Vers la liberté, 5/5 : « Une course contre la montre ? »

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Que ce soit parce que la liberté a conquis les esprits ou parce que les citoyens se révoltent dans une situation économique et sociale dont ils tiennent l’État pour responsable, il est probable que les États aient bientôt à faire face aux citoyens. Pour de bonnes raisons cette fois ; les États sont responsables des privations de liberté et de la crise économique à venir. Mais il faut faire en sorte que les citoyens comprennent l’intérêt et la légitimité de la liberté et ne soient pas pris au dépourvu par des États prêts à tout pour se maintenir en place.

La quête de liberté a déjà commencé, ou n’est jamais vraiment morte ; les Américains se montrent de plus en plus prompts à défendre leur Constitution, leurs droits ou leur souveraineté contre un gouvernement fédéral gourmand. Aux États-Unis, les libertariens ont une existence politique et leur emblème devient un véritable étendard auquel se rallient de plus en plus d’Américains. Le patriotisme n’est plus seulement un soutien en toutes circonstances de l’État ; de plus en plus d’Américains offrent leur allégeance à l’esprit des Pères Fondateurs de leur nation plus qu’à leur successeur.

Mais le gouvernement américain se dote d’outils pour lutter contre toute insurrection potentielle ; la légitimité théorique libertarienne est plus rationnelle mais moins meurtrière qu’une balle. Les véhicules blindés se multiplient sur le territoire américain, les forces de maintien de l’ordre sur le territoire américain se dotent d’un arsenal inouï qui inquiète de nombreux citoyens : quel État s’attendrait à assez de colère de la part des citoyens pour avoir besoin de transformer sa police en armée ?

Il est difficile de savoir si le gouvernement anticipe des évènements et de quelle nature. Mais la surveillance des citoyens s’intensifie, ainsi que le contrôle de l’information. Et l’arsenal judiciaire se renforce lui aussi, permettant désormais les frappes de drones sur des américains. Le renforcement des moyens dont disposent les États pour assurer la sécurité des personnes est inquiétant s’il devient un moyen pour l’État d’assurer sa sécurité contre des citoyens américains.

Avec la crise majeure qui se prépare et qui arrive tranquillement, beaucoup de repères seront effacés, la colère et les frustrations seront grandes et génèreront une vraie force de changement. Nos dirigeants ont sans doute des plans pour lesquels notre obéissance est requise, mais nous pouvons reprendre notre souveraineté citoyenne. Il le faut, d’ailleurs, pour que nous puissions espérer vivre un jour dans une société libre.

La crise qui vient, intentionnelle ou non, marquera un tournant dans l’histoire de la liberté et du pouvoir. La course contre la montre a déjà commencé ; il faut diffuser la liberté et se protéger contre les abus du pouvoir avant qu’il ne soit trop tard. Les gouvernements des pays développés redoublent d’efforts pour étendre et intensifier leur surveillance des citoyens et développer leur arsenal de maintien de l’ordre, alors même que la situation économique est celle d’une veille plus que d’un lendemain de crise. Si nous voulons lutter, nous devons user de raison et de dialogue pour faire de nos compatriotes des citoyens. Partageons la liberté comme si notre vie en dépendait, car c’est le cas. Coupons les fils qui font de nous des marionnettes de l’État et tissons les liens qui feront de nous les gardiens et garants de notre liberté. Difficile de dire s’il s’agira d’un sprint ou d’un marathon ; mais les défenseurs de la liberté devront à n’en pas douter jeter toutes leurs forces dans la bataille. Ceux qui dépendent du pouvoir ou dont le pouvoir dépend n’hésiteront pas. Nous naissons libres ; construisons la société qui nous permettra de l’être toujours.