États-Unis : le don d’organes en question

Barack Obama (Crédits : barackobamadotcom, licence Creative Commons)

Un groupe d’experts a sollicité le gouvernement américain pour remettre à plat la politique en matière de don d’organes.

Par Édouard H.

Barack Obama (Crédits : barackobamadotcom, licence Creative Commons)

Dans une lettre ouverte adressée à Obama, un groupe de 300 universitaires, docteurs, leaders religieux et éthiciens ont le 12 novembre appelé à un changement du système actuel de don d’organes, arguant du fait que trop peu de gens bénéficient des transplantations qui pourraient sauver leur vie.

Ce groupe demande au gouvernement de réfléchir à des solutions qui rendraient le don d’organe plus attractif auprès de la population. Chaque année en France, environ 200 personnes meurent dans l’attente d’un rein. Aux États-Unis, ce sont 7000 personnes qui chaque année meurent ou deviennent trop malades pour recevoir une transplantation. Le groupe le dit d’ailleurs dès le début de leur lettre : « augmenter le nombre de transplantations sauvera des vies – c’est notre but principal ».
« Malheureusement, la politique de transplantation a été guidée par une hypothèse non fondée, à savoir que les donneurs ne peuvent recevoir de compensations pour leur don sans être exploités ou contraints » explique la lettre. « Il est primordial d’interroger ce présupposé. »

Notons au passage que le groupe n’offre pas de réponse précise sur la marche à suivre, si ce n’est qu’il suggère d’éviter des incitations monétaires. Il propose une approche encadrée qui offrirait des compensations aux donneurs comme des assurances santé à vie, des crédits d’impôts, des frais d’université couverts ou une pension de retraite plus importante. Le groupe presse les agences gouvernementales concernées de mener des études pour déterminer la nature précise de ces indemnisations.

« Le don d’organe ne concerne pas uniquement les gens aux revenus peu élevés ». C’est pourquoi le groupe souhaite que soient privilégiées des compensations qui ne soient pas plus intéressantes pour les pauvres que pour les riches.

Ces compensations coûteront-elles à la collectivité ? Non, bien au contraire ; en augmentant le nombre de donneurs, elles permettront d’énormes économies. On estime le coût d’une dialyse à 80 000€ par an. Sur 15 ans, une transplantation rénale permet une économie de 760 000€ par patient.

Il est plus que jamais temps de battre en brèche nos présupposés sur le don d’organe afin d’avoir un débat rationnel et scientifique sur les solutions envisageables face à la pénurie. Des centaines de vies humaines sont en jeu.