Estimez-vous heureux

Le bonheur ne doit pas être remis à demain, mais pratiqué chaque jour. Notamment par l’estime de soi.

Par Baptiste Créteur.

Nombreux sont ceux qui commettent l’erreur de repousser le bonheur à demain, voire à le faire dépendre de facteurs aussi multiples que fallacieux. Trouver l’amour, avoir de bonnes notes, de bonnes évaluations ou une promotion peuvent être des objectifs louables ; mais ils ne doivent pas être perçus comme des conditions du bonheur. D’autant plus que les facteurs extérieurs ne sont pas les plus déterminants : le bonheur est avant tout une question d’état d’esprit. On choisit d’être heureux, comme on choisit d’apprendre plutôt que de savoir.

Le bonheur favorise le succès, bien plus que l’inverse. On peut toujours rêver à mieux, de meilleurs résultats, un meilleur confort. Et on peut faire toujours mieux sans être toujours plus heureux. En revanche, le bonheur rend plus créatif, plus productif, plus ouvert. Par chance, on peut choisir d’être heureux, et apprendre à être heureux. L’estime de soi peut être définie selon Nathaniel Branden comme « la disposition à se sentir compétent pour faire face aux défis élémentaires de la vie et digne du bonheur ».

Faire confiance à son esprit et savoir que l’on mérite le bonheur, voilà l’essence de l’estime de soi. – Nathaniel Branden

L’estime de soi, clé du bonheur, ne peut venir de personne d’autre que soi-même. On peut apprendre ce qu’elle est d’autrui, être inspiré par des modèles d’estime de soi ; l’estime de soi peut être nourrie et cultivée par autrui ; mais l’estime de soi ne peut venir que de soi.

Et on ne peut même pas se mesurer aux autres ; l’estime de soi, c’est la joie d’être soi, pas d’être mieux que les autres.

C’est, selon Nathaniel Branden, croire en sa capacité à apprendre et faire ce qu’il faut pour atteindre les objectifs que l’on se fixe. Et se considérer digne des résultats de nos actions.

Plus précisément, l’estime de soi se décompose d’après lui en 6 piliers (« The Six Pillars of Self-Esteem »).

Ceux qui pensent avoir assez pensé et assez appris sont sur une trajectoire négative d’inconscience croissante. – Nathaniel Branden

  • La pratique de vivre consciemment : être conscient de ce que l’on fait pendant qu’on le fait.
  • La pratique de l’acceptation de soi : être vrai vis-à-vis de ses propres idées, émotions et comportements ; être bienveillant à son propre égard ; et de façon générale être dans son propre camp.
  • La pratique de la responsabilité sur soi : assumer ses actions et prendre la responsabilité de la capacité que l’on a à être la cause des effets que l’on désire.
  • La pratique de l’affirmation de soi : traiter avec respect ses besoins et souhaits et les exprimer de façon appropriée.
  • La pratique de vivre vers un but : se fixer des objectifs et agir pour les atteindre.
  • La pratique de l’intégrité personnelle : maintenir l’alignement entre son comportement et ses convictions.

Il ne s’agit pas d’estimer que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. D’ailleurs, le bonheur, ce n’est pas cela.

Il s’agit de prendre la responsabilité et le contrôle de sa propre vie, pour devenir le meilleur soi possible ; et d’œuvrer à un monde meilleur. Un monde de possibles, un monde plus heureux ; un monde plus libre, qui laisse à l’individu plus de choix et de maîtrise sur son propre destin et sa propre vie.