La France, une société libérale ?

La France n’a plus rien de libérale. Elle est sociale-démocrate et elle vient d’exploser sous vos yeux.

Par olivier Laurent

Paris-ile-des-cygnes-statue-de-la-liberte-tour-eiffel-seineCertains se souviennent des valeurs libérales. Peut-être est-ce l’occasion de faire des mises au point, si on peut se le permettre.

« Et pourtant, plus que jamais, et parce qu’ils ont tort et auront toujours tort, nous devons défendre notre société telle qu’elle est. Une société ouverte, tolérante, démocratique et libérale. »

J’ai lu ce texte et j’ai été surpris de voir Libération défendre une société libérale, même indirectement à travers cette tribune de Nicolas Gardères. Mais la France, est-elle vraiment une société libérale ? Non.

Le libéralisme se caractérise par la reconnaissance de droits naturels antérieurs à toute législation et qui sont la conséquence de notre condition d’être humain. Le droit de s’exprimer librement, le droit de subvenir à ses besoins, le droit de se déplacer librement, etc.

La société française protège-t-elle ces droits ? Non. Certains, comme la liberté de subvenir à ses besoins sont devenus des privilèges que l’État vous accorde ou non (en échange de plus de la moitié de vos revenus), certains ont tout simplement disparu et d’autres sont tellement relativisés qu’ils sont devenus presque symboliques (par exemple, si votre maison est vraiment votre propriété, pourquoi devez-vous payer un « loyer » à l’État ?).

La France n’est pas une société libérale, la France est une société sociale-démocrate. Peu à peu des droits supérieurs à celui de l’homme sont apparus, ce sont les droits du groupe dont les politiciens se sont fait les grands prêtres. Ainsi, au nom du bien-être du groupe, vous ne pouvez pas travailler le dimanche même si vous auriez préféré faire de votre vendredi ou de votre samedi le jour férié qui vous convient. Toute une série de restrictions est apparue au nom de ce groupe.

On vous prend plus de la moitié de votre salaire par “solidarité” avec le reste de la société. Ce qui va financer une foule de personnes forcées quant à elle à l’inactivité. L’oisiveté est la mère de tous les vices… Les anciens nous avaient prévenus. On a le résultat sous les yeux.

L’État tente d’agir comme un architecte de la société, une sorte de Deus Ex Machina qui va tenter, jusqu’à mouler l’esprit de ses citoyens via l’éducation, de leur indiquer l’endroit où ils peuvent vivre, l’endroit où ils peuvent construire, ce qu’ils peuvent construire, ce qu’ils peuvent dire, ce qu’ils ne peuvent pas penser, s’ils peuvent travailler, quand ils peuvent travailler, avec qui ils peuvent travailler.

Cette société avec un État grand architecte vient d’exploser sous nos yeux. Non Monsieur Nicolas Gardères, vous n’êtes pas dans une société libérale. Elle n’a plus rien de libérale. Elle est sociale-démocrate et elle vient d’exploser sous vos yeux.