Allemagne : pas d’emprunt pour 2015

wolfgang schauble credits european university institute (licence creative commons)

Les comptes publics allemands devraient être excédentaires en 2015, ce qui permettrait à l’État de ne pas emprunter… tout en remboursant ses dettes venues à échéance.

Par Jean-Pierre Chevallier.

wolfgang schauble credits european university institute (licence creative commons)

Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, vient de déclarer que l’Allemagne n’emprunterait pas en 2015, ce qui ne s’est pas produit depuis… 1969 !

En effet, les comptes publics allemands devraient être excédentaires en 2015, ce qui permettrait à l’État de ne pas emprunter… tout en remboursant ses dettes venues à échéance.

D’une part, c’est une très grande réussite de la politique très libérale menée en Allemagne, y compris par la gauche qui a été plus ou moins au pouvoir, mais d’autre part, c’est la pire des situations : celle que craignait par-dessus tout ce bon vieux Greenspan lorsque le budget de l’État fédéral était excédentaire.

En effet, pas de nouvelles dettes publiques, c’est à terme la disparition du marché obligataire public, c’est-à-dire celle des bons du Trésor à 10 ans qui sont à la base de tous les marchés.

Pas de nouvelles dettes, c’est aussi un Bund plus rare donc plus cher, donc avec des rendements plus bas, donc des taux d’intérêt très bas en Allemagne, ce qui permettra aux entreprises et aux particuliers d’investir avec peu de charges financières.

Pas de nouvelles dettes, c’est aussi la disparition du seul véritable moyen d’action dont dispose une banque centrale : celui de racheter ou de vendre des bons du Trésor (et d’en fixer les taux de base) pour moduler la croissance, comme l’a expliqué en son temps Milton Friedman.

Heureusement, les pays du Club Med (Portugal, Espagne, Italie et Grèce) fournissent une offre très abondante et en augmentation de mauvais bons, ainsi que les Américains.

Wolfgang Schäuble aurait l’intention d’essayer de faire comprendre les bases de l’économie libérale à notre Michel Sapin (de Noël). Il a manifestement du temps à perdre.


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