Union européenne : soldes spéciales, tout doit disparaître !

soldes credits antoine robiez (licence creative commons)

L’Union européenne est-elle en train de brader ses principes ?

Par le Parisien libéral.

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« Allez-y M’sieurs Dames ! Dépêchez-vous, tout doit disparaître ! Traité de Maastricht ? En solde flash ! »

Tel est en substance le message que la Commission Européenne vient d’envoyer cette semaine. Jugez un peu :

  • Bruxelles a consenti un nouveau délai à la France, jusqu’en 2017, pour ramener son déficit sous la barre des 3% du PIB1
  • L’Europe n’ouvre pas de procédure contre la Belgique2
  • La Grèce reçoit un premier feu vert pour prolonger le plan d’aide3

Certes, dans le cas Grec, il semble qu’on recule pour mieux sauter et que, quelque part, le gouvernement de coalition Tsipras a mis un peu d’eau dans son ouzo.

En revanche, est-ce que le rôle de la Commission Européenne est de faire de la câlinothérapie envers nos déficits keynésiens, ou alors de faire appliquer les traités que, au passage, des gens comme Hollande ont, à titre personnel et à titre politique, toujours dit soutenir ?

Alors, certes, quand on est à 32% de déficit, ce n’est pas si facile de revenir à 0% (équilibre).

Mais pourtant, les pistes existent. Elles sont au nombre de 3 :

  • Ne pas dépenser plus que ce que l’État est capable de collecter, autrement dit, ramener la dépense publique au niveau de ce que les français sont prêts à payer pour la financer,
  • Ramener l’État à ses seules missions régaliennes (police, justice, armée et diplomatie),
  • Mutualiser au niveau fédéral européen une partie de ces missions régaliennes, une fois atteint un consensus sur ces missions (ce qui supposerait par exemple de cesser toutes nos guerres extérieures type Mali, puisque nos 27 partenaires ne veulent pas les financer).

On atteint vraiment la limite de la construction européenne. Les institutions de l’Union Européenne font trop la part belle à l’intergouvernemental et aux arrangements d’arrière-cour, et pas assez à l’option fédérale.

Le pire, c’est que cette stratégie est suicidaire pour les institutions de Bruxelles : elle n’ôtera pas l’idée inscrite dans les opinions publiques européennes, que l’UE est un organe de répression budgétaire, tout en laissant la possibilité aux gouvernements nationaux de dire, d’ici un an ou deux, que les efforts à réaliser sont uniquement du fait de Bruxelles.

Parions sur le fait qu’en 2017, les socialistes de gauche comme de droite s’écrieront en cœur « tout ça, c’est la faute à Bruxelles ! »


Sur le web

  1. Le Temps France : Bruxelles donne deux ans de plus pour réduire le déficit sous 3% du PIB 25 février 2015
  2. RTBF Budget : l’Europe n’ouvre pas de procédure contre la Belgique 25 février 2015
  3. Le Monde : La Grèce reçoit un premier feu vert pour prolonger le plan d’aide 25 février 2015.