Belgique : la coalition suédoise négocie bien une hausse des impôts !

Charles Michel et Kris Peeters - source Facebook Charles Michel

Plus le temps passe, plus il apparaît clair que la prochaine coalition fédérale belge augmentera les prélèvements fiscaux. Cette fois, c’est un négociateur du CD&V qui l’annonce.

Par Oliver Rach, depuis Liège, Belgique.

Charles Michel et Kris Peeters - source Facebook Charles Michel
Charles Michel (MR) et Kris Peeters (CD&V)

 

Contrepoints était le premier quotidien à s’en faire l’écho et à analyser la situation sous un angle historique révélateur. Depuis lors, les langues se délient et confirment ce qui pouvait être deviné avant les élections : la coalition suédoise est bien en train de négocier une hausse des prélèvements. Le MR, le CD&V et l’Open-VLD vont poursuivre le chemin entamé sous le gouvernement socialiste Di Rupo, à savoir un panaché de baisses de dépenses et d’augmentations fiscales.

C’est le jeune négociateur du CD&V Benjamin Dalle qui le révèle dans les colonnes du Morgen ce matin : bien que les quatre partis en présence aient été élus sur base d’une campagne électorale critiquant la fiscalité trop élevée en Belgique, ceux-ci augmenteront certains impôts. « Des mesures très dures viendront indubitablement », confie-t-il au quotidien flamand.

La sortie du flamingant Bart De Wever (N-VA) en début de semaine avait donné le la de ce retournement de veste collectif. « Il faudra au moins quinze milliards pour atteindre la norme budgétaire européenne », avait déclaré le bourgmestre d’Anvers. « C’est gigantesque. Di Rupo n’a pour ainsi dire rien fait. Il y a du pain sur la planche. »

Dans ce contexte où un effort budgétaire de 15 à 22 milliards d’euros doit être réalisé, Benjamin Dalle confirme que ces milliards ne pourront pas seulement être trouvés du côté des dépenses : ces mesures « seront difficiles pour tous les partis. Pour le CD&V mais aussi pour les libéraux et la N-VA. Surtout parce que nous devrons également travailler du côté des recettes. »

Interrogé à ce sujet, le futur Premier ministre Kris Peeters (CD&V) a déclaré – avec prudence – qu’il était prématuré de se prononcer sur de nouvelles taxes. « Au cours des contacts bilatéraux, on évoque beaucoup de défis budgétaires », a-t-il ajouté. « Les négociateurs doivent encore attaquer la partie la plus dure de l’ascension. »