La légalisation de la marijuana n’a aucun effet

Marijuana CC Flickr Scott Beale

Toute affirmation péremptoire au sujet de la légalisation de la marijuana, par ses partisans comme par ses détracteurs, manque à ce jour de preuves empiriques.

Par Jacob Sullum, depuis les États-Unis
Un article de Reason

Marijuana CC Flickr Scott Beale

Selon une nouvelle étude de l’économiste Jeffrey Miron, la fin de la prohibition de la marijuana a eu peu d’impact sur la consommation de cannabis des adultes ou des mineurs, les accidents de la route, les violences criminelles, les visites aux urgences, les inscriptions en centres de désintoxications, les décès occasionnés par la drogue, les résultats scolaires ou la croissance économique. Miron, directeur d’études économiques au Cato Institute et diplômé de Harvard, a étudié les courbes d’évolutions de ces indicateurs avant et après 2009, quand l’industrie de la marijuana médicale a décollé suite aux avancées législatives qui l’ont rendue plus sécurisée, puis en 2012, quand les citoyens ont approuvé l’Amendement 64, qui a légalisé la marijuana à usage récréatif. D’une manière générale, on ne constate pas de modifications significatives de ces courbes après ces deux changements de politique.

Voici par exemple l’évolution du taux de criminalités violentes à Denver :

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Il s’agit ici des données disponibles pour les mois qui ont suivi le début de la vente récréative en janvier. Suite à l’analyse de l’évolution des meurtres, des voies de faits aggravés, des vols et des cambriolages, Miron conclut qu’« aucune mesure n’indique une modification significative du crime après la légalisation du commerce de marijuana ».

J’ai déjà traité certaines de ces questions sur Reason, notamment les effets de la légalisation de la marijuana sur le crime, la consommation de drogue des mineurs, les accidents de la route et les admissions en cliniques spécialisées. Miron vérifie également les conséquences de la légalisation sur les performances scolaires : exclusion scolaire, résultats aux tests scolaires, obtention de diplôme du secondaire et taux d’abandon des études. La fin de la prohibition ne semble avoir eu aucun impact sur ces indicateurs, à l’exception des exclusions pour utilisation de drogues, qui ont augmenté en 2009 puis en 2012, alors que le nombre total d’exclusion diminuait.

Si Miron montre que les changements de politiques du Colorado en matière de marijuana ont peu d’impact négatif, il constate également que la légalisation a peu d’effets positifs sur les indices considérés. Par exemple, il ne semble pas y avoir d’accélération ou de ralentissement de la croissance économique, de hausse ou de baisse du nombre d’accidents de la route. Une étude « des accidents mortels de la route, des décès dans un accident de voiture, des accidents mortels de la route dus à l’alcool et des décès dans un accident de voiture dus à l’alcool » montre également qu’« aucune mesure n’indique de changement significatif à l’occasion des modifications de la loi ».

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Miron conclut que « toute affirmation péremptoire au sujet de la légalisation de la marijuana au Colorado, par ses partisans comme par ses détracteurs, manque à ce jour de preuves empiriques ». Bien sûr, nous sommes encore aux premières heures de la légalisation au Colorado, et les effets positifs ou négatifs des mesures prises pourraient apparaître dans les années à venir. Miron prévoit de garder un œil sur ces tendances du Colorado et des autres États qui légalisent la marijuana, et de les comparer à celles d’autres États afin d’avoir une idée plus précise de ce qui se passe vraiment suite à la fin de la prohibition.


Sur le web. Traduction Lexane et Raphaël pour Contrepoints.