Chine et France : la croissance gaspillée par le politique

La Chine et la France n’ont-ils pas en commun de trop lier l’économie et la politique ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Chine et France : la croissance gaspillée par le politique

Publié le 9 décembre 2014
- A +

Par Yves Montenay.

chine credits Darbigt Maersk (licence creative commons)

J’ai écrit il y a quelques mois « Quand la Chine s’effondrera », dont le résumé sommaire est que la Chine a fait le plus facile (urbanisation et rattrapage) et que sa croissance actuelle est en partie artificielle et grosse de problèmes futurs. Depuis, bien des données ont confirmé ma thèse, tandis que m’est apparue une certaine ressemblance avec les problèmes français, qui pointait déjà dans mon autre article « Méritons nous de gagner plus que les Chinois ? ».

Ces ressemblances sont de deux ordres :

  • un gâchis technique, les dépenses n’allant pas où il faut,
  • un problème politique, qui explique largement le premier point.

Un gâchis colossal

La relance chinoise après « le trou » de 2008 a été massive et monétaire. Elle s’est traduite par une relance du bâtiment et des grands travaux. Concrètement on a brassé du métal, du béton et de l’énergie sans parler des transports et de la pollution qui vont avec. Et tout cela pour construire des immeubles, des TGV et des autoroutes à moitié vides. Des usines aussi. Les témoignages sont nombreux, notamment ceux des analystes du groupe japonais Nomura, bien implanté, ou ceux des Français de Hangzou : 16 mois de stock de logements dans cette ville pourtant active. Bref on pille de la planète pour rien. Et cela a fait monter le prix du pétrole, vidant encore plus nos poches au bénéfice de l’Arabie.

Le gouvernement chinois a compris. Il a juré que l’économie tiendrait davantage compte du marché et moins de décisions ministérielles intéressées (prestige, corruption…), donc qu’on se tournerait davantage vers la consommation privée et moins vers les investissements. Bref que l’économie serait dorénavant faite pour le citoyen et non pour le plaisir d’investir en multipliant les « bonnes affaires » pour les décideurs.

Cela ne semble pas s’être concrétisé. Le rattrapage économique de l’Occident est de moins en moins facile, avec le ralentissement de l’urbanisation, car la fécondité est faible et les campagnes se vident. Il faut maintenant augmenter la productivité des gens déjà en place, et non plus se contenter de mettre les paysans dans des usines et de copier le savoir-faire des étrangers. C’est beaucoup plus difficile et cela se heurte à des problèmes politiques.

Il y a des points communs avec la situation française. Certes notre pays est plus développé, mais cela tient plus à des actions passées qu’à ce qu’il fait aujourd’hui. Parmi les gâchis de même nature que ceux de la Chine, prenons les TGV qui dans les deux pays coûtent de plus en plus cher par minute gagnée par trop peu de voyageurs, ainsi que les autoroutes entre des villes très moyennes, car dans ces deux cas le maillage entre villes importantes est terminé depuis longtemps. Les autobus en province encore aujourd’hui bridés par la réglementation protégeant la SNCF, et les transports en commun du Grand Paris auraient été un bien meilleur usage de notre argent, de nos ingénieurs et de nos dépenses énergétiques. Tout cela est notamment épluché et exposé dans le récent rapport de la Cour des comptes sur le TGV, ainsi que dans les nombreuses études de l’IFRAP et l’article de Jean-Marc Vittori dans Les Échos du 20 octobre sur le ferroviaire, notre réseau routier, la folie des ronds-points, des « Hôtels de région » et des investissements publics en général.

N’oublions pas que l’investissement ne devrait pas être seulement physique, mais d’abord « humain » (la qualité de l’école et de la formation professionnelle). Gâcher des hommes est plus grave que de gâcher du béton ! Mais réformer l’école et requalifier les chômeurs est un problème beaucoup plus compliqué : pour le béton, un élu n’a qu’à lancer une commande et endetter son administration. Cela en France comme en Chine. En Chine le responsable y gagne une fortune, en France, l’élu s’offre ainsi une popularité, voire sa réélection, et dans certains cas des avantages concrets. L’investissement physique est donc une décision facile, alors que l’investissement humain l’est beaucoup moins : dans tous les pays du monde s’attaquer aux problèmes scolaires et de formation est un casse-tête et la réaction des acteurs mène en général au blocage, donc au maintien des défauts du système (reproduction des inégalités et exclusion en France, conformisme en Chine).

Plus généralement, dans les deux pays, une grande partie de l’argent public au sens large (y compris celui des entreprises d’État de droit ou de fait) va à des usages inutiles ou beaucoup trop largement pourvus en personnel, comme le fret-SNCF, le fonctionnement des barrages hydrauliques, ou encore les doubles emplois du « millefeuille territorial » (pour la France, et, semble-t-il, pour la Chine), ou encore la lourde administration inquisitoriale chargée de faire respecter la politique de l’enfant unique en Chine… alors que la fécondité est trop basse.

Ce gâchis persiste car des réformes nuiraient aux privilégiés politiques des deux pays.

En Chine comme en France, ce gâchis est politique

img contrepoints118 ChineQuels privilégiés ? En Chine, le parti communiste est tout-puissant, mais il a bien changé. Il a notamment intégré « les capitalistes », et du coup ces derniers ne ressemblent pas ou plus à « nos » capitalistes occidentaux. Il s’agit des dirigeants de sociétés d’État ou d’entreprises dépendant largement de ses commandes. Or l’osmose avec la hiérarchie politique en fait des co-décideurs étatiques de leurs propres affaires, ce qui leur permet par exemple de violer les règles environnementales ou d’acheter au prix normal des terrains agricoles expropriés à bas prix, le responsable politique local et ami gardant la différence en rémunération de sa complicité.

Tout cela ne peut bien sûr pas exister chez nous, en tout cas pas à ce point. Mais nos propres osmoses entre le politique et d’autres acteurs produisent des effets analogues :

  • le politique donne par exemple aux syndicats, pourtant peu représentatifs du secteur privé, un pouvoir « quasi-législatif » de droit ou de fait (car souvent entériné par la loi), et un financement opaque, tout cela par passivité, voire crainte (à droite) ou complicité (à gauche),
  • la fonction publique peuple le Parlement, les ministères et le gouvernement, à droite à peine moins qu’à gauche.

Finalement notre osmose politico-syndicale et entre fonction publique, législatif et exécutif influe comme en Chine sur les choix politiques, bloque l’économie et explique les mauvais choix d’investissement dans les deux pays. Il s’y ajoute l’affectation d’une partie anormalement élevée du PIB à l’administration et aux entreprises du secteur public. Cela soit directement, soit indirectement en facilitant leur endettement que l’on classe artificiellement dans une autre rubrique que celle de l’État. Ce « truc » marche aussi bien en Chine qu’en France, voire encore mieux puisque l’on parle d’une dette de 200% du PIB pour l’Empire du Milieu.

Alors, dira-t-on, pourquoi la Chine progresse-t-elle si elle a les mêmes handicaps que nous ? D’abord parce qu’elle part de très bas et que le rattrapage est plus facile que la course en tête (voir « Quand la Chine s’effondrera »). D’ailleurs elle ne progresse pas si vite que ça : une partie très importante de cette fameuse croissance est fictive, car l’immeuble que l’on a construit et qui reste vide n’apporte rien à personne et a généré en contrepartie une « mauvaise dette » qu’il faudra bien déduire un jour de la croissance « officielle » et comptable. La croissance « réelle » est davantage liée à la demande d’électricité qu’aux statistiques du PIB. Or cette consommation a souvent stagné et est actuellement en baisse. Quant à la dette, elle est de 200% du PIB ! Souvenez-vous de ce qui est arrivé en Espagne, où des centaines de milliers de logements sont restés vides, et de la crise violente qui a suivi.

De plus, comme la France, la Chine se vide de ses capitaux et de ses hommes. Les investissements étrangers plafonnent ou diminuent, tandis que les entreprises françaises et chinoises préfèrent investir à l’extérieur notamment par crainte des « fantaisies » de leurs gouvernements, et que les nationaux s’expatrient. Ils se sentent critiqués et matraqués fiscalement en France, tandis qu’en Chine ils s’estiment menacés dans leur liberté quotidienne, ce qui peut aller jusqu’à la prison voire à une balle dans la tête, s’ils se trouvent pris dans une rivalité entre politiques.

Bref la Chine est un peu le miroir de nos propres problèmes : comme dans ce pays, les gâchis sont dus à l’osmose entre certains acteurs et le politique, ce qui est d’autant plus difficile à réformer que cette osmose est idéologiquement revendiquée, car dans les deux pays on estime que l’État doit s’occuper de tout, sans voir que c’est le secteur privé qui soutient l’ensemble. Pour les politiques, le plus simple est donc de ne rien faire : en Chine comme en France, on préfère le statu quo aux réformes. Cela s’appelle « stabilité » ou « harmonie » en Chine et « maintien des avantages acquis » en France.


Sur le web

Voir les commentaires (18)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (18)
  • C’est ce qui sapera la Chine au final : l’impossibilité d’imaginer une économie libre.
    L’actuelle croissance chinoise est fondée sur une dépense publique massive et une population énorme, mais quand la dette sera trop élevée pour être ignorée et que le vieillissement de la population se fera sérieusement sentir le pays pourrait devoir faire face à une croissance lente ou à la stagnation. Surtout qu’on ne connaît pas le vrai PIB chinois : les chiffres fournis sont complètement inventés (dixit l’ancien Premier Ministre Li Keqiang).

    Regardez le Brésil : pays très jeune, riche en ressources mais qui utilise le même modèle que la France (régulation punitive, impôts confiscatoires..) et maintenant le pays est stagnant avec seulement 0,2% de croissance en 2014.

    • Brésil, Chine, finalement, le modèle français s’exporte aussi bien que le virus ebola…

    • Je ne suis pas du tout d’accord avec votre analyse, je crois au contraire les chinois tout à fait capables de trouver la voie économique. Elle sera chinoise.

      La grande erreur commise par un grand nombre est de croire que la Chine cherche les solutions à l’extérieur sur des modèles déjà existants. Or, comme son nom l’indique, l’empire du milieu est à lui seul un empire qui invente ses solutions en fonction de ses besoins et du contexte intérieur du pays. Les pouvoir publiques commencent doucement à chercher des ressources légitimes donc des taxes car les provinces, ne gagnant de l’argent que sur la vente des terres sont a cours de ressources compte tenu du marasme actuel de l’immobilier. Les autorités ont bien senti le truc venir et réagissent en créant dans les prochains mois un genre de taxe d’habitation. A la différence de la France et comme on le fait en Suisse, lorsqu’il y a un problème on ne fait pas des commissions, des colloques et rapports qu’on enterre aussitôt pour trouver une solution 30 ans après l’apparition d’un problème. On constate et on agit avec pragmatisme et détermination du pouvoir.

      Enfin pour ce qui est des déficits et de la dette, il va falloir m’expliquer un peu plus en profondeur car un état possédant des milliers de milliards de devises étrangères et les plus grosses réserves d’or du monde ne me parait pas fragile sur le plan financier. Certe les provinces accumulent des dettes et les banques des crédits pourris mais au final, comme tout le système financier est contrôlé par l’état, en dernier ressort il sortira le pognon et règlera les problèmes.

  • Merci Yves pour cet article lumineux faisant suite à l’article précédent que j’avais lu.

    Dans les grandes lignes votre analyse est tout à fait pertinente à la petite nuance que les autoroutes ne sont pas si vide que cela, j’ai déjà plus de 60.000 kilomètres au compteur ici et lorsqu’elle ne font que 2 voies, c’est camions à droite et plouc à gauche si bien qu’il n’est pas facile d’avancer, les conducteurs occidentaux comprendront de quoi je parle 😉

    Pour le reste, je suis tout à fait en phase avec vos explications et suis terrifié à chaque fois que je vais dans une administration de voir des dizaines d’employés inoccupés, sur leur mobile et ne prenant bien souvent pas la peine de donner un coup de main si ce n’est pas leur travail à proprement parlé. En effet, ici (je vis à Hangzhou avec un H ;)) c’est bien clair, si tu as besoin d’un couteau et d’une fourchette pour manger et que le préposé au couteaux est là mais celui au fourchette malade, ben pas de fourchette, c’est chacun sa petite tache bien précise et surtout pas celle des autres.

    Ceci étant, compte tenu de l’absence de régulation dans bien des domaines ou notre état français a déjà mis son nez (en gros tous les domaines et en particuliers ceux qui n’ont rien de régalien) la Chine est le paradis pour le business de taille petite et moyenne. Ici rien de plus facile que de lancer son activité, au gris (noir mais pas vraiment puisqu’il n’y a pas de règlementation contraignante et que les pouvoirs publics laissent faire) et de prospérer. Par ailleurs, les chinois savent faire preuve d’un pragmatisme très important lorsqu’il s’agit de business et sont réactifs à prendre des décisions qui n’ont rien de communiste.

    Cela étant dit, je suis moins inquiet pour la Chine à long terme que pour la France car les autorité savent prendre des décisions et comme c’est un état centralisé, comme la France, lorsque les décisions sont prises elles sont appliquées (en France c’est pareil à la différence que les décisions sont mauvaises). Ainsi, dans un futur plus ou moins proche, je suis assez tranquille sur le fait que ce pays trouvera des solutions rapides et efficaces à ses problèmes. Je pense aussi que la Chine montrera la voie au reste du monde concernant la pollution atmosphérique liée au traffic automobile et aux constructions de routes et bâtiment.

    Concernant les constructions, votre analyse est parfaitement vraie. La banlieue de Hangzhou comme bien d’autres villes de cette importance compte des centaines de barres d’immeubles de mauvaise qualité neufs et vides. C’est peut-être de ce qui a fait la prospérité interne du pays qui finira par lui faire du mal.
    En effet, les prix immobiliers n’ont rien de naturel ici, tout est fait pour les maintenir haut alors que l’offre est bien supérieure à la demande. Je pense que nous allons constater ces prochains mois une chute importante de certains prix, notamment des biens de catégorie supérieur car l’état a décidé de centraliser dans une base de donnée nationale à partir du 1er mars 2015 tous les titres de propriété appartenant à des fonctionnaires. Cela provoque actuellement et c’est très récent un afflux important de bien de plutôt bonne facture donc à des prix élevés sur le marché. Certains agents de l’état n’ayant pas toujours eut un comportement exemplaire durant leur carrière se hatent de vendre leurs biens ou du moins d’essayer car leur revenus ne justifient souvent pas la propriété de tels patrimoines.
    Depuis l’arrivée du nouveau président et sa croisade anti-corruption, les outils se mettent en place pour faire le ménage et cette mesure sur les propriété des agents de l’état est en train de provoquer un vent de panique. Et, par un phénomène qui m’échappe les prix ne baissent que très peu mais les semaines à venir seront éclairantes.

    Pour finir, je crois qu’il ne faut pas sous-estimer la puissance de la Chine et sa capacité créative pragmatique. La politique ici ce n’est pas noir ni blanc, le président actuel est fortement apprécié par son peuple pour son charisme et sa lutte contre la corruption. Pour autant, et c’est là que faire de la politique et conduire un pays aussi important relève de l’équilibrisme absolu (j’invente ce mot), le peuple ne pardonnera jamais à ses dirigeants une chute des prix de l’immobilier car pour les chinois il n’y a que ça de vrai, mai fangzi comme on dit ici, acheter appartement. N’ayant pas confiance dans leur monnaie (même si ama c’est la meilleure du monde pour les 10 ans à venir), ils placent tout leur argent dans l’immobilier qu’ils ne loue même pas, juste pour se sentir rassuré. Cela a crée la bulle actuelle avec des prix astronomiques eut égard à la qualité des biens et les acheteurs ne se bousculent plus par les temps qui courent.

    Bref, des similarité importantes existent entre nos 2 pays (population vieillissante, fonction publique pléthorique et gaspillage à tous les étages) mais la Chine est un pays en devenir là ou la France est un pays fini, à moins que la lucidité ne s’immisce enfin dans la tête de mes chers compatriotes, un beau voeux pieux :S

    Salut amical au passage pour h16 dont la prose fait de plus en plus d’heureux autour de moi 😀 Je suis le meilleur promoteur de contrepoints en Chine et croyez-le si vous voulez, les idées libérales remportent un bien meilleur écho ici qu’en France.

    Français réveillez vous, le monde ne vous attendra pas.

    • finalement, si la bulle immobilière chinoise se dégonfle, c’est peut-etre de là que viendra le reéquilibrage entre la consommation des ménages et les exportation ?

    • « le président actuel est fortement apprécié par son peuple pour son charisme et sa lutte contre la corruption » quel lutte contre la corruption ?? il s’agit d’éliminer ses adversaires. c’est juste une purge. comme par hasard, ces alliés ne sont pas visés. http://www.souvarine.fr/wordpress/?p=391

  • Entre pays communistes…

  • les réformes que proposent l’auteur pour la chine ne seraient elles pas de copier le modèle français :

    faire voter les masses pour leur demander si elle veulent plus d’allocation et d’augmentation de salaire ?

    ce jour là, effectivement, ça risque d’y etre un sacré merdier …

    • C’est déjà le cas si je ne m’abuse, le gouvernement chinois oblige les entreprises manufacturières à augmenter leurs salaires de 10 à 20% par an car il craint les manifestations massives.
      La Chine a déjà perdu pas mal en compétitivité, pour une entreprise américaine il n’y a désormais plus aucun intérêt à délocaliser là-bas car le gain n’est plus que de 3% (comparé à 25% de gain pour une entreprise française) et cela ne prend pas en compte les droits de douane et transports.

      •  » car il craint les manisfestations massives …  »

        tient donc ! quand on lit certains, ici même, on croit que le PCC esclavagise les masses chinoises … ce ne serait donc pas vrai ?
        je ne suis pas certains que staline craignait les manifestations massives à la fin des années 40 en russie…

        • Ben d’une certaine manière il les esclavagise puisqu’il ne leur donne pas vraiment le droit de se plaindre, sauf quand il s’agit de manifester contre des usines étrangères.
          Mais c’est justement parce que des employés chinois ont, dès 2010, défié l’interdiction des autorités de manifester pour de meilleurs salaires et plus de droits, qu’ils ont pris peur que ça ne se fasse à l’échelle du pays et mette le pouvoir en danger..Donc ils ont forcé les hausses de salaires sur les entreprises, de façon à ce qu’elles soient supérieures à l’inflation.

          Y a pas de quoi vanter le gouvernement chinois hein…Et libéral ne signifie certainement pas empêcher les gens d’exprimer leurs revendications, c’est de la liberté ça aussi.

  • concernant le monde paysan chinois ( l’auteur nous dit que la politique des 30 dernières années à consisté à vider les campagnes pour remplir les usines ) :

    province du shan dong, grande plaine du nord ( plus grande région agricole au monde ) une espèce de flandre qui engloberait la moitié de la france et de l’allemagne … compte tenue de la demande et du climat trés favorable, les rotations céréalière à double cultures blé d’hiver plus maïs se developpent fortement depuis 15 ans. les exploitations se mécanisent ( effet positif du manque de main d’oeuvre… ) mais la succession récolte semis est un goulet d’etranglement dans ce type de rotation ou il faut aller trés vite, un peu comme pour les farmers anglais qui doivent récolter du blé au 15 aout et semer dans la foulée, du colza avant que les pluies ne reviennent … les chinois ont été prendre des solutions en amérique ou le semi direct ou simplifié se généralise depuis 25 ans . problème : les semoirs américains sont trop cher et trop lourd pour les tracteurs chinois ( la plupart du temps inférieur à 50 ch ). ils ont donc mis au point en quelques années plusieurs type de semoir capable de semer sans labour , ont construit des usines et sortis des milliers d’unités aussitot adopté sur le terrain.

    la chine est le premier producteur de blé au monde, et le deuxième en mais. évidemment le premier producteur de riz. l’agriculture y est ( pour le moment ) peu productive par travailleur, ce qui est assez logique vu que la main d’oeuvre y est bon marché ( surtout dans les campagnes ) mais trés productive par unité de surface.

    en france, dans les années 50, l’agriculture a connue une période semblable : sous l’influence de la JAC ( syndicat chrétien ) et de l’etat, l’agriculture a progressé rapidement en allant chercher aux USA, des tracteurs ( plan marshall ) des méthodes et des variétés améliorées , notamment les maïs hybrides.
    quand on connait un tant soit peu le millieu rural, on se demande se qui se serait passé si l’initiative avait été laissé au privé …

  • La Chine n’a pas sut anticiper les nouvelles technologies occidentales qui rendent les coûts de productions en occident surtout aux USA moins cher devenant compétitive face à l’Asie.

     » La société chinoise Keer qui se trouve à Hangzou va délocaliser une partie de sa production de textile pour la confection de vêtements en Caroline du sud. Une grande première de voir des entrepreneurs chinois délocaliser leur production en occident. Et cela pour des raisons d’économie. En effet et cela grâce en premier lieu à l’exploitation du gaz de schiste dans cette partie des Etats-Unis qui a permis de ramener le prix du kilowattheure à 6 cents près de 50% moins cher qu’en Europe ou en Asie selon le quotidien les Echos. Un investissement de 218 millions de dollar et 500 postes de travail à la clé. Dans toute la Caroline du sud on déploie une énergie folle pour attirer des usines étrangères.

    La deuxième raison est le cadre sociale en faveur des Etats-Unis. Des syndicalistes qui foutent moins le bordel par des revendications bien plus modéré qu’en Europe. Les salaires en Caroline du sud et en Chine voient leurs écarts se réduire de plus en plus chaque année. L’année dernière il était presque aussi peu cher de produire aux Etats-Unis qu’en Chine.

    Source: Le Point du 15 mai 2014  »

    Ce qui peut sauver la Chine serait une libéralisation de son économie en là laissant aux mains de l’esprit d’entreprise. Le problème économique en Chine réside dans son capitalisme d’état. Les crédits bancaires vont essentiellement aux entreprises d’état ou celles en main d’appartchik du parti communiste. Il ne reste que des miettes pour les entrepreneurs privés qui sont essentielles à la croissance économique d’un pays.

    Le rattrapage chinois commence à montrer ses limites. Il ne peut y avoir d’économie saine et durable dans une dictature tout capitaliste soit-elle. La corruption qui gangrène l’état à tout les niveaux fait le reste.

    D.J

  •  » le président actuel est fortement apprécié par son peuple pour son charisme et sa lutte contre la corruption  »

    Je le croirais le jour où l’on organisera en Chine de véritables élections libres et qu’on laissera aux chinois le droit de critiquer ouvertement son dirigeant sans risquer de gros ennuis.

    D.J

  • dernière nouvelle des campagnes chinoises ( là ou le PCC esclavagise des millions de pauvre paysans chinois … )

     » – que font les agriculteurs avec les houppiers des arbres qu’ils coupent ? ne les coupent -ils pas en buches pour se chauffer avec ?

    – de plus en plus, les paysans chinois se chauffent et cuisinent à l’electricité ( les malheureux … merci le barrage des trois gorges ) les houppiers sont souvent broyés pour partir dans des usines de pate à papier …et accessoirement transformé en pellets, jugé plus pratique et plus moderne que les buches  »

    en france : à la campagne, de moins en moins de gens peuvent se chauffer à l’electricité : trop pauvre ! quand au bois des houppiers, ils n’y a plus d’usine pour les acheter depuis belle lurette, si le propriétaire ne les coupe pas lui même en  » bois buche « , il reste à pourrir par terre …

    c’est sur que la chine est en train de s’effondrer …

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Lionel Chanel.

Les Ouïghours, cette population turcophone et musulmane de la province chinoise du Xinjiang, sont assujettis au pouvoir communiste de Pékin depuis 1950. Les camps de rééducation, lieux d’enfermement et de tortures physique et psychologique, représentent l’aspect le plus répugnant du totalitarisme à l’œuvre en Chine contre cette minorité.

Des témoignages, comme celui de Gulbahar Haitiwaji, une rescapée de ces camps qui vient de sortir un livre sur son expérience de détenue, permettent de se faire une idée de l’... Poursuivre la lecture

Par Samuele Murtinu. Un article de l'IREF Europe

Le « néolibéralisme », c’est-à-dire la version du capitalisme démocratique moderne qui met en scène des marchés et des échanges guidés par de puissantes institutions publiques mondiales, ne doit pas être confondu avec la vision libérale classique de la société libre formulée par Adam Smith, John Stuart Mill, Lord Acton ou F. A. Hayek. De nombreux problèmes associés au néolibéralisme sont en fait le résultat d’une intervention trop lourde de l’État, de la recherche de rentes et d’autres f... Poursuivre la lecture

Surprise ces derniers jours : l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont le but semble de se mêler de plus en plus de politique, a clairement pris position contre l'actuelle stratégie zéro covid actuellement déployée en Chine, rejoignant en cela les critiques déjà nombreuses de l'opinion internationale vis-à-vis de la politique interne de la Chine.

Eh oui : même pour une organisation ayant nettement tendance à préférer la centralisation et les mesures fortes (voire dictatoriales), ce qui est actuellement mis en place par les autor... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles