M. Valls, sauvez la gauche de la mort

S’il veut sauver la gauche d’une mort annoncée, Manuel Valls doit prendre certaines mesures salutaires.

Par Charles Boyer

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Le premier ministre Manuel Valls a déclaré s’inquiéter que la gauche peut mourir.

Vu que son parti a attiré 5,2% des électeurs aux dernières élections en date, bien audacieux qui lui donnerait tort.

Dès lors, pourquoi continuer à répéter les erreurs des 33 dernières années ? Mêmes motifs, même punition, si vous continuez à augmenter les impôts, les taxes et les charges, la dépense publique, la dette publique, les règlementations jusqu’aux aspects les plus intimes de la vie des gens, si vous continuez à protéger les corporations les plus habiles ou les plus intimidantes, des notaires aux fonctionnaires et aux syndicats, en passant par les taxis et les pharmaciens et tant d’autres, si on continue de manipuler la monnaie tout en s’inféodant à des États supranationaux perçus comme dépourvus de légitimité, alors, quelle chance que les choses repartent ?

Et pourtant, une autre gauche est possible.

Car quels sont vos idéaux, et comment les servir au mieux ?

En premier vient l’idéal de justice sociale, c’est-à-dire que tout le monde soit traité pareil. Dès lors, supprimez le statut de fonctionnaire, supprimez tout financement aux syndicats autres que les cotisations de leurs adhérents, supprimez les protections aux corporations tels notaires, taxis et tant d’autres. Adoptez vraiment la justice.

Ensuite vient l’aspiration à l’ascension sociale. Or, sous ce prétexte, on a mis en place un système éducatif à planification centralisée, qui en fin de compte est devenu pire que tout pour reproduire les inégalité sociales. Rendez donc la responsabilité de la meilleure instruction possible aux familles, rendez l’autonomie aux établissements scolaires, rendez la liberté de choix aux parents, et vous atteindrez cet idéal plus assurément qu’avec une administration nationale géante, car la planification centralisée, partout où on l’adopte, donne toujours les mêmes résultats décevants, et qu’insister ne fait jamais qu’empirer les choses.

Et pourquoi pas, même si cet idéal s’est estompé ces derniers temps, l’idéal du travail ? Aujourd’hui un salarié moyen se voit prendre de force plus de la moitié des fruits de son travail avant même d’avoir touché son premier euro, et ce d’une façon sournoise qui n’inspire guère confiance, via l’artifice des charges prétendument « patronales ». Pis encore, il est souvent plus profitable de ne pas travailler que de le faire. Pourquoi ne pas libérer le travail de cet écrasant joug de taxes et de charges, et cesser d’exploiter ainsi les travailleurs ?

Quant à l’idéal de la protection sociale, on voit que quand on donne la liberté de choix aux gens dans ce domaine, ils sont 90% à ne pas opter pour la sécurité sociale. Pourquoi ? Parce qu’il y a des solutions bien moins chères, et donc bien plus accessibles aux pauvres, tout en offrant des prestations bien supérieures, c’est-à-dire une bien meilleure protection sociale. Dès lors, pourquoi ne pas accepter la fin du monopole de la protection sociale, et laisser aux gens la liberté de choix, sans les brimer ni les harceler s’ils l’exercent ?

Je pourrais continuer ainsi presqu’à l’infini, mais j’espère qu’il est déjà clair que la route suivie jusqu’ici, celle de l’obésité toujours plus morbide de l’État, et de son ingérence abusive dans tous les sens, loin de servir les idéaux de la gauche, est en train de les tuer. Et c’est ainsi, cher M. le premier ministre que, je vous le concède, la gauche se retrouve en danger de mort.

Mais il y a un autre idéal que certes la gauche ne peut en aucun cas avoir perdu de vue. Cet idéal, c’est la liberté. Et cet idéal là, M. Valls, avec tout le respect que je vous dois, dans tout ce que nous faisons depuis 33 ans, il est grandement oublié.

M. Valls, vous pouvez sauver la gauche, et jouer un rôle historique pour la France. Pour ce faire, redécouvrez une valeur étouffée, et pourtant la plus belle. Oubliez les mauvaises habitudes accumulées, et embrassez la liberté.

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