Des quotas de femmes à la TV ?

Quelle est la logique qui pousse le CSA à vouloir des quotas de femmes à la télé ?

Par le Parisien libéral.

 140720111463.jpg credits yXeLLe ~@rtBrut~  (CC BY-NC-SA 2.0)
140720111463.jpg credits yXeLLe ~@rtBrut~ (CC BY-NC-SA 2.0)

 

Les chaines de télévision devront désormais compter le nombre de femmes à l’antenne, nous informe Le Figaro :

« Dès le 1er mars 2015, les médias devront comptabiliser les femmes présentes sur leur antenne dans le but de veiller « à une juste représentation des femmes et des hommes » à la télévision. La qualité des programmes sera aussi examinée. Les chaînes devront rendre un rapport au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) avant chaque 31 janvier qui sera, ensuite, rendu public. Le nombre d’intervenants masculins et féminins à l’antenne sera communiqué au CSA. »

En plus du décompte, les chaînes s’engagent à mettre un certain nombre de femmes à l’antenne.
France Télévisions s’engage par exemple à respecter un objectif d’ici la fin de l’année 2015 : 35 % de leurs experts seront des femmes. Jusqu’à maintenant, elles représentaient 30%.

Avec tout le respect que l’on doit au CSA, qu’est-ce que c’est que ce quota de 35% de femmes ? Il est doublement incompréhensible.

D’une part, il y a 52% de femmes au sein de la population française, alors pourquoi se limiter à 35% de femmes visibles à la télévision ? Ne devrait-il pas y avoir un présentateur sur deux ou un expert sur deux qui soit une femme ? Et puisque nous sommes dans une logique de représentation, pourquoi ne pas mettre un quota de musulmans (5 millions de personnes, soit 7% de la population), de gays (1 français sur 10) ou d’handicapés ?

D’autre part, sur le fond, les féministes nous expliquent que le fait de mettre des femmes au sein des organes de pouvoir permettrait de prendre en compte un autre point de vue, le point de vue des femmes. Par exemple, le collectif féministe « La Barbe » a interrompu, le mois dernier, un débat de dix think tanks organisé par le Cercle des économistes dans l’auditorium du Monde. La raison, c’est que 17 des 18 économistes qui débattaient étaient des hommes ; selon « La Barbe », si plus de femmes étaient invitées à s’exprimer, l’économie traiterait plus de sujets tels que les inégalités hommes-femmes au niveau mondial, par exemple.

Donc, si on comprend bien les féministes (les mêmes qui nous expliquent que si Lehman Brothers s’était appelé Lehman Sisters, il n’y aurait pas eu de crise, oubliant par la même qu’en 2008, le directeur financier de cette banque était… une femme), la thèse essentialiste prévaut : il faut une femme pour prendre en compte le point de vue des femmes et pour avoir un monde meilleur.

Il y aurait bien une idée pour parvenir à une représentation « juste » de la société dans les organes de pouvoir, cela s’appelle le tirage au sort, notamment en ce qui concerne les élus (toujours majoritairement blancs, âgés, et diplômés). Mais que diraient alors les féministes quand elles s’apercevraient qu’une assemblée tirée au sort et donc représentative s’opposerait à leur point de vue et aux thèses essentialistes ?

Pour en avoir une idée, c’est très simple : il suffit de voir le silence des féministes devant un deuxième tour de législative dans le Doubs qui oppose unE candidatE Front National à un candidat Parti Socialiste jusqu’au bout de la caricature (homme blanc quinqua, professionnel de la politique) : on voit bien que manifestement, toutes les femmes ne sont pas féministes au sens socialiste du terme.

Les Français ne veulent pas d’affirmative action. Pourquoi s’acharner à mettre en œuvre de tels dispositifs qui desservent les minorités ?

Attaquons nous aux causes de la ghettoïsation, plutôt qu’à ses conséquences !

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