Ouvrons les portes à bien plus d’immigration !

Les immigrés remonteraient-ils la moyenne ?

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Ouvrons les portes à bien plus d’immigration !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 21 octobre 2014
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Par A. Barton Hinkle, depuis les États-Unis.

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En décembre 2012, le chef de la majorité à la Chambre des Représentants, Eric Cantor, a écrit l’esquisse d’une mesure soutenue par les républicains pour laisser entrer davantage de scientifiques et d’ingénieurs étrangers. Le texte, devant dessiner un changement post-électoral de position des républicains sur l’immigration, montre la ferveur avec laquelle certains conservateurs attendent le salut de leur parti d’une plus grande ouverture sur la question. Peut-être sera-ce le cas, ou peut-être pas. Mais ça pourrait constituer le salut du pays entier.

Comparés aux Américains de souche, les immigrants sont plus susceptibles de démarrer une entreprise, et plus encore d’en lancer une qui aura un succès foudroyant, plus susceptibles de travailler, et moins susceptibles de commettre des crimes. Ils sont également prêts à accepter des emplois que de nombreux Américains refusent.

Les immigrants constituent 13% de la population américaine, mais 18% des propriétaires de petites entreprises, note Jillian Kay Melchior dans la National Review, et ils emploient 4,7 millions d’Américains. Selon The Economist, les immigrés ou leurs enfants représentent 40% des fondateurs des sociétés du Fortune 500.

Le pourcentage d’immigrants, légaux ou non, au travail est plus élevé que celui des Américains nés dans le pays. Beaucoup d’entre eux, présents par un programme de visa temporaire dit visas H-2A, effectuent des travaux manuels difficiles, comme les récoltes ou travaillent dans les usines de volaille. Pourtant, parce que le programme ne permet pas suffisamment de travailleurs invités, « des directeurs d’usines dans les deux Carolines […] ont dû se tourner vers les prisons pour avoir assez le main d’œuvre sur leurs chaines de production » rapportent les McClatchy Newspapers. Hélas, le programme H-2A est bureaucratique, pesant, inefficace et labyrinthique. Il ne permet que des travailleurs saisonniers, et non ceux qui seraient employés à l’année. Et il ne « fournit pas les travailleurs assez vite quand les fermiers en ont le plus besoin », comme un autre titre récent le formulait.

Mais attendez un instant ; avec tant d’Américains sans emploi, pourquoi ne pas prendre des locaux plutôt que de demander des travailleurs étrangers ? C’est exactement ce que John Harold, agriculteur dans le Colorado, a voulu faire l’an dernier. « Il ne m’a pas fallu six heures pour me rendre compte que j’avais fait une sacrée erreur », a-t-il dit par la suite au New York Times. « Six heures m’ont suffi, pour que la première vague de travailleurs locaux prennent leur pause. Certains ne sont jamais revenus, sans donner de raison. Vingt-cinq d’entre eux ont explicitement dit, selon les registres de l’exploitation, que le travail était trop dur. »

L’histoire empire encore. En un peu plus d’une décennie, le nombre de visas que les États-Unis offrent aux travailleurs qualifiés a chuté d’un tiers, selon The Economist. Résultat : des talents qui auraient pu créer des emplois ici sont allés s’implanter ailleurs. Le magazine raconte l’histoire de Anand et Shikha Chhatpar, ingénieurs indiens, qui ont démarré une entreprise qui conçoit des applications pour Facebook. Malgré le succès de l’entreprise (qui a payé plus d’un quart de million de dollars d’impôts), leurs visas ont été refusés, et ils sont retournés en Inde. Selon The Economist, « la proportion de start-ups de la Silicon Valley dont un des fondateurs est immigré a chuté de 52% à 44% depuis 2005 ».

Les Américains qui n’apprécient pas d’avoir à rivaliser avec les immigrés pour les emplois souffrent d’une double illusion. Tout d’abord, ils supposent que l’offre d’emplois est fixe, et que nous serions tous mieux avec une population plus petite. C’est catégoriquement faux. Les immigrants ne sont pas seulement des salariés ; ils sont aussi employeurs et consommateurs. Deuxièmement, parler des immigrants qui prennent « nos » emplois suppose que certains ont des droits antérieurs sur des emplois pour lesquels ils n’ont pas été engagés. Le terme qui décrit le mieux cette attitude est « croire que tout leur est dû ».

Mais les immigrants ne font-ils pas grimper la délinquance ? En fait, non. Prenez l’Arizona, l’épicentre du sentiment anti-immigration. Comme le notait un article de 2010 dans le Washington Times, « dans la dernière décennie, au fur et à mesure que les immigrants illégaux ont été attirés en nombre record par le boom immobilier, le taux de crimes violents à Phoenix et dans tout l’État a diminué de plus de 20%, une baisse plus forte que le taux global de criminalité des États-Unis ». Il en va de même au niveau du pays tout entier : une étude de 2007 a conclu que « pour chaque groupe ethnique, sans exception, les taux d’incarcération chez les jeunes hommes sont plus bas pour les immigrés ». L’Immigration Policy Center, qui a produit ce rapport, a déclaré par ailleurs qu’« un siècle entier de recherche a démontré que les immigrés sont moins susceptibles de commettre des crimes […] que ceux qui sont nés dans le pays ».

Tout ce qui concerne les immigrés n’est certes pas aussi brillant. Dans l’article du National Review déjà cité, Melchior note que le nombre de non-citoyens qui reçoivent des coupons alimentaires a quadruplé depuis 2001. Toutefois, c’est surtout Washington qu’il faut blâmer. Que ce soit les radio-novelas produites par le Département de l’Agriculture américain poussant à l’inscription pour recevoir ces coupons alimentaires, ou bien les slogans du type venez-chercher-dès-maintenant-des-trucs-gratuits sur le site web WelcometoUSA.gov, il faut reconnaître que « l’extension délibérée de l’assistanat a été particulièrement dirigée vers les immigrants ». Étant donnée la tendance naturelle des immigrants à lutter pour s’élever dans la société, c’est profondément honteux.

Quoiqu’il en soit, la dépendance à l’État-Providence a explosé aussi chez les natifs. Il n’y a plus que 2,5 travailleurs pour chaque destinataire de Medicaid, contre 18 il y a 40 ans. Face à chaque personne qui dépend de l’aide publique, il n’y a que 1,65 personne (oui, vous avez bien lu) employée dans le secteur privé. Au fur et à mesure que les baby-boomers partent à la retraite, le fardeau des dépenses sociales ne fera que croître sur ceux qui resteront. Sans élagages massifs et donc politiquement improbables, il va falloir beaucoup plus d’épaules pour aider à le porter.


Traduction par Benjamin Guyot pour Contrepoints de « Let’s open the doors to lots more immigration » publié par Reason.

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  • La France serait ravie de leur en envoyer les siens … 🙂

    • La France par la manière dont elle réglemente la question selectionne les pires… c’est mécanique… dommage de priver notre pays de cette resource

    • Pourtant, Hollande n’est pas de cet avis!

      • Pourquoi dites-vous ça? vous avez déjà vu Hollande avoir un avis sur quoi que ce soit?
        Il ne sait même plus s’il est socialiste ou libéral-quelque chose.

    • C’est déjà en cours, mal-heureusement ce ne sont pas forcément ceux qu’on voudrait.

      • bonjour Winch ,nous n’avons rien voulu du tout ,ce sont nos politiques qui ont décidé pour nous : regroupement familial -assistanat à outrance -laxisme
        En fait nos dirigeants ont choisi pour cette immigration ,les populations les moins capables de gagner leur pain (encore moins de le fabriquer ) en même temps que les plus inaptes à s’assimiler et respecter un état de droit .

    • Le problème n’est pas l’immigration, mais l’assistanat.
      Avec cette bouffonnerie absolue, dans notre beau pays, d’assister les immigrants, même illégaux, autant que les citoyens, à un niveau d’assistanat qui dépasse ce que beaucoup de ces immigrants pourraient générer économiquement dans leur pays d’origine.

      Ce n’est pas une question de morale, mais de bon sens.
      Le résultat est parfaitement prévisible, et parfaitement observable.

      • Pas totalement d’accord.

        Pourquoi les asiatiques illégaux ne posent pas de problèmes ?

        C’est toujours les mêmes qui posent problèmes.

        Je n’ai jamais été aux US, mais est’il plus sur de se balader a Harlem ou Chinatown ?

  • Finalement quelques soit le bord, l’idéologie c’est toujours pavlovien, toujours le déni de la réalité et donc (c’est plus grave) des hommes et de leurs volontés.

  • En tant que libérale je suis pour la libre circulation des personnes.

    En tant que libertarienne, je suis pour aussi, car ça va faire de la France une poudrière et tout ce qui peu faire exploser le système me séduis énormément.

  • Ce n’est pas l’immigration qui est en cause, mais la politique d’intégration qui n’est pas adaptée.
    Bon, mais !a, c’est impossible de le faire comprendre à un socialiste qui préfère le communautarisme avec toutes ses dérives.

  • Il ne faut pas comparer les usa et leur immigration de qualité de tous les pays du monde et l’immigration Francaise actuelle venant quasi exclusivement d’afrique

    • les USA sont actuellement confrontés à une crise de l’immigration clandestine en provenance d’amérique centrale, et Obama a pour projet de régulariser 10 millions (!) de clandestins, récompensés pour avoir violer la loi.

  • La France n’est pas l’Amérique. L’immigrant en France est très différent de celui des USA. Le type d’Immigration est différent (de travail là bas, de peuplement ici), l’intégration marche là bas mais ne se fait pas ici, etc..

    • En effet, la France n’est pas l’Amérique. En Amérique il n’y a pas le RSA, ni la sécu gratuite, ni les allocations familiales.

      • exatc si bien que la bas, seuls viennent les migrands quoi ont envie de reussir et bossent en conséquence, alors qu’en France ,nous récupèrons tous les déchets, les traine-savates et les fainéants qui ne viennent que pour se faire entretenir au frais des contribuables; supprimons toutes les aides « aspire-misère » et l’immigration s’autorègulera sans intervention de quiconque

  • Ce qui est marrant avec l’antienne « les immigrés sont prêts à accepter des emplois que de nombreux Américains refusent », c’est qu’elle est doublement raciste : les américains de souche sont des feignasses qui refusent de faire un travail pénible et mal payé, et les immigrés sont juste bons à se faire exploiter par les patrons et récurer les chiottes des bourgeois pour deux sous de l’heure.

    L’article évoque le lien entre assistanat et immigration mais ne prolonge pas le raisonnement : l’immigration de peuplement en provenance de l’Amérique latine va à terme radicalement changer le paysage électoral du pays, qui va évoluer vers un « One-party rule » dominé par les démocrates qui vont généraliser l’Etat-Providence.

  • Un moyen libéral de réguler l’immigration légale : demander au candidat une caution assez élevée destinée à couvrir le risque de santé ou d’indigence. En dispenser les profils intéressants pour notre pays (investisseurs, entrepreneurs, scientifiques, étudiants à fort potentiel, sportif internationaux…) Réguler l’immigration illégale par une condamnation pécunière dissuasive.

    Un moyen encore plus libertarien pour pacifier cette question de l’immigration qui divise le pays en deux camps. L’inviteur : entreprise, association immigrationiste, collectivité locale, s’engage à payer les frais d’assistanat de l’immigré si celui-ci y a recours e paye caution. Ainsi le réfractaire à l’immigration n’aura rien à payer pour elle.

    Enfin puis-je suggérer qu’un pays c’est un héritage que nous recevons de la génération de nos parents pour le léguer à la génération de nos enfants, et ainsi de suite. Que ceux qui veulent à tous prix partager cet héritage avec la terre entière veulent bien n’aliéner que leur part. Une invitation par personne pour votre vie entière. Sinon c’est le grand remplacement.

    • Ça existe déjà dans certains pays que j’ai visité :

      – billet d’avion retour obligatoire.
      – prouver par une attestation de sa banque avoir minimum 100$ us par jour de présence dans le pays, si je demande un visa de 21 jours, il me faudra avoir 2100$ sur mon compte en banque.
      – Avoir une réservation d’hôtel (ou une attestation d’hébergeur).

  • On ne peut pas à la fois laisser rentrer tous ceux qui veulent et les faire bénéficier de l’état providence( logement, santé, école,revenus…).Il faut choisir.
    Ou bien ils ont accès à l’état providence d’emblée mais on doit les choisir( selon nos besoins, nos valeurs, leurs capacités …) ou bien ils ne peuvent accéder à l’état providence qu’en fonction de ce qu’ils payent ( cotisations, impôts …).
    Avec son système la France fait fuir les français les plus qualifiés et attire les immigrés dont personne ne veut.

    • deux chiffres le cout de la délinquance et le cout de l’immigration dite induite ( logement sante education ) Nous aurions un budget positif Les francais sont des veaux ils n’ont jamis ete autant ponctionnes et pout quel resulat ? Par ailleurs si notre pays est la destination premiiere cette immigration est que les prestations et notre largesse sont des appels d ‘air

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