Idée reçue : le libéralisme, un anarchisme sauvage

Publié Par Institut Coppet, le dans Culture, Lecture

Contrepoints vous propose de découvrir sur plusieurs jours l’introduction au Dictionnaire du libéralisme sorti récemment. Conçue comme une réponse aux lieux communs sur le libéralisme, elle vous permettra d’avoir l’ensemble des arguments sur ces préjugés si courants !

Par Mathieu Laine et Jean-Philippe Feldman.
Publié en collaboration avec l’Institut Coppet.

L’une des accusations les plus courantes tout autant que corrosives du libéralisme est d’en faire un anarchisme. C’est le « capitalisme sauvage » du XIXe siècle, la « loi de la jungle » où le plus fort mange le plus faible, le « darwinisme social » marqué par la survie des plus aptes dans la lutte pour la vie, et, selon la célèbre expression de Lacordaire, le « renard libre dans le poulailler ». En réalité, la critique se dédouble. Pour les uns, la pratique du libéralisme aboutit à un désastre social, faute d’autorité suffisamment puissante et aux compétences suffisamment étendues pour encadrer, sinon diriger, un marché myope, imparfait et incontrôlé. Du désastre social à la « paupérisation », puis à la guerre, il n’y a qu’un pas, allègrement franchi par ceux qui, tel Jean Jaurès, allèguent que le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. Pour les autres, c’est la théorie même du libéralisme qui est vicieuse parce qu’il n’est pas concevable que les hommes puissent vivre sans règles.

Le cœur de l’antilibéralisme se trouve ici atteint. Les libéraux répliquent qu’il existe une alternative à l’autorité centrale, dont ils dénoncent les nombreux effets pervers, pour faire régner l’ordre dans une société. La « main invisible » du marché rend, nous révèle subrepticement Adam Smith, harmonieux les intérêts divers des individus dans la « Grande société ». En poursuivant leurs intérêts personnels, altruistes comme égoïstes, les individus libres concourent, sans en avoir conscience, à l’intérêt de tous. Certains libéraux, parmi les plus classiques, considèrent que le libéralisme implique une régulation menée par des organismes indépendants du Pouvoir et analysent les crises récentes comme celles de la régulation. D’autres écoles considèrent, à l’inverse, que les régulateurs, nommés par le Pouvoir, ne sont en rien indépendants et s’avèrent bien plus des agents de la réglementation que de véritables régulateurs. Leur lecture est alors toute différente : de manière parallèle, au milieu du  XXe siècle, l’« ordre polyarchique » de Michaël Polanyi dans sa Logique de la liberté et l’« ordre spontané » des libéraux autrichiens caractérisent l’idée fondamentale qu’un ordre hiérarchisé avec un centre du pouvoir monopolisé par un ou par quelques hommes, même désignés par un processus démocratique, est incapable de régir une société de plus en plus complexe. Loin d’être antinomique avec l’ordre, la liberté en est la condition. Toute perturbation de l’ordre spontané par l’État réduit les libertés, porte atteinte à la prospérité et engendre des effets pervers. Prétendre que le libéralisme traduit une absence de règles, témoigne d’une complète incompréhension de l’ordre naissant, spontanément, des actions de chacun et des interactions des hommes entre eux. Des règles existent bien (le libéralisme n’est donc pas un anarchisme, pris au sens d’absence de norme), mais elles sont découvertes dans la compréhension de l’agir humain et du processus de civilisation. Hayek les qualifie de « règles de juste conduite ». Par exemple, le droit de propriété n’est pas né d’une réglementation ni d’une volonté gouvernementale mais naturellement, parce qu’il est le propre de l’Homme. Puis des gouvernants épris de sagesse ont identifié cette norme fondamentale et l’ont inscrite dans la marbre de la loi, prise dans son sens le plus noble. Par ailleurs, le contrat librement consenti est au cœur de l’harmonie libérale. Exprimant, avec la puissance d’une loi, la volonté des parties entre elles et assurant leur sécurité, il facilite la multiplication des relations interindividuelles qui font la richesse et la complexité d’une société. À l’opposé des idées reçues, le libéralisme est, en conséquence, un univers particulièrement « normé ».

À cet égard, les libéraux ont depuis l’origine démontré les vertus du « doux commerce » qui, en rapprochant les hommes, interdit les guerres, pourtant ancestrales. À l’âge des conflits succède celui du commerce où la libre coopération des êtres humains remplace avantageusement les pillages et la prédation. L’économie ne peut donc plus être conçue comme un jeu à somme nulle à l’issue duquel le profit de l’un serait le dommage de l’autre. S’il y a échange, c’est que, par définition, il profite à chacune des parties. Aussi l’expression de « guerre économique » est-elle dénuée de sens pour un libéral. De même, les oppositions macro-économiques en termes de capital et de travail ou les conflits entre différentes « classes sociales » irrémédiablement antagonistes démontrent une ignorance de la nature humaine et des mécanismes de marché. L’ordre spontané produit un ensemble de relations harmonieuses entre les individus dont les relations sont encadrées par le Droit. Il s’agit non pas d’ordres imposés par une autorité, mais de règles produites par l’action des hommes au cours des siècles pour faire régner le juste, et tout particulièrement les trois lois fondamentales de nature dégagées par David Hume au milieu du XVIIIe siècle qui ont permis l’émergence d’un ordre spontané et qui en assurent la reproduction : stabilité des possessions, transfert par consentement et exécution des promesses. Antérieur et supérieur à la législation, le Droit permet la coopération pacifique entre les hommes en protégeant leurs propriétés et leurs contrats.

L’ordre libéral ne verse donc pas dans l’anarchie et la liberté incontrôlée. Il représente au contraire les progrès de la civilisation dont les harmonies économiques ont été magnifiées par Frédéric Bastiat au milieu du XIXe siècle. Il a permis aux hommes de se distinguer des barbares, anciens ou modernes, de développer tout le potentiel d’humanité qui est en eux et de mener une existence digne conformément à leur nature. Modeste par définition, il n’entend ni changer l’homme, ni, comme ses concurrents constructivistes, penser et imposer, en abusant du monopole de la violence légale, une « société parfaite ». La pensée libérale n’est pas pour autant faite uniquement pour les personnes riches et bien portantes. Elle se veut, au contraire, garante du respect de la nature humaine, des droits de tous les individus, qu’elle préserve notamment de l’arbitraire public. Elle considère que l’ordre qui se crée par l’action libérée des contraintes dans un univers institutionnel respectueux de ce qui fait l’homme est bien plus efficace que celui qui naît de l’ordre artificiel, décidé et dessiné, comme le feraient des architectes sociaux, par quelques gouvernants, élus ou non.


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  1. Encore un article consternant de naïveté…

    « Par exemple, le droit de propriété n’est pas né d’une réglementation ni d’une volonté gouvernementale mais naturellement, parce qu’il est le propre de l’Homme »

    Ben si quand même…

    L’état naturel des sociétés humaines dans le passé c’est la souveraineté et par la même l’expropriation : en l’occurence en France le roi possèdait tout (ce qui était par ailleurs une avancée : encore avant ça c’était le plus fort prend, la féodalité impliquait au moins la protection). Et on voit bien que partout où les institutions collectives disparaissent au provit du seul individualisme on se retrouve encore avec tout un tas de seigneurs de guerre qui viennent s’arroger le pouvoir sur tout le monde, et que pour mettre en place un droit de propriété le plus dur possible, il est nécessaire de mettre en place un pouvoir autoritaire dictatorial (voir les privatisations qui ont pu avoir lieu par le passé dans le tiers-monde).

    Quand on regarde la déclaration de 1789, ce n’est d’ailleurs pas à proprement parler le droit de la propriété qui est reconnu, mais plutôt le fait de fixer des limites à l’expropriation.

    « XVII. Les propriétés étant un droit inviolable et sacré , nul ne peut en
    être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique , légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité »

    Ces limites évoluent régulièrement suivant en ça la volonté soit en fixant des limites moins restrictives, soit en les augmentant. Permettre à l’état d’exproprier les esclaves de leurs propriétaires a nécessité une guerre civile chez certains.

    1. Comment pouvez vous tenir de tels propos a propos du moyen age ou un voleur se voyait systematiquement lourdement puni, et ou les impots etaient radicalement plus bas parce que les seigneurs avaient PEUR de leur populace. Les jacqueries etant frequentes…

      Votre texte est mal renseigne, avec des reflexions pueriles et triviales.

      Par ailleurs, selon vous ce qui est « inviolable et sacre » au regard de la loi n’y est pas reconnu… Je me demande comment vous pouvez oser ecrire de telles inepties. Selon vous, limiter l’expropriation et garantir la propriete ne sont pas une seule et meme chose? C’est comme dire que l’on n’a pas interdit le meurtre mais qu’on a juste interdit aux citoyens de tuer d’autres personnes…

      Je reapitule: VOus nous traitez naifs alors que votre vision de l’histoire laisse a peine croire que vous etes alle plus loin que le college et enore au fond de la classe. Vous faites des analyses peremptoires sur les societes humaines alors que vous que n’en connaissez pas la queue d’un . Et vous dites que l’on peut qualifier de sacre et inviolable quelque chose don t on ne reconnait pas vraiment l’existence.

      Soit vous etes d’une mauvaise foi culottee comme Dagobert soit il vous faut consulter un psy au plus vite…

      1. Le niveau vole haut ici:
        « avec des reflexions pueriles et triviales »
        « comment vous pouvez oser ecrire de telles inepties »
        « limiter l’expropriation et garantir la propriete ne sont pas une seule et meme chose? C’est comme dire que l’on n’a pas interdit le meurtre mais qu’on a juste interdit aux citoyens de tuer d’autres personnes…  »
        -Magnifique comparaison, c’est comme si je disais: Un chien n’est pas un chat et que vous me répondiez qu’un éléphant est un éléphant.
        Non  »limiter l’expropriation » ne signifie pas « garantir le droit de propriété », limiter n’est pas interdire.

        « VOus nous traitez naifs alors que votre vision de l’histoire laisse a peine croire que vous etes alle plus loin que le college et enore au fond de la classe. »
        -Je vous invite à aller voir la définition de limiter et interdire, et, moi, je me permets de vous traiter de naïf ;)

        « Tilleul c’est la culture pour télétubbies. »
        - Je pense que vous avez trop regarder cette série étant petit.

        Cordialement.

        1. @riku: Donc selon vous, dire que la propriete est un droit inviolable et sacre ce n’est meme pas la reconnaitre… Et apres vous m’accusez de jouer sur les mots?

          Donc oui pour vous aussi, je me demande comment vous pouvez ecrire de telles inepties.

          La difference entre vos posts et les autres c’est que vous vous contentez de railler, d’etaler votre mepris. La fois ou vous avez donne des « arguments » a propos des entreprises publiques, il s’est trouve que vous avez dit des choses fausses et dont la falsification a ete effectuee.

          Vous me traitez de naif, sous le faux pretexte que je confond abusivement la protection d’une chose avec la stricte limitation de son contraire. Whao, je me sens humilie par la puissance de votre argument. Vous remettez toutes mes convictions en cause. C’est sur, avec des reflexions d’une telle precision et d’une telle profondeur, je ne peux que chanter l’internationale…

          C’est agréable de voir que les socialos quand ils arrivent a me prendre en faux, sont seulement capables de me remettre en place sur des nuances semantiques. Merci Riku, grâce a vous le progressisme montre son vrai visage: La sodomisation de drosophile élevée au rang de vérité politique.

          1. « dire que la propriete est un droit inviolable et sacre ce n’est meme pas la reconnaitre… »
            -Non, personnellement, si je balance des déchets radioactif sur mon terrain, et que ça pollue votre terrain à coté.
            Je vous dirai: Désolé monsieur mais c’est ma propriété et mon droit de propriété inviolable et sacré, je peux donc en jouir comme bon me semble. (et de toute ce n’est pas de ma faute si la radioactivité est dangereuse pour la santé!).
            Voilà à quoi mène un droit de propriété inviolable et « sacré ».

            « La fois ou vous avez donne des « arguments » a propos des entreprises publiques, il s’est trouve que vous avez dit des choses fausses et dont la falsification a ete effectuee.  »
            - Tout comme vous, il semblerait que j’ai toujours raison.

            « Vous me traitez de naif, sous le faux pretexte que je confond abusivement la protection d’une chose avec la stricte limitation de son contraire. Whao, je me sens humilie par la puissance de votre argument. »
            - En fait ce n’est pas un argument, un argument est un raisonnement donnant une preuve. Ici, il s’agit d’une constatation, donc comme je disais, vous êtes naïf.

            « La sodomisation de drosophile élevée au rang de vérité politique. »
            - Belle rhétorique, si cela vous permets mais si cela vous permets de vous élevé socialement, pourquoi pas!

            Cordialement.

            PS: Limiter n’est pas interdire, ah mais j’oublie! Vous confondez!

            1. Votre droit de propriété ne vous donne pas le droit de porter atteinte à la propriété, ni à l’intégrité corporelle, d’autrui, avec votre radioactivité. Ce n’est pas compliqué quand même.

              PS: si, limiter c’est interdire. Limiter c’est interdire de franchir une limite (ou sinon ce n’est pas limiter). Ce n’est pas compliqué quand même.

              Bref, vous n’êtes pas très loin de parvenir à de bonnes conclusions, il vous suffirait juste de mettre un peu de temps de côté pour réfléchir un peu plus.

    2. C’est vachement pratique le « droit naturel », c’est censé expliquer tout.
      Manque de bol, le « droit naturel » n’existe pas plus que le beurre en branche…

      1. « le « droit naturel » n’existe pas plus que le beurre en branche… »

        … L’intelligence en barquettes au rayon frais non plus …

        1. Ce qui est important c’est pas de savoir s’il existe, mais s’il est respecte.

          Franchement, s’interroger sur l’existance d’une idee, qu’est-ce qu’il faut etre con!

          Et le chiffre 2 il existe? Si oui montre le moi!

        2. Le « droit naturel » est une aberration sémantique.

          Le droit est un concept humain, une totale abstraction. Il existe un certain nombre de droits, comme le droit français, le droit du travail, le droit international, etc… Ces droits ont été et sont pensés par l’homme pour l’homme. Le droit français, par exemple, s’applique en France. Il est spécifique à ce pays. À ce titre, sur le territoire de la république, si quelqu’un fait une action en effraction avec ce droit, il devra en répondre devant une juridiction française.

          Il est possible (je ne suis pas spécialiste de la question) que le « droit naturel » soit entièrement inclus dans le droit français. Dans ce cas, nous parlons bien du droit français et tout le monde est content parce qu’il est également possible de se référer à des documents conçus par des hommes pour des hommes.

          En général, le droit issu des concepts humains est censé traiter des relations des hommes entre eux. Ces balises sont toutes structurées sur des jugements de valeur. Ne pas faire ceci ou cela parce que ce n’est pas bien… etc.

          Or dans la nature, les jugements de valeur n’ont pas cours. Les choses se contentent d’être. Point Barre. Le droit est, par conséquent, totalement absent dans la nature. Ce qui n’empêche pas la nature d’être structurée, que ses différents éléments soient en relation les uns avec les autres, le tout selon un certain ordre.

          Le lion dans la savane africaine n’a pas de droit de propriété, pas plus que le chasseur de lion. On parle de territoire. Pour que le droit de propriété est un sens, il faut une société organisée qui ait constitué un droit se rapportant à elle, et in fine il faut un papelard avec tampon ou sceau de l’autorité concernée. Rien à voir avec ce qui se passe dans la nature…

          Je répète donc qu’il n’existe pas de « droit naturel ». Cette expression est inappropriée, on doit parler de droits spécifiques ou de droit humain.

    3. Vous avez tout à fait raison. Le fameux « ordre naturel » appliqué aux humains, ou « droit naturel » est en effet une imbécilité de base. Un cliché tout juste bon à être rayé en rouge dans une dissert de lycéen. Car il n’existe pas de société humaine « a l’état naturel », par définition une société est une construction qui ne dépend pas de la nature mais des rapports entre individus, de l’histoire, etc… A chaque fois qu’on entend qu’il est « naturel » que la société soit comme ceci ou comme celà, c’est pour défendre une connerie indéfendable comme la Monarchie Absolue, la prédominance d’un groupe ethnique sur un autre ou des hommes contre les femmes. A proscrire de toute forme d’argumentation donc.

  2. « Vous mentez: J’ai jamais dit que c’etait un regime parfait et d’ailleurs je ne pense pas que personne ne l’ai jamais soutenu ici.  »
    - Le meilleur système n’est pas le meilleur donc, d’accord.

    « Ouais, mais je vois pas en quoi ces remarqus sont des paves dans la marre du liberalisme ou du capitalisme. »
    - Pour le libéralisme, vous y avez répondu.
    Pour le capitalisme, vu les variétés de capitalisme qui existent, il n’a rien à voir avec l’idéologie du libéralisme.

    1. @Riku: ben non j’y ai pas repondu, ou alors citez moi… Quand je vous dis que vous avez tort, je vous le demontre. Je ne me contente pas de dire que « c’est meme pas vrai d’abord »

      Non mais vous avez plus de 15 ans? Pourquoi tenir des propos et des argumentation systematiquement pueriles?

      Par ailleurs dire qu’un systeme n’est pas parfait n’est pas dire qu’il en existe un meilleur. Apprenez a parler aussi. Si le parfait est necessairement le meilleur, le meilleur n’est pas necessairemnt parfait. C »est du francais du niveau CP… Et vous ergottez sur aneries comme ca. C’est tout ce que vous avez? Allez reviser votre bac Tartuffe.