L’éternelle question de la planche à billets

Faut-il ou non faire marcher la planche à billets pour relancer l’économie ?

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Planche à billets (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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L’éternelle question de la planche à billets

Publié le 23 juillet 2014
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Par Vladimir Vodarevski

img Le Honzec-planche à billetsLa naissance de la science économique est arbitrairement fixée en 1776, année de parution de l’ouvrage Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations d’Adam Smith. Pourtant, depuis lors, le débat reste le même : faut-il ou non faire marcher la planche à billets pour relancer l’économie ?

Les économistes ont d’abord combattu cette idée. C’est ainsi que Jean-Baptiste Say a écrit son célèbre chapitre « Des débouchés », dans ses Principes d’économie politique, où il explique que les produits s’échangent contre des produits, et que ce n’est pas le manque de monnaie qui provoque de mauvaises affaires chez les commerçants. James Mill et bien d’autres démontreront la même chose.

Mais les politiciens ont toujours souhaité des formules magiques, qui promettent le beurre et l’argent du beurre, comme Ludwig von Mises l’écrit dans L’action humaine, en des termes plus châtiés, je le reconnais.

Aujourd’hui ne fait pas exception à la règle. Alors que la planche à billets n’a jamais autant fonctionné en temps de paix, les gouvernements en réclament encore. Alors que les faits montrent que les économies les plus flexibles, les plus aptes à se restructurer, s’en sortent mieux, c’est toujours plus de création monétaire qui est réclamée. Alors même que durant les trente glorieuses le monde a connu une croissance sans création monétaire excessive. Alors même que les relances face à la crise des années 1970 ont échoué.

Rien n’y fait, encore et toujours la création monétaire est plébiscitée pour relancer l’économie. Les faits contredisent cette idée, qui n’est même pas démontrée théoriquement. Il faut reconnaître à Keynes, à ce sujet, une merveilleuse figure de rhétorique, par laquelle il s’est dispensé de démontrer ses dires.

Keynes écrit que les économistes qui l’ont précédé considéraient qu’il ne pouvait pas y avoir de crise, car, selon eux, l’offre crée sa propre demande. L’argent dépensé en investissements et salaires permettant de générer une demande pour les produits fabriqués.

Sauf que c’est faux. Les économistes, avant Keynes, envisageaient les crises, et ils n’ont jamais prétendu que l’offre créait sa propre demande.

Cependant, la version de Keynes s’est imposée. Version selon laquelle l’argent dépensé, en investissements et salaires, crée une demande, selon les économistes classiques et néoclassiques. Ce qui dispense Keynes de démontrer cette relation. Il peut alors, tout simplement, écrire qu’il faut amorcer la pompe, par la dépense publique, sans démontrer pourquoi la dépense créerait de la croissance. Du très grand art, il faut le reconnaître.

Aujourd’hui, Keynes sert de justification théorique aux appels à une relance par la création monétaire, qui ne donne pas de résultat. En fait, l’idée que la création monétaire crée de la croissance sert les politiciens avides de pouvoir. Elle leur offre un moyen miraculeux, sans aucun effort, de relancer l’économie. Le keynésianisme fait ainsi le lit du populisme.


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  • keynes ,c’est tourner en rond ,s’enfoncer, et dans l’état actuel des finances ,refiler les remboursements de
    nos dettes ,a nos petits enfants . ils vont penser que nous étions de drôles d’enc…r et ils auront raison.

  • Très confus cet article. La monnaie n’est pas neutre, sa quantité impacte grandement l’économie et la croissance. Pendant les 30 glorieuses la masse monétaire n’augmentait pas moins vite que maintenant.

    • Complètement faux. Si la masse monétaire est multipliée par 1000, et distribuée aux acteurs à proportion de ce qu’ils possèdent pour éviter les distorsions, le seul effet serait de multiplier instantanément tous les prix par 1000, sans aucun impact sur l’économie.

  • Il est regrettable de ne pas avoir précisé cet argument en quelques phrases ou avec un lien : « l’offre crée sa propre demande (…) sauf que c’est faux. »

  • Pas très bon comme article.
    Peu importe comment la « relance » est financée : à crédit, par déficit budgétaire, par des impôts en plus, des ventes d’actifs préexistant, ou par la planche à billet. Ce qui compte c’est de savoir si c’est une vraie relance, ou de l’esbrouffe qui ressemble à de la relance.
    Une relance véritable c’est une politique qui crée de véritables actifs, avec une valeur supérieure à la dépense et une rentabilité réelle. Les centrales nucléaires et le TGV Paris-Lyon de la France de Giscard, les barrages hydro et le réseau routier du New Deal, c’est de la relance, profitable encore aujourd’hui.
    Bref, une véritable relance c’est juste une application de la loi de Say : pour que le secteur privé trouve un débouché et produise plus, je lui offre des biens publics nouveaux avec une véritable valeur ajoutée, sous forme d’une électricité ou de possibilité de transporte meilleur marché qu’avant.

    Mais les politicien n’ont pas besoin de la véritable relance. Ce qu’ils veulent, ce sont simplement les signe de la relance , et le plus simple des signes c’est une grosse dépense, dans un gros bidule qui se voit et qu’on peut facilement faire passer pour utile, ou mieux encore dans des emplois visibles qui leur attacheront des électeurs reconnaissant de leur avoir procurer une sinécure. Et comme ce sont des machins qui coutent plus qu’ils ne produisent, qui détruisent le la valeur, la loi de Say s’applique encore, mais dans l’autre sens, et le secteur privé se rabougri, et la dépression s’aggrave.
    Et c’est un ainsi que le mot relance a été détourné de son sens. Avec la complicité des statisticiens officiels, qui ont conçu la convention stupide que la dépense publique avait une valeur égale à la dépense, alors qu’ils sont parfaitement capables de faire une évaluation correcte.

    • Même un investissement dans l’énergie, l’éducation ou les infrastructures peut être mauvais.
      C’est pourquoi il vaut mieux que l’État s’en abstienne.
      Surtout dans la précipitation d’une récession.
      Dans tous ces domaines, le privé est incomparablement meilleur.

      Je ne crois pas aux relances par la dépense publique.
      L’argent a pour fonction d’informer sur les réalités économiques.
      Le manipuler ne fait que nuire à cette fonction essentielle et donc à la prospérité.
      L’endettement se paie toujours à terme par plus de travail ou une désillusion.

      • le privé n’est pas forcement « meilleur », mais il offre plus de choix et les investisseurs au contraire des politiques sont intéressés au succès… si ça ne prouve pas que le privé est meilleur, ça le donne à penser fortement

        • Il y a d’autres raisons:
          – L’information est diffuse et le pouvoir doit l’être aussi: C’est le rôle du marché (de l’argent)
          – L’économie n’est pas prévisible, ni l’innovation; l’administration est faite pour gérer ce qui est prévisible.

      • Oui, évidemment, une action privée est meilleure. Ce n’est pas pour autant que l’action des pouvoir publics est nécessairement mauvaise, et dans certains cas ce sont les seuls qui peuvent agir (les barrages et les axes de transports sont de facto impossible à construire sans usage de la force pour passer sur les terrains d’opposants). Dès lors, la question n’est pas « public ou privé ? », elle est « quand et dans quelles conditions les pouvoirs publics peuvent investir ? »

  • Les BC keynésiennes, au mépris des principes fondamentaux du monétarisme, peuvent imprimer ce qu’elles veulent, elles seront impuissantes à traiter le fond du problème, pour la bonne raison qu’elles en sont responsables. Tôt ou tard, il faudra apurer les mauvais investissements. Pour la route, un petit article édifiant :

    http://www.moneynews.com/Economy/US-Contrarian-Case-Recession/2014/07/22/id/584265/

    « The recession for the rest of the world will be worse than the last one. »
    « Worrisome signs are already out there. »
    « People no longer know what’s prudent. »
    « As China tries to contain the fallout from a deflating real estate bubble, India grows at its slowest pace in a quarter century, Brazil teeters on recession and Russia may have already sunk into one, the timing is awful. »

  • La création monétaire empêche l’argent de remplir sa fonction d’information.
    On s’enrichit non d’avoir investi pertinemment, mais d’être proche du robinet.
    Les État canalisent toutes les ressources, la création monétaire est d’abord à leur service.
    La planification supplante le marché, on additionne la dépense publique au PIB marchand.

    C’est la spirale, la dépression économique, et sans doute des guerres, extérieures ou civiles.
    La confusion entre argent et richesse mène toujours au désastre.
    http://bastiat.org/fr/maudit_argent.html

  • Sur Keynes, voici un extrait d’une interview de Hayek

    HAYEK: Well,I knew him very well. I made his acquaintance even before I had come to England, in ’28, at the meeting of the Trade Cycle Research Institute. There we had our first difference on economics–on the rate of interest, characteristically—and he had a habit of going like a steamroller over a young man who opposed him. But if you stood up against him, he respected you for the rest of your life. We remained, although we differed in economics, friends till the end. In fact, I owe it to him that I spent the war years at King’s College, Cambridge. He got me rooms there. And we talked on a great many things, but we had learned to avoid economics.
    ROSTEN: You avoided economics?
    HAYEK: Avoided economics.
    ROSTEN: But you took on [The] General Theory [of Employment,
    Interest and Money],didn’t you, the moment that it appeared?
    HAYEK: No, I didn’t; I had spent a great deal of time reviewing his [A] Treatise on Money, and what prevented me from returning to the charge is that when I published the second part of my very long examination of that book, his response was, « Oh, I no longer believe in all this. »
    ROSTEN: He said so?
    HAYEK: Yes. [laughter]
    ROSTEN: How much later was this?
    HAYEK: That was ’32, and the Treatise came out in ’30.
    He was already then on the lines towards The General Theory, and he still had not replied to my first part when six months later the second part came out. He just said,
    « Never mind, I no longer believe in this. » That’s very discouraging for a young man who has spent a year criticizing a major work. I rather expected that when he thought out The General Theory, he would again change his mind in another year or two; so I thought it wasn’t worthwhile investing as much work, and of course that became the frightfully important book. That’s one of the things for which I reproach myself, because I’m quite convinced I could have pointed out the mistakes of that book at that time.
    ROSTEN: Well, did you seriously think that he would say, « Oh, I no longer believe in the tradeoff between unemployment »and so forth?
    HAYEK: I am sure he would have modified.
    ROSTEN: You think he did change?
    HAYEK: He would have modified his ideas. And in fact, my last experience with him–I saw him last six weeks before his death; that was after the war—I asked him whether he wasn’t alarmed about what his pupils did with his ideas in a time when inflation was already the main danger. His answer was, « Oh, never mind, my ideas were frightfully important in the Depression of the 1930s, but you can trust me: if they ever become a danger, I’m going to turn public opinion around like this. » But six weeks later he was dead and couldn’t do it. I am convinced Keynes would have become one of the great fighters against inflation.
    ROSTEN: Do you think he could have done it?
    HAYEK: Oh, yes. He wouldn’t have had the slightest hesitation. The only thing I blame him for is that what he knew was a pamphlet for the time, to counteract the deflationary tendencies in the 1930s, he called a general theory. It was not a general theory. It was really a pamphlet for the situation at a particular time. This was partly, I would say, due to the influence of some of his very doctrinaire disciples, who pushed him– There’s a recent essay by Joan Robinson, one of his disciples, in which she quite frankly says they sometimes had great difficulty in making Maynard see the implications of his theory. [laughter]

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