Doubs : la défaite au goût de victoire du FN

Marine Le Pen à Sciences Po en 2012 (Crédits Rémi Noyon licence Creative Commons)

Tant que les partis traditionnels s’obstineront à défendre le sacro-saint modèle social français, ils feront prospérer le FN.

Tant que les partis traditionnels s’obstineront à défendre le sacro-saint modèle social français « que le monde nous envie » mais dont personne ne s’est inspiré jusqu’ici, ils feront prospérer le FN.

Par Aurélien Véron.

Marine Le Pen à Sciences Po en 2012 (Crédits Rémi Noyon licence Creative Commons)
Marine Le Pen à Sciences Po en 2012 (Crédits Rémi Noyon licence Creative Commons)

 

La victoire du candidat socialiste dans le Doubs est amère pour les partis traditionnels. Le représentant de l’UMP est expulsé de l’arène au premier tour alors que les règles du jeu ont été taillées sur mesure pour exclure les nouveaux venus comme la candidate FN. Comment est-ce possible d’avoir permis pareil hold-up ? D’abord, le FN n’est plus un nouveau venu. Il a grandi en se nourrissant de l’échec des politiques socialistes menées par la gauche comme la droite pendant des décennies. Mais au lieu de changer de voie, sa solution consiste à pousser la logique de la droite dirigiste jusqu’au bout. Laurent Wauquiez reconnaît des avantages au protectionnisme ? Le FN est 100% protectionniste. Henri Guaino n’aime pas l’euro ? Le FN veut sortir de la monnaie commune. Moins engluée dans ses contradictions que la droite moribonde, le FN offre un renouveau de têtes face à des partis traditionnels décrédibilisés, peuplés d’apparatchiks qui n’ont pour la plupart jamais mis les pieds dans une entreprise, exclusivement tournés vers la conquête du pouvoir, à n’importe quel prix.

La gauche peut difficilement critiquer le programme du FN. Sa vision économique s’est alignée sur celle de ses alliés d’extrême gauche… qu’il est en train de siphonner. Le moteur du FN, c’est l’échec de notre modèle social. Paupérisation générale, chômage de masse, sentiment d’étouffement, absence de perspectives. Son électorat rassemble tous ceux qui ont perdu confiance en leur propre capacité d’avancer, de s’en sortir. Au lieu de desserrer l’étau pour soulager son électorat, le FN pointe du doigt des boucs émissaires. L’ennemi, c’est l’autre, l’Europe, l’immigré, le musulman, les envahisseurs qui « viennent jusque dans vos bras, égorger vos fils, vos compagnes. » C’est la diversion habituelle des populistes qui prospèrent sur la peur. Car s’attaquer aux racines du mal ruinerait leur avenir. Leur ennemi, c’est la confiance, le bonheur et la liberté. Les citoyens heureux et confiants n’ont aucune raison de céder au fantasme populiste. Pourquoi croiraient-ils que le monde est leur ennemi lorsqu’ils parviennent à en faire un atout ?

Tant que les partis traditionnels s’obstineront à défendre le sacro-saint modèle social français « que le monde nous envie » mais dont personne ne s’est inspiré jusqu’ici, ils feront prospérer le FN. Le seul adversaire capable de dompter ce populisme et, dans le même temps, le fléau du chômage et de la précarité, c’est la voie libérale. Libérons les talents, la croissance et l’emploi. Ouvrons de nouveaux horizons aux citoyens et donnons leur confiance en eux-mêmes. Ce qui nous distingue de la droite actuelle et du FN, au PLD, c’est que nous proposons d’abandonner l’État-providence pour la société de confiance.