L’aveuglement français

Aveuglée par son manque de culture économique, notre classe politique ne peut entamer les réformes nécessaires.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
imgscan-contrepoints-aveuglement

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

L’aveuglement français

Publié le 8 septembre 2014
- A +

Par Jean-Louis Caccomo

« Nous courons sans souci dans le précipice, après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir. » — Pascal, Pensées.

imgscan-contrepoints-aveuglementQuand j’ai intitulé mon dernier livre « Le modèle français dans l’impasse », je ne croyais pas si bien dire et j’aurais sincèrement préféré me tromper. Mais cet essai – qui n’a pas une prétention scientifique – est aussi le produit d’une réflexion qui m’anime depuis plus d’une décennie à l’instar de mes chroniques reprises sur les différents sites (Québécois Libre, Contrepoints, Atlantico, Gold Page).

J’ai passé les trois quarts de ma vie dans un pays où les gouvernements fraîchement élus nous annonçaient que la crise était derrière nous. On se souvient encore de la fameuse phrase du président Giscard d’Estaing : « Je vois le bout du tunnel ». De la même manière, on a vu la cote de popularité de chaque président élu dans l’euphorie s’écrouler quelques mois après sa prise de fonction, faute d’avoir accompli les inévitables réformes que tous les autres grands pays ont faites depuis longtemps. Enfin, chaque année, on nous assène que « la rentrée sera difficile ». Mais comment cela pourrait-il en être autrement puisque tout est mis en œuvre pour dépecer notre appareil productif et faire fuir le capital humain en étouffant l’économie, la seule source de création de richesses.

Comment peut-on continuer à avoir la prétention de distribuer des richesses quand on affaiblit le moteur de la production de ces mêmes richesses ? Il est quand même stupéfiant de constater, qu’en 2014, le fait que le ministre du travail se propose de « contrôler les chômeurs fraudeurs » ou que le premier ministre annonce devant le MEDEF qu’il « aime les entreprises » provoque un tollé et fasse la une de la presse dithyrambique. C’est pourtant tellement basique pour qui possède quelques connaissances élémentaires de l’économie.

Dans ce contexte délétère, les partis de gouvernement (PS, UMP) sont eux-mêmes dans un état de crise profonde, ce qui fait l’affaire des partis extrêmes dont l’ascension prévisible et inévitable n’augure rien de bon pour notre pays. Mais l’histoire montre toujours que, lorsque les partis parlementaires sont déficients, les institutions démocratiques sont fragilisées, ce qui fait le terreau de la montée des partis populistes.

À l’instar d’un pays, quand une entreprise est mal gérée, elle fera l’objet d’un redressement drastique. Mais comment des partis politiques qui ne savent pas se redresser, ni se gérer eux-mêmes, pourraient-ils prétendre redresser et gérer tout un pays aussi mal en point que le nôtre ? Même si je l’ai déjà dit à d’autres occasions, le manque de culture économique de notre classe politique est consternant et provient certainement du fait que la grande majorité du personnel politique n’a jamais eu à gérer une entreprise, n’étant jamais soumise à aucune obligation de résultat. Immanquablement, et malgré les alternances, il conduit la France vers la faillite.


Sur le web.

Voir les commentaires (16)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (16)
  • jeux de pouvoir et manipulation mentale en est la règle.
    Existera t’il une guerre en France ?

    cordialement le

    • qu’est ce que le social ?
      Un logement est forcément social. Les logements sociaux ainsi définis sont réservés aux petits revenus non imposables
      Lorsque je vois le montant du coût de la construction annoncée Ca me fait peur .

      • Le logement social c’est le clientélisme socialiste dans toute sa splendeur. On arrose les entreprises des copains du pouvoir, on surfacture dans tous les coins et ça permet de détourner l’argent des « pauvres » pour les riches qui copinent avec le pouvoir politique (qui en profite également) puissent se loger à leurs frais .

  • Ce n’est même pas de l’expérience de la direction d’une entreprise dont manquent nos « dirigeants », c’est tout simplement de l’expérience d’un comptable, qui sait, à tout moment, combien d’argent rentre et combien sort des caisses de son « patron ». Mais comme ces ignorants ne savent pas compter, c’est au-dessus de leurs forces. Tous les ministres qui se succèdent constatent au bout de quelques mois que leurs dernières prévisions étaient éronnées. Voir, aujourd’hui, Zayrault qui découvre que ses calculs pour les retraites des fonctionnaires sont fausses: même LEURS retraites, ils ne savent pas les calculer. Un comble!

  • Les politiciens franchouilles se moquaient de Reagan et Thatcher mais eux connaissaient les mécanismes de base de l’économie qui leur ont permis de redresser leurs pays respectifs.

    Quand on voit ce qu’est devenu le Chili, faut croire que Pinochet était meilleur en économie que toutes ces grosses tanches sorties de l’ENA.

    • Yep, et David Cameron au Royaume-Uni a su gérer l’économie à merveille via baisse des dépenses, réforme du Welfare State et hausse de la compétitivité qui permet au pays d’avoir une économie qui carbure, bien loin devant la France et l’Allemagne.

      Aux US les héritiers de Reagan et de sa volonté ont aussi permis aux Etats qu’ils contrôlent d’avoir un vrai boom économique (Texas, Dakota du Nord, Oklahoma..) ou de se remettre rapidement de la crise (vraie renaissance en Floride).

      La recette est connue, au travail maintenant 🙂

    • bien dit , un peu vertement …. mais il est vrai qu’on peut être excusé de perdre la patience devant tant d’irresponsable arrogance

  • pas sûr que ce soit qu’un problème de compétence économique : c’est aussi un problème de mandarinat et d’accaparement du pouvoir.
    Accepter le libéralisme économique, cela signifie que l’Etat rend du pouvoir : inconcevable, inacceptable pour nos énarques que l’on retrouve dans la haute fonction publique, les médias, le cac 40…

    • Tout à fait : la redistribution et la dépendance sont le fondement de leur pouvoir. Le socialisme est un esclavagisme.

    • Problème de « mandarinat » sans aucun doute pour l’ensemble des partis politiques.

      Mais aggravé pour les socialistes par l’axiome que le « privé » est le mal, ce qui les tétanise et les empêchent de lever le pied même quand ils se rendent compte qu’ils vont droit au mur.

  •  » Il est quand même stupéfiant de constater, qu’en 2014, le fait que le ministre du travail se propose de « contrôler les chômeurs fraudeurs » ou que le premier ministre annonce devant le MEDEF qu’il « aime les entreprises » provoque un tollé et fasse la une de la presse dithyrambique. C’est pourtant tellement basique pour qui possède quelques connaissances élémentaires de l’économie. »

    Au sujet des « chômeurs fraudeurs » une connaissance élémentaire du fonctionnement de pole emploi suggère que ce serait soit complètement inefficace, soit un outil un outil pour radier les personnes de manière à peu près aléatoire (évaluer si une personne cherche vraiment un emploi est très subjectif).

    Au sujet des entreprises, la phrase n’a rien de choquant mais les entreprises ont plus besoin de réformes efficaces de l’état que de l’amour du premier ministre.

  • Incompétence je ne crois pas réellement , c’est notre faute à tous on à tous été content de profiter du système eu disant c’est pas moi c’est l’autre trop facile d’accusé les politiques alors qu’on les as nous meme crées et mis sur le podium de droite comme de gauche.
    Comment voulez vous qu’un fonctionnaire puissent ce rendre compte du problème d’une entreprise, c’est impossible. Non le problème ira en empirant jusqu’à la faillite du système comme la Grèce, j’en suis convaincus, il ne se passera rien de rien avant 10 ans (en étant optimiste). et ou au moment ou ces fameux fonctionnaires ne pourrons plus être payé, ils quitteront le navire et la ça sera la débandade.

    Franchement croyez vous qu’un seul de ces politiques aient le courage de réformer, aucun ne veut provoquer les français de réformettes en réformettes jusqu’à la faillite complète et la fermeture des robinets par les banques et l’implosion se fera.

    Les recettes ils les ont tous mais le courage leur manque ou plutôt l’influence est trop forte et le lobbing des uns et des autres occultent la vraie solution.

    Non non il ne se passera rien tant que nous les paieront à crédit ….

  • Il me semble bien que c’était Chirac alors 1er ministre qui voyait « le bout du tunnel » (non le président Giscard). Voir également la Une très imagée de Charlie Hebdo de l’époque.

  • Il ne faut pas sous-estimer le manque de culture économique d’une bonne partie de la population française (pour diverses raisons), et sur laquelle les politiciens s’appuient.

  • il faut lire « La France injuste : 1975-2006 : pourquoi le modèle social français ne fonctionne plus » de Timothy Smith qui est social démocrate, celui ci démontre comment le modèle social francais loin d’être redistributif envers les plus pauvres sert à certaines catégories de personnes (notamment les fonctionnaires). Cet ouvrage démontre, dans une perspective de centre gauche, que le modèle français est : premièrement, de manière générale, non redistributif envers les pauvres ; deuxièmement, il est lui-même la cause principale du chômage ; troisièmement, il est injuste pour les jeunes, les femmes, les immigrés et leurs descendants ; enfin, quatrièmement, il est intenable financièrement.»

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

En cette période charnière pour l’avenir de la France, nous ne demandons pas à un Président d’être intelligeant, charismatique ou empathique mais tout simplement d’être courageux !

Le mal français est bien identifié

Ce n’est pas la peine de refaire un état des lieux à chaque nouveau quinquennat. Nous connaissons tous les travers de notre pays et ceci depuis plus de 20 ans :

Un pays hyper-endetté

Au début des années 2000, l'endettement était encore conforme aux critères de Maastricht qui l'exigeait en dessous de 60 % du PI... Poursuivre la lecture

Peut-on encore faire dérailler le train qui nous conduit sur la route de la servitude ? À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, même les plus optimistes des intellectuels libéraux doutent. Tout paraît joué d’avance, et le candidat qui remportera la mise prévoit d’appliquer un programme qui de toute façon sera aux antipodes de l’esprit du libéralisme.

Cette année, l’offre politique est globalement assez pauvre et aucun programme ne propose de réforme suffisamment courageuse et originale pour créer l’adhésion plein... Poursuivre la lecture

Compte tenu des informations éventuellement à disposition au sujet de l'élection présidentielle, il semble qu’il n’y aura pas de changement important des politiques françaises, quel que soit le candidat qui sera élu et quels que soient les élus du Parlement. Ce qui serait souhaitable serait d’obtenir des réformes permettant de donner au libéralisme une place beaucoup plus grande en France.

En effet, la France est un des pays du monde où le montant des impôts et des dépenses publiques est le plus élevé. Et par ailleurs il semble qu'elle... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles