Belgique : la coalition suédoise prête à augmenter la fiscalité

Charles Michel et Kris Peeters - source Facebook Charles Michel

La coalition suédoise n’est pas encore mise en place que déjà certains élus du MR se réjouissent d’une augmentation prochaine de la fiscalité.

Par Oliver Rach, depuis Liège, Belgique.

Charles Michel et Kris Peeters - source Facebook Charles Michel
Charles Michel, président du MR et Kris Peeters (CD&V), ancien ministre-président flamand, au Palais royal.

 

Depuis quelques jours et l’ouverture de négociations entre la N-VA, le MR, le CD&V et l’open-VLD en vue de former une coalition suédoise à l’échelon fédéral du pays, l’électeur moyen du MR frétille allègrement de la queue. Guilleret, il aboie son bonheur à l’idée de pouvoir jouer avec le sceptre du pouvoir en compagnie de son gentil maître ! Dégoulinant de salive pavlovienne, il se pourlèche les babines à l’idée de ne plus devoir partager le gâteau avec l’ogre socialiste ! Enfin ! Son éternelle fidélité à la couleur bleue va être récompensée !

Car les taxes, les impôts, les accises, les prélèvements en tout genre, la dette, les règlementations diverses et variées, c’était le PS, n’est-ce pas ? En tout cas, le maître l’avait toujours juré…

Hélas ! Trois fois hélas ! Avant les élections de ce 25 mai, le fidèle électeur n’avait très certainement pas voulu croire ce que les mauvaises langues avaient annoncé : en matière fiscale, le MR est socialiste — et il est cette fois en mesure de le démontrer sans l’excuse du PS à ses côtés. Le député wallon (et autres mandats) Philippe Dodrimont le révèle maladroitement sur son compte Facebook : les négociateurs envisagent de soumettre privé et public à un taux d’impôt des sociétés identique.

FB Dodrimont

En voilà une idée qui serait bonne, si elle consistait à abaisser les lourds prélèvements pesant sur le secteur privé, de façon à les faire correspondre aux avantages fiscaux propres aux intercommunales. C’est malheureusement le contraire qui est prévu. Plutôt que d’agrandir la niche fiscale afin d’abriter plus de citoyens des intempéries en vue, le MR préfère détruire avec force coups de pied rageurs l’un des trop rares abris au motif que tout le monde doit être logé à la même enseigne. La conséquence immédiate d’une telle mesure est plutôt claire : ces chiens d’électeurs paieront un peu plus cher leurs factures et auront donc moins de croquettes dans leur gamelle quotidienne.

Partant, l’idée mise ici en avant n’est pas le pouvoir d’achat des gens, non, mais bien celle de « booster les finances publiques ». Entre la bourse de l’État et celle de ses fidèles obligés, le MR a choisi. Et Philippe Dodrimont s’en félicite !

Quoi de plus normal lorsque l’on étudie le tableau ci-dessous ? Les dépenses publiques ont explosé depuis 2008… Or, entre 2008 et 2014, trois des quatre partis prêts à former la coalition suédoise étaient déjà au pouvoir. Ces trois formations participaient donc au dernier gouvernement Di Rupo, l’un des plus confiscatoires de l’histoire du pays, avec 18% d’augmentation d’impôts, 22% d’augmentation des dépenses et 11% d’augmentation du déficit public.

Belgique dépenses publiques

Néanmoins, croyant que cette mesure sera plus fâcheuse pour l’ogre rouge que pour lui-même, l’électeur moyen du MR jappe de plaisir et couvre de coups de langue affectueux la peau lisse et froide de son maître. Ah ! Quel animal sage et bien dressé ! Ce n’est pas lui qui grognera contre cette nouvelle augmentation fiscale, le brave toutou, ça non ! Alors, avant qu’il ne pense à mordre…


Crédit photo : Facebook de Charles Michel.