Les femmes ont-elles une âme ?

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Les femmes ont-elles une âme ?

Publié le 26 juillet 2014
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Par Jean-Baptiste Noé

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De tous les mensonges inventés contre l’Église, le plus stupide, le plus absurde, est sans aucun doute celui qui lui attribue la négation de l’existence d’une âme chez la femme.

Mais comment expliquer la permanence d’une idée pareille, car la réfutation est aisée, à qui réfléchit tant soit peu : « Voyez donc la dignité et la place exceptionnelles de la Sainte Vierge, le statut de la femme chrétienne dans le monde !… Puis vous imaginez l’Église administrer les sacrements de Notre Seigneur à un être privé d’âme ! »

On doit donc nécessairement trouver ici quelque illustration de la recommandation de Voltaire à Thériot : « Il faut mentir comme un diable ! Non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours… » Qu’importe la grossièreté du mensonge, il faut le propager !

Force est de constater que le mensonge se porte bien, véhiculé par des personnes non dénuées d’âme mais de culture. Toutefois, comme tout mensonge, il s’appuie sur une part de vérité, ce qui permet de le rendre beaucoup plus crédible.

Alain Decaux résume l’origine de cette désinformation dans le tome I d’Histoire des Françaises (Perrin, Paris, 1972, pp.133-134) :


« Lors de chaque combat livré par des femmes, on affirme qu’en 585, un concile s’est tenu à Mâcon pour trancher d’une épineuse question : la femme a-t-elle une âme ? On écrit là-dessus comme s’il s’agissait d’un fait historique démontré. D’autres interviennent alors – non moins opportunément – pour s’écrier qu’il s’agit d’une légende, tout juste bonne, comme toutes les légendes, à jeter aux orties. Il faut dire la vérité. Si l’on consulte la liste complète des conciles, on s’aperçoit qu’il n’y a jamais eu de concile de Mâcon. En revanche, on trouve en 586 – et non en 585 – un synode provincial à Mâcon. Les « Actes » en ont subsisté. Leur consultation attentive démontre qu’à aucun moment, il ne fut débattu de l’insolite problème de l’âme de la femme. Le synode s’est borné à étudier – avec un grand sérieux – les devoirs respectifs des fidèles et du clergé.

Alors ? D’où vient cette légende si solidement implantée ? N’aurait-elle aucune base ? Si. Le coupable est Grégoire de Tours. Il rapporte qu’à ce synode de Mâcon, un évêque déclara que la femme ne pouvait continuer à être appelée « homme ». Il proposa que l’on forgeât un terme qui désignerait la femme, la femme seule. Voilà le problème ramené à son exacte valeur : ce n’était point un problème de théologie, mais une question de grammaire. Cela gênait cet évêque que l’on dît les hommes pour désigner aussi bien les femmes que les hommes. L’évêque trouva à qui parler. On lui opposa la Genèse : « Dieu créa l’homme mâle et femelle, appelant du même nom, homo, la femme et l’homme. » On lui rappela qu’en latin, « homo » signifie : créature humaine.

img contrepoints509 femmesPersonne ne parla plus du synode de Mâcon jusqu’à la Révolution française. En pleine Terreur, pour défendre les femmes dont on voulait fermer les clubs, le conventionnel Charlier, en une belle envolée oratoire, demanda si l’on était encore au temps où on décrétait, « comme dans un ancien concile, que les femmes ne faisaient pas partie du genre humain ». Le 22 mars 1848, une citoyenne Bourgeois devait franchir une nouvelle étape dans l’altération des textes. À la tête d’une délégation du Comité des « Droits de la femme », elle remettait aux membres du gouvernement provisoire une pétition tendant à obtenir le droit de vote pour les femmes et commençant par ces mots : « Messieurs, autrefois, un concile s’assembla pour décider cette grande question : savoir si la femme a une âme… » Les quelques lignes de Grégoire de Tours, définitivement déformées, étaient entrées dans le patrimoine définitif de la crédulité publique. »


Sur le web.

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  • Souvent les légendes ont une base de vérité. Légende ou pas elle révèle le statut d’inférieures des femmes dans l’église.

    Pas d’ordination, aucune femme à de haut postes, la genèse où Eve est présentée comme ayant commis le pêché originel, etc….

    Disons le très clairement cette légende trouve sa source dans le fait que l’église a toujours considérée les femmes comme des être inférieurs. Et qu’on vienne pas me dire le contraire car il n’y a pas d’égalité Femme/homme dans l’église.

    Dire la messe non, passer la serpillère dans l’église oui pour résumer.

    L’église catholique est un modèle de patriarcat et vu l’importance de l’église catholique dans l’histoire, elle est la cause des inégalités Femme/homme aujourd’hui dans le monde (les autres religions aussi d’ailleurs).

    Je pense que c’est ça qu’il aurait fallut mettre en valeur.

    • Délire habituelle de la gynocrate de service.
      L’Église est une organisation qui valorise les êtres considérés comme inférieurs dans la société, esclaves, femme, étrangers, etc. Dans l’Église, les femmes ont toujours eu un statut et une considération supérieure à celles que la société leur accordaient, et loin d’être une cause des inégalités femme/homme, elle n’en était que le reflet. Et c’est ainsi que ce sont les « progressistes » anticléricaux (vos frères, Adèle …) qui ont retardé le vote des femmes parce qu’ils voyaient la femme comme l’instrument de l’Église…

    • En quoi l’Islam est elle une religion plus favorable aux droits de la femme et même à la liberté individuelle que le Christianisme ? Si elle n’est pire, elle n’est pas meilleure.
      C’est le principe de la laïcité qui garantira que la liberté de culte des uns (aussi débile que soit ce culte ) ne menacera pas la liberté d’autrui.

      • Zegond degré?

      • le principe de laïcité est un principe chrétien (énoncé par le Christ lui-même : rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César, ce qui est à César).

        Il en est de même pour la notion de personne évoquée pour la première fois dans le mystère de Trinité : un seul Dieu en trois personnes.

    • J’observe ma femme, je me regarde et j’aperçois que ce qui dépasse chez l’un est absent chez l’autre.
      Tout compte fait, j’en suis bien content, et je ne voudrais surtout pas que ça change.
      Le phallocrate de service.

    • « inégalités Femme/homme »

      J’aime bien l’ordre et le F majuscule.

      Êtes vous vraiment pour l’égalité ou pour la suprématie de la femme ?

    • Chère Adèle, il serait bien de se cultiver avant de reproduire servilement la pensée superficielle. Aux premiers siècles de notre ère, les sociétés présentes, juive, romaine, grecque, égyptienne sont puissamment patriarcales (et avec des castes assez fermées). La plus puissante étant la romaine et étant particulièrement militarisée. Ce n’est donc pas très surprenant que les 12 apôtres soient des hommes. Par contre, ce qu’il ressort aussi des évangiles, c’est l’omniprésence des femmes autour du Christ et leur nombre probablement beaucoup plus important parmi les fidèles de la première heure. La place de la Vierge Marie et Marie-Magdelaine en témoigne. Ensuite, dans la diffusion du christianisme, on notera sa très grande rapidité auprès des femmes de toutes les classes sociales (puis vers leurs époux) et parmi les plus humbles (et notamment les esclaves), ce qui fera probablement son succès fulgurant (et oui religion de femmes principalement au début…). L’église permettra d’ailleurs de mettre à mal les systèmes castiques (permettant par exemple, les remariages des femmes chrétiennes des hautes castes avec des fidèles chrétiens de plus basse condition – ce qui était interdit par la bien séance romaine).
      Relire « le renoncement à la chair » de Peter Brown, 1988
      On notera aussi que l’espérance de vie au premier siècle à Rome était de 25 ans pour les femmes (lourd tribut payé aux accouchements) et 45 ans pour les hommes (bien que souvent soldats).

    • Certe, mais c’est toujours bon d’exposer les mensonges à la lumière.

    • Ah, le coquin, il redevient sérieux.

      « les chrétiens en général et les cathos en particulier ont été par le passé un problème pour les libertés individuelles »

      Quel problème ? ils les ont inventées ! Et puis, que les Français ne viennent pas pleurnicher, après avoir jeté leur tradition aux orties, qu’un pouvoir non désiré menace leurs illusions de pseudo liberté. La nature (humaine) ayant horreur du vide, on ne peut pas espérer une chose sans subir les conséquences qui en découlent. Pour ne pas avoir à les subir, il fallait y penser avant. Ceci dit, rien n’est écrit à l’avance et il n’est jamais trop tard. Une bête question de libre choix, de compromis acceptable…

      • Cette réponse est absolument excellente. Le « succès » somme toute relatif de l’Islam en France vient autre autres de l’abandon du christianisme par les français (pas forcement spontané d’ailleurs, je vous renvois à l’histoire de ces trois derniers siècles). Et si beaucoup s’accommodent très bien de ne pas avoir de foi, force est de constater que ça ne concerne pas tout le monde.

      • il y a de tout temps eu des dévoiements du Message pour servir des intérêts temporels et cela continue aujourd’hui.

        mais le Message passe quand même in fine (ce qui constitue en soi une Révélation).

      • Procès en sorcellerie tenus par des tribunaux laïques, pas par l’Eglise.

      • Lire les oeuvres de Robert Muchembled
        Le Roi et la Sorcière. L’Europe des bûchers, XVe-XVIIIe siècle, Paris, Desclée, 1993.
        Une histoire du diable, XIIe-XXe siècle, Paris, Seuil, 2000, rééd. Points-Seuil, 2002.
        où il met en relief un fait : les régions dans lesquelles les persécutions pour fait de sorcellerie ont été les plus nombreuses dessinent un arc qui va des Pays-Bas au nord de l’Italie. Autrement dit : 1/ des régions « coincées » entre la France et l’Empire (nord de la France actuelle, Lorraine, Franche-Comté) ; 2/ des régions qui suivent la frontière entre une Europe catholique et une Europe protestante et qui sont autant de marges à « tenir », dans un camp comme dans l’autre. résumé avec l’aide de « wikipedia »

    • Quelle rigolade 100% pur porc !

      Et quand je vois le nombre de ceux qui ont pris ça au premier degré ! je suis encore
      plié !

    • Ridicule : « …L’église catholique est un modèle de patriarcat… »

      Ben oui, c’est le seul système qui tient la route pour faire avancer le monde !

      Sinon, on serait encore dans les cavernes à pisser de peur…

      Quelle rigolade !

    • Jésus dit à sa mère :  » Que me veux-tu, femme ? Mon heure n’est pas encore arrivée.  »
      (Jean, II, 4)
      Cela ne doit pas vous plaire, ça, « Femme-Adèle » *.
      *Si vous êtes une femme

    • C’est une image , du second degré !!!

  • Si tu portais un regard aussi critique sur la femme que celui que tu fais pour l’église, je suis sûr que tu pourrais démontrer qu’elle est le grand oppresseur des femmes..

  • L’église catholique d’aujourd’hui (hormis les descendants des lefevristes) ne se mèle plus tellement de la question de la division des taches femme hommes, dans son catechisme officiel, il me semble.

    • Jusqu’à preuve du contraire, ce sont les femmes qui portent 9 mois l’enfant de l’homme et de la femme dans leur ventre… comme répartition des tâches, ça vous pose là : un homme est fait pour être père, une femme pour être mère.
      C’est étonnant que l’Église catholique soit obligée de rappeler cette évidence et qu’elle soit surtout si seule à la tenir comme vraie.

      • Je pensais davantage aux roles professionnels, politiques ou éducatifs. Je ceois que l’eglisecatholique d’aujourd’hui ne dit pas grand chose a ce sujet.

  • Jean-Baptiste Noé ne parle d’âme que dans le rapport homme/femme, çàd à l’intérieur du genre humain.

    St Thomas d’Aquin, au XIIIème s. (mis au rencart en fait, voire en Droit, par Vatican II — je pourrais démontrer cela, jusques et y compris par les écrits de Benoît XVI) reprend la définition de l’âme par Aristote: « principe de vie d’un corps organisé ». Le moindre brin d’herbe a donc une âme aux yeux de l’Église catholique.

    La question se poserait donc aujourd’hui sous la forme: « La femme a-t-elle une âme HUMAINE »?

    Quant à ce Concile de Mâcon (585 semble-t-il), il aurait des excuses philosophiques: L’Église n’a fait sienne la doctrine de St Thomas que plus tard; elle était plutôt Platonicienne et Augustinienne à l’époque de ce Concile.
    Mais aucune excuse théologique (v. La Genèse, le Baptême des femmes etc…)

  • On pourrait rappeler de quoi on parle à chaque fois qu’on dit égalité homme femme? Cette façon de lancer des débats sur une ambiguïté est lassante et semble juste être le préalable à un mouvement de rejet qui viendra par la suite.. »quoi tu dis que les hommes et les femmes sont inégaux…je ne t’écoute plus »…USANT ou vallautbelkacemique…

  • Les commentaires sont fermés.

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