« Meurtre à Sciences Po » de Suzanne Azmayesh

Dans ce roman policier divertissant, l’auteur dresse un portrait un tantinet satirique du microcosme de Sciences Po.

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« Meurtre à Sciences Po » de Suzanne Azmayesh

Publié le 7 septembre 2014
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Par Francis Richard.

sciences-po-azmayeshSciences Po est, faut-il le rappeler, une grande école française, très sélective, qui forme bien sûr des professionnels de la fonction publique, mais aussi des professionnels de la recherche et de l’entreprise. Couvrant 5 années d’études, 3 années de diplôme de collège universitaire (la troisième année de ce cursus se déroule obligatoirement hors de France) et 2 années de diplôme de master, Sciences Po compte 12.000 étudiants, les Sciences-pistes, répartis sur sept campus, dont le célèbre campus parisien du 27 rue Saint-Guillaume.

Les protagonistes du roman de Suzanne Azmayesh, comme le titre et la couverture le laissent supposer, Meurtre à Sciences Po, sont des Sciences-pistes de Paris et, comme il y a meurtre, on peut ajouter à ces protagonistes, pour faire bonne mesure, le commissaire chargé de l’enquête, le directeur de l’école et un suspect surnuméraire, qui sort avec l’un de ces étudiants.

Les sciences-pistes, Nadège Ramz, Astrid Meller, Séraphin Tellessme, Roxane White (de nationalité américaine), Arthur Blondelle et Basile Martineau (de nationalité suisse), sont tous en dernière année. Officiellement, « pour une soirée de retrouvailles avant la remise des diplômes », ces étudiants se réunissent pour dîner chez l’un d’entre eux, en l’occurrence chez Astrid, dans son appartement de la rue de Babylone, à deux pas de la Pagode. Officieusement, cette soirée est « un stratagème » qui doit permettre à Nadège, amie d’Astrid, de reconquérir Séraphin et d’empêcher son mariage avec Roxane…

D’être élève d’une grande école huppée et célèbre ne signifie pas en effet que l’on soit un pur esprit, préoccupé par ses seules études. Ainsi Arthur, bien que sortant avec Rose, qui est d’un naturel jaloux, est venu sans cette dernière, alors que c’est un ex de Nadège, laquelle est toujours amoureuse de Séraphin, lequel est surtout intéressé par la galette de Roxane, fille de milliardaire. Astrid en veut à Nadège d’avoir été évincée du trio d’amis qu’elles formaient avec Basile etc.

Vers 22 heures 30, les convives se trouvent curieusement à bout de conversations. Comme il est encore trop tôt pour se séparer, ils décident d’organiser un jeu. Après discussion ces grands enfants optent pour un jeu de cache-cache, toutes lumières éteintes. Les chercheurs sont Arthur, Astrid et Séraphin, et ceux qui se cachent, Nadège, Roxane et Basile. Après avoir compté jusqu’à cent sur le balcon, les chercheurs se mettent à rechercher les cachés. C’est ainsi que Séraphin découvre dans la cuisine le cadavre de l’histoire : « C’était Nadège, contre le frigo. Un couteau dans la nuque, elle semblait déjà morte. »

L’enquête de police sur cette mort est menée par le commissaire Maximilien Zérangue. Comme dans les romans d’Agatha Christie, il rassemble tous les détails qui comptent sur les cinq suspects de la soirée, auxquels, en cours d’investigation, s’ajoutera un sixième. À la fin du livre, toujours comme dans les romans dont le héros est le belge Hercule Poirot, il réunit tous les suspects pour, arguments à l’appui, désigner parmi eux le coupable, après élimination des coupables potentiels.

Au-delà de ce whodunnit très bien monté – chaque suspect a les moyens, le motif et l’opportunité de commettre le meurtre (ou l’assassinat ?), et le lecteur, comme de juste, ne découvre le coupable qu’à la fin –, l’auteur dresse un portrait un tantinet satirique, très bien documenté, du microcosme de Sciences Po et de ceux qui y gravitent, avec leurs ambitions et leurs travers… C’est à la fois divertissant, bien vu, et instructif…

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