Élections 2017 : Le Pen dans la serrure

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Marine le Pen (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons CC-BY)

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Élections 2017 : Le Pen dans la serrure

Publié le 2 février 2015
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Le regard de René Le Honzec.

rené le honzec marine le pen

Les résultats de cette législative (celle de la circonscription du cacique apparatchik rose Moscovici qui s’est dégonflé pour aller dire oui en Europe après ses exploits catastrophiques en économie) pose un problème essentiel : pourquoi des Français s’obstinent-ils à voter pour un parti pas républicain, raciste, antisémite, qui mangent des petits enfants des banlieues lors de cérémonies secrètes initiatrices ? Parce que c’est un peu comme ça que je me représente Marine Le Pen : en princesse Bathory. Après trente années d’offensives médiatiques sans cesse renouvelées par le microcosme parisien (repris par les roquets ambitieux et empressés de province) qui hait les campagnes rétives, cette France profonde échappe toujours à leurs puissantes argumentations bâties de rapports et de réseaux, de plateaux télés qui font la concurrence aux restos du cœur, tellement ils servent la soupe ; de think tank discrets, de sondages sérieux, de sens du Monde, de l’univers et de la Tour d’Argent.

Une petite phrase de Fabius (le sénateur qui flotte en se déplaçant sur l’océan de la médiocrité de ses pairs qui ne l’ont pas fait César) en donne l’explication. Dédaigneusement aristocratique, il avait lâché, méprisant : « Le Front National pose les bonnes questions, mais il n’y apporte pas les bonnes réponses » (1984).

Que peut penser un électeur qui, trente ans plus tard, s’entend dire les mêmes arguments ? Surtout que les « bonnes questions posées » n’ont pas du tout l’air d’avoir inspiré les partis de gouvernement, vu l’état des lieux qu’ils laissent. D’où cette lassitude dégoûtée envers les partis dits traditionnels fourvoyés dans les affaires, les déficits, les histoires de cul, de détournements, de scandales de copinage, d’incompétences récompensées, par exemple par un siège aux Européennes (hein, Peillon), à l’Europe (hein, Mosco) ou dans un des innombrables conseils et commissions qui ne servent que comme distributeurs de jetons.

Au nom de quelles vertus, ces partis et hommes politiques dévoyés, ces journalistes maqués avec des politicards, ces incapables, peuvent-ils encore faire appel au Front Républicain ? Parce qu’un socialiste, ça ose tout, et c’est même à ça qu’on le reconnaît.

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