La légalisation de la marijuana n’a aucun effet

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Marijuana CC Flickr Scott Beale

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La légalisation de la marijuana n’a aucun effet

Publié le 2 novembre 2014
- A +

Par Jacob Sullum, depuis les États-Unis
Un article de Reason

Marijuana CC Flickr Scott Beale

Selon une nouvelle étude de l’économiste Jeffrey Miron, la fin de la prohibition de la marijuana a eu peu d’impact sur la consommation de cannabis des adultes ou des mineurs, les accidents de la route, les violences criminelles, les visites aux urgences, les inscriptions en centres de désintoxications, les décès occasionnés par la drogue, les résultats scolaires ou la croissance économique. Miron, directeur d’études économiques au Cato Institute et diplômé de Harvard, a étudié les courbes d’évolutions de ces indicateurs avant et après 2009, quand l’industrie de la marijuana médicale a décollé suite aux avancées législatives qui l’ont rendue plus sécurisée, puis en 2012, quand les citoyens ont approuvé l’Amendement 64, qui a légalisé la marijuana à usage récréatif. D’une manière générale, on ne constate pas de modifications significatives de ces courbes après ces deux changements de politique.

Voici par exemple l’évolution du taux de criminalités violentes à Denver :

Denver-crime-rates

Il s’agit ici des données disponibles pour les mois qui ont suivi le début de la vente récréative en janvier. Suite à l’analyse de l’évolution des meurtres, des voies de faits aggravés, des vols et des cambriolages, Miron conclut qu’« aucune mesure n’indique une modification significative du crime après la légalisation du commerce de marijuana ».

J’ai déjà traité certaines de ces questions sur Reason, notamment les effets de la légalisation de la marijuana sur le crime, la consommation de drogue des mineurs, les accidents de la route et les admissions en cliniques spécialisées. Miron vérifie également les conséquences de la légalisation sur les performances scolaires : exclusion scolaire, résultats aux tests scolaires, obtention de diplôme du secondaire et taux d’abandon des études. La fin de la prohibition ne semble avoir eu aucun impact sur ces indicateurs, à l’exception des exclusions pour utilisation de drogues, qui ont augmenté en 2009 puis en 2012, alors que le nombre total d’exclusion diminuait.

Si Miron montre que les changements de politiques du Colorado en matière de marijuana ont peu d’impact négatif, il constate également que la légalisation a peu d’effets positifs sur les indices considérés. Par exemple, il ne semble pas y avoir d’accélération ou de ralentissement de la croissance économique, de hausse ou de baisse du nombre d’accidents de la route. Une étude « des accidents mortels de la route, des décès dans un accident de voiture, des accidents mortels de la route dus à l’alcool et des décès dans un accident de voiture dus à l’alcool » montre également qu’« aucune mesure n’indique de changement significatif à l’occasion des modifications de la loi ».

CO-fatal-car-crashes

Miron conclut que « toute affirmation péremptoire au sujet de la légalisation de la marijuana au Colorado, par ses partisans comme par ses détracteurs, manque à ce jour de preuves empiriques ». Bien sûr, nous sommes encore aux premières heures de la légalisation au Colorado, et les effets positifs ou négatifs des mesures prises pourraient apparaître dans les années à venir. Miron prévoit de garder un œil sur ces tendances du Colorado et des autres États qui légalisent la marijuana, et de les comparer à celles d’autres États afin d’avoir une idée plus précise de ce qui se passe vraiment suite à la fin de la prohibition.


Sur le web. Traduction Lexane et Raphaël pour Contrepoints.

Voir les commentaires (19)

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  • Apocryphe Palichon
    2 novembre 2014 at 8 h 31 min

    § S’il n’y a pas assez d’effets mesurables pourquoi alors ne pas légaliser ?

    • Ben Van Burden, PDG de Shell
      2 novembre 2014 at 10 h 55 min

      Exactement. Ca a été aussi ma première réaction. Ou plutot: s’il n’y a pas d’effet mesurable, pourquoi l’avoir interdit à l’origine ?

      • Apocryphe Palichon
        2 novembre 2014 at 12 h 30 min

        Je suppose qu’à l’origine il s’agit, simplement, de la résistance à la nouveauté, résistance imprégnée des pesanteurs culturelles occidentales.

        • Napoleon, ayant conquis l’Egypte, s’étonna de l’aptahie des egyptiens.
          Ce peuple qui avait bati les pyramides semblait desormais bien calme…
          Du coup, il leur a interdit la consommation de hachich

          => Il semble que cette substance, en stimulant le circuit d’autosatisfaction du cerveau,
          supprime le caractère névrotique de la condition humaine, ce caractère qui nous pousse à nous agiter fébrilement en toute occasion.
          l’utilisateur ne ressent plus grand besoin de faire de grandes choses…

          => On comprend dès lors le petit Napoléon, qui révait de grandeur.
          Pour doper la croissance, il vaut mieux que les acteurs économique soient au taquet…

    • ben oui…c’est ce qu’on se dit en lisant ça…

      ceci dit il doit bien y avoir un transfert quelque part : les policiers occupés à courir après les dealers,les juges occupés à juger..des trucs comme ça..

      on peut aussi se demander si la marijuana n’etait pas juste illégale avant mais tolérée et non réprimée de fait…

  • pour avoir un effet il faudrait que plus de gens soit concernés par cette nouvelle réglementation, tout le monde ne consomme pas de la marijuana , ne boit pas en excès ni n’est sous emprise alcoolique au volant! !

  • Des décennies de prohibition et 2 ans de légalisation…

    Quel est l’effet sur les coûts de police destinés à la prohibition ?

  • N’importe quoi, il est beaucoup trop tot pour avoir le moindre recul au USA en revanche, l’experience des canabistrots espagnol en dit long sur la capacite des individus a s’organiser corectement des qu’il est possible de sepasser du joug de l’Etat…

  • jesuisunhommelibre
    2 novembre 2014 at 11 h 46 min

    « Herbe » ;_) coupée sous les pieds des traficants. Libération de la police pour accomplir d’autres taches de sécurité, et, enfin et surtout, plus de liberté laissée aux individus.

    Toute forme de prohibition est une subvension de la pègre.

  • Tiens, un article utilitariste, c’est rare.

  • Ils vont vendre quoi apres dans les banlieues ?

  • L’origine de la prohibition est l’alliance des financiers Dupont Rockfeller contre l’industrie du chanvre concurrente du bois et du nylon, royaumes industriels de ces milliardaires du début 1900.
    Aidés d’un gendre sénateur aux prises racistes avec le Mexique, celui-ci déclara le « Marijuana Act » qu’il fit signer à tous les états américains, puis alla le porter à l’Onu, que tous les membres signèrent, dont la France évidement.

    A partir des années 70, la France se fait le chantre de la lutte anti-drogue en se fourvoyant dans une prohibition absurde et contre productive, qui après une période de calme, voit son regain répressif à la fin des années 90.

    Un regain répressif anti-Cannabis qui chante les louanges de la drogue et de la santé pour persécuter le citoyen qualifié de délinquant et stigmatisé médiatiquement. Hors, cette fin 90 voit arriver un brevet aux Etats Unis portant sur les facultés curatives, les propriétés et effets inoffensifs du Cannabis…

    Pendant ce temps, la musique Française joue de plus en plus faux, l’orchestre dissonant continue de rendre malade l’auditeur époustouflé par la terreur du dit fléau, et de sa répression qui comble les cimetières inutiles de cette prohibition.

    Loin s’en faut, l’esprit gaulois des Français, entreprends l’initiative de servir son droit naturel contre la tyrannie et décide la formation d’un conciliabule associatif pour partager la plante vertueuse entre adultes responsables et consentants ( des fois que..).

    Devant cette terrible défiance à l’autorité de l’état, nos associations Françaises sont renvoyées aux confins du trafic et au firmament de la nébuleuse judiciaire indigeste de cette législation sans accusation légitime.

    Ou presque, car les mois suivants cette infructueuse tentative citoyenne, nous apprenons qu’un décret (pour ne pas toucher au textes des lois de la prohibition) vient autoriser un laboratoire pharmaceutique anglais (gw-pharmaceutics) à distribuer en 2015, un médicament (Sativex) dérivé synthétique du Cannabis en pharmacie (60-80€) pour les malades de la sclérose..

    Enfin, sachant que l’origine de cette politique est un complot raciste et un embargo commercial, on va chercher dans les finances du fiasco, et on découvre que nos gouvernement protègent ses brevets par des accords commerciaux pré-établis entre les états et que leurs financiers semblent partager leur investissements entre industries pharmaceutiques et équipements de sécurité publique.

    Avec ça le mieux, c’est..restons Gaulois et laissons les loups se dévorer entre eux, on ne payera pas un si mauvais spectacle…

  • Bah.
    Prenons l’exemple plus ancien du Portugal qui a tout légaliser…

  • Non mesurable les effets ? Permettez-nous d’en douter. Mécaniquement déjà, du fait que le principe de la prohibition est de criminaliser des comportements individuels et donc d’obliger les forces de police à les réprimer, décriminaliser ces comportements mène à réduire à zéro les contrôles, gardes-à-vue et procédures judiciaire. Une chute qui se reproduits dans les statistiques de la délinquance, forcément !

    Ensuite c’est de temps qu’il faut pour observer de effets. Ceux sur la fiscalité et les taxes considérables dont l’État du Colorado a pu bénéficier pour le système éducatif. À cet argent, celui économisé par l’arrêt de la répression, c’est remarquable.

    Enfin une donné non mesurable celle-ci, c’est la paix, la confiance qui peut à nouveau se percevoir (enfin un peu plus), entre une société et ses membres, quand une partie non négligeable de ces derniers cesse d’être stigmatisée par l’autre, par l’État, cela change les rapports entre les citoyen(ne)s.

    C’est ainsi quand on décide d’accorder des Droits à chacun(e). Ça s’appelle la Justice et ça fait du bien !

    Pas de victime, pas de crime ! À bas la prohibition !

    • en fait vous pouvez aussi lire l’article comme une démonstration de l’inutilité de la prohibition, même si l’auteur semble avoir des œillères et pense que l’abolition de la prohibition est inutile…

      En effet , il y a des effets, les consommateurs vendeurs de marijuana ne sont plus poursuivis..la police et la justice font autre chose…

      C’est un article remarquable d’une certaine façon qui semble penser que c’est la prohibition qui est l’état naturel…curieux…

  • La véritable arme de la prohibition c’est la mauvaise foi des tests cannabiques au volant. A partir du moment où on détecte du cannabis dans votre sang, même un nanogramme par millilitre, vous êtes positif et vous perdez votre permis. Fumer un joint signifiera ne pas pouvoir conduire légalement pendant presque une semaine. Qui peut se permettre ça à part quelques citadins?

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