Élections : la comédie socialiste

Le regard de René Le Honzec.

rené le honzec valls

Ayant vu récemment une pépite de film en noir et blanc des années 50, avec Jean Richard et de Funès, pochade d’une troupe d’acteurs ringards et itinérants, je ne peux que faire le rapprochement avec la pénible tournée genre gala de Karsenty qu’on nous a infligé en guise de campagne électorale. Des spectacles minables et convenus, avec des premiers rôles qu’on connaissait par cœur, des seconds couteaux qui cabotinaient des petites phrases sur des plateaux TV acquis (la palme à Ruquier, qui a dénoncé Zemmour en public). Et surtout en évitant les sujets qui fâcheraient les tenants du politiquement férocement correct. Et que j’éviterai aussi, des plus forts ayant déjà été condamnés. On retiendra quand même l’excellente représentation du comique troupier Valls avec son tube « Un FN et tout est dépeuplé ».

Il reste la perception d’un gâchis accablant, celui d’une élection départementale sans sujet, puisqu’il n’y a pas de département new age à ce jour. Je ne vais pas refaire le match et les invectives, simplement essayer de vous faire part de mon trouble quant aux chiffres et pourcentages agités pendant toute la nuit jusqu’au petit matin.

Très tôt, on a vu le sondage Ifop sur tous les plateaux, 30% UMP UDI, 25 pour Bleu Marine, et, et, et… 24 pour le PS, jolis graphiques à l’appui complaisamment laissés en bas de l’écran. J’ai même vu à un moment un « PS » à 26,5% ; de temps en temps, on nous expliquait doctement qu’il était juste de rattacher au PS certains de ses « associés ».

Bon, derniers résultats ce matin : 36,5 UMP-UDI ; 25,35 FN ; 20 pour le PS…

Message subliminal tendant à mettre dans l’esprit du citoyen-spectateur qui doit aller dormir des résultats diminuant les impacts réels : victoire de Sarkozy, montée remarquable du Front, déroute des socialistes. Breton, j’ai vécu ces résultats qui tombaient, FN par-ci, FN par-là, déstabilisant les intervenants accrochés aux graphiques Ifop… Un bastion communiste comme Lanester (Lorient 56), duel au 2ème tour entre UMP et FN… PS éliminé, PC mort.

Pour finir sur ces trucages (interprétations ???) de chiffres, je vous engage à aller consulter les chiffres définitifs sur le site du ministère de l’intérieur.

Vous y trouverez un « binôme du PS » à 13,05%… Un « binôme FN » à 25,12%, le binôme UMP à 6,74%, un binôme Union de la Droite à 21,12%… Libre à vous de prendre vos calculettes électorales pour essayer de vous y retrouver et d’échafauder des majorités victorieuses et des minorités victorieuses…

Mais la vérité des chiffres, c’est que le premier parti en France est bien le FN, les autres, seuls dans leur nudité sans les hardes des garde-robes genre UDI, Union de la Droite maquillée, et autres : le FN, seul, 25% des voix.

Le drame de cette république dont il nous rebat les oreilles, Valls l’illustra parfaitement en allumant un cigare pour fêter la deuxième place du FN « seulement ». (Ce qui est faux, cf ci-dessus) avant de s’écrouler dans son canapé pour regarder le match de son équipe catalane. Toute la campagne du premier ministre a consisté à parler aux peuples de France qui souffrent du danger du FN. C’est son seul programme, mais la ficelle est usée. En 1984, Fabius disait « Le FN pose de bonnes questions, mais donne de mauvaises réponses ». En 2015, son successeur Valls pose des mauvaises questions et donne de mauvaises réponses. C’est normal, les socialistes ne savent pas faire. Ils ont eu la Présidence, le Parlement, 21 régions sur 22, la majorité des départements. Et ils sont en déroute.

Ayant souvent comparé fonctionnaires et élus à une nouvelles aristocratie, je termine avec le mot de Talleyrand sur les Émigrés : « En vingt ans, Ils n’ont rien appris, rien oublié. » Les socialistes ne comprennent rien, et n’oublient rien.