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Immobilier et expulsions

Publié le 1 juillet 2014
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L’immobilier en France, c’est tout un poème. La pierre est, dans ce pays, un véritable concentré de passions diverses, parfaitement illustré dans le proverbial « Quand le bâtiment va, tout va », qui fait que lorsque le bâtiment, justement, ne va pas, les crispations font vite place à des empoignades vigoureuses, ce qui, en politique, se traduit par des agitations frénétiques généralement assez contre-productives.

C’est assez logique, du reste, tant l’habitation principale constitue en réalité la façon la plus utilisée pour épargner de l’argent pour ses vieux jours. D’autant que fiscalement, les politiciens ayant compris la nature chatouilleuse de l’électeur à ce sujet, le secteur immobilier fait toujours l’objet d’attentions particulières : on tabasse de taxes tout en dosant précisément pour éviter la révolte.

Cependant, à mesure que le maquis fiscal s’est fait plus dense autour de l’immobilier, que les décrets, lois et règlements se sont faits plus complexes à tous les niveaux administratifs (de la commune à l’Etat), les gouvernants se sont trouvés confrontés à des phénomènes d’ampleur croissante. En clair, les prix de l’immobilier français sont maintenant dangereusement élevés.

friggit-juin-2014-paris-province

Constatant cela, les politiciens se sont donc empressés de mettre en place des mesures afin de calmer ce qui peut s’apparenter à une grosse bulle, et tout faire en sorte qu’elle se résorbe sagement et … Ah non, en fait, ils ont lâché Duflot au milieu du parc immobilier, armée d’un jerrican, d’une allumette et de 8000 tonnes de kérosène. Logiquement, quelques mois plus tard, l’offre de logements vient à manquer cruellement.

La construction marque maintenant clairement le pas, et oblige tous les acteurs du secteur à regarder de très très bas l’objectif (risible) de 500.000 logements annuels. Le gouvernement s’est acharné à pondre une grande loi sur le logement alors qu’il est intellectuellement à la rue. Fatalement, ça ne pouvait pas donner grand chose de bien. À force, le marché est bloqué avec d’un côté les acheteurs qui attendent, et de l’autre, les vendeurs qui hésitent à baisser leurs prix.

cecile duflot se prend les pieds dans le grand paris

Pourtant, sans la myriade d’interventions maladroites des gouvernements passés et présents, nul doute que des situations actuellement rocambolesques trouveraient une résolution simple ou rapide (ou les deux).

En effet, une bonne partie du prix élevé des logements provient des contraintes légales qui pèsent sur la construction ou l’entretien de l’immobilier. À ces contraintes s’ajoutent celles des plans d’urbanisme, qui permettent de créer des zones habitables (ou non) sur simple volonté du maire. Enfin, les récentes (mais nombreuses) incitations (voire obligations) gouvernementales à prendre les transports en commun, au détriment des axes routiers, ont favorisé l’émergence d’un immobilier à proximité des gares, en nombre inévitablement limité, ce qui concentre l’habitat et le rend mécaniquement plus cher, les gens ne voulant pas être trop loin de leur lieu de travail. Très concrètement, cela se traduit d’ailleurs par des temps de trajets importants, une fatigue plus grande, et des coûts tant collectifs dans les transports en commun qu’indivuels dans les voitures.

well done old chapAutrement dit, l’État a massivement investi, s’est lourdement endetté, a énormément subventionné, favorisé et dépensé l’argent des autres pour faire grimper et maintenir haut des prix immobiliers que ces mêmes contribuables ont maintenant du mal à atteindre avec leurs salaires qui s’amenuisent, impôts et taxes obligent. Bref, grâce à l’État et nos petits amis du gouvernement, c’est un foirage total.

Mais il n’y a aucun doute : il existe une vraie demande solide pour plus de logements, ou des logements plus adaptés, plus proches, ou tout simplement moins chers que ceux qui sont actuellement sur le marché.

Au point que certain(e)s prennent d’office des lieux inoccupés, s’installent et squattent sans vergogne. Ce qui provoque quelques problèmes lorsqu’il faut ensuite les expulser.

Cependant, là où un particulier aura bien du mal à virer un gentil (forcément gentil) squatter de chez lui, lorsque le propriétaire est un gros syndicat comme l’Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne (SIAAP), cela va plus vite et la justice perd moins de temps.

Et lorsque les squatters sont les Femens, cela nous prend une tournure particulièrement croustillante, notamment lorsqu’on apprend que depuis leur installation sauvage début novembre, les péronnelles ont grillé pour 7400€ d’électricité, soit plus de 900 euros d’énergie par mois.

Manifestement, nos féministes ne sont pas trop éco-conscientes et je pense qu’il serait de bon ton, histoire de les sensibiliser un peu à la cause réchauffiste, de leur envoyer une facture-carbone un peu salée. Il faut qu’elles comprennent une bonne fois pour toutes qu’on ne peut plus lutter contre le patriarcat machiste aliénateur sans tenir compte de Gaïa, notre mère nourricière à tous, et faire en conséquence de beaux efforts écologiques. Voilà qui, en plus, ravira Duflot, doublement impliquée puisqu’autant dans le logement que profondément dans Gaïa.

Pour faire bonne mesure devant cette terrible expulsion qui met à ce point en exergue le besoin de logement des Parisiens, les Femens ont déjà réfléchi à une paire de solutions. La première consisterait à violer leur propre cohérence en réclamant le droit d’asile d’une église, lieu où les militantes se sont déjà illustrées autrement que par leur respect et leur ouverture d’esprit. On imagine aussi la joie, le calme et la pondération qui accueilleraient la réquisition d’une église par les forces de l’ordre si jamais elles devaient se reloger ainsi.

À cette solution aussi provocatrice qu’impraticable, elles ajoutent la possibilité d’aller squatter chez Anne Hidalgo. Enfin, bien malheureusement, non pas directement chez elle, ce qui mettrait certainement du piquant dans une vie qu’on imagine fort bien rangée, mais plutôt dans les locaux de la Mairie de Paris dont elle a la responsabilité. Après tout, comme le fait remarquer Inna Shevchenko, cheftaine de la phalange française des Femen,

« La maire Anne Hidalgo nous avait déjà démontré son soutien quand nos locaux avaient brûlé en juillet 2013. On lui lance un appel, peut-être qu’elle nous entendra… »

Ceci me semble une excellente idée : qu’un groupuscule d’hystériques exhibitionnistes anti-cléricales compulsives soient officiellement hébergées par la Maire de Paris, en son sein, voilà qui donne enfin une excellente publicité aux subventions des associations auxquelles abonde largement cette Mairie et dont on peut être sûr que les contribuables apprécieront la saine gestion.

hidalgo maitrise la mairie

Et puis, quel bonheur de savoir que les Parisiens ont enfin un exemple concret de ce que la Mairie peut faire pour les reloger, tous ! Elle avait déjà prouvé qu’elle savait prendre soin de ses élus en les plaçant dans de commodes HLM. Elle montre ici qu’elle peut aller plus loin encore.

On le voit : l’immobilier, en France, c’est vraiment tout un poème, complexe, aux multiples branchements et aux subtilités infinies que de nombreux législateurs et d’abondants politiciens se sont ingéniés à construire pour aider leurs ouailles, c’est à la fois un problème bigrement étatique et des solutions sympathiquement interventionnistes.

Décidément, c’est fou ce qu’on peut faire avec l’argent des autres !
—-
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  • L’immobilier est très mal géré politiquement mais fiscalement c’est l’autre vache à lait avec l’automobile. Un ami fiscalise m’a dit qu’une trentaine de taxes (à confirmer) étaient perçues. A l’achat, pour l’entretien, à la vente, TVA, impôts divers etc…Pour un abri de jardin basique de 17m2 au fin fond de la cambrousse, la taxe « régionale » due est de 142€, cela n’incite pas à faire la déclaration « réglementaire ». Donc on incite les gens à frauder, ce qui est une autre solution quand il y en a ras le bol!!! Pendant ce temps le maire paie des chandeliers 60K€ pour l’église (qui depuis est fermée pour risque de vol…).

  • Pourquoi ne pas faire un sujet sur les difficultés des personnes à louer ? Difficulté de location qui entraîne une faible mobilité géographique des individus et qui empêche (par exemple les jeunes) à trouver un emploi dans une région différente de la sienne ? D’autant plus difficile quand papa et maman n’ont pas les moyens pour se porter garants. CDD ? Impossible de louer, CDI en période d’essai ? Impossible de louer, pas de garants ? Impossible de louer. Pourquoi ne pas parler des abus sidérants des propriétaires ? La structure de l’immobilier en France est l’une des causes du chômage.

    Le marché de l’immobilier français est a réformer complétement, en effet il faut permettre plus de facilités légales pour virer un locataire malhonnête.

    • En effet , a force de vouloir protèger des locataires peu scrupuleux,les propriétaires s’entourent de toutes les garanties possibles et le marché du locatif ne fonctionne pas du tous, Pourquoi un propriètaire congédierait il un locataire au bon comportement et qui paye correctement son loyer? Dans le système actuel, une fois de plus , l’immensité des gens honnêtes sont pénalisés par quelques irresponsables malhonnêtes; Aux états unis, au bout de quinze jours impayés,le sherif vient, accompagné de gros bras et les meubles sont sur le trottoir aussitôt, le propriétaire récupère son logement et peut le remettre en location, Mais ça c »est dans un pays dynamique, pas dans un pays communiste

      • C’est tout à fait exact que le marché de l’ immobilier locatif est bloqué parce que les proprios ne veulent pas prendre de risques d’impayés.
        Moi-même, je loue un logement 850 euros/ mois et j’ai une trouille énorme de tomber sur un locataire de mauvaise foi qui ne paye plus et continue d’y habiter, des mois et des mois, avant de pouvoir l’expulser.
        J’ai souscrit une assurance loyers impayés auprès d’un assureur anglo-saxon (ce sont les plus sérieux) mais qui a le droit de veto sur le postulant à la location.
        Avant de pouvoir trouver un locataire, l’assureur m’a refusé au moins une vingtaine de dossiers.
        Ils refusent systématiquement les CDD et les CDI avec moins d’un an d’ancienneté.

        • Normal quand on sait qu’il est impossible de récupérer son bien avant plusieurs années et que l’assurance sera obligée de payer les loyers pendant plusieurs années.

    • Les propriétaires ne font que répondre aux abus sidérants de l’état qui vient s’immiscer dans un contrat entre deux personnes libres et responsables en favorisant certains (les locataires) aux dépends des autres (les bailleurs).

  • Il y eu jadis un peuple de Paris, il en reste l’histoire et des chansons. C’est fini depuis que la spéculation l’a chassé. C’est un fait que les salaires de la classe moyenne ne peuvent concurrencer des investissements immobiliers étrangers. Habiter Paris est devenu un luxe.

    Les politiques publiques devraient en tenir compte et ne pas gaspiller l’argent public pour faire du logement social à Paris, trois fois plus cher qu’en banlieue toute proche. Ce n’est pas une aide mais une rente au logement qui est ainsi distribuée à certains chanceux. Il y a plus utile à faire de l’argent des parisiens.
    Rendre les municipalités (à Paris les arrondissements) fiscalement responsables et autonomes y aiderait.

    Au cours des siècles où la richesse venait de la terre, Paris a bénéficié via la gabelle d’investissements continus de la nation, en architecture et institutions du savoir. Aujourd’hui que la richesse vient du tourisme et du savoir, il serait normal que l’activité économique dans la capitale paye son écot aux investissements d’avenir en province qui concerne le savoir et son échange (universités privées, couverture haut débit internet)

    Mais Paris n’est pas la France, sur le logement voir l’excellent site d’Objectif Liberté http://www.objectifliberte.fr/logement/

  • Il faut cesser de répéter les litanies journalistiques : les normes augmentent les coûts, c’est certain, mais il faut aussi parler des Aides Personnalisées au Logement, si bien nommées, qui maintiennent encore davantage des prix élevés. Encore une autre forme de collectivisation.

    • Oui c’est vrai qu’on a furieusement tendance a ajuster les loyers en fonction de leur niveau.
      Je loue cher un T1 a Lyon, et en fixant le loyer ça ne m’a pas échappé.

  • Resumons: il suffirait de liberaliser totalement le marche immobilier pour que celui-ci se reajuste naturellement. Malheureusement, une telle situation engendrerait a la fois un boum des construstructions, une augmentation forte de la mobilite des locataire et une forte diminution des loyers comme des prix de vente.
    Les rentiers ayants investi dans des logements dont le loyer couvre la mensualite de l’emprunt risquent de ne plus percevoir le montant anterieur de loyer et au pire, risque de ne plus pouvoir rembourser!
    Sachant que de gauche a droitre, les ordures qui nous gouvernent sont incapable d’entreprendre, vous constaterez que leur declaration de patrimoine sont essentiellement constituer de bien locatif, il n’appartient qu’aux media « honnête » de denoncer l’evident conflit d’interet…
    Le liberalisme c’est aussi cela, preferer un systeme qui certe ruinerait les rentiers mais serait plus juste pour les plus
    Pauvres plus stable economiquement car corrélé a l’economie reelle et non aux biais des legislations toujours plus douteuses…

    • Un autre frein a la libéralisation :

      De qui la législation accroit-elle le pouvoir? De l’administrateur, son frère siamois. Passe droit, clientélisme, corruption, controle. + de législation => + de pouvoir, + d’opportunités pour lui.

      Lui demander le libéraliser, c’est comme lui demander de se couper les jambes.

      Peut être sait il que la situation générale s’améliorerait. Mais il sait aussi qu’il n’y en irait pas ainsi de la sienne.

    • Je ne vois pas ce que vous entendez par libéraliser le marché de l’immobilier et en quoi cela entrainerait une baisse massive des prix des logements neufs et des loyers du locatif.
      je craint que vous ne répétiez un leitmotiv « liberalisons l’immobilier » , sans comprendre que ça n’a aucun rapport avec le niveau élevé des transactions et de l’offre locative.
      De plus, vous évoquez, sans aucune, preuve une sorte de théorie du complot, accusant la classe politique d’avoir des rentes venant de patrimoines immobiliers importants et qui feraient en sorte de voter des lois taillées sur mesure, pour maintenir ces rentes de situation. pas très crédible.

      • Libéraliser le marché de l’immobilier ce n’est pas que supprimer les avantages accordés aux locataires face aux propriétaires. C’est aussi arrêter de soumettre les constructions à des normes qui font grimper les prix ou encore sortir de la situation où le maire peut décider ce qui est constructible ou pas, etc. Bref, faire en sorte que, surtout, l’état ne vienne pas fourrer son nez, là où il n’a rien à faire.
        La liberté permet tout. L’état entrave tout ce à quoi il touche.

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