Par Marc Crapez
Faut-il des limites ? Le talent excuse-t-il l’excès ? Jusqu’où peut-on aller ? Doit-on tolérer le souci de choquer ? Ces grandes questions sur la liberté d’expression n’ont pas été posées en France.
Pas de réflexion sur ce que le journal The Weekend Australian nomme « notre talon d’Achille : un penchant lâche pour le politiquement correct ». Par contre, une perle de Hollande qui, le 9 janvier dernier, jour de l’arrestation des tueurs de caricaturistes, exhorte à « refuser les surenchères, les stigmatisations, les caricatures » !
Et le placement en garde-à -vue d’un lycéen de 16 ans pour un copié-collé, sur Facebook, d’une caricature. En l’occurrence, d’un décalque d’un dessin de Charlie hebdo (dessiné par Dedko et détourné par « Joe le Corbeau ») qui représente, selon le juge cité par Ouest-France, « un personnage avec un journal Charlie Hebdo, touché par des balles, le tout accompagné d’un commentaire ‘ironique’ ». Au pays de Voltaire, voilà que l’on blâme l’ironie !
Alors, rendons ici hommage à Tignous, le moins connu des caricaturistes tués, avec une caricature de Saddam Hussein en Brassens. Tignous débuta, en effet, à L’Idiot international de Jean-Edern Hallier, hostile à la première guerre du Golfe.
Mentionnons ensuite Siné, exclu de Charlie hebdo pour une accusation d’antisémitisme dont la justice l’a relaxé. Son dessin « On n’a pas le choix », jadis publié dans Charlie, explique comment l’extrême-gauche ne pouvait que voter utile, fût-ce la mort dans l’âme, en faveur de Mitterrand.
Mentionnons aussi Delize, très attaqué car dessinateur au seul journal qui osa republier les caricatures danoises, France-soir. Son dessin se passe de commentaire.
On pourrait mentionner encore, en vrac, Konk, René Le Honzec, ou Djamel Ghanem en Algérie… En Espagne, un caricaturiste de l’hebdomadaire El Jueves fut poursuivi pour un dessin brocardant le prince héritier, forniquant afin de toucher une prime nataliste. Caricature qui ne sort pourtant pas des bornes de l’esprit fort, du mauvais esprit ou du mauvais goût cultivés par la presse satirique.
Mentionnons enfin Bruno Marty, le dessinateur des guignols de l’info, qui explique avoir travaillé pour le Crapouillot en précisant : « je n’étais pas engagé politiquement »… Notons qu’un « B. Marty » fit ses débuts de caricaturiste en dénonçant le socialo-communisme dans le journal d’extrême-droite Minute.
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Le statut de journaliste ‘excuse’ l’excès.
bonjour Monsieur Crapez , très intéressé par ce que vous entendez par le “talent ” d’un caricaturiste .
Est-ce que vous ne jugez que de part le trait , de l’insolence de bon aloi à celle excessive , des opinions modérées à extrêmes des dessinateurs ? Fixez-vous des limites ,où considérez-vous qu’il ne peut en exister ?
Ce car les évènements récents tendraient à prouver ,qu’aux yeux de certains , ils existeraient des limites à ne pas franchir .Dans ce cas ,il faudra choisir : Tolérer les excès des “artistes ” -Tolérer les possibles réactions de gens se considérant comme insultés ?
Notez que n’approuve en rien les exactions d’aucuns groupuscules .
“Le talent des caricaturistes excuse-t-il l’excès”
L’excès est du soit à une absence de talent, soit à un manque d’humour ou à une radicalisation de la personne “offensée”. Dire qu’un talent peut être excessif ne trahirait-il pas un manque de sens de l’humour ou un esprit radical ?
“Le talent excuse-t-il l’excès ?”
C’est quoi le talent ? Je vais être un brin provocateur mais prenons Dieudonné. Il y a 20 ans, il était considéré comme talentueux, une qualité qu’il a visiblement perdu aujourd’hui et pourtant, nous parlons bien du même homme. Bref, difficile de trouver une notion plus subjective que celle-ci.
Faut-il pardonné l’excès ? Pour moi la réponse est oui et la raison en est simple. Si les propos ou caricatures d’untel ou untel ne me plaisent pas, je ne suis pas obligé de l’écouter ou d’acheter les supports sur lesquels il s’exprime. Comme dans n’importe quelle autre situation, je bénéficie toujours d’une liberté de choix. Un exemple, si je trouve les dessins de Charlie Hebdo vulgaires alors je m’économise 3 euros et point barre. En revanche, il est bien évident qu’un désaccord avec la ligne éditoriale de ce journal(ou d’un autre) ne me donne pas le droit de porter atteinte à l’intégrité physique de ses membres.
Qu’est ce que l’excès ?
Etre libre c’est vivre “l’excès de liberté”.
Et le talent ?
Qui juge d’où est la norme, d’où est l’excès (et le défaut, le manque ?) Seul le marché peut donner une réponse… et cette réponse est changeante !
Si vous voulez prouvé le 2 poids 2 mesures, faites une comparaison entre le traitement des chrétiens et celui des Juifs avec Dieudonné sans cesse attaqué :
Le 10 septembre 2008, Philippe Val écrit dans Charlie Hebdo : « que l’on redonne les chrétiens à bouffer aux lions ! ». L’AGRIF porte plainte devant la 17ème chambre correctionnelle, mais a été déboutée en 2010, pour « défendre la liberté de la presse »…
http://www.christianophobie.fr/presse/lagrif-contre-charlie-hebdo-20-ans-de-procedures-judiciaires
bonjour Daniel PIGNARD ,comptez aussi le procès qu’aurait fait Madame Bardot , pour avoir préconisé de donner n’importe quoi à manger aux Lions !
En voici un qui est définitivement et véritablement du côté de Charlie.
http://imgur.com/LmmPPki