Le terrain vague de l’exception culturelle française

Le monde de demain est à portée de main, mais sur le chemin se trouvent les défenseurs du monde d’hier. Bienvenue sur le terrain vague de l’exception française.

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Exception culturelle (Crédits : Time, tous droits réservés)

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Le terrain vague de l’exception culturelle française

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 18 août 2014
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Par Baptiste Créteur.

Exception culturelle (Crédits : Time, tous droits réservés) Le conflit médiatique fait rage entre défenseurs d’une création culturelle à la française et partisans d’une culture accessible.

Concrètement, la culture fait face à des problématiques similaires à la presse : disposant de nouvelles possibilités, le public n’est plus prêt à payer comme avant pour la même chose. Alors qu’ils disposaient de la protection de l’État et d’un accès privilégié aux consommateurs lorsqu’ils se vendaient en kiosques, les journaux papier ont aujourd’hui du mal à tirer leur épingle du jeu face à la presse gratuite (papier et en ligne) et à « monétiser leur audience ». Les journaux cherchent à être lus et achetés pour cela, et à faire payer des annonceurs qui, eux aussi, ont à leur disposition et utilisent d’autres canaux.

Le consommateur est le grand gagnant de cette évolution. Il est toujours prêt à payer pour de l’information pertinente et des analyses pointues, et la presse spécialisée ne connait pas les mêmes difficultés que la presse généraliste. Et peut aussi en disposer à moindres frais grâce à l’émergence de multiples sites et blogs thématiques.

Il y a d’autres gagnants. La liberté d’expression, alors que chacun peut instantanément toucher des millions de lecteurs, n’a jamais connu un contexte aussi favorable ; elle n’est menacée que par les États et groupes de pression qui ne la voient pas d’un bon œil. Et certaines entreprises se sont développées sur ce terreau fertile tout en lui donnant vie.

Google a su capter le trafic en proposant des services gratuits et performants, de recherche d’abord. Il offre en revanche aux entreprises la possibilité d’acheter de la visibilité auprès du public pertinent. Amazon rend la culture plus accessible avec des prix toujours plus bas et une offre toujours plus large.

Il y a, évidemment, des mécontents. Dans un monde qui change et offre chaque jour de nouvelles possibilités, beaucoup espéraient conserver leur modèle et leurs marges et cherchent aujourd’hui à contraindre les consommateurs et citoyens à les maintenir.

Les opérateurs de télécommunications, les journaux traditionnels, les maisons d’édition, et une grande partie de la « création culturelle et artistique française » refusent de considérer leur offre comme une commodité alors qu’elle le devient inéluctablement. Qui, de Orange ou Youtube, du Monde ou de Google, de Hachette ou Amazon, de Jean Labadie ou Netflix, fait la richesse culturelle et artistique d’Internet ?

Les perturbateurs du monde d’hier sont appelés des « pirates ». Qui ne paient pas assez d’impôts, pas assez d’argent aux auteurs et distributeurs, qui refusent de payer le tribut qui était la règle dans le monde d’hier. Et la piraterie tue le monde d’hier, que les gagnants d’hier cherchent à sauver.

Le monde d’aujourd’hui a une exigence de qualité. C’est toute la conception de l’offre qui a changé, les consommateurs en occupant désormais le centre au détriment des producteurs et offreurs.

Malheureusement, la route est encore longue avant que l’économie et la société nouvelles que les nouvelles technologies permettent et promettent n’émergent réellement. Les tensions aujourd’hui palpables entre le monde d’hier et le monde de demain sont rejetées sur le consommateur et le contribuable d’une part, sur les protagonistes du monde de demain d’autre part, qui subissent les entraves et supportent la survie artificielle du monde d’hier. Non, le monde de demain n’aura pas plus de place pour un libraire traditionnel que n’en a le monde d’aujourd’hui. Leurs prix sont plus élevés que ceux de leurs alternatives, leur offre est moins large, leurs services moins commodes. Un libraire n’aura jamais les mêmes horaires d’ouverture, ou la même richesse des revues et recommandations de lecture qu’Amazon. Si leur offre n’évolue pas, ils ne survivront pas.

La théorie de l’évolution appliquée à l’économie, le processus de destruction créatrice, est en marche et transforme le marché de la création artistique. Mais alors qu’auteurs et public peuvent communiquer directement, comment justifier un statut d’intermédiaire ? Quand des auteurs se font connaître et réussissent grâce à Amazon, comment justifier les marges des maisons d’édition ? Pourquoi imposer de faire payer la livraison pour des livres d’occasion qu’aucun libraire ne saurait comment commander ?

Allez lève-toi, debout, débout ! Il faut se réveiller, hein, vieux, avec ton air de chien battu, faut que t’arrêtes de subir la vie, d’être une victime en permanence, nom de dieu. Le soleil il se lève avec ou sans toi, et si tu te lèves pas il en a rien à foutre et personne n’en n’a rien à foutre. – Dikkenek

Et alors que l’État français fait tout pour empêcher que la culture ne devienne accessible pour continuer à financer la création culturelle, les fabricants et intermédiaires de création culturelle veulent qu’il aille plus loin pour empêcher la piraterie. S’ensuit une réponse de la ministre de la Culture, qui assure qu’elle fait tout ce qui est en son (vaste) pouvoir, et de la Hadopi, qui explique que le piratage résulte avant tout des carences de l’offre légale.

Seulement, l’offre légale est entravée en France par l’action entre autres de la même ministre, qui ne veut pas n’importe quelle offre légale, et surtout pas si elle refuse de lui confier son argent pour financer la création française.

Car la culture comme l’art n’ont pas besoin de tous ces bidouillages pour fonctionner. Le gouvernement en a fait un site, alors faisons simple : laissons les créateurs diffuser leurs œuvres comme bon leur semble et les consommateurs et citoyens choisir la culture qui leur plait. Certes, il faudra renoncer au cinéma nombriliste et aux articles mal écrits dénués d’analyse. Il faudra aussi attendre des médias et artistes moins de complaisance. Les médias feraient alors leur travail et s’enquerraient par exemple de l’avancement de la remise à plat de la fiscalité, et joueraient réellement leur rôle de contre-pouvoir en informant les citoyens et en nourrissant le débat au lieu de relayer les communiqués de presse et déclarations les uns après les autres.

C’est bien cela qui est en jeu : les subventions et avantages dont jouissent les médias et acteurs de la création culturelle, et le pouvoir qu’a l’État d’influencer les uns et les autres. D’autres secteurs font face à l’émergence des moyens technologiques permettant des changements importants au bénéfice toujours du consommateur et du citoyen, et d’autres acteurs se dressent contre la piraterie : l’État craint déjà l’émergence des MOOC et de l’éducation à domicile, consent déjà des cadeaux aux taxis, veut s’immiscer dans les échanges entre particuliers notamment dans l’hébergement.

Le monde de demain est à portée de main. Mais la mainmise de l’État protège le monde d’hier. Et par simple agitation du changement, on crée chez les citoyens la peur d’un changement pourtant en tous points bénéfique pour eux.

Comment les artistes, journalistes, enseignants et formateurs, distributeurs, et tous ceux qui veulent ériger autour d’eux des barrières solides en sont-ils venus à voir les menaces plus que les possibilités ? Un artiste veut avant tout créer et diffuser sa création, comme l’illustre la vision de Paulo Coelho (source http://uplib.fr/wiki/Ignorance) :

En tant qu’auteur, je devrais défendre la propriété intellectuelle, mais je ne le fais pas. Pirates du monde, unissez-vous et piratez tout ce que j’ai écrit ! […] J’ai commencé à écrire, et je continue à écrire, parce que cela me donne du plaisir et du sens à mon existence. Si l’argent était mon moteur, j’aurais pu cesser d’écrire il y a longtemps et m’épargner des revues invariablement négatives.

Le piratage peut servir d’introduction à l’œuvre d’un artiste. Si vous aimez son idée, vous la voudrez chez vous ; une bonne idée n’a pas besoin de protection. Le reste, c’est de la cupidité ou de l’ignorance.

Les politiciens jonglent donc entre deux objectifs : mettre à disposition des consommateurs l’offre qui leur plait (sinon, ils piratent et ils râlent), tout en leur faisant financer celle qui ne leur plait pas. Pour Éric Walter, secrétaire général de la Hadopi,

On le voit très bien avec la musique. Depuis que l’offre a évolué, le piratage est devenu marginal. Aller piocher des mp3 sur les réseaux peer-to-peer, c’est même devenu un peu has been ! Le point de l’adaptation en continu de la mise à disposition des œuvres au public est central. […] tant que l’offre n’est pas adaptée, tous les moyens déployés pour lutter contre le piratage ne changeront les choses qu’à la marge.La mission des pouvoirs publics est capitale. Ils doivent défendre la création indépendante et s’assurer que le public a accès à un catalogue qui reflète la diversité de cette création. La difficulté, aujourd’hui, c’est que personne ne sait de façon certaine ce qu’il faut faire exactement. La visibilité, par exemple, est un sujet autrement plus central que le piratage. Comment s’assurer par exemple que l’offre mise en avant sur les plateformes des box internet reflète cette diversité ? C’est une problématique qui entre complètement dans le champ de l’exception culturelle.

Les citoyens risquent fort d’avoir droit à des règles aussi bénéfiques et bien pensées que les quotas de création française dans l’offre légale de téléchargement, ainsi qu’à des années supplémentaires à financer de la culture d’État et les rentes des uns et des autres. Bienvenue sur le terrain vague de l’exception française.

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  • Les politiques ont cherché à sauver l’acier, le charbonnage, le textile avec le succès qu’on connait. Maintenant, ils veulent sauver la culture…
    On est toujours dans cette même logique : préserver les modèles dépassés au détriment de l’adaptation au changement et la création de nouveaux modèles.

  • Bonjour Fraserve,

    Comme vous avez deja tout dit, ca m’evitera d’avoir a le faire, merci. Il semble qu’on soit toujours d’accord dans un domaine qu’on a par ailleurs l’avantage de bien connaitre.

    Le fumier d’etat a l’ambition naive et malfaisante de vouloir tout fertiliser mais reste ce qu’il est, une boue brune qui sort du fondement. Quand on en met trop, rien ne pousse que les mauvaises herbes.

    • Thank’s ! J’aime votre métaphore terminale. Comme quoi la poésie est expressive pour édifier la réalité.

      • Thanks to you – We could start a mutual admiration society – mais il y a un oubli de ma part. Je crois que j’aurais du ecrire « une boue brune epaisse », sans le deuxieme adjectif l’image est moins claire…

        • « We could start a mutual admiration society »
          OK sincerely joking !

           » une boue brune epaisse  »
          J’aime votre volonté de précision linguistique que j’avais admirée dans un article précédent, en Anglais comme en Français. Littérairement et musicalement, dans mes textes et mes partitions, je cherche souvent la note ou le mot exacts, comme la pierre parfaite qui doit trouver son emplacement définitif, presque inné, à l’endroit idéal du mur. Les maçons parlent souvent de la forme (travaillée ou naturelle) de la pierre qui a été conçue pour l’endroit où elle se trouvera pour l’éternité. La modernité recyclante a tristement éteint ces processus de création pérennes et élitistes, ces recherches d’absolu dans la créativité, qui nous préoccupent autant aujourd’hui dans cet article et notre époque, confrontés que nous sommes à la vacuité des idées, des pensées, des produits, à la durabilité des objets qui n’ont d’autres objectifs que de nous emmener jusqu’à la prochaine mode, pas plus loin que 15 jours à 3 mois, le temps d’une saison, même dans la musique. Depuis le début de l’humanité jusqu’à la Tour Eiffel (qui est une anomalie au cœur de Paris puisqu’elle aurait du être démontée-recyclée immédiatement après l’exposition universelle de 1889 comme le reste de l’exposition), les œuvres étaient conçues par leurs créateurs pour durer des siècles voire des millénaires. On est toujours estomaqués au pied des Pyramides, comme au pied de Notre-Dame De Paris, de même dans la Chapelle Sixtine ou la Basilique Saint-Pierre. Bach, Mozart, Beethoven, Ravel, Stravinsky, Debussy, Bartok, Prokofiev, Fauré… ont écrit pour l’éternité. Pas sûr (certain) que le rap, le easy-listening, la techno aient la même durée de vie.

          Universalité rime-t-elle avec durabilité ?
          Il y a certainement un fond de vérité dans cette interrogation.
          Le court-terme et la gratuité actuelle ne fabriquant par opposition que : du rapidement créé, du rapidement consommé, de l’indigence, du vite oublié.
          Finalement, de la culture sans épaisseur.
          De l’inculture, en fait.
          L’écume des jours.

          • Lorsque j’ ai démoli ma ruine j’ ai trouvé des oeufs ds les murs parait il que c’ était une tradition
            Pour le travail de la pierre au marteau burin il faut utiliser plusieurs sens dont l ‘ oreille car lors de la frappe la pierre rend un son différent selon qu ‘elle est intègre ou fendue lorsque l’ on a une belle pièce c’ est vraiment un échec d’ etre maladroit et de la casser !
            Quand à la Beauté musicale ou autres c’ est comme le temps une valeur sacrée qui n’ appartient à personne donc , à tout le monde c’ est ainsi qu’ on peut contempler ou non , l’ éphémère arc en ciel …

            • L’art est une valeur sacrée, oui. Au moment où elle devient profane, elle se dévalorise, de toute évidence. Les chansons pornographiques ont évidemment moins de valeur que Le Cantique des Cantiques. Les apologies meurtrières des films actuels moins que le plafond de la Chapelle Sixtine. Le nombre d’entrées ne fait pas la valeur intrinsèque. La valeur vénale, la valeur morale.

              La valeur sacrée d’une œuvre appartient à son auteur de son vivant et grâce à son droit moral, éternellement. Je vous fais grâce des détails qui fond rentrer l’œuvre dans le domaine public, d’autant qu’ils varient en fonction du type d’œuvres et des périodes historiques. Malgré le fait que l’auteur, l’artiste, offre de toute évidence cette œuvre au monde, comme le fait un architecte avec un immeuble, ce dernier en reste le détenteur à des fins de reproduction ou de publication. Pour publier un livre iconographique ou faire un film à Paris, pour utiliser les décors somptueux de la capitale à des fins de publication, il faut en obtenir l’autorisation à la Mairie de Paris.

              Cette offrande au monde, ce droit d’utilisation, ne fait de son utilisateur, de son usager, le propriétaire. Comme l’avait justement démontré Roseau ci-dessus, l’usager ou le locataire ne sont propriétaires que de la copie de l’œuvre, afin d’en disposer selon les droits attachés à elle. Parmi ces droits est notifiée par la loi la seule liberté d’user de la copie ou de la revendre, mais ne ne pas la dupliquer car ce droit n’appartient pas à l’usager, seulement aux ayants-droits et aux éditeurs.

              Il n’y a rien dans ce droit qui empêche Amazon ou Google de prescrire ou vendre légalement ces œuvres. C’est uniquement quand ces sociétés ou leur modèle s’affranchissent du droit d’auteur, ou s’en moquent en reversant des dividendes insignifiants aux auteurs en assénant un implacable « mes tuyaux valent plus chers que votre zicmu ou que votre filmu » qu’ils ont hors la loi. Cela s’appelle en droit américain et européen « l’abus de position dominante ».

              De même quand ils veulent se substituer aux éditeurs ou aux ayants-droits, prétextant la puissance technologique de leur modèle et montrant par le fait du Prince que leur avocats sont bien plus puissants que le petit auteur isolé dans son coin quand celui-ci n’est pas adossé à une multinationale d’égale puissance. Là est la spoliation avérée, inscrite par défaut dans la mentalité de base du système Internet, qui nous dit d’une manière cynique : « je suis le plus fort et je vous emmerde, je fais ce que je veux, crevez ! »

              Et bien non !
              David et Goliath.

              • La beauté est une valeur sacrée heureusement pour moi j’ ai écrit le mot avec un B ce qui m’ évite d’ etre ridicule mais c’ est un avis polémique certains diront que la corrida c’ est beau certes dans ce spectacle il y a à la fois de la beauté et de la cruauté donc de l’ horreur
                mais je pensais à l’ artiste qui pose son chevalet : un champ moissonné , un homme et une femme allongés cote à cote peut etre les moissoneurs ou glaneurs qui font la sieste , cette beauté n’ appartient à personne et à tout le monde Vincent se l’ approprie légalement il emporte sa toile elle ne vaut pas très chère pour l’ instant ……..

                • Je partage évidemment votre émotion. J’ai quelques-unes de ses reproductions sur les murs de ma maison. La magie. Et puis d’autres de peintres récents, moins chers. Quand on est touché par cette grâce, en tant que spectateur ou en tant qu’artiste, je n’ai qu’un mot à vous dire : le monde peut bien s’arrêter de tourner, plus rien n’a d’importance. Celui du sublime commence. Je suis souvent en arrêt au Louvre, à Orsay, à la Tate ou au British devant des toiles magistrales. Turner me fait particulièrement chavirer. L’Internet ne voit que la surface des choses (la financière, combien vous pesez, combien vous vous vous vendez, combien avez-vous fait d’entrées à votre dernier spectacle, combien avez-vous vendu de galettes en plastique, le nombre de clics de votre vidéo…) et ne comprend pas cette profondeur émotionnelle de l’art. Nous avons affaire non seulement à des analphabè(ê)tes de l’art, voire des sourds ou des aveugles.

                  Seule la valeur vénale touche leur cortex cervical. On dira qu’ils ont manqué un chapitre, pour être polis.

                  « Sentez-vous le petit vent qui frôle vos méninges et émoustille votre échine de bas en haut ? » leur disons-nous.
                  Ils nous répondent bêtement : « Ah oui, c’est celui de la Porsche qui vient de passer. »
                  Certains yeux n’ont que des pupilles en forme de $.

          • « Universalite rime-t-elle avec duarbilite? »

            Je crois encore une fois que la meilleur reponse a cette question se trouve dans ces deux mots de Muriel Barbery, que j’avais deja mentionnes et qui qualifient je pense au mieux ce que vous dites la, et qui est aussi mon avis, quand elle parle d’une « adequation intemporelle ». Le jeu subconscient des equivalences de valeurs esthetiques. Les fresques guerrieres de Ramses II et le guernica de Picasso. C’est ce que vous dites vous-meme dans votre dernier commentaire au sujet de la musique.

            Je crois que la production artistique et son appreciation participent du meme excercice mental. Il s’agit sans doute de synthetiser, a un stade a la fois conscient mais surtout en faisant appel a ces millions de references qui se trouvent dans notre subconscient, tout l’experience d’une vie.

          • Merci pour toutes ses longues précisions argumentées sur les 400 dernières années. Ma foie, si le texte de Baptiste Creteur était clair, court, et argumenté sur moins d’années, il avait le mérite de nous exposer, par le truchement de la culture, cette mutation sociétale en cours avec cette simplicité « saké ». Il faudrait d’ailleurs parler de tectonique societale tant les changements sont profonds entre plaque d’hier et de demain dans cette éruption numerique que nous avons la chance de vivre. Effectivement dans votre ambivalence personnelle académique, monde d’hier, le Liberalisme humaniste vous raccroche au monde de demain et c’est tant mieux pour vous. Si les droits d’auteurs sont acquis, pourquoi pas, il n’y a rien à voir avec la piraterie internet. Que je sache, la création musicale ne se cantonne pas au support numerique et autres 33t. C’est bel et bien sur scene qu’elle présente ses plus belles harmonies avec le publique, de Fauré, Mozart, Bach, à Davis, les Stones ou Motorhead. Autre époque, autre moeurs. Ce n’est pas donné à n’importe quel cruche de Reunir 80000 personnes dans un stade pour de la musique, et le ramener à de la consommation, ou manque d’universalité, c’est embrasser les pompiers pour cracher sur l’impressionnisme. (On connait la suite…). Supposé que la techno n’est pas écrite pour l’éternité, au même titre que le classique, c’est oublié que le rap est la poésie crachée depuis tant d’année au visage du monde passé. Pensez vous vraiment une seconde que dans le processus créatif, si cher à Zweig, il y ai prémeditation d’eternité?
            Si cette culture ellitiste à forte tendance monopolistique au point que l’art jusqu’au milieu du XIX s’est arrogé le mot; moderne, qu’en est il de la suite. L’art devrait il s’arreter au pop? Il n’est peut être plus accessible à certain, mais Bansky frappe plus fort les têtes du monde de demain qu’un Picasso mille fois repassé jusqu’à la nausée. Les messages sont pour autant identiques et transgressifs. Cependant, rien ne nous dit qu’un courant Futurisme ne poindra pas le bout de son pinceau pour notre plus grand malheur. Nous comptons dès lors sur votre maitrise du monde d’hier, non pas pour blamer le monde de demain dont la sensibilité à juste titre vous échappe, mais pour frapper vos trois coup si vous decelez des pointes de futurismo dans la creation artistique toujours en avance sur le monde de demain.

            • « Pensez vous vraiment une seconde que dans le processus créatif, si cher à Zweig, il y ait préméditation d’éternité? »

              Oui, je le pense profondément, car quand un artiste s’écoute profondément, il écoute l’Univers en lui, il essaie de le reproduire dans ses oeuvres. Les oeuvres universelles sont ainsi. Les oeuvres temporelles restent temporelles. C’est ce qui fait notre époque si particulière, avec ses moyens de diffusion hallucinants, ses PAF, ses Internet, ses logiques de marché(s), ses débats très profonds entre les tenants d’une société ancienne et plus morale, et les tenants d’une société plus moderne et plus matérialiste…

              Le prophétique 1984 (ou L’homme sans qualité) n’a pas la même valeur artistique pour l’humanité (et son avenir) que Joséphine Ange Gardien ou NY section criminelle. Pourtant je vais vous étonner (sûrement pas à ce sujet), c’est sûrement le(s) second(s) qui génèrent le plus de droits d’auteurs et de retombées financières.

              Au-delà du combat temporel pour la diffusion des oeuvres entre les anciens moyens de diffusion et les nouveaux, il y a le combat entre la spiritualité et le terre-à-terre. Cela n’échappe à personne. Malraux a émis son fameux « Le XXIè siècle sera spirituel ou ne sera pas ». Vous voyez bien que ce débat a lieu d’être, ici même. Il est central, il est fondamental. Il l’est d’autant plus que ce combat déterminera à lui seul si l’humanité sera capable d’aller plus loin que le grand bazar qu’elle est actuellement.

              L’homme va-t-il devenir un homme supérieur moral, ou deviendra-t-il dans son orgueil incommensurable, l’esclave de ses moyens et de ses outils ? Là est la seule vraie question philosophique qui nous préoccupe actuellement, que nous offrent l’Internet, la robotisation, dans la tentation évidente déjà en oeuvre actuellement de mettre en esclavage l’espèce humaine par les possesseurs des moyens financiers et technologiques, à rebours de la philosophie véhiculée. Ne jamais oublier dans cette réflexion que l’origine de I’Internet est militaire…

              • Inutile aussi de débattre avec les nouveaux prescripteurs du mode actuel de diffusion qui ne jurent plus que par Google et Amazon. Inutile aussi de leur rappeler la tentation totalitaire de Google Street View. Si on est prêt pour cela, si on l’accepte, on est prêt à voire rentrer les drone chez soi, d’autant qu’ils sont déjà microscopiques comme l’avaient imaginé le génial 5ème élément. Déjà, la pétasse du GPS m’énervait quand je voulais changer de route que celle initiale et la plus performante choisie par le logiciel.

                Je le suis d’autant plus quand j’apprends récemment par un concessionnaire que l’on ne peut plus débrancher le GPS mécaniquement dans une voiture récente.
                Après, on choisit loes conséquences et les sociétés dans leesquelles on veut vivre. Il y a les société modernes et intégrées, technologiuques, cebntrales, et puis uil y a les marches, où survivent els sauvages. Les premiers sont censés historiquement exterminer les seconds.

                • Et puis dans ce combat « sans victimes » qu’est celui de la liberté et d’Internet, qui peut bien décider et prédire qui sont les modernes et qui sont les anciens ?
                  Les modernes sont-ils les prescripteurs de la tentation monopolistique intégrée Google/Facebook/Amazon/NSA où ceux qui s’y opposent ?
                  L’avenir seul nous le dira.

                  J’ai lu 1984 et Fahrenheit 451.
                  J’ai ma p’tite idée.
                  Est-ce que je mets des cookies, des spys par ma musique sur les appareils des auditeurs ? Non, de toute évidence.
                  Il faudrait enfin comprendre d’où vient la tentation totalitaire.
                  Sommes-nous devenus à ce point aveuglés par la technologie dominante, qu’elle nous empêche désormais de réfléchir, qu’elle ne veut plus qu’on le fasse, qu’on est traités de réactionnaires dès qu’on ose le faire, comme dans les sociétés totalitaires communistes de sinistre mémoire ?

            • Bonjour Mconaughey,

              Bansky frappe aussi l’art contemporain avec un plaisir malin, particulierement celui qui nous est presente par toute une clique communiquante dont l’apport essentiel consiste a nous presenter des vessies pour des lanternes. Tracey Emin’s tent and unmade bed. Damien Hirst’s « pickled » shark (c’est d’autant plus decevant que ces deux sont capables de produire des choses par ailleurs exellentes, mais le marche demande ce genre de choses…).

              J’adore chez Bansky ce petit message laconique, au pochoir (« tout dessin qui prend plus d’une minute a realiser vous fera passer la nuit au poste »), et parlant, sur une marche de l’escalier d’acces a la Tate Gallery : « Mind the crap ! »…

              • Il veut sans doute signifier par cette phrase que la liberté dorénavant ne peut se trouver que dans le nomadisme et la marginalité, dans son cas jusque dans l’anonymat, malgré son talent qui le rend célèbre.

                Pour vivre libres, vivons cachés.

                Il est comme ces voleurs à la tire. Vite partons, ne restons pas ici, nous allons être découverts et dénoncés. La société actuelle se prête à cette mentalité. Caméras, surveillance généralisée, drones de surveillance dans les espaces privés, terrorisme présumé.

                Je parlais récemment à un copain qui travaille dans la troisième multinationale mondiale d’informatique fournisseuse de logiciels réseaux, de systèmes intranet, de réservation et de hardwares aux grands comptes. Il me parle de son travail qui consiste à récupérer des informations sur les utilisateurs du web afin de leur renvoyer la publicité idoine générée par leurs clics. Tout le monde connaît le processus intrusif, on l’a souvent testé à notre corps défendant en surfant, où nous avons aussitôt les pubs correspondantes à nos recherches, comme dans Minority Report mais en moins technologiquement avancé. Je lui dis que je suis choqué par cette surveillance généralisée, par cet espionnage systématique de mes activités en ligne sur Internet. Il me répond crânement : « Tu n’as rien à cacher, ton activité n’est pas top secret à ce que je sache. »

                Il m’a rappelé Benoît Hamon, l’extrême gauche du PS, dont l’aphorisme célèbre était le mot d’ordre de la Stasi : « Quand on n’a rien à cacher, il n’y a aucun problème à être espionné. »

  • @fraserve
    Je suis d’accord avec presque tous les arguments de votre post.
    Mais comment faire pour préserver le droit des auteurs de nos jours ? C’est un problème crucial, lié aux conditions de production et de diffusion des oeuvres.
    Un livre, une oeuvre musicale, un film fraîchement paru peut se retrouver en quelques minutes en libre accès sur l’internet sans que ses auteurs ne voient un centime leur revenir.

    Le collectif « la quadrature du net  » propose des solutions impliquant la participation des FAI, car ils bénéficient directement de cette situation, bon nombre d’internautes utilisent une connexion à haut débit pour télécharger (légalement ou non) des oeuvres.

    Il semblerait que, comme l’avait déjà remarqué W Benjamin, les oeuvres d’art perdent d’autant plus de leur valeur qu’elles sont facilement reproductibles. Il parlait de leur valeur financière, mais également symbolique, il employait même l’expression « valeur cultuelle de l’oeuvre » que l’on remplace par sa valeur culturelle. Plus une oeuvre s’expose aux regards grâce à sa reproductibilité, plus elle acquiert de valeur culturelle au dépend de sa valeur cultuelle.
    Ce constat en amène un autre: celui de la désacralisation de l’art et du rôle de l’artiste.

    Nous vivons à une époque où la création artistique s’est complètement dissolue dans ce que l’on appelle la culture. Quand on est artiste, on n’est plus dans l’art, on est dans le culturel. Avec son ministère, ses codes, ses lubies, son marché.

    Les perdants sont effectivement les créateurs sincères, pas trop doués pour les manigances, ni le copinage, ni l’auto promotion. Qui n’ont pas nécessairement fait la bonne école, avec les bons contacts, ni acquis les bons codes.

    Pour connaître quelques personnes dans ce cas, je garantis que la vie d’artiste n’est pas une sinécure.

    • « Un livre, une oeuvre musicale, un film fraîchement paru peut se retrouver en quelques minutes en libre accès sur l’internet sans que ses auteurs ne voient un centime leur revenir. »

      La jurisprudence USA (pays libéral) est en train de s’imposer partout au monde et le FBI a été pourchasser le hacker suédois responsable du plus grand site de téléchargement en ligne jusqu’en NZ. Dans le même registre, le premier copieur-téléchargeur du film Hulk I aux USA, un jeune banquier (cela ne s’invente pas !), s’est fait attrapé après que le premier week-end où il a digitalisé (VHS à l’origine), puis téléchargé le film de son ordinateur vers le peer-to-peer, il s’en était diffusé un million de copies illégales. Le prix de son forfait (la puissance des majors américaines, de leurs lois de copyright et avocats) : 5 millions de dollars, 5 années de prison, renvoyé de son emploi de banquier. de multpiples exemples de peines très loiurdes ont éteint la piraterie Internet aux USA. La jurisprudence arrive en France. Nettoyez vos ordinateurs des copies pirates, pris en flagrant-délit dans un aéroport US avec ces copies sur vos ordinateurs, vous êtes mal barrés, cela ira jusqu’à l’interdiction définitive de territoire.

      Aujourd’hui sur tous les films est mentionnée en première page cette inaltérable protection universelle des oeuvres protégées et la restriction drastique de leur usage tant qu’elles ne sont pas encore tombées dans le domaine public. Il n’y a rien de choquant à cette protection quand des auteurs et des artistes ont travaillé des années sur ces oeuvres. La genèse du chef d’oeuvre de dessin animé Wall-E chez Pixar a pris dix ans du début de l’écriture du scénario jusqu’à sa sortie. Je ne vois pas où est la malhonnêteté ou le scandale intrinsèques d’un modèle voulant protéger ses créations, ses oeuvres de l’esprit. Par ailleurs, les systèmes pirates étant devenus payant à leur tour et diffusant des oeuvres obtenues gratuitement ou grâce au prix très faible en investissement d’une copie unique reproductible grâce aux moyens du web, trouvent à leur tour anormales et injustes les demandes de rétrocessions de droits d’auteurs par les ayants-droits et se considèrent injustement spoliées par ces mêmes ayants-droits par le simple fait que le système de peer-to-peer ou de streaming a été inventé par eux (ils réclament des droits d’auteurs sur leurs inventions, en fait). Ils veulent faire payer l’usage des tuyaux qu’ils ont construit mais ne veulent pas payer l’eau sans laquelle leurs tuyaux n’auraient aucun intérêt d’existence.

      « La participation des FAI » a donc une obligation à venir légale, mais aussi morale à rétrocéder des droits d’auteurs. Car que serait l’Internet sans son contenu ? Rien du tout. Et ces contenus, ce n’est pas les FAI qui les ont créé, mais bien les ayants-droits des oeuvres.

      « Sur la reproductibilité des oeuvres », sur la facilité de reproduction je peux concéder un accord à minima sur le fond, car on peut aujourd’hui télécharger la Bible en ebook. La méthode de publication et de diffusion fait-telle de l’oeuvre une oeuvre mineure ou majeure. Ce n’est pas si simple. Même si je préfère de loin une bibliothèque réelle à une virtuelle. Là aussi, il y a actuellement un changement de paradigme intellectuel en cours qui est du même ordre que le passage de l’époque des moines copistes à celle de l’imprimerie. Je peux envoyer aujourd’hui mes partitions et mes mp3 par internet au bout du monde à des interprètes en 10″. La question principale est désormais : est-ce le support physique sur lequel est enregistré l’oeuvre qui fait l’oeuvre où est-ce le fond de l’oeuvre. Notre esprit a tellement été abusé par ces faux-semblant d’auteurs publiés en livres ou en supports audio, qu’on ne peut plus dire aujourd’hui qu’un artiste ou un auteur véritable soit quelqu’un de publié, d’édité.

      On constate dans l’histoire de l’art des invariants, tels que :
      – des chefs d’oeuvres deviennent des best-sellers
      – des chefs-d’oeuvres végètent dans des tiroirs ou des greniers avant d’être reconnus sans devenir des best-sellers
      – des croûtes se vendent des sommes astronomiques
      – des croûtes finissent par revenir à leur valeur initiale de croûtes

      • « USA (pays libéral) »
        !!!!!!

        • Bonjour Anne Honnime,

          Comparativement a la France, completement.

          En France il y a encore un mur de Berlin virtuel. Celui-ci s’est construit sournoisement, petit a petit, depuis l’apres guerre. L’inspiration trotskyste est omnipresente dans les syndicats, l’enseignement, les medias et les tribunaux. Au sein des administrations, dans la partie de l’appareil d’etat qui ne change guere d’un gouvernement a l’autre. Ces gens sont partout et seront particulierement resilients a en etre deloges. Il y a aussi les effets de copinage entre le gouvernement et les grandes entreprises et les groupes d’interet, le corporatisme. Vous allez sans aucun doute me dire qu’aux US ils ont aussi les lobbies. Il y a cependant une difference fondamentale entre les lobbies Americains et les groupes d’interet Francais, c’est que leur philosophie est parfaitement opposee a celle des groupes de pression Fancais precites. En France ce lobbying marxisant s’est etabli en catimini, avec lenteur, progressivement, et a engrosse la plupart de ses hotes sans que personne, pendant longtemps, ne se doute de rien. La France est probablement le tout dernier pays socialiste « anciennes normes » d’Europe. Aux USA comme dans la plupart des pays developpes anglophones une orientation pragmatique decontractee est encore principalement la norme. Ils continuent d’avoir une vision comptable de l’economie. Obama a certes ouvert une petite breche mais je pense qu’elle se refermera tres vite. Il ne sera pas president de toute eternite.

          Il y a quelques annees, dans l’exellent journal Irlandais du dimanche « The Sunday Business Post » un journaliste donnait des conseils aux Irlandais desirant investir en France dans l’immobilier et conclut son article de la maniere suivante « Ceux qui veulent investir en France ont sans doute raison, car c’est un bien beau pays, mais mefiez vous : la bureaucratie Francaise est la version luxe de celle de l’ancien Union Sovietique »…

          • Dans les groupes d’interet marxisants que je citais plus haut, puisque c’etait quand-meme le sujet de l’article, j’ai notamment oublie les intermitents du spectacle. Et les artistes. Des artistes liberaux comme moi ou notre ami fraserve c’est aussi rare que le dodo…

            • Et encore un libéral qui se réclame du droit d’auteur, c’est aussi crédible qu’un Marxiste pour la suppression des impôts.
              S’il y a bien une « propriété » qui n’en n’est pas une c’est la propriété « intellectuelle » et un droit qui n’en n’est pas un, c’est le « droit d’auteur » qui s’y attache. le principe de propriété vient de la rareté et de l’aliénabilité des biens produits. Sauf que si je compose un morceau, je fais un film, etc. et que cette œuvre est copiée je ne perd rien, sinon du « potentiel » qui est souvent inexistant (bien des gens qui téléchargent un morceau ne l’auraient pas acheté s’ils avaient du payer même un centime).
              Les artistes pourraient (devraient) vivre sur modèle économique très différent, basé sur la première cession à des diffuseurs, qui se rémunéreraient sur le traffic et la pub. Plus des concerts. Etc. Peut-être un droit d’auteur entre « entreprises » est-il possible ? Là encore ça ne me semble guère convaincant.

              • Je ne comprends pas bien votre idée. Voulez-vous dire qu’une oeuvre ne peut rapporter d’argent à son auteur qu’une seule fois au moment de sa session à un diffuseur et que celui-ci pourra récolter tous les bénéfices qu’elle engendrera ?
                Comment évaluer le prix de cette oeuvre ?
                On ne peut pas trop prévoir le succès de telle ou telle oeuvre, le principe du droit d’auteur, c’est que l’auteur touche beaucoup si l’oeuvre plaît beaucoup et inversement.
                Pouvez-vous entrer dans les détails à ce sujet ?

                • Pour toute autre chose (y compris prestations intellectuelles pour les ingénieurs en entreprise, les concepteurs programmeurs en informatique, etc.) vous vendez une chose, une fois, et une seule. Certes on s’y est habitué mais ça reste choquant fondmamentalement cette idée : j’achète un truc mais ce n’est pas à moi, je n’en n’ai pas le fructus l’usus et l’abusus ? Si j’achète un film, il est à moi, j’en fait ce que je veux, y compris le montrer à qui je veux, le revendre, etc.

                  Le prix d’une première diffusion serait fixé par le marché, comme tous les prix. Basé sur une anticipation des revenus qu’on peut espérer tirer de telle ou telle oeuvre. Comme quand vous achetez une action en bourse. Parfois les prix monteront ensuite, et vous toucherez plein de dividendes. Bonne pioche. Parfois ça sera le contraire. Mais globalement le prix s’ajustera en fonction de la qualité du compositeur. Cela dit, l’artiste pourrait également ne pas vendre et mettre en téléchargement sur son propre site, et se payer avec la pub (fonction de son succès, et qui s’ajustera au volume de téléchargement). Radiohead procède comme ça.

                  • Radiohead, l’ulitme référence du téléchargeur adepte de la gratuité. Après tout, ils sont libres de faire ce qui leur chante avec leurs œuvres, c’est le propre de la liberté, du libéralisme dont je me réclame. Après, que ceux-ci ou leurs disciples m’empêchent de faire ce que je veux avec mles œuvres ou de penser différemment, c’est du totalitarisme.

                    Mozart, Beaumarchais, Ravel, Debussy, étaient d’authentiques libéraux, bien avant votre naissance et pourtant ils défendirent le droit d’auteur de manière inconditionnelle, avec leurs tripes. C’était non seulement pour eux un problème pécuniaire, mais aussi un problème d’indépendance, d’état d’esprit et d’esprit créatif. Avant tout par nécessité philosophique. Le droit d’auteur libère l’auteur de ses contingences avec ses anciens employeurs, mais il libère aussi l’œuvre, le sujet que choisit l’auteur. Pourquoi, parce qu’ils connaissaient leur histoire des arts. Ils savaient que les artistes avant cette invention historique étaient assujetis à une cour, à ses obligations, à un Prince et à ses commandes (l’apologie de sa personne et de sa gouvernance, de ses idées  » forcément  » éclairées), donc à son fait et à ses caprices. Le droit d’auteur représente alors la libération de l’artiste qui fait passer avec son droit moral sur son œuvre, la société européenne des privilèges et iniquités de l’Ancien Régime aux aspirations libérales du Siècle des Lumières, au XIXè siècle, dont Tocqueville et Bastiat sont issus. Vous semblez ignorer ces conjonctions d’évènement historiques avec ces grands artistes, ces grands philosophes, elles sont pourtant totalement impliquées les unes dans les autres, les uns dans les autres. Et vous nous opposez tout ça, toute cette histoire fabuleuse et pleine d’implications sur le devenir des peuples, sur leur liberté d’aller et de venir, de jouir sans entraves dans deux siècles fabuleux pour les inventions et progrès humains tous azimuts à… Radiohead et leur modèle économique quasi unique bien que légitime,  » à la liberté qu’aurait le téléchargeur de télécharger gratuitement une œuvre de l’esprit sur Internet car il n’aurait pas un centime à mettre sur cette œuvre car au fond, elle n’en vaut pas la peine, elle n’en a même pas la valeur  » je vous cite. C’est bien faible comme argumentaire. C’est pitié d’entendre ça !

                    Vous citez l’exemple pharmaceutique. La création de médicament est heureusement attachée au droit d’auteur. Quand vous cherchez une formule médicamenteuse pour soigner des pathologies (mon père était pharmacien et mon grand-père aussi, le dernier inventeur de médicaments), vous cherchez pendant 10 à 20 ans et les laboratoires dépensent des fortunes en expériences pour arriver à un résultat final, après il y a la longue route de l’AMM et de ses tests sur les humains. Enfin, vous pouvez profiter pendant 20 d’une protection par le droit moral et d’auteur. C’est peu cher payé pour le service rendu à des millions de gens, à la collectivité. Je vous rappelle au passage que la population mondiale a été multipliée par 2,5 grâce aux médicaments du XXè siècle… Sans droits d’auteurs, pas de recherche, pas de solution, pas de santé publique développée au niveau mondial. La recherche médicale (fondamentale et appliquée) ayant été toujours du domaine du privé, comme les arts, par ailleurs. Comment la financer ? Sinon par le droit d’auteur.

                    Sinon, je porte à votre connaissance deux publications sur Contrepoints (publication libérale) qui feront plus qu’étayer mes conclusions et affirmations, puisqu’elles sont libérales :

                    – la gratuité des œuvres de l’esprit sur Internet, n’est-ce pas une idée socialiste, au fond ? N’est-ce pas  » être généreux avec l’argent, avec la richesse des autres  » ? Là non plus, ce n’est pas moi qui le dit, c’est le génial Jean-Louis Caccomo sur Contrepoints ce matin.
                    http://www.contrepoints.org/2014/08/19/177531-genereux-mais-avec-largent-des-autres

                    –  » Il n’y a pas de plus grand sophisme que la gratuité. Si vous ne voyez pas le prix d’un bien, dites-vous toujours qu’il a un coût et que si vous ne voyez pas ce qu’il vous en a coûté, c’est que ce service n’a pu être financé que par le vol à grande échelle. » Marius-Joseph Marchetti, sur Contrepoints il y a deux jours.
                    http://www.contrepoints.org/2014/08/17/177336-allons-jusquau-bout-de-la-logique-de-la-gratuite

                    N’était-ce pas le sujet dont nous parlions, par hasard ?

                  • Pfff.
                    Vous arrivez à exprimer en moins de 500 lignes le besoin que vous avez d’avoir un flic à vos cotés pour pouvoir gagner de l’argent ?
                    Le principe de propriété qui fonde le libéralisme n’est pas extensible à la « propriété intellectuelle », ni aux œuvres de l’esprit en général. Vous avez un droit de paternité, ce que vous avez inventé vous seul l’avez inventé et on ne peut pas prétendre en être l’auteur, OK. Mais si vous vendez quelque chose vous ne pouvez pas prétendre continuer à le contrôler après la vente.
                    C’est aussi simple que ça.

                    Vous êtes généralement libéral (vos autre interventions ici le montrent) mais sur ce sujet vous êtes un étatiste ou un capitaliste de connivence. Votre système de droit d’auteur ne peut fonctionner qu’avec un flicage permanent et de la violence, puisque vous êtes obligés de suivre ce que font les acheteurs pour pouvoir collecteur votre « du ».

                    Et vous critiquez Radiohead comme exemple en me sortant Beaumarchais et Mozart. Ce qui est vrai pour le premier et faux pour le second. Souffrez néanmoins que je vous cite aussi Bach, né et mort avant que quiconque ait l’idée de s’allier avec le pouvoir pour spolier ses clients au nom de l’art.

                  • « Le principe de propriété qui fonde le libéralisme n’est pas extensible à la  » propriété intellectuelle « , ni aux œuvres de l’esprit en général. »

                    C’est vous qui le décrétez de manière unilatérale et qui est faux dans la réalité des lois, dans tout le monde occidental, c’est à dire dorénavant compte tenu de la mondialisation sur la planète entière. Votre idéologie n’est pas l’esprit des lois qui gouverne le monde. Le totalitarisme de la pensée que vous incarnez est dès lors indubitable. Il n’y a aucun capitalisme de connivence dans l’esprit du droit d’auteur, qui est un principe législatif avéré, universel. Il a protégé depuis le début les petits et il continue de le faire. Sa base est avant tout un droit moral de protection qui devient un droit d’auteur pécuniaire quand il y a diffusion et reproduction. Il est logique, il est moral, il est humainement inattaquable. Votre solution est un capitalisme de connivence puisque vous préconisez par la loi, celle du plus fort et des lobbies que l’auteur, l’artiste, vende à des distributeurs ses droits, son droit moral et financier pour une valeur X une fois pour toutes déterminée par la valeur à un temps T de l’auteur. De toute évidence, en début de carrière (et le long de sa carrière, vous créez les chaînes d’un artiste par votre procédé), l’artiste que vous préconisez se fait manger par les gros et si son œuvre a du succès, c’est le distributeur qui en tire seul un bénéfice, se met tout dans les poches, en arguant de son réseau de diffusion, de sa puissance, de sa supériorité. L’on revient au système des Princes que vous incarnez, qui est le modus vivendi de l’Ancien Régime, qui écrasait les artistes, les mettaient aux rang d’esclaves, de petites mains des Princes. C’est ce que vous préconisez… Rien ne m’étonnera plus dans la logique de l’Internet totalitaire car celui-ci ne procède pas autrement avec ses sociétés monopolistiques. Ce n’est pas étonnant compte tenu de la logique idéologique intrinsèque, qui présente une nouvelle liberté, comme l’idéologie initiale du communisme, pleine de vertus et d’espérances, et puis finalement étend son pouvoir sans partage, par la surveillance et finalement l’esclavagisme tous azimuts, tel le Big Brother que les grands auteurs avaient dénoncé au XXè siècle dans une vision prophétique. Les derniers qui résistent donc à votre pouvoir sans partage sont les artistes, et vous devez en toute logique éteindre leurs droits, les terminer, peu importe les mensonges et les moyens les plus vils employés. Comment écraser la concurrence, par la puissance financière, par le poids des structures, par le poids des réseaux de distribution ? Et vous me dites que ça, ça, c’est le libéralisme ! Non c’est le totalitarisme. Et Internet est son vecteur.

                    Le droit d’auteur actuel permet à des tous petits, des débutants, à tous les talents d’exister et de croître, pas votre système. Votre système aboutit à un système de cour, à un système de marquisat, de nobles, de connivence, exactement tout ce que vous dénoncez à juste titre dans l’étatisme de l’art et de ses artistes institutionnels et officiels. Il y a aujourd’hui 50.000 auteurs vivants enregistrés à la SACEM. 1000 à 2000 touchent des droits d’auteurs, mais tous peuvent accéder au Graal. C’est juste une question de travail et de talent, d’opiniâtreté, de volonté, de durabilité, de persistance dans l’acte et l’esprit des arts, de rencontres. La plupart abandonnent en cours de route, c’est clair, mais bon, c’est un système d’excellence. Tout le monde n’arrive pas sur la ligne de départ de la finale du 100 mètres aux JO. Tout le monde ne devient pas ministre ou chef d’Etat. Est-ce que cette finale du 100 mètres est une politique de connivence non libérale ? Non c’est tout ce qu’il y a de plus libéral. Mais il y a des sélections, à tous les niveaux. Les meilleurs arrivent en finale et Usain Bolt gagne la finale. Usain Bolt est-il un capitaliste de connivence ? Pourtant l’esprit du sport fait universellement partie de l’esprit des lois, comme l’esprit de l’art.

                    N’inversez pas les rôles. Le capitaliste de connivence est un gros sur un business de niche à tentation monopolistique qui veut par le lobbying obtenir des parts de marché supplémentaires pour éteindre la concurrence. Ce n’est en aucun cas l’esprit du droit d’auteur qui permet à tous, même les plus petits d’entrer sur ce marché. Le turn-over permanent du marché de l’art en est la preuve. Ce n’est pas le cas de la téléphonie française ou de l’Internet (les FAI) qui est un vrai capitalisme de connivence, celui-là. Je comprends votre logique intellectuelle, vous êtes du côté de l’Internet qui veut éteindre le droit d’auteur pour obtenir le monopole totale sur la diffusion des œuvres et tel Apple et Amazon finir par contrôler à eux seuls la diffusion des œuvres, en régler donc de manière unilatérale son système, de manière dictatoriale comme on avait pu le constater. Vous êtes logique dans votre démarche, c’est déjà cela. Qui peut s’opposer à Google ? Qui peut proposer une solution parallèle ? Plus personne. Vous assimilez le droit d’auteur à votre philosophie, c’est un comble !

                    Revoyez vos cours de droit, si vous en avez fait.

                    Par ailleurs, il est flagrant et notoire que les opposants « libéraux » aux droits d’auteurs, en fait, ne sont pas libéraux mais totalitaires et fascistes. Ils ne supportent pas la liberté des autres. Le totalitarisme a montré son vrai visage, son modèle par l’URSS. Plus l’entité de pouvoir est grosse, plus elle accuse les autres de l’attaquer, d’en vouloir à son existence, plus il devient paranoïaque et agressif. C’est un classique de la psychopathologie. Moi je n’en veux pas à votre liberté de faire de l’argent avec vos talents et n’aurais jamais la volonté ni le désir de le faire.

                    Il est flagrant et notoire dorénavant que les opposants « libéraux » aux droits d’auteurs sont des jaloux, des aigris et des non-dotés de la créativité artistique, qui tentent par tous les moyens d’empêcher ceux qui ont ces talents de pouvoir les exercer et en vivre, qui tentent par tous les moyens d’en découdre avec cette anormalité récurrente dans l’histoire que sont les créatifs, les histoires. Est-ce récurrent dans l’histoire quand le totalitarisme tente de repasser les plats ? Oui, c’est récurrent. Aux temps anciens on allait jusqu’à brûler et occire les récalcitrants de cette espèce quand ils ne se retrouvaient pas dans une mangeoire à cochon pour prix de leur outrecuidance et de leur liberté de parole, de ton. La période technologique actuelle fournit à ces jaloux l’opportunité à nouveau d’en découdre pour éteindre ce fait par la piraterie généralisée sur la musique et les films. Les autres formes d’art, moins lucratives globalement, sont pour l’instant moins touchées, mais si par malheur la musique et le cinéma passaient sous les fourches caudines de l’Internet, il y a fort à parier qu’elles devraient suivre les mêmes  » routes de la servitude pavées de bonnes intentions « . L’Internet permis aussi à des fâcheux d’inventer toute une nouvelle logique intellectuelle pour justifier leurs forfaits. Logique intellectuelle, tellement inventive qu’il est devenu à tous évident que la logique sous-jacente n’était pas une logique libérale mais bien celle de jaloux qui s’en prenaient à des nouveaux totalitaires. Comme le communisme a permis à tous les idiots utiles aigris de l’ancienne révolution planétaire (avortée) de s’en prendre à tous les nantis, aux bourgeois. D’ailleurs, rien d’étonnant à ce que ces nouvelles tendances de piraterie et de liberté sur Internet aient été voulues et promues à l’origine jusqu’à l’Assemblée Nationale Française par des anciens apparatchiks communistes, afin d’éteindre ce droit insupportable dont l’unique base était la liberté. Les communistes, les totalitaires détestent la liberté, celle des autres, comme leur argent, leur créativité, le bénéfice qu’ils en tirent. Les artistes de gauche ne s’y sont pas trompés, qui se sont d’emblée retournés contre leurs anciens compagnons d’armes idéologiques des combats de 68 pour s’afficher clairement derrière la bannière de la liberté, celle du droit d’auteur. C’était plus qu’un problème d’argent, c’était un problème philosophique, qui, comme je vous l’avais expliqué plus en amont qui trouvait son origine à l’orée de la Révolution Française.

                    Un conseil, Franz, soignez votre jalousie créative contre les artistes avant toute chose. Mettez vous à créer des œuvres ! Un jour venu, vous comprendrez le fond de l’histoire car il imprégnera vos cellules, ce qui n’est pas le cas actuellement. Je vous le souhaite. L’art, c’est la chose qui rend le plus heureux l’être humain, avec ses enfants. Mais n’est-ce pas la même chose ?

                    La tentation totalitaire trouve toujours son origine dans une frustration.
                    Il faut s’en débarrasser pour être plus heureux, pour vivre.
                    Sinon, on devient comme Hitler, un artiste raté, ou bien un criminel.

                  • La tentation totalitaire trouve toujours son origine dans une frustration.
                    Il faut s’en débarrasser pour être plus heureux, pour vivre.
                    Sinon, on devient comme Hitler, un artiste raté, ou bien un criminel.

                    ben dites donc…
                    Qui ici a une prétention totalitaire, voulant étendre par la force un système qui n’existe que par la force (et ne peut exister qu’avec elle) ? Qui ici est un « artiste frustré » de ne pas pouvoir vendre assez et vivre de son seul talent et demande donc que l’Etat prenne pour lui l’argent que les clients ne veulent pas lui donner ?

                    Je vous laisse donc parler de « l’art » et transformer des lois liberticides fondées uniquement sur la collusion entre artistes fonctionnaires et pouvoir central de l’Etat en « avancées libérales »…

                    Par contre, vu la longueur et la lourdeur indigeste de vos textes, restez dans la musique même si vous n’y avez aucun succès, ça sera toujours mieux que dans la littérature.

                  • Vous devenez incisif, donc créatif, vous avez de l’avenir. Moi c’est fait.
                    Je ne suis pas jaloux de votre talent, j’en suis très doté.
                    Je publie livres et musiques et suis édité chez le plus grand éditeur de la Terre. Et vous ?
                    J’ai le droit d’exprimer mes opinions ici, et de défendre mon droit qui est opposable au votre, en toute liberté, comme vous avez le droit de la faire, c’est un site libéral. Je ne vous empêche pas de participer à ce forum. Vous me déniez ce droit dans un commentaire plus haut. Qui est le totalitaire ? Sûrement pas moi. Je défends mon droit et cela vous est insupportable. Qu’y puis-je ? Je suis en vacance actuellement, c’est mon droit, j’ai plus de temps. Je participe à des actions concernant mon travail comme il me chante, c’est mon droit le plus absolu. En quoi celui-là vous dérange-t-il ? L’Internet a-t-il déjà décrété l’interdiction de parole, le délit d’opinion, chez les défenseurs du droit d’auteur en ligne, quand celui-ci est remis en question ? Je n’étais pas au courant du décret, veuillez-me pardonner.

                    Je sui seulement opposé de toutes mes forces aux tentations totalitaires évidentes de ceux qui veulent éteindre le droit d’auteur, pour des motifs de leur part ni clairs, ni avouables au fond. Qui sont ceux d’une tentation monopolistique évidente.

              • « Et encore un libéral qui se réclame du droit d’auteur, c’est aussi crédible qu’un Marxiste pour la suppression des impôts. »
                Ben voyons, sacré comparaison ! On peut être libéral et être pour la loi, au cas où vous n’aviez pas encore percuté la subtilité et l’utilité des lois. Quelle vaste fumisterie que vos propos. Votre assertion n’a bien sûr aucun sens. Au niveau juridique, elle est bien sûr infondée, tout juriste pourra le confirmer. La propriété intellectuelle est créée au moment de la création de l’oeuvre, elle est inaliénable par le droit moral, qui semble-t-il vous avait échappé. Je vous rappelle par ailleurs que la propriété foncière a commencé à exister sur la Terre seulement au début de la sédentarité. Même les nomades réclament un droit moral sur des territoires de chasse (problèmes des indiens des USA et de l’Amazonie, alors qu’aucun contrat ne lie ces peuplades à leurs terres ancestrales). Il y a encore de nombreuses surfaces sur terre qui « n’appartiennent à personne », dont « l’usage n’enlève aucune part de propriété » et pourtant qui sont assujetis à des droits (déserts, montagnes, océans…).

                « Bien des gens qui téléchargent un morceau ne l’auraient pas acheté s’ils avaient du payer même un centime »
                Et bien que ces gens ne les téléchargent pas si ces morceaux sont si peu intéressants à leurs yeux qu’ils ne voudraient même pas les payer un centime. Une chose que l’on ne veut pas payer n’a pas de valeur à nos yeux, donc à quoi bon le posséder. Votre démarche intellectuelle est totalement incohérente. Ce n’est pas la première fois que j’entends ces balivernes chez les opposants aux droits d’auteurs. Si l’essence n’avait aucune valeur, la mettriez-vous dans le réservoir de votre voiture, j’en doute. Vous auriez peur que ce soit de l’essence frelatée. Il en est de même pour les oeuvres d’art. Ce qui ne coûte rien ne vaut rien. Pourquoi s’en enquérir ? Le téléchargement illégal et pirate a des raisons que la raison ignore…

                • La loi n’est pas forcément juste. Sinon soyez heureux avec les lois spoliatrices actuelles et ne venez plus jamais ici. Ce que vous dénoncez de l’Etat socialiste, c’est aussi la loi.

                  La gratuité n’est jamais absolue, nous sommes d’accord, mais celui qui télécharge et n’aurait pas payé écoute une fois, et c’est tout. Et encore. Le gros de la musique disponible aujourd’hui ne vaut pas grand chose, c’est du easy listening de base et peu sont près à payer (beaucoup) pour ça, sinon sur des effets de mode.

                  Repensez votre modèle économique et cessez de vouloir que votre droit de propriété prime sur celui de vos clients, ça serait un poil plus libéral.

                  • @franz
                    Radiohead a commencé à développer son modèle économique actuel après de nombreuses années d’un succès international.
                    Cette démarche a mûri au fil des années, ils ont d’abord intégré l’ordinateur comme instrument à part entière (ok computer, puis le double album kid a et amnesiac) puis ont intégré le téléchargement comme moyen privilégié de rester en lien avec leurs nombreux fans. Je ne crois pas que ce groupe soit un bon exemple du système que vous decrivez car ils n’auraient jamais pu faire ainsi avant les succès qui les ont mis en position de force face aux labels.
                    Je ne crois pas non plus que les membres de Radiohead aient renoncé à leurs droits d’auteurs, par ailleurs. Même s’ils savent pertinemment qu’une partie de ces droits ne leur est pas versée avec le principe du téléchargement.
                    Il existe des collectifs d’artistes qui fonctionnent en libéral, si l’on peut dire, c’est à dire sans l’aide des labels à part pour la distribution (les français de « la clique », par exemple). Ils sont autogérés et utilisent très bien les moyens de leur époque pour diffuser et vendre leurs oeuvres.

                    La question du téléchargement illégal est, au départ, un problème non pas des auteurs mais des labels, studios de cinéma, éditeurs, etc, qui voyaient leurs revenus fondre comme neige au soleil.
                    Les lois type Acta sont le fruit d’un long travail de lobbying de la part des majors. Elles sont liberticides, d’une part, et ne servent pas les auteurs, d’autre part.
                    Je rappelle que, dans le cas de l’industrie musicale, les artistes, quand ils sont auteurs-interprètes, touchent au plus 10% du prix du disque (en physique ou en téléchargement légal). Les autres artistes intervenants (musiciens de studio, choristes, etc) sont payés à la prestation et ne touchent pas de droits.
                    Les artistes qui utilisent le téléchargement le font pour reprendre la main sur la façon dont est distribuée et promue leur musique ET pour générer davantage de revenus par rapport à ce que leur laisserait une major. Le système que vous decrivez pourrait bien devenir la norme dans ce domaine.

                    Là où votre idée me paraît irréaliste, c’est que dans bien des cas, les coûts de production de certaines oeuvres sont pharaoniques. Certains films ne peuvent se monter que parce que les acteurs et autres intervenants acceptent un salaire minimum qu’ils compensent par des parts sur les ventes en salle, passage tv et ventes dvd.
                    Et je ne parle pas du coût d’une tournée pour un groupe, même en passant par les petites salles du réseau indépendant.

                    Je crois, malheureusement, que c’est en renonçant au principe du droit d’auteur qu’on s’expose à se priver du travail d’artistes réellement novateurs, qui approfondissent leur travail, prennent le temps de faire des choses nouvelles et dont le résultat auprès du public est donc difficile à anticiper.
                    C’est, au contraire, laisser la place au coup de pub, au gangnam style et consort, vite fait, mal fait, qui rapporte un max de clics et ne dénote pas une démarche de création des plus inspirantes.

                    J’ajoute qu’on n’achète pas un film, on paie sa place pour le voir en salle, on achète le dvd sur lequel est conservée une copie du film ou le fichier qui permet de le lire depuis son disque dur.
                    Les oeuvres que l’on achète et que l’on possède sont plutôt les tableaux, sculptures et objets d’arts, et même là, l’auteur touche des droits si l’on diffuse une reproduction de l’oeuvre dans un livre ou autre.
                    Il ne faut pas confondre l’oeuvre et le support sur lequel elle est conservée. Quand vous achetez un livre, vous ne devenez pas le propriétaire du texte de l’auteur, mais de l’objet sur lequel il est imprimé. Je crois que la nuance est fondamentale pour comprendre la légitimité du droit d’auteur.

                  • J’abonde dans le sens de roseau qui a compris les aspects fondamentaux du droit d’auteur, comme de ses implications philosophiques.

                    Le droit d’auteur est inextricablement lié à la liberté, au libéralisme des Lumières. Ad vitam eternam.
                    Il procède de la fin des privilèges de l’Ancien Régime, de ses injustices, de son iniquité.
                    Il est le ferment des sociétés libérales contre celui des sociétés totalitaires.
                    Juste un fait historique que n’avalent pas les nouveaux adeptes de Big Brother.

                  • C’est bien pour ça que le droit d’auteur a été institué sous l’Ancien Régime, par collusion directe entre un « artiste/entrepreneur » et le pouvoir politique, en la personne du Roi.
                    Totalement libéral, en effet, la privation du droit de propriété de la plupart au profit de quelques uns avec et grâce l’action de la force de l’Etat…
                    Totalement libéral cette antithèse complète de « l’ordre spontané » Hayekien, en effet…

                  • J’oubliais l’ « artiste/entrepreneur » se trouvait également être haut fonctionnaire, pour comble de libéralisme…

                  • Erreur historique. Les prémisses du droit d’auteur datent du Mariage de Figaro, de la rencontre Mozart/Beaumarchais (1778/1984). On ne peut pas faire plus « fin de l’Ancien Régime ».

                    Encore une erreur législative. Ce ne sont pas les clients, les usagers, qui écrivent le droit de propriété, ce sont les propriétaires.

                  • Désolé pour mon erreur : 1778/1784. Et non 1984.

                  • « J’oubliais l’ « artiste/entrepreneur » se trouvait également être haut fonctionnaire »

                    C’est logique puisqu’il n’y avait aucun autre système légal.
                    Le système tripartite de l’ancien régime était assez absolutiste, la variété sociologique, pauvre : Tiers Etat, Noblesse, Eglise.
                    On ne peut pas naître de « rien ».
                    Les esprits créatifs étaient en toute logiques cooptés de l’administration, moderne à l’époque par rapport aux autres entités.
                    Veuillez comparer ce qui est comparable.

      • « Ils veulent faire payer l’usage des tuyaux qu’ils ont construit mais ne veulent pas payer l’eau sans laquelle leurs tuyaux n’auraient aucun intérêt d’existence. »

        Il ne faut jamais oublier que ce processus est la base de nos sociétés économiques, de leurs cercles vertueux et s’appelle simplement « la valeur ajoutée ». Pourquoi la monétisation de la valeur ajoutée devrait être accordée à des nouveaux créateurs de richesse (les inventeurs de l’Internet, FAI, etc…) et interdite aux anciens créateurs de valeur ajoutée sans qui ils ne sont rien, les artistes, auteurs, etc, sous prétexte que les nouveaux possèdent la clé du système, la (fausse) gratuité. Si on allait loin dans cette logique, l’ancien propriétaire foncier devrait se voir interdit du paiement d’un loyer à partir du moment ou son nouveau locataire aurait récupéré les clés… Ou le retraité de ses allocations à partir du moment où il est sorti du corps des actifs, sous prétexte qu’il ne maîtrise plus le système. C’est du même ordre d’idées.

        Il faut bien alors comprendre que le monde de l’Internet, dont l’invention est exceptionnelle mais pas moins que l’imprimerie, la radio, la télévision en leur temps (qui n’ont au grand jamais supprimé le droit moral des auteurs) a mis dans les esprits une distorsion de réalité préjudiciable à leur équilibre, qui rejaillit de manière logique dans les mœurs et habitudes sociales, morales, philosophiques : puisqu’on peut prendre ce qu’on veut sur Internet, sur les comptes bancaires (ma femme vient de se faire débiter 2000€ sur le sien, par la création illégale d’une fausse carte bancaire jumelle de la sienne, elle n’est pas moderne, elle est ringarde, elle a porté plainte…), pourquoi ne peut-on pas en faire de même dans le réel ? Vols, crimes, mœurs déjantés et asociales, voire guerrières… sont désormais corrélés à des jeux en ligne ou en réseau, des modes de pensées nouvelles liées à la gratuité du web, et une nouvelle branche de la psychiatrie appelée l’addictologie s’occupe désormais de ces nouvelles pathologies de la modernité navigante.

        Certes le concept de gratuité a plu à la jeunesse car la jeunesse n’a pas d’argent de manière récurrente. À partir du moment où cette jeunesse devient adulte et a son tour possédante, il est assez cocasse et marrant de constater son retournement de veste car elle veut, à juste titre, valoriser par des espèces sonnantes et trébuchantes, ses créations de richesse, sa valeur ajoutée, ses possessions. Quand on a passé plus d’une centaine de milliers d’heures dans sa vie à créer des richesses, il est difficilement et illégitimement inconcevable de se voir opposer une fin de non recevoir par des nouveaux entrants qui veulent éteindre ces richesses par un simple coup de baguette magique, à moins de se voir à leur tour un jour prochain spoliés de la même manière. Puisque l’Internet ne vaut rien, que la gratuité en est sa valeur intrinsèque, cela ne fera donc aucun mal aux nouveaux nababs de ce secteur de voir un jour ou l’autre leur propre valeur ajoutée tomber dans l’explosion de leur bulle qui passera de 100MM$ à 1MM$ (la valorisation de Facebook opposée à son CA réel, logiciel obtenu par MZ en le volant à des condisciples d’Harvard, cela ne s’invente pas, là non plus !).

        Malheureusement, inexorablement, la roue de la vie (de la fortune) tourne toujours dans le même sens :  » Bien mal acquis ne profite jamais « . Il faut certes s’adapter ou périr, s’adapter à la nouvelle donne, mais l’Internet ne changera pas ce qui fait le monde depuis toujours. Il l’ouvre, il l’optimise, il participe à et réalise la mondialisation, mais il ne change pas le monde, il ne change pas les humains, qui communiquent un peu mieux, certes, encore que tout soit très relatif à ce sujet. Il n’améliore pas le monde, il ne fait qu’accélérer les processus humains anciens, qui vont des meilleurs actions jusqu’aux pires, des processus les plus vertueux jusqu’aux processus les plus vicieux. Le web, c’est comme les rues d’une grande ville mais en virtuel. Il n’y a rien de différent. Les devantures, les musées, les bibliothèques, sont virtuelles. Attention alors à ce que la gratuité ne virtualise pas à son tour ce nouveau moyen de communication s’il ne s’ancre pas dans la réalité sonnante et trébuchante, la seule qui fait de ce monde une réalité comptable, humaine ! Dans les rues d’une grande ville, il y a les gens normaux (dans les normes et la moyenne de la société…), des gens  » anormaux  » (dans les extrêmes, les minorités de la société, les tempéraments borderline…), des gendarmes et des voleurs. L’Internet ne changera pas cela, contrairement à l’optimisme ambiant. Je n’invente rien comme chacun sait. Le web à une qualité, il est une copie parfaite du monde, dans tous ses particularismes, des meilleurs aux pires. Ce n’est pas l’Internet qui fera changer des processus sociologiques aussi vieux que le monde.

        Pour finir, il n’y a jamais eu de précédent dans l’histoire du monde d’une génération ayant spolié la richesse d’autrui sans conséquence fâcheuse, pour elle et son avenir, pour les individus spoliés. Les gourous sectaires par ailleurs, ceux qui préconisaient la gratuité, se sont d’ailleurs bien moqué de cette génération, à qui ils ont fait miroiter la gratuité pour les attirer mensongèrement dans leurs filets pour après leur tendre des bons de commande en bonne et due forme, avec factures à l’appui, leur faisant payer l’usage de richesses qui ne leur appartenaient pas. Vous être propriétaire foncier. Un pirate vient vous déloger de votre propriété et fait payer un loyer à son nouveau locataire… Il y a plus d’une personne dans le monde que le processus choquerait !

        En 2002, j’assiste à un dîner où un « moderne » (moi je suis alors le ringard de service) me fait l’apologie du téléchargement illégal en stipulant qu’il est le prescripteur de ce modèle en téléchargeant gratuitement pour son compte mais en prescrivant l’œuvre téléchargée (volée) à ses amis (système de Ponzi mental en fait). Juste après sa déclaration d’amour à la modernité gratuite, apprenant qu’il est architecte, je lui réponds aussi gentiment et amoureusement que je ne vois pas où est le problème à partir du moment où il ouvre les portes de son cabinet et me donne ses plans pour construire une maison, gratuitement. Dans l’instant, il se lève, il hurle, il fulmine, il éructe, en vient presqu’aux mains à 10 centimètres de mon visage en postillonnant comme un forcené : « Tu me traites de voleur ! » Je n’ai rien dit de plus.

        Rien n’est gratuit, jamais, rien.
        Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Contrepoints.

        J’espère que la leçon servira à leurs enfants, sinon ces nouveaux parents se verront à leur tour spoliés de leurs richesses, créatives et foncières, physiques et spirituelles par la génération d’après. Il est fort possible que ce soit le retour de boomerang tant annoncé. Je ne leur souhaite pas mais qu’ils en prennent de la graine.

  • Parfaitement dit.

  • Amazon rend la culture plus accessible avec des prix toujours plus bas et une offre toujours plus large.

    Je doit vivre dans un univers parallèle parce que moi je trouve que les Livres sur Amazon sont hors de prix. 20-25-30-60 Euros..

    Une offre toujours plus large n’est pas forcément meilleure. Plus de Livres, c’est plus plus de livres malsains faisant la promotion d’idéologies néfastes. Mieux vaux une bonne bibliothèque avec 100 chef d’oeuvres qu’une galaxie de mauvais livres dans lesquels il est impossible de trouver la bonne information.

    Le cinéma et la musique c’est pareil, des tonnes de sites proposent des tonnes de mauvais films ennuyeux, abrutissants et débilitants. Mieux vaudrait que l’on supprime définitivement la propriété intellectuelle. Et si la culture s’effondre ça nous épargnera des milliers de navets absurdes, d’émissions débiles, de musique énervante et de livres bon à servir d’allume feux.

    La culture reçoit trop de pognon, la qualité est en chute libre. Si on veux sauver l’intelligence et l’esthétique, il faut que les producteurs se prennent une claque dans la G.. et qu’ils fassent faillite. Parce que tant qu’ils recevrons du fric en produisant de la médiocrité pourquoi arrêteraient-ils? Pourquoi faire de la qualité si la merde rapporte des milliards. Pour sauver la culture, il faut que les culturels perde de l’argent affin de se rendre compte que ce qu’ils font est mauvais.

    • Je propose que l’on fasse la même opération de nettoyage dans tous les métiers, le vôtre y compris. Il va y avoir des dizaines de millions de chômeurs, avec vos critères d’excellence.

      C’est vrai, Hitler n’a-t-il pas préconisé lui-même de supprimer les médiocres…

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