Obama part en guerre contre l’évasion fiscale

Barack Obama (Crédits : barackobamadotcom, licence Creative Commons)

Il se permet aussi quelques « fantaisies » budgétaires. Mais sera-t-il suivi ?

Par Jacques Garello.

Barack Obama (Crédits : barackobamadotcom, licence Creative Commons)
Barack Obama (Crédits : barackobamadotcom, licence Creative Commons)

Le budget 2016 se prépare à la Maison Blanche. C’est l’occasion pour le Président de régler ses comptes avec ceux qu’il n’aime pas et de repartir dans les dépenses publiques.

Obama n’aime pas les sociétés américaines qui oublient de payer leurs impôts sur les bénéfices sur le sol américain et s’arrangent pour laisser leurs profits dans des paradis fiscaux : Irlande, Bermudes ou autres. Apple, première entreprise au monde avec un résultat l’an dernier de quelque 160 milliards de dollars, a 80 % de ces profits à l’étranger. Obama prévoit donc une taxe « exceptionnelle » de 14 %, destinée à passer ensuite à 19 %.

Obama n’aime pas les capitalistes, il veut porter de 23,8 à 28 % le taux d’impôt sur les revenus du capital et les dividendes.

Obama n’aime pas l’héritage, donc il taxera les plus values nées d’actifs hérités.

Enfin, Obama veut en finir avec l’austérité, aux États-Unis comme ailleurs. Il se fait donc l’avocat de la Grèce et de tous ces pauvres pays écrasés par la rigueur budgétaire. Et pour son propre pays, il prévoit une relance de 478 milliards de dollars sur six ans pour financer de grandes infrastructures publiques : « politique des grands travaux » chère à Keynes. Politiquement c’est donc un budget d’extrême gauche, que mitonne Obama.

Il aura du mal à persuader Angela Merkel de la pertinence de sa recette. Il aura du mal à obtenir l’assentiment des Républicains du Sénat. Il aura du mal à récupérer ses 14 % car les entreprises américaines ont des juristes qui trouveront d’autres méthodes d’optimisation fiscale. Certes les États ont mis en place une police fiscale mondiale en déclenchant la chasse aux paradis fiscaux. Mais l’efficacité de la chasse ira déclinant, parce que les États endettés seront moins bien placés que les Allemands, les Anglais, les Hollandais, les Scandinaves, Australiens et Canadiens qui ont réussi à sortir de la crise et veulent préserver le libre échange et la libre circulation des capitaux et des entreprises.

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