Paris : la crise immobilière qui annonce la fin du socialisme

Anne Hidalgo (crédits Philippe Grangeaud-Parti Socialiste, licence Creative Commons)

La prospérité de la maire de Paris est liée à la hausse du prix de l’immobilier, qui ne durera pas éternellement…

Par Serge Federbusch.

Anne Hidalgo (crédits Philippe Grangeaud-Parti Socialiste, licence Creative Commons)

Le delanoisme – et son sous-produit du moment incarné désormais par Hidalgo – était en fait un des aspects de la bulle immobilière qui s’est formée dans Paris depuis plus de dix ans. Fort logiquement, c’est l’éclatement en cours de cette bulle qui provoquera la fin de cet épisode de parasitisme politique.

Amusons-nous à être un peu marxiste pour une fois. Plus que de savantes digressions sur la néo-classe sociale des bobos ou des analyses sur la société des loisirs ayant envahi Paris, la clé du succès du delanoisme a été une aisance financière considérable depuis le début des années 2000. Cette prospérité était due au fait que les caisses municipales étaient pleines sous Tiberi, que la dette a augmenté et les impôts locaux directs également.

Mais elle était surtout due à l’envol des droits de mutation liée à la hausse du prix de l’immobilier. Là où Tiberi disposait de 300 millions d’euros en moyenne par an, Delanoë put empocher plus de 800 millions. La différence était largement équivalente à celle du produit de la taxe d’habitation. Une vraie manne qui permit de financer sans trop de douleur pour le contribuable les dépenses clientélistes à outrance et les opérations de fête à Neu Neu qui ravissent tant les médias.

L’envol du prix de l’immobilier eut un autre effet, largement ignoré par les commentateurs politiques. Un « effet de richesse » selon la définition des économistes, c’est-à-dire le sentiment d’enrichissement d’agents qui s’estiment avantagés par une situation donnée.

Il y avait bien sûr les propriétaires n’ayant pas l’intention ou le besoin d’acheter plus grand. Mais il y avait aussi et surtout, pour les socialistes et leurs alliés, les locataires dans le parc social. Comment ne pas être content en observant que dans l’immeuble d’en face, dans le secteur privé, le mètre carré se louait trois fois plus cher que celui qu’on payait dans un immeuble de la ville ? Le sentiment de privilège était à son comble et irriguait l’esprit de nombreux logés sociaux, plus ou moins conscients du phénomène et reconnaissants à la mairie. D’où l’obsession quasi-névrotique des socialistes, à chaque conseil municipal, d’étendre le parc social par de ruineuses préemptions.

Que se passe-t-il maintenant que le prix de l’immobilier commence à décroître ? D’abord, les rentrées de droit de mutation vont baisser substantiellement, strangulant financièrement Hidalgo qui se débat dans la recherche de recettes de poche, la dernière étant une taxe poids lourd après son échec en matière de séjour hôtelier.

Mais le pire est à venir pour les socialistes : le jour où le prix des locations dans le social se rapprocheront de ceux du privé. Soudain, les écailles tomberont des yeux des électeurs/locataires sociaux/socialistes. Ils sont plus de deux cent mille à Paris, près d’un tiers du corps électoral. Ils verront que leurs immeubles sont mal entretenus, que les rues sont sales, que les impôts ont augmenté, que les festouilles sont infantilisantes, etc.

Cette prise de conscience aura du reste une dimension larvée et inconsciente.
Alors, bien plus que tous les efforts de l’opposition et des rares voix discordantes, le delanoisme apparaîtra pour ce qu’il a toujours été : une vaste mais provisoire entreprise de dilapidation clientéliste des richesses de Paris qui aura fait prendre à la ville deux décennies de retard sur les grandes métropoles internationales.

Comment disaient Montand et le Nouvel Obs il y a longtemps déjà… ? Vive la crise !


Sur le web