Avec ses propres cellules souches, un enfant peut être sauvé

enfant credits felipe fernandes (licence creative commons)

En Grande-Bretagne, certains payent pour conserver les cellules souches de leurs enfants et ainsi leur offrir de nouvelles possibilités de guérison des années après.

Par Jacques Henry.

enfant credits felipe fernandes (licence creative commons)

L’une des récentes avancées les plus prometteuses de la biologie est l’utilisation des cellules souches dans des domaines médicaux de plus en plus nombreux, du traitement de maladies orphelines, de certaines formes de leucémie et des dégénérescences cérébrales à la régénération de tissus. Le 8 octobre 2014 était la journée mondiale des cellules souches. Je n’ai rien vu transparaître dans la presse en ligne française à ce sujet, et pour cause, les cellules souches et embryonnaires sont un sujet tabou en France, tout comme l’open-data médical, pour de confuses raisons d’éthique et de respect du citoyen ou encore en raison de l’inepte principe de précaution inscrit dans « le marbre » de la constitution française. Tant pis pour la France, elle est déjà à la traîne dans le domaine des innovations biomédicales, cette fois-ci elle s’enfonce définitivement dans l’obscurantisme.

Les cellules souches peuvent provenir d’un embryon au stade blastocyste, il en existe aussi dans le liquide amniotique, dans le sang du cordon ombilical et enfin on peut réorienter des cellules adultes dites somatiques par divers procédés. Les cellules somatiques se retrouvent dans de nombreux tissus comme les épithéliums et remplissent durant la vie des fonctions essentielles de réparation des tissus. Le problème avec les cellules d’adulte est qu’elles sont déjà « vieilles » – c’est le cas par exemple des greffes de moelle osseuse – un donneur jeune est donc préférable.

L’utilisation des cellules souches en médecine est un domaine en pleine expansion et très prometteur, on estime en effet que près d’une centaine de pathologies pourront dans un avenir relativement proche être traitées avec des cellules souches. Cette illustration résume les principales applications potentielles des cellules souches :

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La première transplantation de cellules souches de moelle osseuse dans le traitement de la leucémie date de 1988. Depuis cette date, plus de 30000 leucémiques, surtout des enfants, ont été sauvés. C’est la raison pour laquelle de plus en plus de parents, soucieux de la santé future de leurs enfants approchent des sociétés pouvant assurer la conservation nominative dans de bonnes conditions des cellules souches du sang ombilical ou des cellules amniotiques de leur progéniture, considérant que les progrès futurs de la médecine justifieront cet investissement sur l’avenir. N’est-ce pas un immense service à rendre à ses enfants en les munissant de leurs propres cellules souches pour leur santé future ? C’est la base de l’approche marketing de la société SmartCells en Grande-Bretagne qui depuis 2001 propose le traitement et la séparation, le conditionnement et la conservation de longue durée dans l’azote liquide des cellules souches du sang de cordon ombilical du nouveau-né. Même le Vatican a donné son accord pour l’utilisation de cellules souches de sang de cordon ombilical, car les questions éthiques apparaissant avec les cellules embryonnaires étaient résolues.

Depuis le début de l’année, SmartCells a transmis 10 échantillons de cellules pour sauver la vie des enfants dont ces cellules provenaient. Le nombre peut paraître ridiculement faible mais il faut rappeler que SmartCells a sauvé depuis sa création plus d’enfants que toutes les autres banques publiques de sang de cordon de Grande-Bretagne. Il reste pourtant dans ce pays plus de 400 jeunes malades ne pouvant pas être soignés en raison de l’absence de donneurs appropriés et qui sont condamnés à plus ou moins brève échéance à une mort certaine. Dans un futur proche, il sera peut-être obligatoire de préserver des cellules souches des enfants mais pour le moment les couples ayant décidé de prendre cette précaution pour la santé future de leur enfant sans passer par les organismes hospitaliers investissent 2500 £ (environ 3150 euros) pour préserver ces cellules pendant 25 ans, c’est peu cher payé pour éventuellement sauver son enfant d’une leucémie.

Source : Smartcells


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