La chute non surprenante du mur de Berlin, 25 ans plus tard

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Chute du Mur de Berlin CC Flickr Raphaël Thiémard

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La chute non surprenante du mur de Berlin, 25 ans plus tard

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 9 novembre 2014
- A +

Par Pierre-Guy Veer.

Chute du Mur de Berlin CC Flickr Raphaël Thiémard

Ce 9 novembre marque le vingt-cinquième anniversaire de la chute du mur de la honte. À cette occasion, outre la diffusion en boucle de Wind of Change, plusieurs affirmeront que la chute du mur, et l’effondrement du communisme qui s’en est suivi, furent une surprise totale pour tous.

Pour tous… sauf les tenants de l’École autrichienne d’économie. Non seulement cette école de pensée fut la plus farouche opposante au communisme et à l’étatisme des cent dernières années, mais elle fut aussi la seule à prédire l’impossibilité de sa réalisation.

Le tout a commencé au XIXe siècle avec Carl Menger, le fondateur de l’école autrichienne. Indépendamment avec deux autres économistes, il a découvert le principe de l’utilité marginale : si vous avez soif, le premier verre d’eau est une bénédiction. Mais chaque verre supplémentaire apporte de moins en moins de satisfaction. Et comme certains sont davantage assoiffés, il n’existe pas de façon objective de calculer la soif.

En d’autres termes, il n’existe pas de façon objective de connaitre les préférences des individus, la valeur est subjetive. Cette théorie se reflète dans le salaire ; en effet, ce dernier n’est pas déterminé par la quantité de travail mais bien par la quantité de « valeur » produite, c’est-à-dire l’utilité de ce travail pour les autres. Ainsi, malgré toute leur attention, des travailleurs ont peu de chance de gagner beaucoup s’ils construisent une Ford Modèle T.

Marx était donc dans l’erreur avec ses théories économiques qui défendaient la valeur objective des salaires. C’est ce qui lui a inspiré ses sornettes sur la plus-value volée aux travailleurs.

Un système voué à l’échec

Mais au-delà des erreurs de Marx sur la valeur, personne n’a posé une question fondamentale : est-ce que le communisme peut fonctionner ? Les marxistes l’affirmeront, la victoire du communisme est inévitable, tout comme celle du capitalisme qui a supplanté le féodalisme, quand « le bon temps » sera arrivé. Après la Seconde Guerre mondiale, le communisme était même vu comme une alternative valable au capitalisme et un modèle pour tous les travailleurs durant le boom d’après-guerre.

Heureusement, les Autrichiens n’ont pas été dupes de cette acceptation de la tyrannie. Ludwig von Mises, un des plus grands économistes du XXe siècle, a prédit la chute du communisme en 1921. Il a démontré que les marxistes devaient recourir à des attaques ad hominem en désignant leurs critiques comme des « sycophantes de la bourgeoisie » afin de pallier leur manque d’argument dans la défense de leurs théories.

Mais surtout, il a montré l’impossibilité patente de la planification centralisée. En effet, l’allocation efficace des ressources ne peut s’effectuer qu’à l’aide des prix, qui ne peuvent exister qu’avec la propriété privée. En supposant une inflation nulle, les prix permettent de refléter la rareté d’un produit et/ou sa demande.

Par exemple, les prix du pétrole ont fortement chuté durant les derniers mois. Cela est dû à une baisse de la demande à cause de la fin de l’été et/ou une trop forte production par rapport à la demande mondiale. Cela expliquerait pourquoi des pays de l’OPEP veulent diminuer leur production.

Mais sous un régime communiste sans propriété privée, il est impossible de savoir si les ressources sont bien utilisées. Produit-on assez de chaussures ? Cette route a-t-elle le bon tracé ? Devrait-on planter du maïs ou du blé ? Sans prix, ces questions demeurent sans réponse. Il y aura donc un fort gaspillage, comme ce fut le cas en URSS. Par exemple, les fabricants de clous étaient payés selon la masse de la production totale. Toutefois, les clous étaient inutilisables car trop gros. Si les fabricants avaient pu faire des profits, ils auraient immédiatement su que leur produit était peu demandés.

L’étudiant le plus célèbre de Mises, le Prix Nobel Friedrich Hayek, a aussi démontré les dangers du communisme et de la planification centralisée. Dans son chef-d’œuvre La route de la servitude, il a montré que les gouvernements voulant planifier l’économie deviennent invariablement des dictatures.

Il ne peut en être autrement. Dès que l’autorité centrale a décidé de la marche à suivre, elle doit s’assurer qu’absolument rien n’en dévie. Du contrôle de la presse à celui de la science, absolument tout doit être consacré à la réalisation du plan. Cela explique l’archaïsme est-allemand ; les planificateurs devaient s’assurer que rien « d’indésirable » ne se présente pour s’assurer qu’on ne questionne pas la « sagesse » de leurs plans.

La chute du communisme était inévitable, avec ou sans la « Guerre des étoiles » de Reagan, et seule l’École autrichienne l’a vue venir. Puisque les Autrichiens voient l’économie pour ce qu’elle est vraiment, à savoir une étude de l’action humaine et non une série de formules compliquées et inutiles, ils ont pu prédire que l’URSS allait s’effondrer. Ils ont même vu venir la bulle immobilière dès 2001 car l’argent facile ne conduit pas à la prospérité durable.

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  • « … est-ce que le communisme peut fonctionner ?  »

    Il suffit de voir les résultats et l’état des pays soumis au communisme (le socialisme en faisant partie sous des airs débonnaires) : la ruine !

  • L’URSS a toujours été ouverte aux touristes (sauf des zones secrètes ou stratégiques évidemment). Autrement dit, il y a toujours eu des touristes occidentaux observant le communisme réel et son fonctionnement merveilleux.

    L’Occident ne pouvait ignorer la situation réelle de l’URSS qu’en le voulant bien.

    • Bonjour Anticretins
      Je n’ai pas souvenir que les pays de l’est était ouvert aux touristes en tout cas pas avant les années 80.
      Le pays était ouvert à des intellectuels ‘amis’

      • Vous n’avez pas souvenir de grand chose.

        • Mon père y a été bien avant la chute du mur: fonctionnaire marxiste léniniste militant. (« touriste ? »)

          • Tous les profs de russe y sont allé en stage : pas 15 jours en hôtel de luxe pour étrangers, fréquentant des magasins réservés aux étrangers, etc. mais au moins un an au contact de la population réelle.

            Peu sont communistes, ayant vu le désastre de près.

        • Bonjour Anticretins

          Vous êtes tjs aussi méprisant IRL ou vous étiez simplement bourré hier soir?
          On peut aussi rester poli sur internet, je sais, l’anonymat fait lever les inhibitions.

          C’est ce que je dis le pays n’était pas grand ouvert et les visas réservés aux ‘amis’.

      • Votre « mémoire » vous fait défaut: bien avant les années 1980, l’URSS accordait des visas de tourisme, certes au compte-goutte si vous n’étiez pas encarté au PCF et avec de nombreuses contraintes qui limitaient fortement la liberté de circulation. Pour avoir visité la Pologne et la Tchécoslovaquie en 1967 et en 73, je sais qu’elle n’interdisait pas le tourisme dans ce que je nomme ses « colonies ». ( Je viens d’une famille d’immigrés polonais)
        Les démocraties populaires, qui n’étaient ni l’un ni l’autre, n’avaient guère de latitude mais accordaient des visas et avec des restrictions moins appuyées qu’en URSS mais bien visibles

  • C’est marrant, sans avoir lu Mises ou Hayek j’ai toujours cru en mon fort intérieur que le communisme ne pouvait pas marcher surtout dans un monde où il existait concomitamment des pays libres ou à l’économie libre……

    C’est pourquoi le cryptocommunisme à la française avec ses plans décidés par un État obèse, sa nomenklatura politico-syndicalo-énarchique et surtout sa pensée unique va fatalement échouer.

    Né en 1945-46 sous DeGaulle, Debré et Thorez il va sur ses 70 ans et sa fin est proche comme le fut celle de sa grande soeur soviétique à la fin des année 80…

    C’est pour bientôt….

    • Le Québec a suivi semblablement le même modèle et est aussi acculé au pied du mur. La clique socialio-syndicaliste manifeste constamment contre les mesures « d’austérité » proposée…

  • Très bon article !

  • il n’y a pas que les libéraux qui ont prédit la fin de l’empire soviétique puisqu’ Emmanuel Todd, notoirement anti-libéral, a écrit en 1976 « La chute finale: Essais sur la décomposition de la sphère soviétique ». Comme quoi un type qui raisonne comme un tambour percé peut avoir de bonnes intuitions
    Il fut une exception parmi les intellectuels de gauche. Les soviétologues, majoritairement de gauche eux aussi, n’ont rien vu venir.

    A ma modeste échelle, j’ai déposé en 1979 un sujet de thèse en droit public sur la prolifération des communications par satellite qui conduirait inexorablement à la fin du communisme. J’en avais eu l’intuition en regardant la télé soviétique (retransmission d’un spectacle du Cirque de Moscou) dans une chambre d’hôtel de Stockholm pendant la négociation d’un contrat de vente d’un satellite aux Suédois. J’avais alors fait la recension des analyses qui allaient dans mon sens et j’ai abandonné mon projet devant son manque d’originalité…

    • J’avais lu le bouquin de Todd au début des années 80, il avait conforté mon intuition. J’avais particulièrement apprécié sa tentative d’évaluer la productivité du KGB, qui selon lui était à la baisse d’année en année et permettait d’affirmer la sape des fondements du régime soviétique et donc de prédire sa chute…

      Malgré la propagande gouvernementale française, et quelques soient les rodomontades des « élites » l’appareil répressif (police, corps d’inspecteurs de tout poil,, justice, juridictions d’exception nombreuses) qui fonctionne souvent au mépris du Droit dans ce pays, est devenu de moins en moins productif.

      Qui veut tout embrasser n’étreint plus rien du tout.

    • Todd a beau être illibéral, j’aime beaucoup ses analyses démographiques qui sont excellentes, mais aussi son système de classification des systèmes familiaux et de leurs conséquences économiques et sociales (qui permet de comprendre assez bien les disparités de mentalités en Europe et de certaines régions françaises)
      Par contre sur le reste il raconte pas mal de conneries, notamment sur le capitalisme et l’économie en général.

      • Todd ne peut avoir tout faux tout le temps

      • todd est un historien, un démographe mais pas un économiste. il devrait se contenter de parler de démographie, d’histoire enfin de sujets qu’il connnait mais il devrait éviter de parler d’économie (parce qu’il necomprend rien à l’économie)

    • il est important de rappeller une chose: todd n’est pas économiste

      • Mais cela ne l’empêche pas de pontifier sur tous les plateaux devant un public tout aussi incultes en économie que les journalistes qui se l’arrachent pour les conforter dans…leur erreur. Piketti n’est pas un incident isolé. Il est l’image même d’un système qui produit ce genre d’imposture et le perpétue

    • « Les soviétologues, majoritairement de gauche eux aussi » cen’est pas qu’ils étaient à gauche c’est qu’une bonne partie d’entre eux faisaient parti de l’instrument de propagande du régime de l’urss, ils relayaient la propagande communiste

      • que voila un subtil distingo

      • Exact, ils étaient ce qu’on appelle des caisses de résonance… Mais il n’y avait pas que les soviétologues qui résonnaient ainsi à l’unisson mais toute une foule « d’intellectuels » dont certains étaient peut-être les chefs d’orchestres qui dirigeaient une partition écrite à Moscou.

        Ce qui est amusant mais aussi irritant, en France, c’est que la partition antilibérale qui est jouée à longueur de colonne dans les media n’est probablement plus écrite à l’étranger mais est auto-entretenue par nos « zélites ».

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