visant à planifier centralement une économie ont abouti à des résultats qui sont aussi bien prévisibles que tragiques comme cela a été confirmé par l’expérience soviétique qui a condamné des millions de personnes à une vie misérable et souvent une mort précoce (surtout si vous n’avez pas suivi les ordres du bureau politique central, connu sous le nom du Politburo).

Ce que beaucoup de gens ne parviennent pas à reconnaître et trouvent difficile à croire, c’est que l’économie de marché ne fonctionne pas tout à fait de manière non planifiée. Une quantité incroyable de planification est utilisée dans une économie de marché, mais c’est de la planification spontanée en permanence. Une planification décentralisée, réalisée non pas par une seule personne, mais par des millions de personnes qui cherchent à maximiser leurs propres intérêts pour obtenir ce qu’ils veulent et livrer tous les biens et services que les gens demandent.

Comme la concurrence s’intensifie, les entreprises ont souvent besoin de réduire soit les coûts, soit les bénéfices ou encore les deux afin de demeurer compétitives  et continuer à fournir les meilleurs produits aux meilleurs prix. Malheureusement, les préférences changeantes des consommateurs peuvent réduire la demande pour un produit particulier et, par conséquent, certaines entreprises se trouvent obligées de quitter le marché. Pensez aux millions d’entreprises qui ont dû céder sous la pression du « modernisme » et de la souveraineté des consommateurs : les chariots tirés par les chevaux ont cédé la place aux voitures, les machines à écrire aux ordinateurs, les vieux téléviseurs aux écrans plats, les développeurs traditionnels de photos à la photographie numérique, les librairies aux livres électroniques, etc.

À mesure que ce processus évolutif (et entièrement imprévisible pour un organisme central de planification) se déroule, les pertes d’emploi sont inévitables dans les différents secteurs de l’économie. Mais, grâce à l’élan créatif des entrepreneurs et de la réorientation des ressources, il y aura toujours de nouveaux marchés exigeant la création de nouvelles entreprises, il en résultera une nouvelle demande de travail. Les gens sont prêts à relever de nouveaux défis, acquérir de nouvelles compétences ou même changer complètement leurs carrières. Si on laisse le marché s’autoréguler selon les exigences et les désirs des masses, il y aura des emplois à décrocher et des profits à empocher. La leçon que nous devons tous en tirer, est qu’aucune entreprise n’est trop grande pour faire faillite et aucune industrie ne mérite d’être protégée juste parce qu’elle fournit des emplois à des centaines de personnes. Si les entreprises n’avaient jamais été autorisées à faire faillite, nous serions toujours en train de voyager en voiture à cheval, de taper des lettres et des rapports sur des machines à écrire, et la plupart des milliers de progrès visibles et invisibles dont nous jouissons aujourd’hui n’auraient tout simplement pas eu lieu.

Le marché est un équilibre complexe entre l’offre et la demande et les prix s’ajustent constamment en fonction de nouvelles informations. Le marché est, sans l’ombre d’un doute, largement plus efficace qu’une économie planifiée qui ne peut tout simplement pas s’adapter à de nouvelles informations, conduisant ainsi au déséquilibre entre l’offre et la demande, lequel génère inévitablement des surproductions et des pénuries. Pour l’intérêt de tous, le marché doit être libre pour bien fonctionner.


Article initialement publié en anglais par Free Market Foundation. Traduction réalisée par Libre Afrique.

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  • Article plein de bons sens, (j’adhère totalement) mais qui comme tous les articles de ce site, ne met pas assez l’accent sur les impacts humains positifs ou négatifs, sur le fait que les méritants sont valorisés et les médiocres pénalisés, que la prospérité (par le profit) doit passer avant le confort (social) et donc que ce confort est fluctuant (donc pas d’acquis sociaux)… que la réussite ne s’obtient qu’au prix d’efforts énormes et que rien n’est acquis ni gratuit. que les conséquences des faillites seront terribles pour ces entreprises et leurs employés, etc… en gros du prix à payer

  • Magnifiquement résumé. Hélas pour la France, pas une seule offre politique en ce sens…

  • Les commentaires sont fermés.

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