« Les roses » de Rainer Maria Rilke

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Les roses RM Rilke éditeur l'aire

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

« Les roses » de Rainer Maria Rilke

Publié le 17 décembre 2014
- A +

Par Francis Richard.

Les roses RM Rilke éditeur l'aireVous aimez les roses ? Vous aimez la poésie ? Vous aimez Rainer Maria Rilke ? Alors le recueil de 24 poèmes Les roses, composé en français par Rilke en 1924, tandis qu’il se trouve en Suisse, est le meilleur cadeau que vous puissiez offrir à la rose que vous aimez, ou vous offrir en pensant à elle.

Ce bel objet est illustré de photographies de roses, prises par Nicole Weber. Le design graphique est de Jean-François Tiercy. Et les poèmes sont précédés d’un magnifique texte de présentation de Mireille Callu.

Tenir cet objet vivant – par la grâce des mots – entre ses mains fait chaud au cœur, car tant de qualités – les mots choisis et délicats qui s’adressent à l’imagination, les images qui les accompagnent, les présentations textuelle et formelle qui mettent l’ensemble en valeur – ne peuvent que le réjouir.

24 poèmes en roses : quel bonheur !
Le premier de ces poèmes commence par ce quatrain qui donne le ton à tout le recueil :

Si ta fraîcheur parfois nous étonne tant,
heureuse rose,
c’est qu’en toi-même, en dedans,
pétale contre pétale, tu te reposes.

Après un tel début il est bien difficile de se déprendre de ce bijou de livre, qu’il faut goûter pour s’extasier, qu’il faut respirer pour retrouver du souffle, qu’il faut méditer pour voir plus loin, qu’il faut humer pour s’enivrer, qu’il faut lire et relire pour se nourrir de mots.

Le premier quatrain du poème VI ravira ceux qui voient dans la nature façonnée par l’homme une œuvre où une simple rose est une pierre indispensable à l’édifice :

Une rose seule, c’est toutes les roses
et celle-ci : l’irremplaçable,
le parfait, le souple vocable
encadré par le texte des choses.

Il convient de citer le poème X in extenso. Une rose peut en effet prendre un esseulé sous ses pétales :

Amie des heures où aucun être ne reste,
où tout se refuse au cœur amer ;
consolatrice dont la présence atteste
tant de caresses qui flottent dans l’air.

Si l’on renonce à vivre, si l’on renie
ce qui était et ce peut arriver,
pense-t-on jamais assez à l’insistante amie
qui à côté de nous fait son œuvre de fée ?

Dans le poème XIV, Rilke indique à qui veut l’entendre le chemin de l’éternité :

Faire de chacune qui se meurt
une confidente,
et survivre à cette sœur
en d’autres roses absente.

Rilke fait humer une rose abondante quand il écrit dans le poème XV, à son propos :

Ton parfum entoure comme d’autres pétales
ton innombrable calice.
Je te retiens, tu t’étales,
prodigieuse actrice.

Pour finir, de cette roseraie, j’extrais ces vers, du poème XVIII, qui permettront à l’amateur de belles lettres de communier avec Rilke :

Il y en a d’entre vous qui sont comme des dictionnaires ;
ceux qui les cueillent
ont envie de faire relier toutes ces feuilles.
Moi, j’aime les roses épistolaires.

Il n’est pas le seul.

  • Rainer Maria Rilke, Les roses, L’Aire, 80 pages.


Sur le web.

Voir les commentaires (2)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (2)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
0
Sauvegarder cet article

Par Francis Richard.

Le recueil d'Arthur Billerey est dédié à ceux qui salivent tôt...

C'est-à-dire à ceux qui prennent un plaisir immédiat et pavlovien à lire ses métaphores.

Les métaphores du poète sont souvent des jeux avec les mots et joignent donc joyeusement le sourire à l'évocation :

les trains font grève l'oiseau

on ne l'entend plus pareil

qui mettra son chant en bouteille

qui en aura le culot ?

Ou :

ta face n'est pas commode

même si elle est à tiroirs

Ou en... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Par Francis Richard.

Dans ce recueil, Et l'ombre devient soleil, Danielle Risse repeint en vers les saisons, éternel recommencement qui rythme la vie et la mort, les joies et les peines :

La terre reste promesse de vie

Un jour de plus jusqu'à l'ultime saison

Et l'ombre devient soleil

Sur sa palette poétique, la poétesse puise des mots qui changent de couleurs au cours des saisons : lumière, ciel, terre, temps et, bien sûr, ombre et soleil.

À ces mots s'en ajoutent d'autres qui éveillent les sens : od... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Par Francis Richard.

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,

Le Prince d'Aquitaine à la Tour Abolie ;

(Gérard de Nerval, El Desdichado)

Mettre une telle épigraphe à la tête de son livre n'est pas fortuit pour Christopher Gérard. Non seulement il en tire le titre, mais des axes de développement de son récit. Car la suite du poème d'où elle est extraite lui indique la sortie...

Le narrateur est desdichado, ce qui signifie, en espagnol, malheureux, misérable, infortuné, déshérité... Et c'est peut-être d... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles