Comment le gouvernement va-t-il gérer ses incohérences ?

Alors que le discours officiel semble prendre en compte les vrais problèmes, voici qu’arrivent de nouvelles idioties…

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Comment le gouvernement va-t-il gérer ses incohérences ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 3 décembre 2014
- A +

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

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Les dernières déclarations du ministre de l’économie sur le gel du SMIC pendant cinq ans sont probablement maladroites. Ce n’est sûrement pas la bonne solution. Elles font néanmoins preuve d’une prise en compte du vrai problème de l’économie française : le coût de la main d’œuvre et le plafond du SMIC.

La productivité nécessaire pour assumer une embauche est en France la plus élevée du monde

Le coût de la main d’œuvre, ce n’est pas seulement le salaire net que perçoit le salarié. Ce ne sont même pas seulement les charges (soi-disant patronales ou salariales). Ce sont aussi toutes les charges imposées légalement, réglementairement ou par les conventions collectives (transports, médecine du travail, administration des cotisations, des fiches de paie, absentéisme, équipement spécifique etc.). Parler du « coût du travail », c’est en fait l’addition sur un exercice de tous les frais inhérents à l’embauche d’un salarié – frais que l’on peut rapporter au nombre d’heures travaillées durant cet exercice.

Cela permet de calculer la productivité que l’employé doit dégager pour ne rien coûter à l’entreprise. Plus ce montant est élevé, moins les employés à faible valeur ajoutée ont des chances de trouver du travail. S’il apparaît que le coût de l’embauche rend la couverture de cette embauche hypothétique, alors entre en ligne de compte la plus ou moins grande facilité avec laquelle l’entreprise pourra mettre fin à l’expérience.

De cette évidence économique, niée idéologiquement par nos dirigeants socialistes depuis leur élection, est né ce truisme, « le coût de la main d’oeuvre, en particulier peu qualifiée, est trop élevé en France ».

Les grandes pistes de réflexion

Face à ce constat, différentes pistes de réflexion se présentent :

  • La famille « libérale orthodoxe » vous dira qu’il faut maintenir les cotisations sociales, assouplir les rigueurs administratives d’embauche, mettre en place le contrat de travail unique et laisser la loi du marché réguler les rémunérations.
  • La famille « libérale pragmatique » vous dira qu’il faut transférer tout ou partie du coût de la politique sociale sur la consommation, alléger les contraintes administratives, assouplir les contrats de travail à durée déterminée et maintenir le SMIC.
  • La famille « sociale réformiste » vous dira qu’il ne faut rien changer à la situation actuelle mais accorder de larges exonérations de cotisations, accorder des dérogations au SMIC et ne pas toucher au SMIC pendant plusieurs années pour provoquer un effet de rattrapage.
  • La famille « socialiste orthodoxe » vous dira que le coût du travail n’est pas trop élevé en France et que si la productivité nécessaire par poste est si élevée, c’est parce que les affreux capitalistes s’en mettent plein les poches.

Les « coups partis » vont-ils couper l’élan « social réformiste » ?

Si aujourd’hui la tendance « sociale réformiste » semble l’emporter au sein de ce gouvernement, il n’en demeure pas moins que les effets de la politique stupide menée par les socialistes orthodoxes continuent de se faire sentir.

Ainsi, tandis que M. Macron, en bon militant du Parti Socialiste, suggère de bloquer le SMIC pendant cinq ans, faisant ainsi peser sur les salariés le coût du nécessaire rattrapage, voici qu’arrive en application une mesure prise par les orthodoxes précédemment, le « compte pénibilité ». Sans engager de débat sur le fait de savoir si cette mesure est juste, normale, humaine, sociale, ou simplement stupide et mal goupillée, nous ne pouvons que constater qu’elle vient à un moment de notre histoire où nous n’avons tout simplement pas les moyens de la financer.

En augmentant le coût du travail, elle va, comme chaque augmentation du SMIC ou augmentation des charges, provoquer du chômage supplémentaire. Pire, alors que nous manquons cruellement dans notre pays d’emplois industriels, c’est précisément là, sur ce secteur industriel, que le coût de cette mesure va se faire le plus sentir, c’est précisément parmi les emplois industriels dans les entreprises « borderline », celles qui comptaient sur le CICE pour passer cette année et la suivante que l’effet « Pôle Emploi » va le plus se faire sentir.

Le coût du « compte pénibilité » « s’élèvera à un montant compris entre 500 et 600 euros par an et par salarié », selon une tribune du délégué général du patronat de la métallurgie UIMM, Jean-François Pilliard, publiée par le Journal du Dimanche.

Les organisations patronales font semblant de s’agiter

« L’opération sera coûteuse pour les entreprises », affirme le responsable patronal, précisant que « selon une enquête réalisée par l’UIMM auprès d’entreprises métallurgiques de toute taille, le financement et la mise en œuvre du compte personnel de pénibilité s’élèvera à un montant compris entre 500 et 600 euros par an et par salarié, qu’il soit ou non concerné par le dispositif. »

À la veille d’une semaine de mobilisation patronale, le responsable du Medef a repris les critiques de son organisation sur le « compte pénibilité », jugé « contreproductif », « improvisé » et « mal conçu ». Selon lui, il s’agit d’un « dispositif antinomique avec l’objectif d’amélioration de la compétitivité industrielle expressément affiché par les pouvoirs publics. »

Sur le web 

 

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  • Etonnant comme quand il s’agit d’une déduction logique et de bon sens, elle est toujours précédée dans la presse — et dans votre conclusion — de « selon unetelle » ou « selon untel », et quand il s’agit d’une monstruosité ou d’un sophisme, le ton est toujours au contraire qu’il faut être bien tordu pour ne pas y adhérer !

  • Il me semble que les syndicats patronaux ont signé l’accord instituant le compte penibilité.

    Soit les employeurs sont représentés par des incompétents?
    Soit la signature des syndicats patronaux n’a pas de valeur?

    Ma conclusion est que notre « paritarisme » jacobin est a bout de souffle, tant les négociateurs ne représentent qu’eux mêmes et les intérêts de très peu d’en leurs sympathisants.

    • 5% des français font confiance à leurs syndicats…. 93%, non.
      C’est pour dire….

      • 5 % des salariés dans le privé, mais 50 % chez les fonctionnaires du mammouth font confiance à leurs syndicats. Pourquoi 50 ? Parce que le syndicalisme permet aux adhérents d’avoir une planque pour échapper à leur obligation contractuelle d’être en face d’élèves et de refiler le bébé à des contractuels sans formation ni expérience licenciables à tout moment.

    • Ce qui pose problème c’est la complexité du suivi individuel, avec une fiche par salarié et par jour qui décompte heure par heure les situations d’exposition. Ces détails de mise en oeuvre du compte pénibilité ont été définis par décret et non pas dans un accord entre syndicats (si accord il y a eu…)

  • « Face à ce constat, différentes pistes de réflexion se présentent : …  »

    Ralentir, il faut le faire avant de percuter l’iceberg. Jeter du lest, il faut le faire avant que l’eau ne remplisse les cales. Quitter le navire, il faut le faire avant de se retrouver piégé et couler avant le navire …

    Les solutions « d’équilibre » ne sont plus valables. Toute mesure insuffisante est inutile et plus le problème s’aggrave, plus les mesures doivent être radicales, quitte à être allégées à terme. I faut sur-réagir pour espérer s’en sortir, car les remèdes soignent mais affaiblissent le malade en même temps.

    C’est pourquoi il est totalement impossible qu’un gouvernement socialiste et ce gouvernement en particulier nous sorte de l’ornière. Toute mesure proposée est déjà minimale et sera allégée et vidée de sa substance après d’interminables débats. On ne peut pas attendre d’un gouvernement de gauche qu’il prenne des mesures ultra-libérales même temporaires pour simplement compenser un excès de socialisme.

  • Je suis découragé par toutes ces ambigüités, ces contradictions, ces oppositions qui nous mènent au désastre.
    Je ne crois plus personne, et personne n’est capable d’avoir une vision de l’avenir du pays, et je ne crois plus au système qui date du XIX ème siècle et n’est plus adapté à notre époque.
    Mr Macron, socialiste de façade, décide que le smic est trop élevé, condamnant les classes les plus fragiles du pays. Il ne touchera pas à la pléthore de fonctionnaires qu’il faut entretenir, il ne touche pas aux statuts de la haute fonction publique qui est un scandale permanent, il ne va pas toucher au système fiscal qui est devenu une monstruosité, une spoliation totale des biens des français, non il préfère s’attaquer aux faibles, c’est récurant chez lui.
    Le socialisme est une absurdité totale, une lâcheté intellectuelle qui nous a conduit à un Etat complètement bloqué, et le capitalisme français est devenu tellement accroc aux prébendes de l’Etat qu’il a perdu son essence même, le pouvoir de l’innovation et d’entreprendre, bref il n(a plus rien de capital, à part les retraites chapeaux. Quand il n’est pas représente par ces mêmes hauts fonctionnaires qui font carrière en louvoyant entre être élus socialistes et être patrons d’entreprises d’Etat.
    Ce sont désormais les singes savants sortis de l’ENA, machine à fabriquer des idiots congénitaux, qui décident de l’avenir du pays, ce qui revient à dire que l’avenir du pays est foutu.

  • Si des politiciens comme Mélanchon, F Hollande, Sapin, Montebourg etc etc peuvent se goinfrer toute leur vie avec de l´argent public, si ils peuvent béneficier de retraites réservées à leur seule caste, c´est que de l´autre coté il y a des français qui bossent dur, qui investissent, qui prennent des risques, qui mouillent le maillot en créant de la richesse et de l´emplois et au final ce sont ces gens qui remplissent les caisse de l´état. Non seulement nos monarques républicains n´ont jamais crée quoi que ce soi, ni investi dans quoi que ce soi sauf dans leur maisons secondaires , non seulement ces rentiers se gavent avec toute sortes de privilèges payés par le contribuable vidant ainsi les caisses de l´état mais en plus ces tristes figures osent parler d´égalité, de morale et exigent plus d´effort de solidarité, plus de contrainte, plus d´impôts à ceux qui les payent.

  • C’est facile de dire que la productivité est très élevée quand on élimine des statistiques du circuit productif tous les jeunes et tous les séniors.

  • Les commentaires sont fermés.

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