CGT : la lutte des places

Le regard de René Le Honzec.

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On s’aime bien dans la rude fraternité des camarades syndiqués de la CGT, dans laquelle le traditionnel pouvoir de critique-auto-critique hérité du bon vieux temps du Petit Père des Peuples permet de dire en face au sein de la cellule ses quatre-vérités à la hyène trotskyste ou au traître de classe. Ou en passant par des fuites bien huilées qui permettent aux prolétaires d’apprendre que le patron, en l’occurrence Lepaon, des bataillons en marche pour des grands soirs meilleurs, se vautre dans un appart’ de 120 m2 loué 2000 euros par mois, par arrangement avec le propriétaire, après 120 000 euros de frais d’aménagements divers. Soyons honnêtes, le camarade Lepaon a refusé le home cinéma. On était habitué à des sommes plus conséquentes dans les scandales immobiliers et autres de la droite pourrie vendue aux patrons suceurs du sang du prolétariat (d’après Gérard Filoche), mais nous autres à Contrepoints sommes très vertueusement attachés aux principes et donc traitons sur un pied d’égalité ripoux de droite comme de gauche. Le camarade Lepaon incarne une conception du syndicalisme directement hérité du XXème siècle marxiste, avec lutte des classes, le grand soir, front contre front, etc. Avec une belle propension à laisser couler les entreprises en difficulté plutôt que de céder sur les acquis. Et il suffit d’écouter les délégués cégétistes pour s’en rendre compte.

Mais, le pire, c’est que cet appart’ a été payé avec nos sous de contribuables : de nombreux rapports, tous étouffés, ont établi l’origine douteuse des richesses de ce/ces syndicats qui ont le plus faible taux de syndicalisation d’Europe (6,8%), des cotisations maigrelettes (20-30% des ressources). Le reste, des subventions de l’État, du Patronat (scandales de l’UIMM), des caisses de la Sécu, des collectivités locales, des comités d’entreprise (CCsaf EDF), etc. Le rapport Perruchot sur le financement des syndicats a été interdit de publication, cas unique dans la Vème.

Sur Contrepoints, nous avons souvent dénoncé le capitalisme de connivence : la connivence avec des syndicats non-représentatifs affiche un mépris de nantis envers un « prolétariat » qui vote maintenant Bleu Marine. Et quand Lepaon se promène sur son beau parquet flottant à 12 000 euros, c’est sur nos tronches qu’il glisse.

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