Les ordinateurs de GDF Suez ne travaillent pas le dimanche ?

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Vous pensiez que les sites Internet n’avaient pas de jours de fermeture ? Eh bien si !

Un billet d’humeur de Nicolas Nilsen.

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J’ai pris l’habitude de régler mes factures de gaz et d’électricité en allant sur le site internet de GDF Suez Dolce Vita… Généralement je le fais en semaine et ça marche parfaitement bien. Mais hier matin – dimanche – j’ai fait une expérience bizarre. Vous vous imaginez peut-être que, sous prétexte qu’on est sur internet, on a affaire à des ordinateurs, qu’on accède à des guichets numériques et qu’il n’y a donc pas « d’heures ouvrables » ? Eh bien non…

Hier matin, si j’ai pu rentrer les chiffres du gaz, je n’ai pas pu saisir ceux correspondant à ma consommation d’électricité. Pourquoi ? Parce que – et ils le disent en toutes lettres (voir l’image) – leurs « plages de disponibilité ne sont ouvertes que du lundi au samedi et de 7h à 23h »… Le repos dominical pour un ordinateur c’est sacré : les ordinateurs de GDF Suez ne travaillent donc pas le dimanche. L’internet français est vraiment formidable !

En fait ce qui me gêne le plus avec ces ordinateurs qui ne bossent pas le dimanche, c’est que je suis un farouche partisan de la démocratie digitale. Et si les ordinateurs du ministère de l’Intérieur sont comme ceux de GDF Suez et ne travaillent pas le dimanche (ou sont en congé ou en RTT ou en grève) on est mal…

C’est mal barré pour la « démocratie digitale »

img contrepoints354Les médias s’émerveillent quand ils montrent un député consulter un iPad dans l’hémicycle, ce qui est franchement pathétique alors qu’avec les nouvelles technologies, on pourrait, à tout instant, saisir Peuple souverain sur tous les sujets, et comptabiliser précisément l’expression de sa volonté

À la limite, on n’aurait même plus besoin de référendums au sens ancien du terme. On demanderait régulièrement au Peuple ce qu’il veut, comme les Suisses avec leurs votations populaires. Et les citoyens voteraient les lois en cochant des cases numériques. Aussi simple que ça. Et qu’on ne me dise pas que c’est difficile. Les ordres boursiers sont sécurisés depuis belle lurette et on m’expliquerait que les serveurs du Ministère de l’Intérieur ne pourraient pas être sécurisés ? Allons donc, mais de qui se moque t-on ?

Nous sommes au XXIe siècle depuis déjà 14 années ! On en est aux nanotechnologies, à la régénération cellulaire, la NASA envoie des fusées au-delà du système solaire, la NSA peut écouter des milliards de communications ciblées et gérer dans ses serveurs des milliards de métadonnées, la sonde Hubble cartographie les étoiles et nous envoie des images à très haute résolution des amas galactiques, les données du Big Data sont comptées en pétaoctets, on est à l’époque des robots, des drones, de Google Maps, des GPS…. et notre vie politique fonctionne encore sur mode du XIXe siècle !

Même à la Maison Blanche fonctionne un site de pétitions intitulé « We the People ». C’est déjà un début, car il est évidemment nécessaire de pouvoir lancer des pétitions populaires qui, ensuite, déboucheront sur un référendum si un nombre suffisant de demandes sont réunies. Mais ni Hollande ni Valls ni les autres de la Droite-la-plus-bête-du-monde n’imaginent évidemment cela possible en France tant ils ont peur du Peuple et de ce qu’il pourrait dire, demander ou exiger. J’ai honte pour mon pays qu’ils ne soient pas capables de propulser la démocratie française plus haut. Commémorer inlassablement la prise de la Bastille en 1789 c’est une chose. Inventer une démocratie française pour le XXIe siècle serait tout de même plus important que de s’occuper de taxer le tabac, les prostituées ou de modifier pour la 70e fois les rythmes scolaires. Allez j’arrête, ils me font honte. Vivement que des géants reviennent et que nains disparaissent…

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