Mémoires d’un maire

Face à « une administration toujours plus envahissante, des lois toujours plus contraignantes et des citoyens toujours plus exigeants », l’auteur conclut à la nécessité de simplifier les structures locales.

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Mémoires d'un maire (Crédits Hugues de Chivré, tous droits réservés)

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Mémoires d’un maire

Publié le 18 juin 2014
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Par Delphine Granier.
Un article de GenerationLibre.

memoires_mairePubliées en 2013, les Mémoires d’un maire relatent l’expérience politique de Jean-Jacques Descamps, libéral dans l’âme et maire de Loches pendant 19 ans, dont le troisième et dernier mandat s’est achevé en mars dernier. Commune française située dans le département d’Indre-et-Loire, Loches forme une agglomération d’environ 7 000 habitants. A travers le récit de la vie politique locale, l’auteur décrit les dysfonctionnements du système auxquels il a dû faire face et relate comment son expérience d’entrepreneur lui a permis de mener une politique ancrée dans la réalité. Nous reviendrons sur les points essentiels.

En France, le statut de la fonction publique est une sorte de « vache sacrée » auquel il est difficile de toucher. Loué pour la sécurité et la stabilité qu’il offre, on ses inconvénients sont souvent oubliés. L’encadrement strict des fonctionnaires, nuisible à une gestion efficace des ressources humaines, en est un. Soumis au système de rémunération et de promotion fixé par le statut, les fonctionnaires peuvent difficilement bénéficier de la qualité de leur travail ou de leur implication. Dans ses Mémoires, Jean-Jacques Descamps revient sur le principe des primes. Distribuées de façon quasi uniforme, « un tire-au-flanc peut gagner quasiment autant qu’un travailleur ». De plus, de par sa rigidité, le statut de la fonction publique est inadapté aux affaires courantes et engendre des coûts supplémentaires. Obtenus sur concours, les grades sont souvent sans rapport avec les fonctions auxquelles ils préparent et impliquent que les fonctionnaires suivent une formation complémentaire. De même, l’auteur fait le constat que les président(e)s successifs du Comité départemental du Tourisme qu’il a côtoyés avaient tous été choisis sur des critères politiques et non en fonction de leur expérience de ce secteur. Le mode de sélection va de ce fait à l’encontre de l’objectif d’efficacité.

Aujourd’hui, la complexité administrative territoriale nuit à la gestion publique locale. Face à la coexistence des communes et des communautés qui crée un enchevêtrement des compétences, l’auteur en appelle à un approfondissement de la démarche de regroupement des communes en créant une grande communauté de plein exercice, dotée de compétences permettant un champ d’action plus large. La mise en place d’une communauté du « Grand Lochois » permettrait à la commune de peser plus lourd politiquement et économiquement, et d’attirer les compétences dont elle a besoin.

Dans l’exercice de ses fonctions, le maire est confronté à un État bavard qui multiplie les réglementations. À Loches, en raison de sa situation géographique et de son patrimoine sauvegardé, les normes sont légion : plan de prévention des risques d’inondation, arrêtés de péril, plan de mise en valeur du secteur sauvegardé… autant d’obstacles administratifs qui, d’une part, impliquent systématiquement un interlocuteur différent ; d’autre part, illustrent l’omniprésence de l’État dans l’aménagement d’une ville comme Loches ; et enfin, restreignent le périmètre d’action en multipliant les obstacles et allongeant les délais. L’inflation législative, qui concerne la plupart des domaines de la vie communale, gêne les projets municipaux et éloigne l’investissement privé.

Ces dysfonctionnements énoncés, l’auteur préconise une présence de l’État « plus modeste mais plus efficace » en (i) rationalisant l’administration – des fonctionnaires d’un autre profil, un guichet unique pour les services de l’État – en (ii) privilégiant le recours au privé plutôt qu’aux subventions – recours accru à la délégation de service public et appel au mécénat et mise en place d’un fonds de dotation local pour rénover le patrimoine – et en (iii) favorisant l’incitation à la contrainte – expérimentation réussie d’un dispositif d’incitation financière pour rénover les façades du centre-ville de Loches.

Face à « une administration toujours plus envahissante, des lois toujours plus contraignantes et des citoyens toujours plus exigeants », l’auteur conclut à la nécessité de simplifier les structures locales. Un peu plus de liberté pour libérer les énergies et mieux servir l’intérêt général.

Sur le web.

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  • « et mieux servir l’intérêt général. »

    Mais comme l’intérêt général n’existe pas…

  • Les commentaires sont fermés.

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