Mathieu Gallet, le patron de Radio France, sous le feu des critiques

Le PDG de Radio France s’est mis le milieu politico-médiatique de gauche à dos. Coupable ou victime ?

Par Thibault Doidy de Kerguelen

Mathieu Gallet - Credit photo Bartek Warzecha
Mathieu Gallet – Credit photo : Bartek Warzecha (CC BY-SA 2.0)

Chargé de faire des économies

Mathieu Gallet, actuel PDG de Radio France, se voit la cible de tous les conservatismes socialistes. Pourtant placé là par l’actuelle majorité, Mathieu Gallet, économiste de formation, est chargé de s’attaquer aux déficits récurrents de Radio France. Enfin, déficits, c’est un bien grand mot, dans la mesure où les 58 stations de radios gérées par Radio France ne génèrent quasiment pas de recettes (2% des recettes publicitaires pour 22% de part d’audience) et que c’est la manne publique qui fait vivre le premier groupe français de radios (premier en nombre d’antennes, premier en nombre de fréquences, premier en nombre d’employés, premier en coût de fonctionnement…). On peut donc raisonnablement considérer que Radio France est intégralement déficitaire. Il s’agit en fait d’évoquer la différence entre ce que l’État avait prévu de mettre à disposition de Radio France dans son budget et ce qu’il a finalement été obligé de payer.

Riposte du corporatisme journalistique

Mathieu Gallet a donc décidé de prendre le taureau par les cornes et de faire quelques coupes afin de réduire le coût abyssal de fonctionnement de ce groupe de radios. Grand mal lui en a pris ! Non seulement il a déclenché une grève, ce qui fait désordre pour un gouvernement socialiste, mais il a provoqué l’ire du petit milieu des journalistes parisiens. Ainsi donc, les « copains » du Canard, le journal satirique de gauche, se sont-ils empressés de faire du scandaleux pour déstabiliser le « Macron de la radio » !

Ce fut tout d’abord l’article sur les frais de rénovation de son bureau (sur lequel il s’est expliqué et, vérification faite, son explication semble exacte…) et maintenant l’attaque sur le conseil en communication1. Notons au passage que 90k€/an pour assurer la com’ d’un PDG de groupe audiovisuel ne semble pas exagéré au regard des standards du secteur, et que le fait qu’il l’ait choisi sans appel d’offre ne me choque pas dans la mesure où la relation entre le conseilleur et le conseillé doit être empreinte de confiance.

Largué dans les règles

Comme il se doit avec nos dirigeants socialistes, Mathieu Gallet n’ayant pas réussi sa mission « pas de vague » et s’étant mis à dos le microcosme politico-médiatique parisien, fait l’objet d’un largage dans les règles. Fleur Pellerin que l’on a connu moins lâche lui tire ouvertement dessus à la sortie de l’Élysée….

Gageons que le choix de son successeur est déjà en route et que « la tête de l’infâme » sera offerte aux syndicats et aux « amis de la presse » afin de rétablir la paix sociale. Ce n’est pas pour autant que Mathieu Gallet était coupable, d’ailleurs il y a fort à parier que rien ne sera retenu contre lui…


Sur le web.

  1. Ne serait-il pas intéressant que Le Canard fasse également une enquête sur les frais de conseil en communication de Hollande ? Nous serions vraisemblablement loin des 90 000€ car ledit Hollande a multiplié les membres de sa cellule de com’ et a servi de généreuses indemnités de départ à chaque fois qu’il virait quelqu’un…