Réponse face au fondamentalisme : séparer l’Église de l’État

Le remède contre la montée des extrémismes religieux est de maintenir la séparation de l’Église et de l’État et de renforcer les libertés individuelles.

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Voile islamique (Crédits Neil Moralee licence Creative Commons)

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Réponse face au fondamentalisme : séparer l’Église de l’État

Publié le 27 septembre 2014
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Le remède contre la montée des extrémismes religieux est de maintenir la séparation de l’Église et de l’État, de maintenir l’État de droit, de maintenir le règne de la loi, de préserver la liberté de croyance et de renforcer les libertés individuelles.

Par Emmanuel Bourgerie.

Voile islamique (Crédits Neil Moralee licence Creative Commons)

Je reçois énormément de questions sur ask concernant la montée d’ISIS, et plus généralement sur la montée de l’islam dans plusieurs pays – et dans une certaine mesure en France. Vivant à l’étranger, je peux vous assurer que ce n’est pas un sujet de débat franco-français et qu’il est encore plus présent dans les médias au Royaume-Uni par exemple. On me demande régulièrement s’il y aurait des réponses libérales à apporter face aux fondamentalistes qui voudraient appliquer leurs codes religieux comme loi. La réponse libérale, en réalité, nous l’avons déjà, c’est la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905.

Pour rappel, cette loi consiste en deux points fondamentaux :

  • Chaque individu est libre d’adopter la croyance qu’il souhaite.
  • L’État ne reconnait aucune religion officielle et n’en finance aucune.

Je ne vois pas ce qui peut être fait en plus de cela. Toutes les inquiétudes par rapport à la montée de l’islam en France et de cette idée de prise de pouvoir par des religieux zélés ne sont pas réellement fondées. Ce qui se passe au Proche-Orient, avec le contexte de chaos et de guerres perpétuelles, ne peut pas être appliqué ici. Et même si l’on prend le Royaume-Uni, les problèmes soulevés là-bas sont relativement anecdotiques au final. On parle beaucoup d’ISIS mais on estime qu’ils ne disposent tout au plus que de 10 000 à 30 000 combattants, face auxquels il y a les armées syrienne, irakienne, iranienne, israélienne, turque, et j’en passe. La menace est vraiment très éloignée et le restera tant que l’on n’envoie pas de bombes sur leurs campements.

contrepoints 733 Etat islamiqueIl y a une réelle résurgence des extrémistes religieux en Europe, heureusement incomparable avec ISIS, et je pense qu’il serait un peu simpliste de tout mettre sur le dos des musulmans. La Manif pour tous nous a montré le pouvoir de nuisance toujours vivace de l’Église catholique en France. En Espagne, les conservateurs avaient initialement proposé une loi qui voulait abolir l’avortement. Au Royaume-Uni, des juifs ont placardé une pancarte stipulant que les femmes ne pouvaient marcher que sur l’un des deux trottoirs dans une rue, et en Irlande l’Église ne veut pas lâcher ses privilèges historiques, notamment l’enseignement de la Bible dans les écoles publiques avec des deniers publics.

Il ne faut pas baisser la garde face aux religieux avides de pouvoir, qu’ils soient musulmans, chrétiens ou juifs. Tous ont montré qu’ils partagent les mêmes objectifs de stigmatisation des femmes, des minorités sexuelles, et la même volonté de voir leurs valeurs morales appliquées de force par la loi. Le remède contre la montée des extrémismes religieux est de maintenir la séparation de l’Église et de l’État, de maintenir l’État de droit, de maintenir le règne de la loi, de préserver la liberté de croyance et de renforcer les libertés individuelles. C’est justement parce que nous avons un État qui s’occupe de tout jusqu’aux menus des cantines que nous avons ces débats politiques stériles.

Petite parenthèse, vous me permettrez de noter l’ironie dans le propos selon lequel il faudrait empêcher les musulmans d’accéder au pouvoir car ils pourraient faire des choses terribles. C’est tout à fait vrai, et c’est ce que je dénonce depuis le début : quand on crée des super-institutions qui accordent de grands pouvoirs aux hommes politiques, on n’attire pas uniquement les hommes de bonne foi. S’il y a une chose dont on pourrait s’inspirer des États-Unis, c’est le pouvoir de leur constitution et la Cour suprême qui n’hésite pas à rappeler aux différents gouvernements américains leurs contraintes. Nous, en face, nous avons le Conseil constitutionnel qui a maintenu le Concordat d’Alsace-Moselle en 2013…


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  • Je ne savais pas que la manif pour tous était organisée par la CEF elle même.

    Quel amalgame douteux…

  • Je partage la plupart de vos vues . Je tique juste sur le christianisme , dont est issue notre société libérale; il porte en lui cette séparation entre eglise et etat par cette célèbre parole de Jésus « rendre à Cesar ce qui appartient à César etc. » ; il était donc naturel pour nous chrétien d’évoluer vers notre type de société , même si je vous l’accorde , cela a été chaotique . Le problème est tres différent avec l Islam , car le coran est la loi , aucune séparation donc . Une vision du monde tres différente donc.

    • Dès le IV° siècle (édit de tolérance de Constantin) l’empereur et le pape sont deux pouvoirs différents, le temporel et le spirituel. Staline avait dit « le pape? combien de divisions ? » cette phrase aurait pu être prononcée par n’importe quel empereur ou roi européen qui n’hésitaient pas à envoyer leurs armées contre Rome pour impressionner un pape peu docile.
      Par ailleurs, le Christ ne s’est pas présenté en Législateur. Il n’y a rien dans le Nouveau Testament qui ressemble de près ou de loin à un code civil et pénal. Toutes nos lois ont une origine romaine (code Théodose, code Justinien) ou barbare, les « us et coutumes » transformées progressivement en lois.
      Le rôle de l’Eglise fut, par la persuasion, de raboter ces lois anciennes afin d’en ôter ce qu’il y avait de cruel et d’injuste en elle afin de les rendre plus conformes à la morale chrétienne; c’est pourquoi aussi l’Eglise tentait de promouvoir les lois romaines et en particulier le Code Justinien, considérant qu’elles étaient plus civilisées. Nos lois modernes sont donc un mélange de lois barbares et romaines à l’origine.
      C’est toute la différence avec l’Islam qui est à la fois une religion et un ensemble de codes civil, pénal, commercial etc..
      C’est un peu ce qui se passait avec la religion hébraïque dans les royaumes juifs avant leur destruction totale par Hadrien au II° siècle: consulter dans l’Ancien Testament le livre appelé Lévitique devenu obsolète dans le judaïsme pharisien apparu après la disparition de la Judée devenue Palestine.

  • Emmanuel R. Pourquoi laisser plus le pouvoir à un parti politique qu’à un mouvement religieux? Ils peuvent tous avoir un grande capacité de nuisance. Vous n’aimez pas les religions c’est votre droit mais ne soyez pas naïf.
    La seul réponse libérale est de laisser la liberté aux individus et leur responsabilité. Mais aller chouiner pour que certains individus aient droit aussi au carcan de l’état et des aides (MPT) cela me fait bien rire…

  • Lorsque vous écrivez :

    « Il ne faut pas baisser la garde face aux religieux avides de pouvoir, qu’ils soient musulmans, chrétiens ou juifs. Tous ont montré qu’ils partagent les mêmes objectifs de stigmatisation des femmes, des minorités sexuelles, et la même volonté de voir leurs valeurs morales appliquées de force par la loi.   »

    vous vous trompez lourdement, sauf pour la protection des principes moraux par la loi. Je ne me prononce pas pour le judaïsme, que je ne connais pas assez pour avoir une opinion, mais en ce qui concerne l’Eglise catholique, au grand jamais elle n’a recherchée le pouvoir (elle prônait toujours la distinction et l’indépendance, mais dans l’union et non la séparation) et en ce qui concerne les femmes, par rapport à l’antiquité et aux mœurs des germains, elle est à l’origine de leur réhabilitation (désolé pour le mot, qui sonne mal, mais l’idée est de lui donner la place qui aurait toujours dû être la sienne, égale en dignité à l’homme), d’ailleurs pour elle, Dieu s’est incarné dans une femme, et seule Marie a été préservée du péché originel.

    Quant à la morale, jusqu’à la réforme protestante, elle a toujours été considérée comme le fondement du droit, et donc le droit était naturel et au-dessus des législateurs humain. Tout libertarien souhaite imposer sa conception de la morale, dans un sens limité certes, mais tout de même, car après tout, ne pas volez, ne pas tuer, sont des règles de morales que la force peut et doit imposer. Le présupposé est que ce sont des conditions indispensables à la vie sociale, mais celle-ci est une valeur morale qu’on peut imposer par le glaive temporel.

  • Votre solution

    « de maintenir la séparation de l’Église et de l’État, de maintenir l’État de droit, de maintenir le règne de la loi, de préserver la liberté de croyance et de renforcer les libertés individuelles, » 

    est un vœux pieux, si je puis me permettre, car comme nous sommes en démocratie, si les Musulmans favorables à la Charia deviennent majoritaires, ils feront la loi, et vous n’aimerez certes pas son règne.

    Si le danger est correctement identifié et désigné, c’est à dire le fondamentalisme musulman, et non pas noyé en accusant toutes les religions pacifiques et fondement de notre civilisation libérale, on peut très bien considérer au contraire que l’abrogation de la loi de séparation et le retour à la distinction dans l’union, dans laquelle le pouvoir prête son glaive à St Pierre dès lors que la défense de certains principes moraux est en cause, est préférable.

    Au passage, c’est ironique de la part d’un libéral (mais peut-être me trompé-je et que vous n’êtes pas libéral, comme votre appartenance à un mouvement vert le laisse à penser) de suggérer qu’il serait bon d’ôter à l’Eglise ses droits historiques. Est-ce libéral que de vouloir qu’un juge casse un contrat (concordat) ? Je pense que notre Conseil constitutionnel n’est pas très religieux, mais meilleurs gardien des droits que vous. C’est comme aux beaux jours de la Troisième république anti-cléricale, ou dans l’Italie des révolutions de 1848, où les hommes de l’Etat, en bon laïques, ont spolié l’Eglise de ses biens, de ses droits de propriété censés être sacrés. Le règle du droit sous la gouverne des hommes non-religieux n’est pas forcément une garantie pour les libertés..

    • +1 , l’auteur gagnerait à connaitre la religion chretienne , au lieu de balancer les poncifs habituels. Comme beaucoup d’occidentaux il a oublié d’ou ils venait , il prennent pour argent comptant une liberté certes partielle mais néamoins chèrement acquise par d’autres que lui, il a t l’impression que liberté et démocratie coulent de source , alors que nous vivons un idéal bien précaire qui est loin de faire l’unanimité dans le monde… on en revient toujours au fameux : connais toi toi même !

      • Palerider gagnerait aussi a savoir que la reforme libérale ( en dehors de quelques anecdotes) prend son essence dans le protestatantisme et non pas toute la chrétienté
        Notre proximité au monde wasp nous fait profiter par ruissellement historique et sociologique de cette liberté, comme un social démocrate profite par ruissellement de la prospérité liberale, tout en pensant qu il en est a l origine

        Peu de liberté dans le catholicisme tutélaire
        Encore moins dans la chrétienté orthodoxe
        Encore moins dans le judaisme
        Encore moins dans l isla.m

        • Cher Libéral,

          C’est une question très intéressante que celle des liens du protestantisme avec le libéralisme. Bien des malentendus d’ailleurs vienne de la façon différente d’entendre le libéralisme, et l’Eglise à mon avis a une vision étroite du libéralisme, qu’elle a combattu, tout en défendant la vraie liberté.

          Ce qu’à fait le protestantisme, avec le dogme du libre examen (ce qui n’a pas empêché les inquisitions protestantes, car en fait, le libre examen n’était qu’une arme contre Rome), c’est de séparer la morale du droit, et ce faisant elle a :
          1/ ruiné la morale, car issue du libre examen, elle n’est plus un lien entre les hommes, et disparaît ;
          2/ amené la conception du droit uniquement positif et issu du législateur, donc permettant les pires choses.

          Pour l’Eglise catholique, le droit humain (positif donc) n’est juste que s’il respecte le droit naturel. Et cela que le « législateur » soit un monarque ou une assemblée.

        • Mais oui, seuls les protestants détiennent la vérité universelle

          • Alors, si c’est ainsi, laissez leur ce droit.
            En Europe, les protestants ont été éliminés, massacrés par les catholiques pendant des années et des années, particulièrement en France, mais pas que.
            Les croisades n’ont pas eu lieu qu’en terre sainte, et les victimes n’ont pas été que là-bas.

            Avec un peu d’intelligence, vous comprendrez que l’on ne veut ni des uns ni des autres.

            • Les protestants se portent fort bien en Europe depuis les « guerres de religion ». Le mot « guerre » signifie d’ailleurs que des armées étaient en présence. Les Européens du XVI° siècle était assez rigides en ce qui concerne la religion. En France, le chef des armées protestantes était Henri de Navarre qui, à la mort d’Henri III dernier des Valois, devint le seul héritier légitime du trône de France. En face, les armées catholiques de la Ligue et au milieu l’armée royale qui comptait les coups. La France étant majoritairement catholique, Henri de Navarre se convertit pour devenir Henri IV- « Paris vaut bien une messe » dit-il. Il faut savoir terminer une guerre et c’est ce que sut faire le « bon roi Henri ». Quant aux massacres en Europe durant cette période, il y en eut de part et d’autres avant que les choses ne se stabilisent, les Etats adoptant le principe du « cujus regio, ejus religio »; il y eut donc des royaumes catholiques et d’autres luthériens, anglicans ou calvinistes qui recommencèrent à faire de la politique européenne ensemble et à échanger des ambassadeurs.
              Effectivement, les croisades n’eurent pas eu lieu qu’en terre sainte. Une grande partie de l’Espagne est terre de Reconquista à partir des anciens comtés carolingiens devenus royaumes. La bataille de Las Navas de Tolosa en 1212 scella le sort de l’Espagne musulmane dont cinq des six émirats furent reconquis dans les trente années qui suivirent, Grenade sauvant sa peau en se déclarant vassale du roi de Castille. https://www.youtube.com/watch?v=E-X6hVhBuk8 Elle ne tomba qu’en 1492 sous l’autorité de « Los Reyes » Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon.

              • En France, les protestants furent particulièrement maltraités, si bien que ceux qui avaient les moyens s’en allèrent de la même façon que les minorités religieuses fuient l’Irak et la Syrie. Ils partirent pour la Suisse, qui pour la Hollande et pour l’Allemagne qui étaient accueillantes.
                Passons sur la liquidation de communautés chrétiennes dissidentes dans les Pyrénées, dont certains furent brûlés vif.

            • Cher Michel,

              Je crains que vous n’ayez qu’une vision populaire des événements (d’ailleurs depuis les manuels scolaires de la IIIè république, c’est bien a dessein que tout a été fait, de la façon la plus malhonnête, pour discréditer le catholicisme).

              D’abord les protestants n’ont pas été massacrés en Europe, ni d’ailleurs en France. Lors des débuts de la Réforme, en France, les protestants étaient vus avec sympathie par François Ier et son entourage, et les chefs de la secte espéraient bien le gagner à sa cause? D’où d’ailleurs bien des flatteries sur son pouvoir d’origine divin, et surtout, des suggestions, déjà, de s’emparer des biens de l’Eglise à la faveur de la suppression espérée du catholicisme.

              Forts de ses espérances, ce sont bien les protestants qui se montrèrent d’abord d’une intolérance fanatique, détruisirent des églises et tuèrent des prêtres et des fidèles catholiques. Leur but n’était pas du tout la liberté de conscience, mais la prise de l’Etat. Et ils étaient organisés en armés, financés par l’étranger, etc. Ils en firent trop, leurs espérances quant au pouvoir ne se réalisèrent pas, et il y eu réaction. Massacres et guerres avec des horreurs de part et d’autres s’ensuivirent, et on connait la suite.

              Quant à la St Barthélémy, c’est la reine mère, Catherine de Medicis, chef du parti des « politiques », qui convainquit son fils d’ordonner le massacre des chefs protestants, suite à l’échec de la tentative d’assassinat de l’Amiral. C’était une horreur politique, non religieuse.

              • Comment expliquez-vous que les protestants ne sont que 700000 en France ?
                Au siècle dernier, 60 % en Suisse, plus avant, si bien que Genève refusa des territoires en 1815 afin de ne pas avoir trop de catholiques ❗

                • 700.000, c’est beaucoup, c’est la preuve qu’ils n’ont pas été massacrés.

                  Cela dit, comme vous le savez, Henri IV pour mettre un terme aux guerres de religions, a signé l’édit de Nantes qui accordaient bien des privilèges aux protestants

                  Et comme on sait, Louis XIV, persuadé, à tort d’ailleurs, que les entreprises de conversions (pacifiques alors) avaient été un succès et que le protestantisme n’était plus un danger, révoqua l’édit pour supprimer les privilèges. Mais c’est la que les infâmes dragonnades visant à inciter les protestants à se convertir, pour échapper à ces monstruosités, eurent lieu. D’ailleurs de nombreux évêques catholiques (dont Fénelon) protestèrent et protégèrent les protestants. On estime entre 200.000 et 300.000 le nombre de protestants ayant fuit à l’étranger, jusqu’en Afrique du Sud, où, d’ailleurs, ils apprirent aux Boers à faire du bon vin. Franschhoek (le coin des Français) dans la région du Cap produit toujours parmi les meilleurs vins.

                  Sinon, peut-être pensiez-vous que le protestantisme est tellement mieux que tout le monde aurait du se convertir ? Je n’en suis pas sûr.. Et si de nombreux Allemands sont devenus protestants, il ne faut pas négliger le fait que les premiers réformés; pour attirer les princes, leur ont fait sentir l’intérêt qu’ils pouvaient avoir à se « libérer » de Rome : gains domaniaux en volant les biens de l’Eglise, affranchissement du « contrôle » du Pape sur leur gouvernement, c’est à dire plus de censure et plus d’empêchement au pouvoir absolu. Rappelez-vous que si l’enseignement de l’Eglise affirmait la distinction et l’indépendance du temporel et du spirituel, le temporel n’en demeurait pas moins soumis au Droit et le Pape pouvait déposer les monarques s’il en allait de l’intérêt suprême des âmes.

                  Dans ces conditions, il faut s’étonner au contraire qu’il n’y ai pas eu davantage de monarques qui aient passé à la Réforme, entraînant, de force, leurs sujets (ejus regio cujus religio).

                  Pour l’inquisition protestante, l’exemple le plus connu est le bûcher de Michel Servet, ordonné par Calvin. Où l’on voit que le « libre examen » n’était pas si libre que ça, une fois qu’il eut servi à se séparer de Rome (déchirer le manteau sans couture du Christ, disent les gens de l’Eglise romaine).

                  • Extraits :

                    L’HISTOIRE PROTESTANTE
                    De plus, l’histoire du protestantisme montre sa position étrangère dans son propre pays. C’est une histoire plein de violence et d’oppression, qui démontre la lutte constante de l’esprit protestant. C’est l’histoire du massacre de la Saint-Barthélemy, ou 3.000 Protestants ont été tués dans un seul jour à Paris en 1572, un événement qui a provoqué des « explosions de haine antihuguenote » dans toute la France (Dubief et Poujol 39). C’est l’histoire des dragonnades, et ses vols et viols, qui ont obtenu « de merveilleux résultats… pour extirper « l’hérésie » » (Janton 17). Et c’est l’histoire de la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685, un document qui a protégé les droits des Protestants pendant 87 ans, et la « joie [avec laquelle cette révocation] fut accueilli en France » (Stephan 165). Cette histoire, pleine de conflit et de violence, confirme l’altérité du protestantisme dans le schéma français.

                    La grandeur de la France… Cela se paye encore aujourd’hui dans la rigueur dont font preuve les politiciens français.

                    • @ Michel C : vous avez parfaitement raison. Les catholiques sont des gens méchans méchants méchants.

                      Vous oubliez de dire que les protestants n’ont pas toujours étaient très gentils avec les catholiques en France.

                      Mais bon, vous demandez d’avoir une position moins partiale est sans doute trop vous demander.

                    • Mais bon, vous demandez d’avoir une position moins partiale est sans doute trop vous demander.

                      S’il y eu des massacres de part et d’autre, et auparavant dans une grande partie de l’Europe d’ailleurs, difficile de nier qu’un grand nombre de protestants s’échappèrent du pays malgré l’interdiction formelle d’en sortir.

                      Quant à la position partiale, j’ai des catholiques et protestants comme ancêtres.

                    • Bref, tout ça pour répondre à un commentaire lamentable ❗

        • Qu’appelez vous « libéralisme » ? car les libertés civiques existent depuis les temps les plus anciens de notre antiquité greco-latine (lire la politique d’Aristote) sur laquelle s’est plaquée la morale chrétienne. Les termes que nous utilisons, Cité/citoyen, république (res publica) dictature, démocratie, monarchie, ploutocratie, oligarchie, autocratie sont latins ou grecs.
          Il faut aussi se rappeler qu’en ce qui concerne la finance, ce sont les Ordres militaires hospitaliers qui inventèrent les lettres de change à l’époque des croisades. Peu de temps après les lombards inventèrent le prêt à intérêt puis la comptabilité double « à l’italienne », la « banca » était née. Les grandes banques existent depuis le bas moyen âge, donnant naissance à des dynasties de banquiers puissants dont deux noms furent célèbres, les Fugger du saint Empire romain germanique et avant eux les Medicis de Florence dont l’un, Laurent le magnifique, inventa le mot « renaissance » et qui donnèrent deux papes à Rome.
          Le rôle du protestantisme a certainement été très exagéré par les protestants anglais, on n’est jamais mieux servi que par soi-même ou des anticatholiques bouffeurs de curés.

    • « Le règle du droit sous la gouverne des hommes non-religieux n’est pas forcément une garantie pour les libertés.. »

      La règle du droit sous la gouverne des hommes religieux est forcément contraire aux libertés.

      • « La règle du droit sous la gouverne des hommes religieux est forcément contraire aux libertés » répliquez-vous. C’est bien dit, mais c’est faux, car vous ne distinguez pas entre les principes différents issus de religions différentes, et votre forcément n’est pas valide. J’ai été plus prudent en parlant des non-religieux, certains sont libéraux, d’autres non.

        D’ailleurs, nous parlons de liberté. Mais à votre avis, qu’est ce qui fonde cette liberté ? Qu’est ce qui devrait en rendre le respect obligatoire ? Je crains que sans base catholique, rien ne la fonde, si ce n’est au fond un caprice hédoniste. Mais je suis preneur de toute indication me faisant changer d’avis.

        • @Hildebrand +1 !
          @liberal think , relisez les evangiles , je sais que c’est totalement « heretique » 😉 de nos jours , mais être libéral , n’est ce pas justement avoir sa liberté ? bref , ce qu’était jésus à son époque .

  • Tous les religieux, même la religion millénariste que l’on appelle le socialisme? C’est vrai que François Hollande dans le rôle de pape du socialisme ça fait pas très sérieux….

  • N’oubliez pas que la manif pour tous ne comportait pas que des cathos (ça, c’est ce que les médias ont essayé, avec un certain succès, de faire croire). Réponse d’un franco algérien à qui on demandait pourquoi il manifestait: parce que je ne trouve plus en France les valeurs que je pensais y trouver

  • l’auteur de cet article est religieusement parfaitement ignare (comme la plupart de nos hommes politiques).

    1) concernant le catholicisme, les réponses ont été faites.

    2) concernant l’Islam, la séparation de la religion et de l’Etat n’existe pas et n’est tout simplement pas concevable.
    De ce fait, l’Islam ne peut s’adapter à la laïcité et ne le fera pas. Seuls les musulmans à titre individuel peuvent le faire (ce que fait la très grande majorité de ceux qui vivent en France).

  • « La Manif pour tous nous a montré le pouvoir de nuisance toujours vivace de l’Église catholique en France. »
    La MPT ne vous a pas bloqué dans une gare ou un aéroport, n’a pas détruit de perception ou de portique. Le mariage entre personnes de même sexe a été adopté malgré la MPT. S’il suffit que des gens manifestent pour qu’on puisse dire qu’ils ont un « pouvoir de nuisance », il faut interdire toutes les manifestations.

  • « Emmanuel Bourgerie » (à moins que ce texte ait été écrit par Mélanchon);
    il faut faire attention à vos propos :
    « La Manif pour tous nous a montré le pouvoir de nuisance toujours vivace de l’Église catholique en France », moi (mais je ne suis pas objectif, car j’en fus !) je n’ai pas observé la même chose !
    Je ne vais pas citer toutes les phrases, mais « Au Royaume-Uni, des juifs ont placardé une pancarte stipulant que les femmes ne pouvaient marcher que sur l’un des deux trottoirs » me semble assez anecdotique et sans commune mesure avec les diktats de l’Islam dans certains quartiers de Londres !
    Pour masquer un problème, rien de tel que votre méthode.
    Glisser l’idée à Valls ! (Il est vrai qu’il s’en sort bien seul)
    Dernière phrase, voulez-vous que le Conseil Constitutionnel efface le Concordat d’Alsace-Moselle ? Et la SS héritée de Bismark ?

    • J’oubliais,
      un cinéaste a produit un clip de ce genre où une famille catho réalise un mariage forcé !
      Pas mal non plus. Islam-Christianisme, bonnet blanc, blanc bonnet !

  • « La Manif pour tous nous a montré le pouvoir de nuisance toujours vivace de l’Église catholique en France.  »
    « Il ne faut pas baisser la garde face aux religieux avides de pouvoir, qu’ils soient musulmans, chrétiens ou juifs. »

    Ha ouep, ben à propos de séparation, l’État pourrait commencer par lui rendre ses biens à l’Eglise, bâtiments et terrains.

    • Si je puis ajouter, lors des premières expropriations, sous la révolution, et confirmées par Napoléon, il y eu en contre-partie l’engagement de l’Etat de financer le culte catholique, et donc aussi de rémunérer les prêtres. Ce qui n’a pas empêché les soi-disant libéraux anti-catholiques de brûler cet engagement, et de conserver les biens expropriés. Ce n’est qu’en Alsace-Moselle que, pour cause de passage à l’Allemagne durant près de 50 ans pendant que la IIIème république reniait les engagements de l’Etat, le financement du culte est toujours assuré.

  • On trouve beaucoup d’articles stupides concernant la religion sur internet, mais alors le vôtre intègre sans discussion le top 3. Il faudra d’abord que vous m’expliquiez comment appliquer le principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat à un religion – l’Islam – qui ne connait pas d’Eglise hiérarchiquement constituée ni de magistère formellement coercitif.
    Quant à qualifier la loi de 1905 de libérale, alors qu’elle a consisté en une nationalisation de biens privés, là, je vous tire mon chapeau.
    Le mieux, quand on est incompétent sur un sujet, c’est de se taire. Et puisque vous êtes ingénieur en informatique, faites des recherches sur le web, vous trouverez bien mieux informés que vous pour parler de ces sujets.

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Le terme démocratie libérale est devenu tellement usité, tellement galvaudé et mis à toutes les sauces qu’il est plus que facile de confondre les deux termes : démocratie et libéralisme. Comme si le libéralisme impliquait inévitablement un régime démocratique et vice-versa.

La confusion est suffisamment entretenue par les médias et la classe politique, au point qu’aux États-Unis, les deux mots sont devenus quasiment synonymes et que l’on nomme communément liberals les membres ou sympathisants du parti démocr... Poursuivre la lecture

Klaus Kinzler est cet enseignant de civilisation allemande à Sciences Po Grenoble qui, rappelez-vous, a été victime il y a un peu plus d’un an d’un véritable déferlement de haine de la part d’une minorité d’extrémistes adeptes des thèses racialistes et de la cancel culture. Jusqu’à être mis à pied par la direction, étant accusé d’avoir tenu des « propos diffamatoires ». Et avoir subi des menaces de mort.

Loin de se laisser faire, ce professeur a choisi d’exprimer sa révolte et son indignation, à travers un livre dans lequel il livre sa... Poursuivre la lecture

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