Comment mettre fin à la crise du professorat ? : Le programme « Teach for America »

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Comment remédier à la crise des vocations dans l’enseignement ?

Par Delphine Gondebert.

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Alors que François Hollande annonçait en 2012 la création de nouveaux postes dans l’enseignement, ceux-ci ne trouvent pas preneurs. Face à une réelle crise des vocations due à la réforme de la « mastérisation », à la perte d’intérêt d’un grand nombre de jeunes pour ce métier compte tenu d’une rémunération peu élevée et des conditions de travail de plus en plus difficiles, l’école est mise à mal. En effet, certains établissements se sentent délaissés du fait de l’inexpérience des professeurs fraîchement diplômés et envoyés en ZEP (Zone d’Éducation Prioritaire) voire de l’abandon de certains professeurs à y enseigner.

Dès lors, il convient de s’interroger sur les innovations mises en place à l’étranger concernant le recrutement des professeurs dans ces zones dites « sensibles » et ainsi concevoir leur implantation en France.

Reconsidérer le métier de professeur

En 10 ans, la France a perdu 31 237 candidats au concours du CAPES (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré). Et en 2014, 706 postes n’ont pas trouvé preneurs. Ces chiffres peuvent s’expliquer par un désamour des jeunes pour le métier de professeur et une déconsidération de cette profession compte tenu de la faible rémunération. Ce phénomène n’est pas propre à la France. En effet, au Brésil, les professeurs sont moins bien payés que la plupart des autres métiers de la fonction publique. En Inde, ¼ du temps des professeurs est consacré aux fonctions normalement exercées par les surveillants.

Toutefois, de nombreux pays ont tenté de mettre fin à cette désaffection en reconsidérant le métier de professeur à différents niveaux. Ainsi, la Finlande paie modestement ses professeurs mais les encadre plus fortement. Quant à la Corée du Sud, elle recrute ses professeurs parmi les meilleurs élèves de l’enseignement supérieur en leur promettant une forte rémunération.

Le système « Teach for America »

À ces exemples s’ajoute l’initiative entreprise aux États-Unis, il y a quelques années par Wendy Kopp : Teach For America. Il s’agit de sélectionner parmi de jeunes diplômés de grandes écoles ou d’universités, ceux qui souhaitent enseigner dans des classes dites difficiles pour une période de 2 ans, en contrepartie d’une bonne rémunération. Après une sélection sur la motivation et la personnalité du candidat, ce dernier participe à une formation de 5 mois avant d’enseigner pour deux ans.

Créé en 1989, « Teach for America » connaît des résultats très satisfaisants puisque les élèves en difficulté, cible de l’initiative, atteignent un niveau similaire aux autres élèves en langue et mathématiques et les professeurs choisis pour ce programme restent en majorité (50-70%) dans le circuit de l’enseignement.

Ainsi, « Teach for America » a été repris dans de nombreux pays comme l’Australie, la Chine ou l’Inde et en Europe et Amérique latine.

Quelles leçons en tirer pour l’avenir ?

Ce programme permet, tout d’abord d’éveiller des vocations pour certains participants. Il s’accompagne, de plus, de réelles retombées sur le niveau scolaire des élèves.

Toutefois, l’une des premières critiques que l’on peut émettre est celle de la confiance placée dans les professeurs. En effet, ce système met en doute la qualité de leur enseignement. Or, une réorganisation de la sélection et du système de formation ainsi qu’une réévaluation de leur salaire et de leur condition permettraient la mise en place d’un système éducatif peut-être plus performant.

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