Libéralisme et lutte contre les inégalités

Quel discours les libéraux tiennent-ils sur les inégalités ?

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Injustice (Crédits : Stéfan, licence BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

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Libéralisme et lutte contre les inégalités

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 20 novembre 2014
- A +

Par Peter Baldwin.

injustice credits stéfan (licence creative commons)

Quand nous entendons parler de lutte contre les inégalités, nous autres libéraux avons un réflexe pavlovien. Pour la plupart d’entre nous, le concept de lutte contre les inégalités, c’est au choix : un Piketty qui, entre deux crises de violences conjugales, plaide pour la rage taxatoire, nos amis communistes qui vont nous arranger tout ça à coup de petites purges bien senties (coucou les koulaks), de jeunes hippies malodorants anarcissiques. Et quand le socialiste commence à saliver comme un chien de Pavlov à l’idée de lutter contre les inégalités, nous sommes plutôt pris de nausées.

Pourtant, pour rejeter en bloc l’idée de lutte contre les inégalités, il faudrait être en mesure d’affirmer que les inégalités sont justes. C’est-à-dire que la distribution des richesses est juste. Dans un système libéral parfait, où les inégalités découlent de l’échange libre entre les individus, les inégalités sont en effet la traduction logique de nos différences. Pour citer la phrase célèbre d’Alexandre Soljenitsyne : « Les hommes n’étant pas dotés des mêmes capacités, s’ils sont libres, ils ne seront pas égaux, et s’ils sont égaux, c’est qu’ils ne sont pas libres. » Mais vivons-nous dans un système libéral ? Chers lecteurs (à part si Gérard Filoche traîne dans le coin), vous serez d’accord pour répondre par la négative.

Pour poser plus clairement le problème, les inégalités sont justes si la possession des richesses est légitime. D’après Robert Nozick, en schématisant quelque peu, la possession est légitime si elle respecte deux étapes. Le critère d’acquisition : le premier à revendiquer la propriété d’un bien est habilité à le posséder. Le critère de transfert : le transfert de propriété est juste s’il est libre et volontaire. La répétition de ces deux étapes justifie la possession d’un bien.

Ce qui est légèrement fâcheux, c’est que notre système de création monétaire viole le critère de transfert libre et volontaire en toute allégresse. En effet, l’augmentation de la masse monétaire se traduit par un transfert de richesses du peuple vers les sphères bancaire et étatique. Ce transfert est-il libre et volontaire ? Bien sûr que non, on nous impose l’utilisation de cette monnaie. Le degré de spoliation est déterminé par les banques centrales, qui contrôlent les taux d’intérêt. L’échange serait volontaire si le prix était fixé par les acheteurs et les demandeurs, c’est-à-dire par le marché. Si le prix de l’argent (le taux d’intérêt) est fixé de manière arbitraire, les termes de l’échange sont forcément truqués.

Et le pire, c’est que l’augmentation des inégalités doit bien plus à cette création monétaire débridée qu’au vilain libéralisme sauvage. Comme nous le rappelle Murray Rothbard, « l’inflation est une course à celui qui aura la nouvelle monnaie en premier. » Et les premiers servis, ce sont l’État, le secteur bancaire et les plus riches. La monnaie nouvellement créée, censée profiter à l’économie réelle, abreuve le secteur financier et gonfle le prix des actifs. Par définition, les riches possèdent davantage d’actifs que les pauvres, ce sont donc les riches qui profitent de la monnaie injectée dans le système.

Par ailleurs, il est plus facile pour les riches d’emprunter à ces taux d’intérêt maintenus artificiellement bas en donnant leurs actifs comme collatéral, puis de bénéficier de jolis effets de levier. Les pauvres, quant à eux, ne peuvent pas en dire autant. Un exemple intéressant est celui des bulles immobilières. Les propriétaires profitent de la hausse de la valeur de leurs biens, tandis que l’augmentation du coût d’accès au logement pénalise les pauvres. Enfin, comme nous le savons, ces politiques monétaires coûteuses, en brouillant le système de prix, se traduisent par une mauvaise allocation des ressources, et in fine par des faillites à la chaîne. L’explosion du taux de chômage, jusqu’à preuve du contraire, n’est pas particulièrement utile pour réduire les inégalités…

Alors maintenant, quelle est la solution ? « Taxer ! » hurlent les socialistes. Réparer une injustice par une autre injustice, merci les gars, mais on s’en passera. L’urgence semble plutôt de revenir à un système monétaire sain, ou le taux d’intérêt correspond au prix du temps, librement déterminé par les emprunteurs et les prêteurs. Tant que l’on créera de la monnaie ex-nihilo, celle-ci profitera d’abord aux riches et à l’État, et la distribution des richesses restera en partie illégitime. Traduction : les inégalités seront injustes, et en plus elles augmenteront.

C’est également une opportunité politique pour les libéraux. Les inégalités sont un thème majeur, et nous ne répondons pas à cette demande. Plutôt que de répondre par le mépris à ceux qui parlent de lutte contre les inégalités et de les conforter dans leur idée des « méchants bourgeois libéraux insensibles à l’injustice », il serait préférable de leur exposer une vision libérale des inégalités, vision qui pourrait trouver un écho favorable au sein de la population.

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  • « Pour citer la phrase célèbre d’Alexandre Soljenitsyne : « Les hommes n’étant pas dotés des mêmes capacités, s’ils sont libres, ils ne seront pas égaux, et s’ils sont égaux, c’est qu’ils ne sont pas libres. »  »

    D’où vient cette citation ? Malgré mes recherches, je n’ai trouvé aucun titre d’ouvrage, de discours ou autre source qui puisse attester de son authenticité.

    • Texte intégral du discours prononcé par Alexandre Soljenitsyne, le samedi 25 septembre 1993, aux Lucs-sur-Boulogne, pour l’inaugration du Mémorial de Vendée .

      http://vendeoblog.hautetfort.com/archive/2008/08/07/le-discours-de-soljenitsyne-au-memorial-des-lucs-vendee.html

      « a Révolution française s’est déroulée au nom d’un slogan intrinsèquement contradictoire et irréalisable : liberté, égalité, fraternité. Mais dans la vie sociale, liberté et égalité tendent à s’exclure mutuellement, sont antagoniques l’une de l’autre! La liberté détruit l’égalité sociale – c’est même là un des rôles de la liberté -, tandis que l’égalité restreint la liberté, car, autrement, on ne saurait y atteindre. Quant à la fraternité, elle n’est pas de leur famille. Ce n’est qu’un aventureux ajout au slogan et ce ne sont pas des dispositions sociales qui peuvent faire la véritable fraternité. Elle est d’ordre spirituel. »

    • Il s’agirait également d’un extrait d’un discours prononcé à l’Université Harvard en 1978.

  • Hum, les inégalités sont justes. C’est un peu court pour faire un projet politique. La limite de votre raisonnement est que si c’est juste ce n’est pas forcément acceptable. On fait quoi d’un handicapé? Est il humain? Doit on être solidaire? N’a t il que ce qu’il mérite?

    • C’est pas du tout ce que dit l’article d’ailleurs.

      Créer d’autres injustices ne répare pas les injustices et les solutions communément admises pour « contrer les inégalités » de nos politiques arrivent toutes à (au choix) :
      -appauvrissement général (oui, ça réduit les inégalités mais le nivellement par le bas est pas super enviable)
      -de nouvelles inégalités toutes fraîches prêtes à ce qu’on lutte contre elles.

      Personne n’interdit à personne d’être solitaire o charitable. Il y a un intérêt (et pas forcément monétaire) à aider les personnes handicapées (mais aussi les vieux, les jeunes, etc…). Tout ce que l’on dit, c’est qu’il y a d’autres façon d’aider que de redistribuer arbitrairement.

      • Sauf que vous ne mettez jamais en avant ces autres solutions. Il n’y a pas un seul mot dans cet article sur comment réduire les inégalités. Il est plutôt question de les légitimer.
        Le libéralisme gagnerait à montrer comment il se soucie de l’autre. Malheureusement une société n’est viable que si elle sait trouver un équilibre à notre belle et oxymorique devise.

        • « L’urgence semble plutôt de revenir à un système monétaire sain, ou le taux d’intérêt correspond au prix du temps, librement déterminé par les emprunteurs et les prêteurs. Tant que l’on créera de la monnaie ex-nihilo, celle-ci profitera d’abord aux riches et à l’État, et la distribution des richesses restera en partie illégitime. Traduction : les inégalités seront injustes, et en plus elles augmenteront. »
          Cela me semble plutôt clair : pour réduire les inégalités, sortons de ce système de création monétaire qui bénéficie d’abord aux riches.

          Par ailleurs, toutes les inégalités ne sont pas forcément justes, c’est bien le propos de l’article.

          • Allons plus loin : plus de monnaie du tout ! Sans monnaie plus de riches ???
            Tous pauvres, voilà la situation d’une parfaite égalité.
            Mais patience, ça vient.

        • Bonjour

          Je vais m’insérer dans votre échange et vous proposer des faits: au cours du siècle écoulé le capitalisme a permis à 2 milliards d’individus de sortir de la pauvreté. Aujourd’hui, il y a encore 800 millions de personnes qui vivent avec moins de 1 $ par jour. Voila les résultats de ceux qui croient à la liberté, à la liberté d’entreprendre en particulier. Ils n’ont jamais entrepris dans le but de lutter contre les inégalités mais leurs actions productives ont eu ce résultat.
          La redistribution aurait eu un effet complètement inverse et c’est ce qui est en train de se produire avec une mauvaise allocation du crédit pas cher, nous avons 200 millions de chômeurs dans le monde (60 millions depuis 2008 grâce à l’intervention des Etats et de leurs endettements insensés)
          Cela fait 40 ans que j’entends des discours politiques de lutte contre la pauvreté et des taxes qui n’arrêtent pas de croître, ce sont elles qui freinent le développement car tout argent taxé est détruit par sa redistribution et n’est plus disponible pour être investi (entretenir et renouveler les moyens de production et développer la R&D)

          • La redistribution: quand on découpe un nombre de plus en plus grand de parts qui sont forcément de pus en plus petites, au final tout le monde à rien.
            Si on redistribue pour corriger les inégalités, merci de m’indiquer l’adresse où à lieu la distribution.
            :)) V

        • Bonjour enneite
          Le libéralisme n’a pas de solution toute faite à tous les problèmes du monde, ce n’est pas une boite à outil.
          Le libéralisme n’a pas de projet politique. Les étatisme disent; Nous avons la solution, votez pour nous.
          Un libéral peut juste noter que à l’usage, le meilleur choix c’est le laissez faire.
          Je sais ce n’est pas tres sexy. De la sueur et des pleurs, cela ne fait pas rêver.

        • … que si la société sait trouver … : exact ! et non pas un groupe d’énarque dans un bureau à Paris qui décide pour tout le monde.

    • la solidarité n’existe que si elle est volontaire. la solidarité forcée des socialistes s’est du vol. l’état doit veiller sur les personnes irresponsables comme les mineurs ou les handicapés mentaux.

    • « Est il humain? » bien sûr, aucun libéral ne considère les handicapés comme non humains. d’ailleurs, ce sont les socialistes (notamment Allende, le grand humaniste et les nazis (national socialisme) qui étaient favorable à l’eugénisme.

    • Modération : pas d’insultes

  • « Comme nous le rappelle Murray Rothbard, « l’inflation est une course à celui qui aura la nouvelle monnaie en premier. » Et les premiers servis, ce sont l’État, le secteur bancaire et les plus riches. La monnaie nouvellement créée, censée profiter à l’économie réelle, abreuve le secteur financier et gonfle le prix des actifs. »

    Ce que l’on nomme l’Effet Cantillon 😉 La nouvelle monnaie se déverse dans un sens, le richesses spoliées vont dans l’autre.

  • le problème vient du fait que les socialistes ont tellement influencé les gens avec les inégalités sociales. ils ont fait des inégalités sociales un problème majeur d’aujourd’hui alors que le vrai problème vient de la pauvreté et non pas des inégalités sociales. les libéraux s’occupent du problème de la pauvreté mais pas de la lutte contre les inégalités car les libéraux sont pour l’égalité de droit. or l’égalitarisme s’oppose aux inégalités de droit. l’égalitarisme sous ses airs de bons sentiments charitables n’est que motivé par la jalousie et l’envie. http://www.contrepoints.org/2011/01/06/10334-etre-de-gauche-intolerant-et-peu-genereux
    http://www.contrepoints.org/2011/04/13/21001-radins-envieux-racistes-et-intolerants-les-socialistes-et-les-anticapitalistes http://www.contrepoints.org/2010/10/04/2621-gauche-intolerance-generosite-droite-liberalisme

  • ce que je trouve marrant c’est que les gens qui veulent combattre les inégalités ne parlent jamais de la mobilité sociale. faut il mieux vivre dans un pays certes où il y a plus d’égalité sociale mais où les pauvres n’ont aucune chance de changer de classes sociales, de devenir riches où ils sont condamnés à rester des assistés toute leur vie, à dépendre de l’aide sociale. ou bien vivre dans pays où il y a plus d’inégalité mais où il y a une grande mobilté sociale, càd que les pauvres peuvent devenir plus riches, passer dans une autre classe ?? dans ce genre de société, le mérité personnel importe beaucoup plus et conditionne beaucoup plus notre condition sociale ?? perso, je préfère la seconde option que je trouve plus juste à la première. or comme par hasard, plus un pays est soicaliste moins il y a de mobilité sociale.

  • les économistes qui combattent les inégalités ne s’intéressent jamais aux effets secondaires négatifs qu’entraine leurs solutions pour lutter contre les inégalités. or la lutte contre les inégalités mènent en un appauvrissement général (y compris des pauvres). de manière plus général, l’égalitarisme mène au nivellement vers le bas ( regardez les politiques désastrueuses mises en place dans l’enseignement pour lutter contre les inégalités qui mènent à un abaissement général du niveau de l’enseignement). sans oublié le fait que la luttre contre les inégalités nuisent à la mobilité sociale

  • imaginons qu’on est d’accord que les inégalités sociales sont un vrai problème. il y a plusieurs questions à se poser. 1 est ce que les inégalités s’accroissent ? la réponse est oui mais les socialistes comme piketty ont une tendance à exagérer fortement (voir très fortement) les inégalités. ils n’hésitent pas à truquer leurs chiffres, à prendre juste les statistiques qui les arrangent (en écartant les stats qui les dérangeraient). 2. qu’est ce qui cause les inégalités ?? là, les socialistes ont (en grande partie ) faux car ils ne parlent pas de certains facteurs (la politique des banque centrale, le capitalisme de connivence,….) et certains des facteurs qui ,selon eux, accroisseraient les inégalités sont plus que contestable. il n’existe aucune preuve concrète. 3. comment combattre les inégalités ? certaines de leurs solutions sont aussi très contestables. on risque de voir ce qui s’est passé dans les pays communistes avec d’un coté la population qui crève de faim et de l’autre, les dirigeants membre du parti qui sont milliardaires. 4. est ce que les solutions proposés pour combattre les inégalités n’ont elles pas plus d’effets négatifs que d’effets positifs ??? là, la réponse est clairement oui. ces solutions ont plus d’effets négatifs que d’éffets positifs. cela conduit à un appauvrissement généralisé.

  • Les inégalités sociales ou régionales ne se sont et ne se résoudront jamais pas des moyens légaux ni par des manipulations financières.
    D’une part parce que certains ne veulent tout simplement pas quitter leurs positions de joyeux pauvres (artistes, certains SDF etc.), d’autre part parce que la richesse est une notion relative donc on ne peut tous s’enrichir de la même manière (exemple, un chômeur pour quitter sa condition aurait peut être davantage besoin de savoir « séduire » un patron qu’il aura besoin d’argent) et finalement, on revient en arrière, il faut que les gens créent le mouvement. Si le pauvre ne fait pas d’efforts pour s’en sortir tout l’argent et tous les mécanismes du monde ne le tireront pas de là. Pareil pour le riche, si vous le protéger alors que ces pratiques ne sont pas bonnes il ne changera jamais donc ne fera jamais avancer la société.
    À l’inverse on voit que l’État accroît les inégalités en distribuant à ces groupes favoris, en donnant des services uniformes qui ne sont pas adaptés à tous, en incitant à rester là où l’on est.

  • Qui peut sérieusement imaginer que si demain le grand partage avait lieu, mettant tous les individus à égalité de richesse (ou de pauvreté), la pyramide sociale ne serait pas peuplée, après demain, de ceux qui auraient su faire fructifier leur avoir et ceux qui n’en auraient pas eu la capacité ou l’envie ? Ambition, talent, courage, esprit d’entreprise, goût du risque, sens de l’épargne, aptitudes diverses des uns et des autres, sont tellement différents que nos inégalités ne peuvent être compensées dans une mesure satisfaisante par une réglementation, aussi compatissante soit-elle.
    Richesse et pauvreté sont des conditions relatives, et en cela l’essence même de toute inégalité (non limitativement d’ordre matériel). La pauvreté.existe par la richesse et réciproquement.

    Instrumentalisée par les uns, combattue par les autres, compensée dans une mesure toujours insatisfaisante par notre compassion et nos lois selon ceux qui en bénéficient, la pauvreté est une fatalité liée à la structure incontournablement pyramidale de notre société.
    Par le sort qui le fait naître dans une condition plutôt que dans une autre, chacun est, à sa naissance, le riche ou le pauvre de plus pauvre ou de plus riche que soi.
    Ce qui n’est pas une fatalité par contre, est le nombre de ceux qui souffrent de l’inégalité.
    À population constante, un tassement de la pyramide sociale, en réduisant l’écart entre son sommet et sa base entraîne un élargissement de cette dernière, (augmentation du nombre de pauvres), alors que l’accroissement de cet écart, tel qu’il résulte d’une étirement de la pyramide vers le haut (enrichissement général), a l’effet inverse. De même, quand la pyramide sociale se développe en volume du fait de l’augmentation de sa population, le supplément d’activité de celle-ci accroît la richesse globale de la société, avec pour conséquence d’éloigner son sommet de sa base, et pour effet l’accroissement de l’écart entre richesse et pauvreté. Ces deux observations révèlent qu’à une augmentation de l’écart entre richesse et pauvreté correspond une diminution du nombre de pauvres et inversement, sans modifier les inégalités autrement que dans leur répartition. En d’autre termes, l’augmentation de richesse collective réduit la pauvreté et sa diminution l’augmente. La Palisse n’aurait pas dit mieux mais aurait pu ajouter que le partage des richesses est une tout autre affaire.

    À défaut d’une utopique suppression des inégalités, nous devons donc être conscients que notre seule possibilité est de les réguler par une population moindre (dénatalité à l’échelle planétaire) et un choix entre plus de riches et moins de pauvres, ou moins de riches mais davantage de pauvres.

    Pour approfondir cette réaction, demandez à votre navigateur « Abominable pyramide sociale »

    • J’apporte à votre développement un article paru dans Les Echos.fr de ce 19 nov, intitulé « Malgré la crise, le nombre de multimillionnaires atteint un nouveau record dans le monde », on y apprend qu’il y a dans le monde 211.000 ultra-riches, qui possèdent plus de 24 millions d’euros, en 2014. Leur fortune globale cumulée se chiffre à près de 24.000 milliards d’euros. Cette fortune divisée par 7 milliards d’humains représente 3 400 € par personne et est pour la majeure partie libellée en titres d’entreprises.
      Qu’advinedrait-il de cette redistribution du grand partage quelque temps après, certainement un nouveau déséquilibre en faveur de ceux qui sauront faire croître leur part. Mais cette grande distribution aurait eu pour cause une grande inégalité.
      Nous sommes d’accord sur tous les points que vous avez abordé.
      Rien ne sert d’attendre la fortune d’autrui, levez-vous et construisez celle que vous avez mérité.

  • La Révolution a voulu supprimer les privilèges, c’est-à-dire les inégalités de naissance. Les « bonnes » inégalités dans une société qui a aboli les privilèges sont celles qui sont dues au travail et au mérite.
    Le système socialiste égalitariste cherche justement à détruire ou limiter ces inégalités-là (qui sont source de création de richesses) pour mettre en place ou laisser perdurer des inégalités de statut.
    Bien sûr, ceux qui ne peuvent pas travailler doivent être pris en charge.

  • http://www.zerohedge.com/news/2014-11-18/60-households-get-more-benefits-they-pay-taxes

    Aux US, 60% recoivent plus en aides de l’Etats qu’ils ne paient en impots, 20% sont neutres, les 20% restants payant la totalite du systeme de redistribution et des depenses de l’Etat federal.

    Que 80% ne paient rien pour les services qu’ils recoivent de l’Etat – justice, police, armee, santé, education… est-ce normal? faudrait-il augmenter le nombre d’assiste encore plus pour que la societe soit juste? faudrait-il que seuls 10%, voire 1%, paient pour tous les autres?

  • Bon article !
    Bravo !

  • « L’économie mondiale : Une perspective millénaire » est un excellent livre sur le sujet

  • une question que les gens feraient bien de se poser c’est: pourquoi il y a des inégalités sociales ??

    • Tout repose avant tout sur nos différences naturelles, qui font que les uns sont plus ou moins doués que les autres, plus ou moins gourmands, plus ou moins entreprenants, plus ou moins intelligents, plus ou moins aventureux, plus ou moins courageux, plus ou moins chanceux, plus ou moins altruistes ou égoïstes, etc.

      Les inégalités disparaîtront quand ceux dont c’est l’utopie seront parvenus à nous rendre tous identiques, bien qu’il soit probabilité que l’espèce humaine ait disparue avant cela.

      Sinon : « … encore un peu de temps et tout s’éclaircira, nous verrons enfin apparaître le miracle d’une société animale, une parfaite et définitive fourmilière … » Paul VALÉRY

      Et cela sera d’autant plus rapide et facile que nous ne saurons pas mettre en cause et au premier rang des raisons de tous nos malheurs notre prolifération insensée.

      Pour approfondir cette réponse à votre question, demandez à votre navigateur ;  » Abominable pyramide sociale « 

      • « Les inégalités disparaîtront quand ceux dont c’est l’utopie seront parvenus à nous rendre tous identiques » cela me fait pensé à un film que j’ai vu récemment The Giver (j’avais lu le livre: le Passeur). il y a d’ailleurs un article de contrepoints sur ce film. je vous conseille de lire le livre et de voir le film

  • Excellent article, j’attend avec impatience la suite : les propositions de visions qui pourraient trouver un écho favorable au sein de la population.

  • L’article est intéressant, mais l’argument me semble très difficile à utiliser pour « tacler » un adversaire. Personnellement je suis bien plus à l’aise avec l’idée que les inégalités ne sont pas un vrai problème : le capitalisme a créé une quantité phénoménale de richesses depuis l’après-guerre, faisant sortir des milliards de gens de la pauvreté. C’est bien ce qui gêne les socialistes, c’est pourquoi ils essaient de faire émerger un faux problème.
    Je ne nie pas le problème de la pauvreté : SDF, travailleurs pauvres, etc. Mais ils existent beaucoup plus à cause de l’intervention de l’Etat que du fait du libéralisme :
    – les SDF subissent l’indifférence générale car on considère que la Solidarité est un monopole d’Etat (je caricature mais il y a beaucoup de ça), sans compter la gabegie des HLM, dont le but à l’origine est de fournir un toit à tous (mais c’est géré n’importe comment, les petits arrangements entre amis et les abus de la part de beaucoup de gens qui pourraient / devraient s’en passer)
    – les travailleurs pauvres subissent l’effet ciseau de la paupérisation générée par l’existence du SMIC d’une part, qui paradoxalement nivelle les salaires par le bas, et de la cherté du foncier d’autre part, largement alimentée par une complexité phénoménale des normes de construction et par la quantité incroyable de HLM construits à des coûts délirants (du fait des normes : la boucle est bouclée).

    • Au fond nous sommes d’accord.
      L’intervention étatique, au lieu de supprimer la pauvreté, l’accentue : « solidarité » monopolisée, mauvaise gestion, effets pervers.
      L’intervention étatique, au lieu de diminuer les inégalités (qui en théorie ne sont pas un problème), les accentue. C’est ce que j’essaie de montrer dans cet article avec les effets pervers de la création monétaire.

  • Tous ces discours sur les inégalités n’ont de sens que dans une société libérale, et même ultra-libérale : c’est à dire les privilèges ont été abolis, personne n’a de « droit(s) » spécifique, et où rien ne se peut obtenir par usage du « pouvoir », réduit à une influence nulle. Bref, pour faire court, une société où l’argent, et lui seul, est la mesure de toutes choses.
    Or précisément nous ne vivont pas, et de loin, dans une telle société. Le pouvoir et les « droits », c’est à dire dans la terminologie de 1789 les « privilèges » ont, au contraire, une place proéminente. Il vaut bien mieux être titulaire d’un bail HLM à Paris que propriétaire d’un logement parfaitement identique, par exemple : pour la même jouissance ça vous coutera au final bien moins cher !

    • Les privilèges sont des inégalités.

      Et les gens mettent dans le même sac le 7 pièces payé par le revenu faramineux et le 7 pièces obtenu par copinage. D’ailleurs, pour beaucoup de gens, ce sont les mêmes qui copinent et qui gagnent beaucoup.

      Donc : j’aime beaucoup le discours libéral qui pourrait être : lutte contre les inégalités: lutte contre les privilèges…

      • Je dirais même que la lutte contre les privilèges est à la base du libéralisme. Et votre commentaire résume de manière plus claire, avec les bons mots, la fin de mon article.
        Je suis peut-être optimiste mais je pense que le bon sens veut que l’on se rebelle contre les privilèges et non contre les inégalités. Le peuple a bien compris que dans notre système socialiste, les inégalités vont de pair avec les privilèges. Mais que dans l’absolu ce qui est révoltant ce sont les privilèges, pas les inégalités.
        Si l’on pouvait être audible en insistant sur la lutte contre les privilèges, tout en soutenant que les inégalités ne sont pas le vrai problème, je suis sûr que l’on serait écoutés.

        • Pour lutter contre les privilèges de toute sorte, il faut :

          – libéraliser les services publics monopolistiques et les mettre en concurrence
          – rendre tous les Français égaux devant l’impôt
          – donner au peuple le pouvoir de surveillance
          – supprimer les réglementations abscondes, les niches fiscales, les régimes spéciaux, les subventions opaques, les professions réglementées, les domaines réservés, les attributions du bien commun, les numerus clausus …
          – réduire l’état pour qu’il puisse efficacement être le garant des libertés, de la sécurité intérieure et extérieure

          • Sauf que donner au peuple le pouvoir de surveillance (comment, sinon à travers ses représentants désignés par le suffrage ou n’importe quelle autre procédé ?) mène incontournablement au tout Etat, ce qui est le contraire de «réduire l’état» et de «libéraliser les services publics … »

            • Effectivement, c’est donner le pouvoir par procuration qui mène au tout état : les hommes politiques se focalisent alors sur leur élection et non sur le travail à faire une fois élus, d’où le clientélisme.

              Je ne pensais pas à cela, mais à l’interventionnisme populaire : référendum, class actions …

              • N’est-ce pas un vœu utopique ? Car qui peut autoriser et organiser, utilement et dans la légalité, un référendum sinon un pouvoir en place ? (cf. l’exemple de la récente consultation au sujet de l’indépendance de la Catalogne). Or, ceux qui détiennent ce pouvoir sont, soit les véritables représentants du peuple, assez incompétents pour que leurs électeurs contestent leurs gestion mais pas assez désintéressés pour admettre qu’elle leur soit retirée, soit les membres d’une classe politique trompant leurs électeurs et qui se garderont bien, eux aussi, de leur donner les moyens de les contester. Sans compter l’autorité, morale et autre, nécessaire à tout pouvoir digne de ce nom.
                Le référendum, outil réservé aux décisions dépassant la politique au quotidien – celle-ci faisant les dégâts les plus graves – n’est donc en réalité, en l’état actuel de la conscience politique (tant chez les élus que chez leurs électeurs) qu’un moyen de plus à disposition d’une coalition entre un pouvoir en place et ceux qui le lui ont confié, utilisable tant que ces derniers sont majoritaires, au détriment de tous leurs opposants. Raison pour laquelle nos dirigeants actuels se gardent bien d’y avoir recours, sur des question qui pourtant le justifieraient (questions de société notamment).

                • Oui, c’est le cas quand l’état est confondu avec le gouvernement, d’où la nécessité impérative de les séparer.

                  En d’autres termes, pour clarifier les rapports entre le peuple et le gouvernement (exécutif et législatif) il faut un tiers fiable : l’état (ou tout autre mot qui vous semblerait approprié) qui gère les rapports entre les deux. La loi et le droit ne suffisent pas, vu qu’ils sont gérés par le gouvernement. A chaque fois que l’état est devenu fantoche, la situation a périclité.

      • Dit autrement : Il n’y a pas, d’une part les inégalités et d’autre part les privilèges, mais des inégalités acquises, telles qu’elles résultent de privilèges instaurés par les hommes et des inégalités innées que le sort nous impose à notre naissance et qui se fondent sur des différences, soit génétiques (naturelles) soit socio-héréditaires (des pauvres ne pouvant enfanter que des pauvres et les riches que des riches).
        Et ceux dont le « fond de commerce » est la pauvreté, abandonnant les premières aux bons soins de la pure philanthropie et de la science, se livrent à un amalgame démagogique entre inégalités socio-héréditaires et privilèges, tout en multipliant sans vergogne ces derniers, comme une compensation sommaire (et toujours insuffisante) de l’avantage accordé par le sort à ceux qui naissent riches.

    • Indépendamment de toute doctrine, l’opposition entre inégalités et privilèges semble une excellente démarche.
      En effet, si les inégalités peuvent relever pour certains d’une certaine fatalité renvoyant à l’altérité et être niées jusqu’à l’absurde par d’autres, il n’en est pas de même des privilèges qui n’ont rien de fatal ou d’inné, mais sont bien des avantages différenciateurs défendus bec et ongles par ceux qui en bénéficient. Autre nom pudiquement jeté sur certains privilèges par les plus chauds partisans de la lutte contre les inégalités : les « avantages acquis ».

      • Et voila on en vient au seul argument sensé la lutte contre les privilèges. Et patatras c’est le même argument que les gauchistes sauf que personne n’a le même définition de privilège. La lutte des classes n’est pas prêt de finir.

        • Privilège vient de « privata-lex », loi particulière. Quand on parle de privilège, on parle d’égalité en droit.
          Les gauchistes parlent d’égalité de condition. Ils ne parlent donc pas de privilèges. Je sais que leur spécialité c’est de donner de nouveaux sens aux mots, mais il faudrait songer à arrêter…

          • Pensez vous possible une société humaine où régnerait l’égalité en droit? Partout où il y a de l’humain il n’y a pas grand chose de rationnel et il y a très souvent une lutte pour le pouvoir. Que fait on du pouvoir? On s’en sert pour mettre à l’abri les siens. La vraie question qui se pose aux libéraux est dans votre utopie quel sera le contre pouvoir?

            • Je comprends tout à fait votre point de vue réaliste. Je ne suis pas certain qu’une telle société soit possible, mais je l’espère. En tout cas je pense qu’elle serait souhaitable.
              Pour ce qui est de la limitation du pouvoir, je vous renvoie aux écrits de Montesquieu et de Bertrand de Jouvenel.

            • Le libéralisme n’est pas une utopie, c’est d’ailleurs pour cela que ca ne mobilise pas les foules : ca ne promet pas un monde meilleur, ni un monde parfait, ni un monde juste, mais un monde ou le potentiel de chacun aura un maximum de place pour s’exprimer.

                • je vous conseille de lire ces articles tres intéressants qui expliquent ce que c’est le libéralisme : http://www.contrepoints.org/2013/12/22/150897-quest-ce-que-le-liberalisme-2 http://www.contrepoints.org/2013/04/07/120782-oui-le-liberalisme-est-social http://www.wikiberal.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme je vous conseille de lire les différents articles d’idées recues sur le libéralisme: http://www.contrepoints.org/?s=id%C3%A9e+recu+lib%C3%A9ralisme

                • La liberté c’est deux choses en même temps :
                  – l’absence de contraintes (ce que l’on peut faire)
                  – le consentement (ce que l’on veut faire)

                  Une utopie est une représentation d’une réalité idéale et sans défaut. Le libéralisme nie l’unicité d’une seule et unique représentation : à chacun ses rêves (ce que chacun veut faire) et sa vie (ce que chacun peut faire)

                  • Une réalité sans défaut n’existe pas davantage que l’absence de contraintes. Nous somme donc bien dans le domaine de l’utopie, plus modérée que d’autres mais utopie quand même. Ceci dit, l’homme ayant davantage besoin de rêve que de pain, il s’agit essentiellement d’éviter de perdre le contact avec la réalité. C’est la raison pour laquelle le pragmatisme peut être préféré à toute doctrine.

                    • La liberté est une utopie, le libéralisme non : il se conçoit avec une multitude de représentations, pas avec une seule : à chacun sa liberté (son utopie)

                      Le pragmatisme permet de ‘préférer’ a postériori la réalité qui est le plus appropriée et avec le moins de défauts, à l’inverse d’une doctrine utopique qui décrit une réalité idéale et sans défaut à priori.

                      C’est ce ‘pivot’ qui fait que c’est si compliqué d’expliquer le libéralisme aux idéalistes de toute sorte et aux cartésiens.

                      En gros : le socialisme, c’est le plan, le libéralisme, c’est l’essai-erreur.

                      Il ne peut y avoir d’utopie dans le libéralisme, parce que celui-ci part du principe qu’il ne sait pas où il va arriver. Par contre il peut (et doit) y avoir une vision qui donne la direction (tout en admettant qu’on n’est pas sur d’y arriver)

                      (j’espère que je suis clair, j’ai un doute moi-même :))

        • Les gauchistes ont fait un holdup sur absolument tout, ils ont même réussi à implanter dans la tête des gens que la nuit du 4 Août 1789 était un mouvement prolétarien.

          Ca me ferais doucement rire si on avait l’occasion de demander à Armand-Désiré de Vignerot du Plessis de Richelieu, duc d’Aiguillon et duc d’Agenois, pair de France s’il était prolétarien…

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