Gouvernement Valls : pourquoi la Macron économie, ça ne marchera pas !

dinosaure credits windy 234 (licence creative commons)

Après s’être affiché ennemi de la finance, voilà François Hollande ami des patrons. Quel crédit accorder à ses multiples retournements ?

Par Nicolas Nilsen.

dinosaure credits windy 234 (licence creative commons)

En bon idéologue, Hollande est persuadé que les dinosaures qui couraient au bord des falaises se voyaient pousser des ailes au moment où ils allaient être précipités dans le vide. Forcément, les meilleurs doivent survivre – et donc en premier lieu les socialistes puisqu’ils veulent le bien du peuple et qu’ils sont la garantie joyeuse de lendemains qui chantent… Le marxisme ne l’avait pas prévu, mais pour les adeptes de la théorie de l’évolution, la nature doit faire pousser des ailes aux dinosaures périmés au moment où ils risquent de disparaître.

Pour Hollande c’est pareil : avant que tous les clignotants ne passent au rouge, il était profondément socialiste (rappelez-vous le discours du Bourget et « mon ennemi c’est la finance »)… Maintenant, il est résolument social-démocrate : « regardez mes pattes, je suis souris » nous avait-il dit. Puis, voyant la déroute annoncée : « regardez mes ailes, je suis oiseau ! » Le problème, évidemment, c’est que le darwinisme et la théorie de l’évolution, ça ne marche pas en économie ! L’arrivée d’Emmanuel Macron n’y changera rien. Valls continue de rejeter la rigueur – qu’il s’obstine à appeler « austérité ». Ils refuseront de diminuer les dépenses qu’ils financeront par le déficit et la dette. Et la France s’écroulera. Aussi simple que ça.

La cause première du mal : l’État-dinosaure

Pendant deux ans – soi-disant pour faire revenir la croissance et le bonheur sur le pays – Hollande et son gouvernement ont boursouflé l’État-dinosaure. Au départ, disons qu’on partait d’une situation comme dans l’image ci-dessous. [NB : je mets un “K” à État (un « K » comme Kafka) pour garder le « E » pour les entreprises].

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Dans cette configuration, où l’État n’écrase pas encore tout avec ses grosses pattes, les entreprises et les particuliers peuvent encore s’en sortir et financer la croissance (et rembourser la dette qui est la grosse boule noire).

L’État a littéralement saigné à blanc l’économie

Pour continuer obstinément à faire croître des dépenses de l’État que tout le monde, même la Cour des Comptes, lui demandait pourtant instamment de diminuer, Hollande a choisi d’alourdir encore le mammouth, en prélevant massivement sur la richesse des Français : il a tapé sur les riches qu’il n’aimait pas ; il a tapé dans la poche des contribuables, qu’il a criblés d’impôts ; il a fracassé les entreprises, qu’il considérait non comme des agents économiques créateurs de richesses mais comme des tirelires devant financer l’État et lui apporter l’argent de poche nécessaire à ses interventions.

Vous avez tous vu ce que ça a donné : les particuliers et les entreprises ont été littéralement ratiboisés au moment précis où il aurait fallu qu’ils aient de l’argent disponible pour s’en sortir. Bilan : les défaillances d’entreprises n’ont jamais été aussi élevées et on a 6 millions de chômeurs. Hollande était le seul à croire qu’il allait vider Pôle emploi en multipliant les emplois « d’avenir » et les emplois aidés portés à bout de bras par le contribuable… ou qu’il allait séduire les investisseurs étrangers en installant un « comité supérieur de l’attractivité ». Comme s’ils allaient revenir pour financer un État aussi pesant, obèse et dispendieux !

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Gonfler l’État en écrabouillant les contribuables et les entreprises [image ci-dessus], ça ne pouvait évidemment pas marcher et le pays s’est donc enfoncé encore plus profondément dans la crise. Mais surtout la pression fiscale et les taxes ont tué la poule aux œufs d’or : les défaillances d’entreprises se sont multipliées ainsi que les plans sociaux : pas de croissance et des chômeurs en plus. Bravo la relance keynésienne !

Les contribuables ont eu beau exprimer leur ras-le-bol fiscal, rien n’y a fait. Pendant deux ans, Hollande, Ayrault et ses ministres interventionnistes ont continué à ponctionner l’épargne des Français, à la détourner des investissements productifs et à dilapider leur argent dans les caisses trouées d’un État-Providence endetté jusqu’à la gorge. Il aurait fallu des plans drastiques d’économie à tous les niveaux mais rien n’a été engagé pour dégonfler l’État, diminuer son périmètre, réduire ses missions, mettre un terme à sa bureaucratie…

Abracadabra : regardez, je vole !

Après avoir mis deux ans à ouvrir les yeux, Hollande nous annonce maintenant, avec un aplomb incroyable, qu’il a changé : abracadabra !

Avant, le socialiste qui détestait la finance nous disait : « regardez mes pattes, je suis souris ! » Maintenant le social-démocrate nomme Emmanuel Macron et nous dit : « regardez mes ailes, je suis oiseau ! » Tout comme la théorie de l’évolution, cet homme est magique : il aime subitement les riches, il est devenu un adepte de la théorie de l’offre, il aime les banquiers, il adore les entreprises, il va diminuer les dépenses, il va baisser les impôts, il va faire que le pays soit à nouveau attractif pour les investisseurs étrangers. Etc. Bref, il va faire exactement le contraire de ce qu’il a fait depuis son arrivée.

Le problème, c’est qu’en économie ça ne marche pas comme ça. C’est comme avec le dentifrice : une fois que la pâte est sortie du tube, on a beau se dire « zut, je n’aurais pas dû presser aussi fort », c’est trop tard : on ne peut plus la faire rentrer !

Avec le « changement » de Hollande c’est exactement pareil. Une fois qu’on a tué la poule aux œufs d’or, on ne peut plus avoir les œufs. Il a choisi de casser les œufs et maintenant c’est râpé pour les prochaines omelettes !

Il aurait fallu du courage mais hélas seuls les grands hommes d’État l’ont

macron économie René Le Honzec (2)Ce qu’il fallait faire, c’est très exactement l’inverse : il fallait en premier, et de façon continue et déterminée, diminuer le poids de l’État, reconsidérer son périmètre, sa place et son rôle dans la société, alléger le millefeuille bureaucratique, supprimer des préfectures, supprimer des régions, supprimer des paquets entiers de ministères, supprimer des directions départementales, supprimer des dizaines de comités théodule… bref faire des économies structurelles.

Hollande n’a pas compris cela et il ne pouvait d’ailleurs pas le comprendre puisqu’il est persuadé que l’État est la solution alors qu’il est de toute évidence le problème. Il aura donc fait perdre deux ans à la France en ponctionnant les entrepreneurs et les contribuables. Car maintenant que les entreprises sont à plat et les particulier exsangues, tout est évidemment beaucoup plus difficile : il n’y a plus d’argent nulle part. Les Français se demandent comment ils vont financer leur retraite, et les caisses de l’État sont vides : tout est parti en fumée dans des interventions étatiques funestes ou des opérations guerrières intenables…

Diminuer l’État au lieu d’écrabouiller les Français !

Ce qu’il fallait faire ? Diminuer massivement le poids et la charge de l’État évidemment. Quand je vois cette image, je suis pris d’une colère noire tellement ça crève les yeux qu’il fallait commencer par diminuer l’État au lieu d’écrabouiller les particulier et les entreprises :
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Et du coup je vous remets les deux images côte-à-côte pour que vous n’ayez pas à scroller et puissiez comparer ce qui a été fait avec ce qu’il aurait fallu faire. Et surtout pour que vous commenciez à astiquer vos fourches !

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À gauche, ce qu’ils ont fait (toute la richesse est partie en fumée). À droite, ce qu’il fallait faire (laisser la richesse se développer et ne pas la réquisitionner dans les grosses pattes poilues de l’État !)


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