Allemagne : pas d’emprunt pour 2015

Les comptes publics allemands devraient être excédentaires en 2015, ce qui permettrait à l’État de ne pas emprunter… tout en remboursant ses dettes venues à échéance.

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Allemagne : pas d’emprunt pour 2015

Publié le 11 septembre 2014
- A +

Par Jean-Pierre Chevallier.

wolfgang schauble credits european university institute (licence creative commons)

Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, vient de déclarer que l’Allemagne n’emprunterait pas en 2015, ce qui ne s’est pas produit depuis… 1969 !

En effet, les comptes publics allemands devraient être excédentaires en 2015, ce qui permettrait à l’État de ne pas emprunter… tout en remboursant ses dettes venues à échéance.

D’une part, c’est une très grande réussite de la politique très libérale menée en Allemagne, y compris par la gauche qui a été plus ou moins au pouvoir, mais d’autre part, c’est la pire des situations : celle que craignait par-dessus tout ce bon vieux Greenspan lorsque le budget de l’État fédéral était excédentaire.

En effet, pas de nouvelles dettes publiques, c’est à terme la disparition du marché obligataire public, c’est-à-dire celle des bons du Trésor à 10 ans qui sont à la base de tous les marchés.

Pas de nouvelles dettes, c’est aussi un Bund plus rare donc plus cher, donc avec des rendements plus bas, donc des taux d’intérêt très bas en Allemagne, ce qui permettra aux entreprises et aux particuliers d’investir avec peu de charges financières.

Pas de nouvelles dettes, c’est aussi la disparition du seul véritable moyen d’action dont dispose une banque centrale : celui de racheter ou de vendre des bons du Trésor (et d’en fixer les taux de base) pour moduler la croissance, comme l’a expliqué en son temps Milton Friedman.

Heureusement, les pays du Club Med (Portugal, Espagne, Italie et Grèce) fournissent une offre très abondante et en augmentation de mauvais bons, ainsi que les Américains.

Wolfgang Schäuble aurait l’intention d’essayer de faire comprendre les bases de l’économie libérale à notre Michel Sapin (de Noël). Il a manifestement du temps à perdre.


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  • Les allemands vont être bien embêtés, ils ne vont plus pouvoir critiquer la finance internationale, ils n’en ont plus besoin.
    Qu’en pense Montebourg?

  • Faut pas exagérer. Le stock de dette public allemande cesse juste de croitre, mais il reste suffisant pour faire vivre un marché obligataire pendant un siècle.

    • Non. Quand on parle des dettes publiques qui hypothèquent l’avenir de nos enfants, c’est rigoureusement faux. En cas d’augmentation des taux, le mur budgétaire nous explose à la figure très rapidement. La dette européenne ayant la maturité moyenne la plus longue (pour un grand pays) est, de mémoire, la Grande Bretagne, aux alentour de 14 ans. La maturité moyenne de la dette française est inferieure à 8 ans. En Allemagne, la réduction de la dette est d’autant plus impérative que l’évolution démographique est une menace réelle pour l’avenir. Enfin, et ceci est une remarque purement culturelle : En allemand, endetté et coupable sont des mots qui ont la même racine…

      • Pourquoi « non » ? ai-je dit le contraire de vous ?

        Ah oui, tient : vershuldet, shuldig. Le tout dérivé de schuld : responsable (au sens de : cause).

        « En Allemagne, la réduction de la dette est d’autant plus impérative que l’évolution démographique est une menace réelle pour l’avenir ». Bof, bof. Vis-à-vis de l’extérieur, l’Allemagne a une énorme cagnotte, fruit de ses excédent commerciaux cumulés. L’évolution démographique est un problème inter-générationnel, avec bien sûr des implications économique, mais pas fondamentalement grave et encore moins insoluble : ce qui compte c’est le PIB par tête, pas le PIB total.

      • Verschuldung ( dette) et Schuld pour culpabilité …donc racine Schuld !!!

    • Vrai. Mais ce n’est pas si mal qu’il cesse de croître, car sa relative rareté augmente son prix, donc baisse son coût pour l’Etat allemand. Pour l’instant, l’Obèse français profite de la vertu allemande pour faire des économies sur le service de la dette.

      Les « bons du Trésor à 10 ans qui sont à la base de tous les marchés » : voilà exposé le vice fondamental du système financier actuel, vecteur de la crise. On n’en sortira qu’après avoir mis fin à cette situation absurde, dans laquelle les bons publics sont considérés comme les plus sûrs alors qu’il s’agit des placements les plus risqués qu’on puisse imaginer.

  • Steffan Zweig parle du grand mensonge de la civilisation occidentale supérieure au début du siècle, qui cachait tous ses vices sous le tapis de l’apparence raisonnable.

    La cause profonde de la modération actuelle est sans doute que l’Allemagne a mis un rien plus de distance entre elle et son passé désastreux « d’empire colonial » (dont les dérives furent aussi plus marquantes).

    Alors aujourd’hui heureusement oui, vous remarquerez que sa domination industrielle est moins une « question d’honneur national » qu’elle ne l’est restée en France.

    En France et Co. on s’accroche encore davantage au rêve de reconstruire un empire colonial à tout prix, juste pour la statistique, juste pour une journée … voire même à crédit, et au prix de la ruine de l’épargnant.

    • Schirren , ,

      Le désastreux empire colonial allemand ( 1875 – 1914 …) , il ne faut quand même pas exagérer !!!

      • Pensez vous vraiment que l’invasion de la Belgique et de la France en 1914 avec premières utilisation d’armes chimiques puisse être relativisée vis à vis des conséquences?
        Ne parlons même pas des millions de morts, de la défaite de 18, de l’hyperinflation qui fut imposé à sa population ruinée et ensuite de l’amer esprit de vengeance qui ramena Hitler au pouvoir À la tête de criminels sanguinaires – lesquels se voyaient terminer le travail de Guillaume en Europe (et contre le libéralisme) pour fonder l’empire millénaire.
        Même la domination communiste (« anti-impérialiste ») fut une conséquence directe de 14, jusqu’en 89.

        Je ne crois donc pas tant exagérer.
        Vous semblez attribuer le succès industriel de l’Allemagne à son histoire impérialiste jusque 14. Mais en comparaison les Etats-Unis se développaient non moins brillamment sous la doctrine Monroe.

        Si ceci n’est pas un désastre, expliquez le nous!

  • Pourquoi j’ai l’impression que les cigales de la zone euro et la commission vont exiger que l’Allemagne fasse du déficit sous prétexte que ça crée de la déflation ?

    • Ils peuvent toujours exiger, faire plein de moulinets avec leurs petits bras gourds. A la fin, celui qui n’a plus de dettes est souverain tandis que les endettés doivent s’exécuter piteusement s’ils veulent sauver leurs miches.

  • Merci d’être fidèle au texte svp : Schäuble plant Haushalt ohne neue Schulden ab 2015.
    NEUE :PAS DE NOUVELLES DETTES DONC.

    http://www.welt.de/politik/deutschland/article125567155/Schaeuble-plant-Haushalt-ohne-neue-Schulden-ab-2015.html

    Extrait de votre billet :

    « En effet, les comptes publics allemands devraient être excédentaires en 2015, ce qui permettrait à l’État de ne pas emprunter… tout en remboursant ses dettes venues à échéance. »

    Idem, faut pas exagérer ! La nouvelle est salutaire, ce n’est pas la peine de la travestir.
    L’allemagne va rouler sa dette.

  • Les commentaires sont fermés.

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Paraphrasons : personne ne sait comment fabriquer un comprimé de Doliprane…

Hier, le grand Milton Friedman prenait l’exemple du crayon jaune, afin d’exposer sa vision du libéralisme.

https://www.youtube.com/watch?v=SDUB4Pw39sg

 

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