L’esclavage, entre mémoire et histoire

Le dernier livre d’Olivier Pétré-Grenouilleau se présente comme une introduction à l’histoire des esclavages. Retour historique sur une question terriblement actuelle.

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Olivier Pétré grenouilleau

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L’esclavage, entre mémoire et histoire

Publié le 19 août 2014
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Par Jean Sénié.

Olivier Pétré grenouilleauSolomon Northup, joué par l’acteur Chiwetel Ejiofor « vit dans l’État de New York, s’habille comme les bourgeois blancs qu’il fréquente et savoure, avec femme et enfants, sa renommée naissante de musicien. D’où sa stupéfaction de se retrouver, soudain, victime d’un piège ourdi en Louisiane par deux tristes sires et plongé dans un cauchemar qu’il pensait réservé aux autres. Un corps, il n’est plus que ce corps anonyme sans la moindre parcelle d’âme, balancé d’une plantation l’autre, selon les revers de fortune de ses divers propriétaires. Son calvaire va durer douze ans, de 1841 à 1853… »1.

Ces douze années le voient accomplir un travail physique épuisant, le corps violenté à l’occasion par les lacérations des coups de fouet. Il s’agit pour le cinéaste de rattraper une injustice puisque « la Seconde Guerre mondiale a duré cinq ans, mais il y a des centaines et des centaines de films sur cette guerre et sur l’Holocauste. L’esclavage a duré quatre siècles, mais moins de 20 films y sont consacrés. ». Il n’est toutefois pas anodin que ce soit justement la figure d’un Afro-américain réduit en esclavage de manière inique dans les champs de coton que le cinéaste ait choisi. Cela correspond à une certaine vision de l’esclavage, partielle et de ce fait incomplète.

C’est justement contre ces représentations trop simplistes ou plutôt, contre la tentative de faire de celles-ci une histoire officielle que s’élève l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau dans son dernier livre, Qu’est-ce que l’esclavage ? Une histoire globale.

Une œuvre au long cours

Ce n’est pas la première fois que l’historien s’intéresse aux questions liées à l’esclavage. Il avait déjà signé un ouvrage important en 2004, Les Traites négrières. Essai d’histoire globale, qui avait donné lieu à une polémique2 et à un procès dont la plainte avait finalement été retirée3. D’autres ouvrages ont suivi dont Abolir l’esclavage. Un réformisme à l’épreuve (France, Portugal, Suisse, XVIIIe-XIXe siècles), et un très utile dictionnaire, intitulé Dictionnaire des esclavages, pour ne citer que deux de ces derniers travaux. Il s’agit d’ailleurs pour l’auteur d’un cycle « consacré à l’histoire des esclavages »4. Celui-ci doit être parachevé par deux livres dont « l’un sera une histoire mondiale des esclavages, l’autre une histoire de la révolution abolitionniste ». Et l’auteur de poursuivre « pour le premier il m’était nécessaire de réfléchir à ce qu’est véritablement l’esclavage ».

Il faut donc bien comprendre que l’ouvrage Qu’est-ce que l’esclavage ? est une introduction qui s’attelle véritablement à répondre à la question posée par le titre. Certes, ce préambule peut apparaître comme excessif mais il répond en réalité à l’ampleur de la tâche que s’est fixée l’auteur ainsi qu’à une évidente carence dans le domaine des sciences sociales, à savoir l’absence de définition satisfaisante concernant l’esclavage5.

Des définitions insuffisantes

Les lectures d’Olivier Pétré-Grenouilleau – on peut ici souligner leur variété, leur érudition ainsi que leur abondance, l’auteur s’étant livré à un véritable travail de fourmi pour embrasser l’esclavage à toutes les époques et dans tous les lieux – lui ont donné le sentiment de ne pas produire de définition satisfaisante.

Il remet tout d’abord en cause une vision relativiste qui ferait de chaque esclavage une donnée particulière à un temps et à un espace. Il défend ainsi la possibilité de faire une « histoire globale de l’esclavage ». Cela est d’autant plus important que cette « attitude masquant parfois un certain relativisme culturel tendant à accréditer l’idée selon laquelle, condamnable ici ou à telle époque, l’esclavage ne le serait pas forcément ou pas autant ailleurs et à un autre moment »6.

Une fois établie la validité de cette histoire, l’auteur rappelle un ensemble de clichés dont il faut se départir. L’esclavage n’a pas uniquement vocation à utiliser la force physique des esclaves. Il n’est pas ainsi synonyme de travail forcé. L’esclave n’est pas le prolétaire. Il est par ailleurs impropre de comparer les travailleurs salariés à des esclaves, autrement qu’à des fins rhétoriques. Mais ces expressions souvent polémiques obscurcissent la véritable nature de l’esclavage. Corrélativement, l’esclavage ne peut être assimilé à une classe sociale.

De même, l’esclavage ne s’arrête pas à des critères raciaux. Le Blanc ou le Noir ont été esclaves l’un et l’autre. Les lectures postcoloniales de l’esclavage, si elles ont une certaine validité, ne doivent pas pour autant cacher le fait que l’esclavage n’a pas été systématiquement lié à la colonisation. À titre d’exemple, les colonisateurs européens du XIXe siècle prétextaient justement de l’esclavage pour coloniser l’Afrique, arguant qu’ils allaient par là même libérer les populations réduites en esclavage.

Enfin l’auteur insiste avec force sur le danger de noyer l’esclavage dans une définition floue, c’est-à-dire de faire de l’esclave le synonyme de dominé. L’horreur de la condition servile est ainsi gommée, ou tout du moins affaiblie et l’intelligibilité en est réduite à zéro. Ces différents miroirs déformants doivent être déconstruits ou plutôt laissés de côté si l’on veut proposer une définition de l’esclavage.

Une définition complexe et opératoire

L’auteur propose de définir l’esclavage en fonction de quatre critères. Le premier est l’altérité, c’est-à-dire que l’esclave est fondamentalement l’Autre. Le second est la possession d’un esclave par son maître. Le troisième, qui découle du second, est la possibilité d’utiliser l’esclave à n’importe quelle fin. Cela veut dire que l’esclave est utile dans le sens où il sert à tout faire. En quelque sorte l’esclave est l’homme, ou la femme, à tout faire. Enfin, le quatrième est que l’esclave dispose d’une humanité en sursis, c’est-à-dire d’une humanité-frontière qui le fait osciller entre le statut de l’homme et celui du non-humain.

C’est la conjonction de ces quatre critères qui permet de définir l’esclavage. À la lecture des différents cas abordés dans le livre, on est d’ailleurs convaincu par la pertinence des choix de l’auteur, qui, en vertu des combinaisons, permettent d’embrasser toutes les situations en faisant à chaque fois ressortir toutes les spécificités. C’est en ce sens que l’auteur fait véritablement une histoire globale ou systémique.

En prenant la peine de proposer un effort de définition concluant de ce qu’est l’esclavage, Olivier Pétré-Grenouilleau poursuit son entreprise pédagogique. Plutôt que de succomber aux sirènes de la mémoire et de remettre du sel sur les plaies, quitte au passage à égrener les clichés voire les inexactitudes, l’auteur part du principe que c’est en rétablissant la « vérité » historique autant que faire se peut que les héritages pourront être vécus de manière harmonieuse, loin de tout présentisme intempestif.

Olivier Pétré-Grenouilleau, Qu’est-ce que l’esclavage ? Une histoire globale, Paris, Gallimard, 416 pages, 23,50 euros.

Sur le web 

  1.  Pierre Murat, « 12 years as a slave”, Télérama, 22/01/2014 ; voir aussi, Entretien avec Steve McQueen, « Je veux faire des films, pas de l’argent », Télérama, 25/01/2014
  2.  Éric Conan, « Esclavage : retour à l’histoire », Marianne, 10/05/2014 : « Après la publication de sa première somme, les Traites négrières. Essai d’histoire globale (Gallimard), Olivier Grenouilleau fit en effet l’objet d’une plainte pour « négation de crime contre l’humanité » parce qu’il avait estimé que « les traites négrières ne sont pas des génocides ». L’association le Collectif des Antillais (dont l’avocat était Gilbert Collard) qui le poursuivait invoquait la récente loi Taubira de 2001 qualifiant de crime contre l’humanité la traite négrière transatlantique et réclamait qu’il « soit suspendu de ses fonctions universitaires pour révisionnisme ». De son côté, Christiane Taubira paniquait les historiens en déclarant que constituait pour elle un « vrai problème » qu’Olivier Grenouilleau, professeur d’université, « payé par l’Éducation nationale sur fonds publics », enseigne ses « thèses » aux étudiants… »
  3.  Ibid. : « Mobilisés à l’instigation de Pierre Nora et de Mona Ozouf pour défendre leur travail menacé par la « vulgate mémorielle », les historiens l’ont emporté. La plainte a été retirée. Olivier Grenouilleau enseigne toujours. »
  4.  Id., Qu’est-ce que l’esclavage ? Une histoire globale, Paris, Gallimard, 2014, p. 401.
  5.  Entretien avec Olivier Grenouilleau, « Les servitudes de l’historien », Le Figaro Histoire, juin-juillet 2014, p. 20-23 et notamment p. 23 : « il fallait donc dépasser clichés et approximations de vocabulaire et trouver des éléments qui définissent ce qu’est concrètement un esclave, à travers le temps et l’espace, depuis le néolithique ».
  6.   Id., Qu’est-ce que l’esclavage ? Une histoire globale, Paris, Gallimard, 2014, p. 11-12.
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  • bonjour, eh bien mes braves vous me voyez l’esprit pas tranquille ,vis à vis de l’inquisition bien pensante .Voilà l’affaire :Je consulte de temps à autre les écrits de mes ancêtres . L’un de ceux-ci fut matelot puis maître d’équipage à la compagnie Bordes de Nantes ,ce vers 1800 .
    Il cite un de ses ancêtres à lui qui naviguait à l’Armement Grou de Nantes vers 1720 et la suite sur « les 4 frères  » un 300 tonneaux répertorié comme navire négrier ,spécialité de l’Armement Grou & O’Schiell .
    Il cite une liste de bateaux du même type ,dont l’un coula avec sa cargaison …
    Suis-je donc par ancêtres interposés et avec effet rétroactif ,coupable d’esclavagisme ?

    • Non.
      J’ai deux questions pour vous :
      – qu’est-ce qui vous déplait, dans cet article ?
      – qu’est-ce qui est faux, dans cet article ?

      • bonjour pavel ,Je vois seulement qu’en ces temps derniers ,parmi les sujets récurrents dans les médias :l’immigration- la religion- la pauvreté & la faim du tiers monde – les conflits à l’intérieur de ce même tiers monde ,du moyen orient ; se trouve l’esclavage des populations d’Afrique ,avec comme principaux responsables nous autres blancs Européens ,priés de se repentir abondamment ,partant nous sommes tous coupables de cette abomination , je demandais juste: jusqu’à quel degré votre honneur ?
        Et combien d’années devrons-nous expier ?
        Si donc les écrivains se mettent aussi à disserter sur un sujet plus que rebattu ,ça va devenir lassant .

        • Ah, donc je comprend bien, vous pensez que, ces temps-ci, on demande trop souvent aux pays ayant pratiqué l’esclavage ou bien la traite d’esclave de se repentir de celui-ci/de celle-ci, c’est bien ça ?

          D’une part, je ne vois pas pourquoi vous vous sentez concerné : on parle bien ici de « pays », et non pas d’individu.

          D’autre part, je ne vois pas, dans l’article que nous commentons, une référence à une demande aux pays « ex esclavagistes » de se repentir (« encore une fois », pour vous). L’auteur de cet article explique que l’auteur du livre à voulu se consacrer à définir la notion d’esclavage, car c’est un travail qui n’avait pas été fait jusqu’ici de manière à englober tous les exemples connus.

          Enfin, l’article précise même, en conclusion, que « Plutôt que de succomber aux sirènes de la mémoire et de remettre du sel sur les plaies, quitte au passage à égrener les clichés voire les inexactitudes, l’auteur part du principe que c’est en rétablissant la « vérité » historique autant que faire se peut que les héritages pourront être vécus de manière harmonieuse, loin de tout présentisme intempestif. ». Il me semble donc qu’il y a volonté, justement, de ne pas « marteler » d’éventuels propos que je caricaturerai ici un brin, pour la clarté du propos, pas « Les pays ex esclavagistes DOIVEEEEEENT se repentirrrrr ! », et d’être un peu plus pédagogique que ça.

          Donc je ne vois pas ce que votre critique vient faire ici. Ou alors vous profitez juste du thème de cet article, l’esclavage, pour exprimer votre ressenti à propos de la question de la repentance des pays « ex esclavagistes », mais vous vous trompez de cible si vous adressez ce ressenti à l’auteur de cet article.

          • @ pavel c’est en effet quelque chose comme ça . Il y a trop plein de repentances ; esclavage-colonisation-
            Je me sens concerné parce que justement mon pays en l’occurrence la France est trop souvent visé .
            Mais peut-être me suis-je trompé de sujet , l’esclavage pour ce que j’en sais ,n’est pas une notion ,mais un fait . On ne parle donc pas de la même chose .Désolé

            • la première nation à avoir interdit l’esclavage, est la france, en 1793.

              le premier à l’avoir fait s’appelle sonthonax, un  » montagnard  » débarqué à st domingue pour y rétablir un semblant d’ordre. il pris cette mesure difficile pour des raisons idéologique ( il était en france, un proche de brissot ) et stratégiques : il s’agissait de s’allier avec les noirs pour combattre la réaction royaliste.

            • Rassurez vous, vous avez comme pratiquement tout le monde sur la planète, des ancêtres qui furent esclavagistes (ou ont bénéficié de l’esclavage) mais vous avez aussi surement, comme pratiquement tout le monde des ancêtres qui furent esclaves (tribus gauloises, Rome, préhistoire… gens pris par les « barbaresques » etc.)

              En outre, la plupart des noirs qui hurlent à la repentance sont des immigrés récents dont les ancêtres étaient restés en Afrique. Donc très probablement les descendants de ceux qui ont vendu en esclavage leurs « frères » de race aux commerçant de bois d’ébène européens. Donc largement plus descendants d’esclavagistes que vous.

              Le problème final étant que les européens ont sans doute été des esclavagistes plus « humains » que d’autres, et donc ont 1° fini par libérer et émanciper leurs esclaves (d’autres n’ont pas encore fait ça) et 2° traité suffisamment bien leurs esclaves pour que ceux-ci se reproduisent et prospèrent pour pouvoir aujourd’hui demander réparation.

            • lisez l’Histoire des traites négrières de l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau, spécialiste de l’histoire de l’esclavage. il y a eu 11 millions d’Africains victimes du trafic occidental, 14 millions pour la traite inter-africaine, 17 millions pour la traite orientale. on ne peut pas accuser celui ci de vouloir faire de la repentance. l’esclavage, jusqu’à une période récente à l’échelle de l’Histoire, constitua l’une des pratiques les plus universelles pratiquées par l’humanité, sur les cinq continents et probablement depuis que cette humanité existe. Les paléontologues mirent récemment en évidence des traces d’esclavage à l’ère paléolithique, c’est-à-dire 6000 ans avant JC. toutes les civilisations ont pratiqué l’esclavage, la première a l’avoir abloi c’est la civilisation occdentale. l’esclavage fut aboli dans les royaumes chrétiens d’Europe occidentale dès le XIII ème siècle. Ainsi Louis XIV déclarait-il « tout esclave posant les pieds en mon royaume sera immédiatement un homme libre ». L’Occident chrétien fut, pendant plusieurs siècles, la seule civilisation à avoir banni l’esclavage sur son sol. La quasi-totalité de l’humanité le pratiquait alors.

        • La question historique de l’esclavage, comme celle de l’Inquisition ou des croisades, est d’une importance politique capitale de nos jours.

          Et je m’en désole.
          En effet la gauche en a diffusé une vision fausse à l’appui de ses politiques.
          Il est donc juste qu’un site libéral réinforme ses lecteurs sur des sujets.
          Il nous faut malheureusement nous documenter afin de pouvoir contrer ces discours.
          N’oublions jamais que tout obscurantisme a une fonction politique.

          Olivier Pétré-Grenouilleau s’est attiré les foudres de la gauche pour avoir fait observer que la traite occidentale des Noirs s’inscrit dans un phénomène antérieur plus large et bien plus atroce – au point que rétrospectivement on puisse affirmer que la petit minorité d’esclaves Noirs pris dans cette traite-là furent extrêmement chanceux.
          Stefan Molyneux a une présentation édifiante à ce sujet sur Youtube.

        • « Si donc les écrivains se mettent aussi à disserter sur un sujet plus que rebattu ,ça va devenir lassant . »

          C’est intéressant dans le cas présent où l’on sort de l’esclavage bêtement résumé à la seule traite négrière et qui serait donc le pêché originel et exclusif de l’homme blanc, qu’il faudrait donc, comme tu le dis, expier.

  • L’esclavage doit avoir débuté il y a plusieurs dizaines de millliers d’années (paléolithique? néolithique? au moins 1 dizaine en tout cas), quand certains ont trouvé bénéfice à ne pas massacrer l’intégralité des groupes humains ou des tribus vaincus (d’abord les femmes, puis quelques hommes, etc. …). Donc à priori, il a concerné tous les groupes humains à la surface de cette planète (pas de jaloux!).
    Ne pas tous les massacrer est même peut-être un progrès…

    • J’ai trouvé cette hypothèse dans des livres de Philippe Simonnot. Grosso modo, l’esclavage aurait succédé au cannibalisme au moment où les hommes se sédentarisèrent. Les esclaves n’étaient pas des biens. Michel Villey écrit d’ailleurs qu’il n’existait pas à Rome de « droit de vie & de mort » à l’égard des esclaves. L’apparition de l’esclavage aurait ainsi constitué un pas dans le sens de la reconnaissance de la dignité humaine.

      D’après l’article, « il est (…) impropre de comparer les travailleurs salariés à des esclaves » mais Simonnot a montré un certain nombre de points communs.

      Enfin, lorsque l’on prend les 4 critères de l’esclavage, il est difficile de distinguer l’esclave du citoyen chinois par ex., qui est méprisé par l’Etat totalitaire, qui subit le passeport intérieur, la politique de l’enfant unique…

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