Paris : la sous-location des HLM enfin contrôlée !

Anne Hidalgo (crédits Philippe Grangeaud-Parti Socialiste, licence Creative Commons)

Pourquoi le contribuable devrait aider certains à se loger, tout en subissant un coût d’opportunité énorme et en contribuant à raréfier l’offre libre ?

Par Le Parisien Libéral.

Anne Hidalgo (crédits Philippe Grangeaud-Parti Socialiste, licence Creative Commons)
Anne Hidalgo (crédits Philippe Grangeaud-Parti Socialiste, licence Creative Commons)

25 ans après la chute du Mur de Berlin, il y a encore une extrême gauche communiste en France, et à Paris, capitale de la France, ces communistes collaborent avec le Parti Socialiste, celui qui donne des leçons anti-extrémistes. C’est incroyable mais c’est ainsi ! Le Parti Socialiste peut s’allier aux communistes du FDG, par contre si l’UMP tentait ne serait-ce que d’envisager une collaboration avec le FN…

Cette collaboration PS-FDG se matérialise notamment par la présence de Ian Brossat aux côtés d’Anne Hidalgo, en tant qu’adjoint au logement. Ian Brossat, vous savez, c’est celui qui, sans doute inspiré par l’architecture et l’urbanisme soviétiques, aurait bien rasé le Sacré-cœur, ça pose le personnage.

Pourtant, l’exécutif parisien a pris une décision de bon sens la semaine dernière : lutter contre la sous-location de HLM.

En effet, chacun comprend que l’existence même de HLM est un scandale : étant donné que le logement représente le premier poste de dépense de la plupart des ménages, pourquoi le contribuable devrait aider certains à se loger, tout en subissant un coût d’opportunité énorme et en contribuant à raréfier l’offre libre ? De plus, les HLM sont, on le sait, un instrument de clientélisme.

Néanmoins, si on admet que ce scandale puisse exister, alors force est de constater que le scandale dans le scandale, la sous-location de HLM, doit cesser. Il était en effet temps que la Mairie de Paris rappelle aux titulaires de baux HLM que sous-louer son HLM en cas de vacances, déménagement ou de mutation professionnelle risque de coûter très cher aux occupants en titre !

Mais en même temps, qui peut reprocher à des locataires de HLM de se comporter de la sorte ? Le logement est un bien rare et cher, et une fois qu’un logement en HLM est attribué, il n’y a plus de contrôles. Les ministres et autres députés qui ont été logés dans un logement du parc social de la ville de Paris, de droite comme de gauche, UMP comme PS, en savent quelque chose !

Le contrôle des sous-locations de HLM parisiens est donc une bonne idée. Il se trouve néanmoins que l’exécutif parisien et sa majorité de gauche sont vraiment hypocrites pour le coup. En effet, comme le rappelle l’élu d’opposition Pierre-Yves Bournazel (UMP), il y a peu de temps Ian Brossat jugeait le phénomène de sous-location « marginal » et il n’y avait donc pas lieu de prendre des mesures.

C’était le 1er octobre 2014 et la majorité de gauche n’était pas inquiète !

En dépit des petites annonces, voire des récits que tous les parisiens peuvent entendre, dans leur entourage, de locataires en HLM, bénéficiaires de minima sociaux, qui n’habitent carrément plus dans la capitale mais ont transformé leur bail en business rentable, mais non, la majorité ne voulait rien entendre, ou plus exactement, elle refusait l’idée que l’opposition puisse formuler une remarque de bon sens.

Au-delà même du fond de l’affaire et de l’opportunité à faire le ménage, est-ce que les politiciens, de droite comme de gauche, peuvent comprendre que les français sont fatigués de leur cynisme et leur capacité à adopter des vérités successives, fonction de leur situation personnelle, dans l’opposition ou au pouvoir ?

Anne Hidalgo peut-elle, par exemple, comprendre qu’il est inélégant, pour ne pas dire méprisable de rejeter l’idée qu’il faille faire des économies quand Charles Beigbeider ou NKM le préconisaient (timidement, du bout des lèvres) puis reprendre cette idée à son compte quand il s’agit de voter un budget ?

À ce petit jeu de vérités à géométrie variable, le PS est champion, Hollande a montré l’exemple en 2012, même si l’UMP est quasiment ex-æquo. L’honnêteté intellectuelle semble définitivement interdite de séjour dans le débat politique…

Demeure tout de même un fait, intangible, invariable, quelle que soit la couleur de la majorité : il n’est pas question de réduire l’emprise de l’État et du secteur public dans la vie des gens, et de ramener un peu de mécanismes de marché dans des secteurs aussi soviétisés que le logement, pour ne prendre que cet exemple. Après tout, c’est pas cher, c’est l’État qui paye ! Et qu’on ne vienne pas nous dire que l’État doit s’occuper du logement car il est un bien essentiel. Que l’on sache, se nourrir est encore plus vital pour l’homme que d’avoir un toit.

Pourtant, il ne viendrait à l’idée de personne, pas même des socialistes, de vouloir nationaliser Danone, Carrefour, Michel & Augustin ou Monoprix pour s’assurer que tout le monde ait de quoi manger ! Mais de là à entendre un politicien énoncer clairement que chacun devrait louer son logement en fonction de ses moyens …

Le fait demeure que le contrôle de sous-locations de HLM parisiens ne devrait pas exister, tout simplement parce qu’il ne devrait pas y avoir de HLM !

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