Les valeurs de notre identité ou le fondement d’un projet de société

Les « valeurs », trop souvent instrumentalisées, dénaturées, ne peuvent encadrer ou encore protéger une société.

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Foule CC Flickr Damien Roué

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Les valeurs de notre identité ou le fondement d’un projet de société

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 16 novembre 2014
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Par Alexandre Larmoyer, depuis la Belgique.

Foule CC Flickr Damien Roué

Quand j’ai lu le programme de la Foire musulmane de ce mois de novembre, je me suis demandé ce que signifie réellement le mot « valeurs ». En effet, l’invité ultra conservateur, Tariq Ramadan, y présentait une conférence intitulée « L’islam dans un monde en mutation : valeurs et résistances »qui s’est suivie d’une réponse tout autant conservatrice du Parti Populiste (PP) criant à l’identité nationale et scandant la séparation européenne des religions et de l’Etat (ah bon ?).

En convenant du caractère détestable des propos des « personnalités » susmentionnées, je me suis posé plusieurs questions : Qui sont-ils pour définir des valeurs communes et surtout de les choisir à ma place ? Les valeurs et l’identité ne sont-elles pas des images du passé ?

Le débat d’aujourd’hui et de demain ne porte-t-il pas sur les fondements qui régissent notre civilisation et le projet de société qui rassemble notre population hétérogène ? Voici comment j’en situe les différences :

L’identité belge, régionale, provinciale, communale, d’un village, d’un quartier, d’une rue, les valeurs d’une religion, d’une société, d’une famille, d’un cercle sont des facteurs d’intégration, d’acceptation communément établis pour bon nombre d’entre nous. Les différents mouvements européens de régionalisation en sont des exemples probants.

Sans faire preuve d’angélisme niais sur une communion collective des esprits et des mœurs, mais en posant la réalité que représente la somme d’individus, différents par nature, que compose notre société, nous devons définir, dans un esprit progressiste, un nouveau projet de société et refuser ce repli sur soi.

Dans cet esprit, j’ai cherché la définition du mot « valeur » et j’ai trouvé dans le Larousse en ligne l’explication suivante: « Ce qui est posé comme vrai, beau, bien, d’un point de vue personnel ou selon les critères d’une société et qui est donné comme un idéal à atteindre, comme quelque chose à défendre ».

Nous ne pouvons nier l’évolution naturelle et humaine des « valeurs ». C’est pourquoi celles-ci sont variables dans le temps, mais aussi dans notre éducation, notre religion et notre sphère familiale. Les valeurs sont intimes et privées. Celles-ci ne doivent pas être imposées aux autres et donc servir d’arguments au collectivisme allant dans le sens de l’utopie d’une société homogène et sans relief.

Ce mot « valeur », trop souvent instrumentalisé, dénaturé, ne peut encadrer ou encore protéger une société. En tant qu’individu, je ne partage pas nécessairement les mêmes « valeurs » que mon voisin, par exemple. C’est pourquoi je refuse que l’on m’associe dans un cadre de valeurs pseudo communes.

En tant que libéral, je tiens à rappeler toute la singularité de l’individu et la force progressiste qu’il en dégage. La force de la diversité, c’est la valeur ajoutée de la somme des individus à une société qui doit s’imposer dans un monde en constante évolution.

Être libéral, c’est être ouvert d’esprit, c’est ne pas tenir compte de l’origine, de la race ou encore de la religion. Ce que je tente de développer ici avec vous, c’est de différencier d’une part les valeurs et l’identité qui sont propres à chaque individu, et les fondements que sont l’égalité, le respect de la loi et l’humanisme qui sont eux universels et immuables.

Pour conclure, je ne peux que souhaiter la définition d’un projet qui nous rassemble tant au niveau social, qu’économique et éthique. C’est le rôle de notre génération, le fondement même du feu qui anime notre jeunesse.

___
À lire aussi : Le multiculturalisme comme liberté

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  • Donc le respect de la loi, l’égalité et l’humanisme sont les fondations, ok, mais qu’est ce donc que l’humanisme? Et est-ce qu’au fond ce ne sont pas déjà des valeurs individuelles?

    • Si je comprends bien, cela consiste à considérer qu’il existe des valeurs qui s’imposent à tout homme.

      C’est une idée très dangereuse: Qui se dit humaniste considère que ses valeurs sont humaines, donc que quiconque les discute est moins qu’humain.

      • Oui, c’est ce que je pense aussi. Et comme il y a des articles sur le jeu vidéo, je me demande, liberté, égalité, fraternité, la devise francaise? Cela pourrait être les fondements d’une société libérée?

  • « La force de la diversité, c’est la valeur ajoutée de la somme des individus à une société qui doit s’imposer dans un monde en constante évolution. »
    Bel exemple de relativisme.
    Autre point de vue: le christianisme. Il N’Y A PAS de « valeurs chrétiennes ».
    La charité, par exemple, n’est pas une valeur, c’est une VERTU. C’est tout à fait différent, et beaucoup plus exigeant.
    On « proclame », on « déclare » une valeur (cf. les « valeurs de la république »).
    Alors qu’une vertu, on la PRATIQUE, ce qui exige une transformation de soi beaucoup plus difficile que de « déclarer » ou « proclamer ».
    Mais ça, les libéraux ( » valeur ajoutée de la somme des individus »…) ne peuvent pas le comprendre.

  • « qui sont eux universels et immuables »

    Vous parvenez à la conclusion qu’une société humaine a besoin d’une vision de l’homme absolue.
    Une anthropologie.
    Or c’est la question sociale la plus ancienne: La question religieuse.

    La religion relie aux autres dans l’espace, le temps, et à la transcendance, qui est elle aussi hors de l’espace et du temps.

    Sur le « marché » des religions universalistes, il y a le christianisme et l’islam.
    Elles posent le principe du Dieu créateur, qui peut vous déplaire, mais le nier est futile, puisque ce que vous cherchez est du même ordre que Lui.
    Sur Sa négation, on n’aboutit guère en matière d’absolu qu’à celui du nihilisme, dont l’empreinte sur votre pays peut difficilement vous échapper.

    Je vous souhaite bonne chance dans votre entreprise.
    Pour ma part, en attendant de constater votre succès, je joins mes forces au christianisme sous quelque forme que ce soit, car les idées libérales y ont leur fondement (égale dignité de tous les hommes, liberté, responsabilité…)

  • Je pense que les valeurs ou plutôt les « méta-valeurs » peuvent être déterminées dans une société.

    Sans imposer, il faut confronter objectivement nos valeurs intimes afin d’établir nos « méta-valeurs ». Ce que je refuse c’est d’interdire les valeurs intimes mais également de les imposer ! Et cela dans un cadre de « méta-valeurs » construit par l’évolution philosophique de notre société.

    Je vais prendre un exemple (caricatural) très concret pour essayer de me faire comprendre: l’égalité homme/femme

    Je pense que nous sommes tous égaux. Certains, cependant, pensent que le rôle de la femme est défini. Notre société détermine avec force l’égalité des sexes. Nonobstant, on ne peut accepter la maltraitance d’un individu en raison de son sexe.

    Dans le second cas, je ne peux imposer ma façon de penser mais j’ai la liberté de le dénoncer et de convaincre. Dans le dernier cas, c’est notre société (juridiquement) qui prendra la responsabilité de déterminer la responsabilité de ces actes.

    Pour conclure, je regrette de ne pas assez débattre de ce qui fait notre société et surtout notre futur, tant au niveau des « méta-valeurs » ou « fondements » mais aussi que notre projet commun.

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