Paris : la crise immobilière qui annonce la fin du socialisme

La prospérité de la maire de Paris est liée à la hausse du prix de l’immobilier, qui ne durera pas éternellement…

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Anne Hidalgo (crédits Philippe Grangeaud-Parti Socialiste, licence Creative Commons)

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Paris : la crise immobilière qui annonce la fin du socialisme

Publié le 26 septembre 2014
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Par Serge Federbusch.

Anne Hidalgo (crédits Philippe Grangeaud-Parti Socialiste, licence Creative Commons)

Le delanoisme – et son sous-produit du moment incarné désormais par Hidalgo – était en fait un des aspects de la bulle immobilière qui s’est formée dans Paris depuis plus de dix ans. Fort logiquement, c’est l’éclatement en cours de cette bulle qui provoquera la fin de cet épisode de parasitisme politique.

Amusons-nous à être un peu marxiste pour une fois. Plus que de savantes digressions sur la néo-classe sociale des bobos ou des analyses sur la société des loisirs ayant envahi Paris, la clé du succès du delanoisme a été une aisance financière considérable depuis le début des années 2000. Cette prospérité était due au fait que les caisses municipales étaient pleines sous Tiberi, que la dette a augmenté et les impôts locaux directs également.

Mais elle était surtout due à l’envol des droits de mutation liée à la hausse du prix de l’immobilier. Là où Tiberi disposait de 300 millions d’euros en moyenne par an, Delanoë put empocher plus de 800 millions. La différence était largement équivalente à celle du produit de la taxe d’habitation. Une vraie manne qui permit de financer sans trop de douleur pour le contribuable les dépenses clientélistes à outrance et les opérations de fête à Neu Neu qui ravissent tant les médias.

L’envol du prix de l’immobilier eut un autre effet, largement ignoré par les commentateurs politiques. Un « effet de richesse » selon la définition des économistes, c’est-à-dire le sentiment d’enrichissement d’agents qui s’estiment avantagés par une situation donnée.

Il y avait bien sûr les propriétaires n’ayant pas l’intention ou le besoin d’acheter plus grand. Mais il y avait aussi et surtout, pour les socialistes et leurs alliés, les locataires dans le parc social. Comment ne pas être content en observant que dans l’immeuble d’en face, dans le secteur privé, le mètre carré se louait trois fois plus cher que celui qu’on payait dans un immeuble de la ville ? Le sentiment de privilège était à son comble et irriguait l’esprit de nombreux logés sociaux, plus ou moins conscients du phénomène et reconnaissants à la mairie. D’où l’obsession quasi-névrotique des socialistes, à chaque conseil municipal, d’étendre le parc social par de ruineuses préemptions.

Que se passe-t-il maintenant que le prix de l’immobilier commence à décroître ? D’abord, les rentrées de droit de mutation vont baisser substantiellement, strangulant financièrement Hidalgo qui se débat dans la recherche de recettes de poche, la dernière étant une taxe poids lourd après son échec en matière de séjour hôtelier.

Mais le pire est à venir pour les socialistes : le jour où le prix des locations dans le social se rapprocheront de ceux du privé. Soudain, les écailles tomberont des yeux des électeurs/locataires sociaux/socialistes. Ils sont plus de deux cent mille à Paris, près d’un tiers du corps électoral. Ils verront que leurs immeubles sont mal entretenus, que les rues sont sales, que les impôts ont augmenté, que les festouilles sont infantilisantes, etc.

Cette prise de conscience aura du reste une dimension larvée et inconsciente.
Alors, bien plus que tous les efforts de l’opposition et des rares voix discordantes, le delanoisme apparaîtra pour ce qu’il a toujours été : une vaste mais provisoire entreprise de dilapidation clientéliste des richesses de Paris qui aura fait prendre à la ville deux décennies de retard sur les grandes métropoles internationales.

Comment disaient Montand et le Nouvel Obs il y a longtemps déjà… ? Vive la crise !


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  • Ce constat semble en effet fort juste, alors que les compromis de vente qui vont au « bout » se raréfient comme ceux qui sont signés.
    La matrice idéologique socialiste est obsolète,
    Et plombe la France depuis la révolution.
    L’éthique de conviction contre l’éthique de responsabilité (cf. Weber) ne sont même plus des enjeux pour une gauche aux abois! Il faut tout jeter: l’eau du bain, le baigneur et la baignoire, des fois qu’un nostalgique puisse, dans un siècle, être pris de romantisme!

    • Et nettoyer.

      Plus au karcher qui étalerait tout, mais au chalumeau pour stopper toutes ces moisissures.

    • Vous avez raison….et il ne faut pas oublier non plus les dettes gigantesques contractees par delanoe avant de quitter sa fonction de maire de paris…gageons que Mme Hidalgo sera dans sa grande générosité accordé des avantages fiscaux aux parisiens qui investissent dans l’immobilier comme sa consoeur Pinel http://loipinel-gouv.org/ et sa fabuleuse loi qui ne devrait pas marcher plus que la precedente duflot.

  • « Mais le pire est à venir pour les socialistes : le jour où le prix des locations dans le social se rapprocheront de ceux du privé. »

    Comme si cela avait la moindre chance d’arriver …

  • Sans assouplissement des règles de construction et baisse des APL une baisse des loyers à Paris ne me semble effectivement pas concevable.

  • Je ne comprends pas. La crise de l’immobilier va ramener Tiberi à la mairie de Paris ? Est-ce qu’on parle du « parti socialiste » ou aussi des chiraquiens et en gros tous les autres qui prônent une intervention sur l’économie et la protection de leur clientèle (avec comme seule différence de ne pas avoir tout à fait la même) ? Est-ce que les électeurs du PS sont tous dans des logements à loyer contrôlé vraiment ? Et n’y a-t-il comme programme politique possible que le clientélisme ? Je n’arrive pas à comprendre où veut en venir cet article, je n’arrive même pas à voir l’opposition au PS suggérée par le ton.

    Personnellement avec une crise de l’immobilier et de ce que je comprends de la France, de la relation des Citoyens à leurs représentants, de notre rapport à l’économie, j’aurais tendance à pronostiquer un renforcement du socialisme et des logiques clientélistes plutôt, quand bien même il y aurait un retour (éventuellement, ce n’est pas gagné) de l’UMP. Après… rien n’empêche en effet toute une classe politique de soudainement changer de comportement, à ne plus s’afficher du tout à la télévision et ne plus se faire du tout entendre à la radio, à ne proposer que des analyses longues des problèmes… etc. mais je n’y crois pas : économiquement les élus ont toujours tout intérêt à continuer à faire ce qu’ils font, le clientélisme reste rentable.

    • «  »Est-ce que les électeurs du PS sont tous dans des logements à loyer contrôlé vraiment ? «  » » Non, mais il y a fort à parier que la grande majorité des sociaux logés votent socialiste. Et comme le souligne l’auteur, les sociaux logés représentent 30% du corps électoral parisien …

      • Je ne suis vraiment pas certain que nous soyons dans une situation où l’électorat se positionne relativement à des appartenances sociales définitives. Nous allons vers toujours plus de versatilité et c’est une bonne chose. A côté de ça, franchement, est-ce que l’UMP se mettra à dos ces électeurs ? non, on le sait déjà. Les différences entre l’UMP et le PS résident surtout dans leur style de show médiatique.

  • Par respect pour le langue française, moi je dirai : Madame le maire de Paris, ou encore Madame Hidalgo… Mais LA maire de Paris (ou d’ailleurs) ça ne vous écorche pas la bouche ? A moi, si.

    • C’est bien dommage car Madame la maire, ou Madame la ministre, sont tout à fait corrects. Ce sont des noms épicènes. Avec Madame le maire, au mieux vous passez pour réac’, au pire c’est considéré comme une faute.

      • Alors, vive la réaction, et tant pis si je faute. La résistance à la connerie (généralisation des cons, par opposition aux phallocrates) passe aussi par le vocabulaire.
        Donc pas de complexes, Monsieur Robert.

      • Maire n’est certainement pas un nom épicène. Le féminin de maire est mairesse. Madame « la maire » est une faute lourde contre l’intelligence de la langue, faute aggravée par le respect bêlant d’une loi illégitime qui tente de faire croire qu’une faute serait devenue la norme. Mis à part quelques idéologues, personne ne la respecte (car une loi non respectable n’est jamais respectée). Madame « la mairesse » serait correct si on voulait à toute force féminiser la fonction, ce qui serait non seulement stupide mais hautement phallocrate, la fonction désignée ne dépendant pas du sexe. Madame « le maire » est donc la seule formulation possible pour éviter de s’embourber l’esprit dans la démagogie socialiste.

        Idem pour ministre.

        • quid de « l’auteure »! Ridicule! « Personnels » comme je l’ai déjà écrit, ou comme tous les noms communs avec la préposition « en » devant, une sorte de correspondance avec l’anglais au présent progressif;
          Entre le langage administratif, avec une pointe de novlangue, et une grossière touche de journaliste!
          on pourrait préciser…

        • Pour troller un peu, mon dictionnaire (le Lexis de Larousse) indique que la mairesse serait la femme du maire. De toutes façons c’est moche comme mot, alors on l’oublie.

    • En fait ça n’a absolument aucune importance, le français est encore une langue vivante, et il n’y a pas vraiment de décision unique possible par un quelconque maître. Si tout le monde dit « Mme la maire » et que vous dites que c’est du mauvais français alors tout le monde parlera un « mauvais » français, mais parlera quand même.

      • Pour communiquer, il faut parvenir à s’exprimer de telle sorte que votre interlocuteur accepte de vous écouter. Si vous le provoquez en torturant le langage comme les socialistes cherchent à l’imposer, votre interlocuteur méprisera votre message et vous parlerez dans le vide, dans un processus d’exclusion similaire à ce que certains de nos compatriotes des banlieues, rendus difformes par une éducation nationale en lambeaux, expérimentent au quotidien à leurs dépens. Les socialistes ont cru pouvoir nous imposer leur minable diktat langagier féministouille, en foi de quoi leur langue est déjà une langue morte, universel objet de risée.

        • Assez d’accord avec vous Cavaignac, cela fait partie de l’expression d’un peuple qui inspirera plus ou moins confiance. Le français a servi à plus d’une constitution, et en cela les français étaient respectés.
          Savoir décrire par son langage l’univers forme sa pensée, et ses analyses.

        • N’importe quoi. Vous faites bien comme vous voulez, mais tout le monde comprend, et vous-même avec. Après le snobisme… ça meurt avec les snobs. Les académiciens sont oubliés avant même leur mort, connaissant la mort de leur vivant ils s’appellent eux-mêmes « immortels », mais tout le monde s’en moque. La féministouille, les diktats… etc. justement, ça ne fonctionne pas avec une langue vivante. Pronez la mort si vous voulez, essayez d’imposer vos lois, les gens feront comme ils voudront, malgré vous.

          • le langage forme la pensée (sa précision, sa justesse,…) ce sont des points cruciaux pour Aristote, c’est vrai il est maintenant mort il y a un certain temps (322 av JC), mais il n’est pas oublié.
            La chimère de l’effort inutile abreuve tous les jours les centres commerciaux, cela n’évite ni de mourir, ni de ne rien comprendre à l’Univers!
            Comprendre l’autre, se mettre à sa place, se dépasser, s’élever y compris par le langage et la compréhension de la diversité, n’est-ce pas au fonds les seules choses qui nous restent quand on a plus rien?

            • « Mme la maire » ce n’est pas l’inutilité de l’effort, l’absence de structure grammaticale, l’impossibilité d’embrasser la complexité du monde par le langage. C’est « juste » parce que tout le monde considère que c’est juste, et les propos tenus prétendant le contraire sont de l’ordre de la mauvaise foi. Oui, moi aussi il ya des choses qui « m’arrachent » les oreilles ou la bouche, mais la langue y survivra : c’est à moi de les soigner.
              Décider que « Mme la maire » est incorrect est tout autant stupide que de décider que c’est obligatoire. Je lis des gens qui veulent considérer la langue française (et d’autres choses) comme un Temple, mais qui comprennent absolument ce qui se dit malgré tout.
              Alors évidemment on pourrait aller un peu plus loin pour analyser ce qu’il y a derrière la volonté de dire et écrire « Mme LE maire » et d’imposer cette forme, et quand même s’apercevoir qu’en effet la langue propose un modèle de la réalité. En fait « Mme LA maire » est sans doute plus juste par rapport à notre rapport actuel aux institutions, au travail, aux titres… qui n’a absolument rien à voir avec le socialisme (en fait je prétends le contraire, à savoir que cela participe plutôt d’une dynamique individualiste).

              • Vous le dites vous-même, le langage présente un modèle de la réalité.
                Il me semble que tout est là.
                Il doit y avoir autant de mondes que de perceptions humaines; pourtant pour faire société, des perceptions diverses se sont accordées sur une description donnée de l’univers, un ensemble de vues, des principes logiques et descriptifs. Ceci est rassurant et fonde donc des groupes humains ou animaux dans d’autres mesures.
                C’est en cela, à mon avis que l’individu fonde la société et non pas que la société forme l’individu.
                C’est-à-dire, l’individu n’est pas une projection de la société (Cf. Auguste Comte), mais est fondateur de la société.
                Ceci change beaucoup de choses, et justifie la défense d’un canon de langage, autour des valeurs qui ont été choisies par les efforts d’acceptation des individus qui ont fondé notre culture, petit à petit, je vous l’accorde. On peut changer des mots, ce n’est pas grave et cela arrive tout le temps, mais il est difficile d’accepter les modifications de logique, d’approches descriptives. C’est sa propre perception de sa culture qui fait que telle ou telle expression nous choque. Moins on en perçoit les structures logiques et fondamentales, moins on est choqué. C’est en cela, plus que pour des raisons pratiques de communication, que la novlangue ou ce genre d’inepties, largement diffusées par les gentils gauchistes
                qui cherchent à noyer le poisson, que le langage et sa compréhension sont cruciales.
                Donc de ce point de vue, Un maire est un maire, un père est un père!!! ahah…
                Trahir le sens des concepts pour les manipuler à sa guise est tout de même une habitude toute gauchiste! Manipuler le langage pour manipuler les humains et asseoir le pouvoir totalitaire… Voilà pourquoi comprendre en détails dans ses fondements et ses approches logiques un langage est si important, cela permet de ne pas perdre le fil de sa propre culture, et d’en aborder sereinement d’autres!

      • Je suis d’accord avec vous. Effectivement, je me suis peut-être enflammé en déclarant « maire » épicène. On peut considérer ce mot comme épicène. Ou pas. Et c’est une bonne chose qu’il n’y ait pas une règle gravée dans le marbre. J’ai une amie maire d’un petit village, je trouve respectueux de dire « la maire » en parlant d’elle. « Madame le maire » sonne misogyne à mes oreilles, mais chacun peut avoir une sensibilité différente. En tout cas, ce n’est pas parce que des noms sont féminisés pour de mauvaises raisons (égalité des sexes et tutti quanti) qu’il faut s’arc-bouter sur des usages désuets. Mairesse… Pourquoi pas ministresse…

  • Et que dire des ordures qui s’accumulent le long des voies de circulation et des bretelles d’accès en périphérie de Paris ? suis-je le seul à remarquer que les quantités augmentent ? que font les départements, la région ? pourquoi le produit de l’ancienne TIPP n’est-il plus utilisé pour entretenir la propreté du réseau ?

  • Cela fait 12 ans que la gauche est au pouvoir et les prix n’ont jamais cessés d’augmenter à Paris, alors même qu’en France l’immobilier s’écroulait (cf : http://m.lesechos.fr/redirect_article.php?id=0202517714622# ).
    Je pense que le mieux à faire pour un citoyen lambda c’est encore d’investir dans un logement neuf Pinel ( cf : http://www.la-loi-pinel.com/avantages/ ). Défiscalisation, possibilité de louer à des ascendants/descendants… De nombreux avantages. Cela me paraît plus judicieux

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