« Les angles morts » de David Amherdt

Cinquante récits brefs où le lecteur est invité à entreprendre des flâneries poétiques, romantiques ou oniriques, qui soulignent le tragique de l’existence humaine dans tous ses aspects.

Par Francis Richard.

Les angles morts daniel AmherdtSous le titre d’Angles morts, David Amherdt a réuni en un volume cinquante récits brefs, d’une, deux, voire trois pages, qui sont des miniatures de récits, où tous les mots comptent, où les réminiscences littéraires abondent, où le lecteur est invité à entreprendre des flâneries poétiques, romantiques ou oniriques, qui soulignent le tragique de l’existence humaine dans tous ses aspects.

Chacun de ces textes est précédé d’une ou de plusieurs épigraphes, qui sont citations de la bible, citations d’insignes auteurs de l’Antiquité grecque ou latine, ou d’auteurs devenus des classiques de la modernité et de la post-modernité. Autant dire que le lecteur se trouve en excellente compagnie au moment de s’embarquer dans les textes qui les suivent et qui les illustrent de manière toute singulière.

Un de ces récits s’intitule L’angle mort, que l’auteur définit comme l’angle « d’où l’on ne voit rien et que nul ne peut voir ». Le lecteur est prévenu. L’auteur, à partir des épigraphes qui l’inspirent, révèle au lecteur, dans ce récit et dans les autres, ce qu’il ne pourrait voir autrement de la vie de ses personnages, lesquels semblent ignorer de leur côté le monde qui les entoure et ne connaître que ce qui oriente ou désoriente leur destin.

Dans ces récits, il est question d’angles de vue et de morts, mais aussi d’attentes et de déconvenues, d’apparitions et de disparitions, d’unions et de séparations, de souvenirs et d’oublis, d’accidents mortels et de crimes, de cruauté et de tendresse, d’amour et de haine, d’ascensions et de chutes, de malheurs, qui frappent l’humanité, et d’accalmies, qui les interrompent comme des rémissions de douceur à leur brutalité.

Il n’est pas étonnant que, parmi les auteurs cités par David Amherdt, il y ait, à plusieurs reprises, William Shakespeare, Fiodor Dostoïveski ou Jacques Brel. En effet ces auteurs sont des géants, à l’aise dans tous les registres, celui de l’exaltation comme celui du tragique, celui du devoir comme celui de l’ardeur. Parlant d’un homme et d’une femme qui se retrouvent pour mourir ensemble, l’auteur illustre ce propos quand il écrit :

« S’ils moururent, ce fut bien parce qu’il le fallait. Joyeusement, pourtant : on meurt comme on a vécu. »

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