Comment mettre fin à la crise du professorat ? : Le programme « Teach for America »

Comment remédier à la crise des vocations dans l’enseignement ?

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Comment mettre fin à la crise du professorat ? : Le programme « Teach for America »

Publié le 7 mars 2015
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Par Delphine Gondebert.

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Alors que François Hollande annonçait en 2012 la création de nouveaux postes dans l’enseignement, ceux-ci ne trouvent pas preneurs. Face à une réelle crise des vocations due à la réforme de la « mastérisation », à la perte d’intérêt d’un grand nombre de jeunes pour ce métier compte tenu d’une rémunération peu élevée et des conditions de travail de plus en plus difficiles, l’école est mise à mal. En effet, certains établissements se sentent délaissés du fait de l’inexpérience des professeurs fraîchement diplômés et envoyés en ZEP (Zone d’Éducation Prioritaire) voire de l’abandon de certains professeurs à y enseigner.

Dès lors, il convient de s’interroger sur les innovations mises en place à l’étranger concernant le recrutement des professeurs dans ces zones dites « sensibles » et ainsi concevoir leur implantation en France.

Reconsidérer le métier de professeur

En 10 ans, la France a perdu 31 237 candidats au concours du CAPES (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré). Et en 2014, 706 postes n’ont pas trouvé preneurs. Ces chiffres peuvent s’expliquer par un désamour des jeunes pour le métier de professeur et une déconsidération de cette profession compte tenu de la faible rémunération. Ce phénomène n’est pas propre à la France. En effet, au Brésil, les professeurs sont moins bien payés que la plupart des autres métiers de la fonction publique. En Inde, ¼ du temps des professeurs est consacré aux fonctions normalement exercées par les surveillants.

Toutefois, de nombreux pays ont tenté de mettre fin à cette désaffection en reconsidérant le métier de professeur à différents niveaux. Ainsi, la Finlande paie modestement ses professeurs mais les encadre plus fortement. Quant à la Corée du Sud, elle recrute ses professeurs parmi les meilleurs élèves de l’enseignement supérieur en leur promettant une forte rémunération.

Le système « Teach for America »

À ces exemples s’ajoute l’initiative entreprise aux États-Unis, il y a quelques années par Wendy Kopp : Teach For America. Il s’agit de sélectionner parmi de jeunes diplômés de grandes écoles ou d’universités, ceux qui souhaitent enseigner dans des classes dites difficiles pour une période de 2 ans, en contrepartie d’une bonne rémunération. Après une sélection sur la motivation et la personnalité du candidat, ce dernier participe à une formation de 5 mois avant d’enseigner pour deux ans.

Créé en 1989, « Teach for America » connaît des résultats très satisfaisants puisque les élèves en difficulté, cible de l’initiative, atteignent un niveau similaire aux autres élèves en langue et mathématiques et les professeurs choisis pour ce programme restent en majorité (50-70%) dans le circuit de l’enseignement.

Ainsi, « Teach for America » a été repris dans de nombreux pays comme l’Australie, la Chine ou l’Inde et en Europe et Amérique latine.

Quelles leçons en tirer pour l’avenir ?

Ce programme permet, tout d’abord d’éveiller des vocations pour certains participants. Il s’accompagne, de plus, de réelles retombées sur le niveau scolaire des élèves.

Toutefois, l’une des premières critiques que l’on peut émettre est celle de la confiance placée dans les professeurs. En effet, ce système met en doute la qualité de leur enseignement. Or, une réorganisation de la sélection et du système de formation ainsi qu’une réévaluation de leur salaire et de leur condition permettraient la mise en place d’un système éducatif peut-être plus performant.

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  • Effectivement c’est une bonne initiative! En France, il y a des profs motivés pour aller enseigner en ZEP, et de bons enseignants, mais ils ne signent pas pour 2 ans, tout dépend des points et du « mouvement » soit des mutations. C’est cela le problème de la région parisienne, avoir des bons profs, mais ils ne veulent pas les laisser partir, dc moins de motivation, moins de profs qui veulent aller en ZEP, si il y avait plus de mouvement province/région parisienne, pour 2 ans pourquoi pas, sans forcément recruter « en plus », cela reboosterait tout ce petit monde.

    • Qui est-ce qui s’occupe des mutations et autres bazars ce sont nos amis les syndicalistes distinguès qui n’ont jamais enseignè de leur vie ou si mal qu’on leur a donné une prime

  • certaines matières sont plus sinistrées que d’autres. je pense aux Mathématiques et aux sciences physiques qui rencontrent de vraies difficultés de recrutement au Capes . Comment attirer des jeunes diplômés en mathématiques vers l’enseignement secondaire avec des salaires totalement indécents et décalés par rapport au marché. Le choix est vite fait. Un « Teach for America » à la française devra tenir compte du marché dans les discipline scientifiques et payer les débutants à la hauteur du salaire d’un ingénieur sinon, le truc ne marchera pas.
    Le problème se propage d’ailleurs pour l’enseignement supérieur.
    Qui va choisir en Mathématiques l’ENS Paris plutôt que l’X connaissant la rémunération d’un chargé de recherche ou d’un maitre de Conférences débutant en France ??. Le seuil a été franchi il y a bien longtemps, difficile de rattraper le truc aujourd’hui… pessimiste, je suis !

    • Toute personne suffisamment intelligente pour devenir prof de sciences l’est aussi suffisamment pour voir que le milieu de l’éducation est sinistré, et que se lancer la dedans, c’est authentiquement se sacrifier, comme de rentrer au monastère, le bruit et le stress en plus.

  • Où est l’époque où les intits sortaient de l’école normale avec un niveau BAC. Ces personnes avaient choisi leur métier dès la classe de 3ème et étaient ultra motivées. Aujourd’hui, on embauche des gens avec BAC + 5 non formés qui se retrouvent à faire instits parce qu’il n’ont trouvé rien d’autre à faire. Triste époque.

  • Il y aurait si peu de jeunes acceptant de répandre les théories fumeuses que désire imposer le pouvoir actuel?

    • « pouvoir actuel » dites-vous? Mais ces « théories fumeuses » sont bien antérieures à l’arrivée des socialistes rue de Grenelle, même si elles sont ancrées dans l’idéologie égalitariste qui nourrit leur utopie. Il y a plus de cinquante ans que leurs adeptes ont investi l’enseignement disciplinaire pour le démolir par aversion épidemique pour le concept d’élite, lequel était un pied de nez à leur incurable médiocrité. La méritocratie donne des boutons aux minables. Les majorités alternent, mais les ayatollahs du nivellement par le bas contrôlent l’ensemble du système. La méthode globale (toujours enseignée sous le cache-sexe de la semi-globale et malgré les dénégations des cuistres qui établissent les programmes ) en est un des multiples exemples.

  • En même temps un ordinateur ou une bonne bibliothèque assurent largement le travail d’une cohorte d’enseignants….
    Est-ce bien utile de démarrer une carrière de 40 ans si on n’est pas sur d’etre indispensable ?

    • Modernisme quand tu nous tiens. On peut tout faire apr ordinateur …bientôt l’amour

    • Le travail de l’enseignant, c’est de synthétiser des informations pertinentes, et de faciliter leur transmission.
      En celà, un ordinateur ne peut pas plus remplacer un prof qu’un lampadaire ne peut remplacer une lampe de poche, quand bien même ce soit tous les deux leur fonction que de diffuser de la lumière (du savoir).

    • Certainement pas PARTOUT heureusement, mais elle est insidieusement majoritaire. L’épidémie de fausse dyslexie dont elle est responsable en est la preuve puisqu’elle ne recule pas pour le plus grand bonheur des orthophonistes qui se comportent en l’occurrence comme des charognards. Des profs courageux (et des parents avertis) font de la résistance mais pas ceux qui ne veulent pas risquer leur carrière ou sont des activistes convaincus des mérites « égailtaristes » d’une méthode conçue pour des handicapés mentaux par un toubib belge il y a près d’un siècle. Elle est pain béni pour les pourfendeurs de têtes qui dépassent car elle impose une égalité de fait dans les classes, les enfants de riches ne pouvant pas se faire aider par des parents qui ne la connaissent pas. On brime tout le monde c’est cela l’égalité socialiste et surtout on bride les cracks pour faire gagner les tocard disait le Général.

      L’aspect le plus répugnant de cette méthode, outre qu’elle handicape à vie ses victimes, c’est qu’elle repose sur un principe intangible (pour des militants il n’y a pas d’hypothèses, que des vérités) : Il faut aux gosses de pauvres une méthode adaptée aux demeurés car leur aptitude à l’étude est moins développée que celle des gosses de riches. A gerber, de sottise et d’immoralité.

      Teach for America est un grand succès mais surtout un gigantesque pied de nez aux gourous de la Progressive éducation, imposée dans les années 20 par un gang de tarés qui ont foutu par terre un système performant. Il est démontré que voie de la sagesse est d’épargner aux élèves de subir les foutaises des enseignants formés dans les Schools of Education, (nos IUFM) inféodés aux « failled théories », que Hannah Arendt dénonçait déjà dans La Crise de l’éducation il y a plus de 50 ans. Ne pas lire ce texte en français car il est excessivement mal traduit et truffé de contresens. PROGRESSIVE EDUCATION, cette théori pédagogique inepte ( pédagauchisme° en France, constructivisme en Suisse) a été traduit par LES PROGRES DE L’EDUCATION. Or elle a produit une tragique régression des apprentissages.

    • Vos commettez l’erreur des fossoyeurs de l’école qui confondent SAVOIR et information. On ne peut utiliser la seconde à profit sans avoir acquis le savoir correspondant. Sans le premier, elle reste stérile.

  • Je connais un certain nombre d’enseignants actuels, d’enseignants retraités et de futurs enseignants. Et je voudrais dire les choses suivantes :
    Tout d’abord, je ne crois pas qu’il y ait une crise des vocations. Je ne crois pas que les candidats aux concours d’enseignants soient moins motivés que leurs prédécesseurs.
    En revanche, je crois que l’administration traite plutôt mal les enseignants :
    les salaires des enseignants sont vraiment très faibles, les enseignants sentent qu’on les traite comme de simples exécutants sans leur laisser la moindre marge de manœuvre, sans les laisser mettre en œuvre ce pour quoi ils ont été formés, en les soumettant à un contrôle tatillon, et en les humiliant en toute occasion.

    • Oui effectivement, vous avez bien cerné le ressenti des profs, et j’en connais un paquet des comme ça !

    • On ne peut pas bien payer les enseignants et trop payer les administratifs, Ce sont tous ces parasites qui gravitent autour des taches nobles qui diluent les émoluments

      • La réalité est plus complexe, mais la solution reste la même; c’est une administration plus proche des profs ( physiquement aussi), un système plus libre, plus souple et avec moins de personnel et le maitre mot à bien bosser pendant les vacances : ANTICIPATION!
        Et une formation harmonieuse et plus libre 🙂

  • Les Charter Schools fournissent de jolis exemples aux USA, il y en a qui ont vraiment changé la vie de leurs élèves et quartiers avec des méthodes originales. C’est aussi ça la liberté.

    • La liberté scolaire est la règle dans de nombreux pays et porte un nom: School choice.
      Les charter schools n’existent pas qu’en Amérique et elles en sont le produit phare. Comme leur insolente réussite dans les quartiers les plus pourris est une claque intolérable dans la gueule des syndicats de profs, ceux-ci tirent dessus à boulets rouges. Mais c’est un combat d’arrière garde. il aura quand même fallu près d’un siècle pour que le pragmatisme anglo-saxon triomphe des idéologues déjantés de la Progressive Education (version US du pédagauchisme), née dans les années 1920 au Teacher’s College de Columbia.

      Pareil revirement est impossible dans une France qui crève de sacraliser l’adage « comparaison n’est pas raison »…

  • Il semble qu’il y ait de nombreuses personnes sur Contrepoint connaissant bien le milieu éducatif.
    Il est dit que les salaires des professeurs sont peu élevés. Est-il possible que quelqu’un me donne le salaire horaire d’un professeur du secondaire en début et fin de carrière ? Merci d’avance.

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