La grosse arnaque des crèmes solaires

Armure de crème solaire CC Nicolas S.

Toutes les crèmes solaires contiennent des anti-inflammatoires et ne protègent que très peu – voire pas du tout – des UV.

Par Jacques Henry

Armure de crème solaire CC Nicolas S.C’est bientôt la fin de l’été et malgré l’usage continu et méticuleux de crèmes solaires d’autant plus coûteuses qu’elles sont supposées mieux protéger l’épiderme des brûlures, le nombre de cancers de la peau ne diminuera pas pour autant. Ce n’est qu’une constatation faite chaque année après les vacances et il faut entrer dans les détails pour comprendre que les crèmes solaires sont une véritable vache à lait pour les cosméticiens qui ne s’encombrent pas de principe déontologiques tangibles dans ce domaine, pourvu qu’ils réalisent de massifs profits. Tant pis pour les imprudents qui se sont exposés inconsidérément au soleil : un beau mélanome est un magnifique souvenir de vacances, dont la dangerosité est élevée !

Les crèmes solaires ont fait leur apparition dans les années 30 et leur but initial était d’aider le bronzage qui est une réaction naturelle de la peau pour se protéger elle-même des rayons ultra-violets solaires en produisant de la mélanine. Puis les cosméticiens s’intéressèrent pour des raisons mercantiles à des additifs pouvant contrecarrer les effets de ces rayons UV mais les formulations étaient trop légères pour réellement atteindre une protection efficace. Tout au plus, une fraction des UVB était neutralisée par un processus photochimique complexe et mal compris. Dans les années 80, une crème solaire (Bergasol) contenant un extrait de bergamote supposée protéger des UV fit scandale car, sous l’action de ces UV dont elle était censée protéger les adeptes des bains de soleil, ces derniers souffraient subitement de graves réactions allergiques ! L’affaire fit grand bruit et les régulateurs se penchèrent sur ce problème hautement stratégique commercialement avec le développement des congés payés et l’attirance atavique pour le soleil.

Il fut décrété des normes strictes mettant en place une sorte de règle du jeu consistant à introduire le fameux facteur de protection contre les UV. Le test en est simple : une peau non protégée sera « brûlée » en 15 minutes, en d’autres termes elle deviendra caractéristiquement rose quelques heures  après cette exposition expérimentale de 15 minutes aux UV. Protégée par une crème contenant une formulation de protection de 10, il faudra 150 minutes pour qu’elle commence à rosir de manière caractéristique et, avec un facteur 30, 450 minutes soit trente fois 15 minutes.

Pour le moment tout semble baigner dans la crème mais ce n’est pas tout à fait comme ça que les choses se passent en réalité. Les produits « réellement » protecteurs contre les UV sont en effet coûteux et parfois dangereux, et les cosméticiens ont contourné allègrement le problème puisque tout est basé sur ce test visuel tellement simple qu’il suffit de le biaiser. Pour prévenir ou retarder l’inflammation cutanée, le premier signe du « coup de soleil », c’est-à-dire l’apparition de rougeurs, il suffit d’introduire des anti-inflammatoires dans les crèmes ; peu importe que ces crèmes soient protectrices ou non, l’ADN des cellules du derme a toujours autant de chances d’être gravement endommagé ! Qui plus est, la plupart des produits supposés protéger des UV sont également, curieuse coïncidence, peu ou prou des anti-inflammatoires, salicylates, benzophénones et autres cinnamates…

Enfin, il existe, parait-il, des crèmes avec un facteur de protection de 50. Autant dire que ce n’est qu’un argument marketing frauduleux car elles contiennent des oxydes de titane ou de zinc, pas toxiques en eux-mêmes mais totalement inefficaces contre les UV et présentant curieusement des propriétés anti-inflammatoires. Les cosméticiens sont donc directement responsables des cancers de la peau en vendant des produits totalement inefficaces dont ils ont truqué les propriétés pour qu’elles soient conformes aux tests complètement bancals qu’ils ont eux-mêmes fait admettre aux régulateurs. Un véritable scandale ! Les curieux peuvent lire l’article de PlosOne (en anglais) qui date un peu mais rien n’a changé à l’horizon de la malhonnêteté de l’industrie cosmétique dans son ensemble : toutes les crèmes solaires contiennent des anti-inflammatoires et ne protègent que très peu ou pas du tout des UV, point barre.

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Source : PlosOne (DOI: 10.1371/journal.pone.0046187)


Sur le web. Texte mis à jour le 25.08 à 09:43.