Un périple autour du monde. Safety first

Deux frères partis sur les routes depuis deux ans, traversent les frontières, les villes et les campagnes à l’occasion d’un tour du monde à durée indéterminée, sans casques ni golden-parachutes. Récit.

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Sécurité

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Un périple autour du monde. Safety first

Publié le 2 juin 2014
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Parce qu’un con qui marche va toujours plus loin qu’un intellectuel assis, deux frères sont partis sur les routes depuis deux ans, traversent les frontières, les villes et les campagnes à l’occasion d’un tour du monde à durée indéterminée, sans casques ni golden-parachutes. Depuis deux ans en Australie désormais, ils livrent leurs impressions sur des expériences qui les ont marqués.

Aujourd’hui, leur regard s’arrête sur la culture de la sécurité.

Par Greg.

img contrepoints353Après bientôt 2 ans en Australie, il faut bien se rendre à l’évidence, ce pays n’a rien de Mad Max ou Crocodile Dundee. Pourtant largement adepte de la gonflette, de protéines et recouvert de tatouages, l’ouvrier est tous les matins sensibilisé infantilisé aux vilains risques mortels qu’il court à travailler sur un chantier de construction.

Remettons les choses dans leur contexte. Je travaille à Port Hedland, située à l’ouest de l’Australie. Cette ville est célèbre pour ses salaires à 5 chiffres, sa prédominance masculine, son soleil de plomb 365 jours par an, son humidité insupportable, le sable à perte de vue et son port exportant des centaines de millions de tonnes de minerai de fer chaque année.

Parmi les milliers d’entreprises officiant ici, les plus grosses sont bien connues pour honorer avec beaucoup de zèle les normes de sécurité mises en place par WorkSafe, un organisme étatique qui ne veut que votre bien. Voici un petit plongeon au cœur d’une journée de travail normale chez Tenix, les champions de la Safety.

Avant de mettre la main à la pâte, il vous faut deux choses :

  • votre White Card attestant que vous connaissez les risques de la construction (4 heures de powerpoint sur internet),
  • les Inductions des entreprises y travaillant. Identiques à la WhiteCard, elles prennent de 20 minutes à plusieurs jours.

6h15, un peu d’avance pour prendre un café, mais surtout passer à l’éthylotest. Plus de 0.0000mg/l et vous pouvez rentrer chez vous.

6h30 commence le Pre-start meeting où les travailleurs découvrent le programme de la journée. Rituel classique de n’importe quel chantier. Puis un OHS representative (Occupational health and safety), un Monsieur Sécurité donne le même speech que la veille à quelque mots près. Il expliquera les dangers inhérents à travailler sur un chantier de construction (machines, trous, etc.), les actions à entreprendre (éviter les machines, baliser les trous, etc), et les indispensables PPE (Personal protective equipment) que vous devez avoir avec vous à tout moment : chaussures coquées, pantalon à bandes réfléchissantes (c’est la journée, oui oui), chemise manches longues réfléchissante, gants, lunettes de protection, casque de chantier et une collerette autour de ce dernier pour vous protéger du soleil.  Vous voila bien équipé.

Sécurité

Pour finir notre M. Sécurité insistera longuement sur la température caniculaire du jour et sur votre hydratation. On est gentil et on boit son eau ok ? Sa dernière phrase résumera à elle seule la lobotomie qui vous est infligée : « Have a Good Safe Day ! ».

En général il y a toujours un second Mr Safety pour en rajouter une couche, qui nous rappellera par exemple que rouler à plus de 10km/h c’est pas bien, qu’on attend quelques camions de terre aujourd’hui et qu’il faut faire très attention à ne pas se faire écraser. C’est pour votre bien, au cas où vous ne  verriez pas arriver le road train vous foncer dessus à 10km/h avec ses 4 remorques. Si par malheur un incident s’est produit la veille sur un chantier, n’importe où ailleurs en Australie, les faits vous seront décrits avec un minutieux sadisme, vous pourriez être le prochain.

Pour éviter foulures et autres petits tracas du même acabit, tout le monde se met en cercle et s’étire lors d’une rapide séance d’échauffements obligatoire.

Il est 7 heures, mais comme aujourd’hui est lundi, pas question d’aller travailler sans avoir rempli les JSEA (Job Safety and Environnement Analysis). Les JSEA sont un moment récréatif avec tous vos collègues. Il consiste à remplir des formulaires d’analyse des risques pour chaque tâche. Si vous conduisez une pelle, vous remplirez un JSEA « Excavating » par exemple. À l’intérieur il vous faudra décrire chaque risque rencontré avec cette pelle, la gravité / occurence du risque, la manière de le maîtriser et la gravité / occurence du risque contrôlé. Un exemple ?

– Monter dans la pelle / Risque de glissade, chute / Modéré / Faire attention, PPE, 3 points de contact pour monter / Faible

C’est con n’est-ce pas ? Ce n’est que le début. Il faudra également ajouter « Faire le plein de carburant », « Creuser un trou », « Se déplacer », « Descendre de la machine », « Garer la machine », et j’en oublie. En général c’est 2 pages de copie à se taper pour chaque tâche. Si votre outil de travail est un râteau pour ratisser des feuilles, votre JSEA s’appellera « Manual handling ». Vous pensiez y réchapper ? Haha.

7h30, on peut maintenant travailler, mais avant tout il vous faut remplir un Take 5 (trad : Prenez 5 minutes). Il s’agit d’une petite fiche à remplir avant chaque travail pour prendre conscience des risques encourus. Ca semble redondant n’est-ce pas ? Il est là pour vous faire perdre 5 minutes et vous rappeler les dangers inhérents à la tâche que vous allez attaquer. Techniquement c’est la même chose qu’un JSEA en plus court. Tous les Take 5 sont collectés par M. Sécurité qui vous grondera si vous n’en avez pas rempli assez.

take5-600x460

8h, les ouvriers partent au travail, rassurés d’être encore sains et saufs. Les opérateurs de machine ont évidemment tous leur Ticket (un permis, comme un CACES) sur eux et ont au début du chantier passé un VOC (Verification Of Competency) au cas où ils auraient trouvé leur Ticket dans un Kinder surprise. Pour le bien être de tout le monde sur le gentil chantier, un nombre incroyable de jobs nécessite un Ticket, pas seulement les opérateurs. Vous pensez faire du Trafic Management (tenir un panneau Stop / Ralentir au bord de la route, poser des cônes et des panneaux) sans ticket ? Hors de question, et ça vous prendra 3 jours de formation. Entrer dans un espace confiné comme une cuve ou un gros tuyau (Confined Space Ticket), utiliser une torche au butane (Hot Work Permit), accrocher n’importe quoi avec des sangles (Dogman. 3 niveaux différents), travailler en hauteur (Working at Heights), utiliser un échafaudage (Scaffholding, 3 niveaux également) ? Impossible. Le graal de l’ouvrier est de posséder tous ses tickets après 1 mois dans un centre de formation et quelques milliers de dollars.

Vous travaillez avec entrain quand soudain c’est le drame. Un danger !  Une tranchée n’a pas été entourée de rubalise. Il n’y a pas de temps à perdre… il faut remplir une Hazard Card (Carte danger), décrire la nature du risque et l’action à entreprendre. Théoriquement vous êtes censé la faire signer par votre chef d’équipe mais le danger ne peut pas attendre, vous courez chercher de la rubalise, il y a des vies en jeu. Chaque danger, aussi minime soit-il, fait l’objet d’une hazard card que M. Sécurité aime collectionner sur son mur. À la fin du mois il récompensera l’auteur du plus grand nombre de cartes d’un Kinder bon d’achat de 50$. J’ai réparé un urinoir (enlever 4 vis, remettre 4 vis) avec une collègue récemment. Elle a été félicitée pour ce superbe travail et a gagné deux tablettes de chocolat. On n’est pas loin du Kinder n’est-ce pas ? Si vous non plus vous ne comprenez pas, bienvenue au club.

Revenons à nos moutons car vous devez maintenant couper un bout de béton. Malheureusement la scie à béton n’a pas été étiquetée. Or, chaque équipement doit être étiqueté, attestant de son bon fonctionnement et de sa sûreté. Le béton attendra.

De la même manière si vous devez utiliser un produit chimique comme de la colle PVC par exemple, il faut d’abord signer le MSDS (Material safety data sheet) qui lui est associé comprenant les instructions de manipulation et les risques de contact/inhalation/etc.

Le temps est couvert aujourd’hui, les lunettes de soleil sont trop sombres. Ne pensez pas les enlever nonchalamment au milieu de toute cette poussière. Allez vite chercher une paire non teintée.

Vous vous êtes trompé ce matin, votre pantalon n’a pas de bandes réfléchissantes ! « Mais m’sieur, il fait jour, on s’en fout un peu non ? ». Non ? Ah non en fait, il faut retourner à la maison vous changer.

La fin de semaine se clôture en général avec des bières un Toolbox Meeting de 30 minutes où l’accent sera mis sur un sujet particulier. Le dernier en date : la manœuvre arrière, les dangers de reculer avec une machine. Pour faire simple le message était « si vous présentez un danger à votre travail en reculant, vous l’êtes aussi à l’extérieur et un jour vous écraserez vos enfants ». Pour s’assurer d’une lobotomie bien réussie, la séance s’achève sur une vidéo d’accidents de chantier et d’enfants mutilés, le tout sur du James Blunt. Powerpoint et Windows movie maker sont des armes de destruction massive de cerveaux.

Finalement notre australien culturiste tatoué a l’air beaucoup moins méchant quand il lève la main pour participer à la réunion sécurité. Même les vieux qui viennent de régions reculées et qui ont connu les mines il y a 30 ans sont convertis au dieu Sécurité. Et si leur budget était serré, qu’ils devaient grappiller chaque dollar pour avoir un chantier bénéficiaire, gâcheraient-ils autant de temps à infantiliser les gens ?

>Le plus triste c’est que les chantiers ne font que refléter la mentalité du pays. La plupart des locaux ont fait 3 fois le tour de l’Australie en bus sur-équipé avec leur voiture attachée derrière et passent toutes leurs vacances à Bali dans le même resort car la nourriture est sûre, la chambre est propre et le menu écrit en anglais. La culture australienne « barbecue – bières – pêche » a bien survêcu, mais elle s’est empêtrée dans une épaisse couche de guimauve.

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  • Pas un mot sur ce que pensent les autres ouvriers de ce système.
    Pas un mot sur les résultats en terme de taux d’accident et de taux de gravité.
    Pas de comparaison avec ce qui se fait ailleurs dans le monde.

    Chambrer les mesures de sécurité, c’est facile.
    Ramasser à la pelle un gars qui s’est pris un chargement mal élingué sur la tronche, qui vient de perdre bêtement un oeil, ou qui est en train de crever d’une crise d’hyperthermie, c’est moins facile.

    • Effectivement contrepoint sombre dans la simplicité et commence a montrer ses limites cognitives
      Incapacité a traiter des sujets complexes
      Des postures de plus en plus radicale et stérile
      Et critique facile
      Finalement le nivellement ne se fait pas par le haut

      • Remettons les choses dans leur contexte, c’est un récit de voyage.

        Dans les petites et moyennes entreprises les normes de sécurité sont bien moins contraignantes et les ouvriers en sont très heureux. Si le salaire de ces grosses entreprises n’apportaient pas d’avantages, elles seraient bien en peine de remplir leurs effectifs. La Sécurité y est tellement exagérée que ça en devient stressant pour tout le monde, la peur de se faire saquer.

        Quand les ouvriers n’approuvent pas toutes ces normes, est-il normal de les garder… pour le bien commun ? Je pense que cette politique du 0 harm 0 injuries fait parti d’un plus grand mouvement d’infantilisation anxiogène de la société.

        Sur place on s’en facilement compte avec les panneaux « neighborhood watch » de partout vous encourageant à dénoncer vos voisins ».

        • « Quand les ouvriers n’approuvent pas toutes ces normes, est-il normal de les garder »

          Si l’employeur est, comme je le pense, légalement responsable de toutes les merdes qui peuvent arriver sur son chantier, il est parfaitement normal que les normes de sécurité (et d’enregistrement) restent en place, qu’on maintienne la vigilance des gens au plus au niveau, et que les gens non coopératifs/dangereux soient remerciés.

          Le problème, c’est de savoir si cette responsabilité totale de l’employeur est juste ou pas.
          Au passage, si on dit non, ça veut dire accepter de prendre toute la responsabilité en cas de merde avec du matériel qui ne vous appartient pas, dans une organisation que vous ne maitrisez pas. Il faut savoir ce qu’on veut.

        • D’ailleurs on peut se demander si ce genre de normes améliorent vraiment la sécurité. Déresponsabiliser et stresser les gens avec des alertes permanentes ce n’est pas forcément une bonne idée.

          Il y a une différence entre des règles de sécurité stricte sur un chantier (ce qui est très bien) et le climat de paranoïa permanente qui se dégage de cet article. Etre strict ce n’est pas être con.

    • On se calme Messieurs, c’est juste un temoignage, personne a dit que c’était une étude complète sur la sécurité dans le batiment en Australie. Prenez le pour ce que c’est: Un témoignage!

      • +1 tout à fait d accord avec Olivier R , ceci est un témoignage . Je le trouve d’ailleurs passionnant , bien loin de ce que j’aurais pensé de la société australienne. Il est donc inutile de sombrer dans la polémique.

  • La sécurité, c’est une chose très sérieuse non seulement par c’est la vôtre qui est en question mais aussi celles des autres.

    En font-ils trop en Australie ? Sans scepticisme, je crois en votre témoignage et ils en font des caisses comme on dit.

    Le problème de l’hygiène et de la sécurité sur le lieu de travail, de toutes ces situations qui peuvent nous mettre en danger ou les autres, c’est d’être assez prévenant, de faire passer le bon message, d’appeler les intervenants à être responsable et conscient des risques.
    Trop en faire, c’est infantiliser, immobiliser, entraver, mettre en place des procédures administratives idiotes.

    On peut faire le parallèle avec le tabac. A un moment, il a bien fallu communiquer, obligé par les autorités publiques, sur ses dangers. Ainsi tout le monde sait que fumer tue et qu’on a pas à imposer sa fumée aux autres. Mais aujourd’hui, il en font trop…

    L’hygiène et la sécurité dans tout les aspects de notre vie, publique, privée, au travail, c’est d’en faire assez mais pas trop.

  • Bon récit, une critique acerbe de notre société infantilisante, le dernier chapitre conclu admirablement le billet.

  • Il s’agit d’un témoignage qui informe autant sur son auteur que sur le mode de vie Australien. En quoi cela remet-il en cause l’intérêt de Contrepoints ? Si cet article aurait pu paraitre dans la presse mainstream, quantité d’informations ou d’analyses sont publiées sur ce site et nul part ailleurs.

  • Bonjour
    Je ne connais pas l’australie mais il y a dans les pays anglo-saxons l’habitude pour une entreprise de se couvrir en cas de pépin et de faire signer des formulaires à rallonge qui seront utilisés en cas de procès.

    • C’est vrai. Mais il y a dans ces grosses entreprises une surenchère énorme.

      Par exemple, dans le western australia, il n’est pas légalement obligatoire d’avoir un ticket (caces) pour conduire une machine. Pourtant ces entreprises demandent Ticket + VoC (verification of competencies). C’est une politique interne à l’entreprise. Tout comme il n’y aucune obligation de porter des bandes réfléchissantes sur ses habits…

      • Je parcours votre blog, il (me) serait intéressant de connaitre votre avis sur l’Italie. Vous n’avez pas fait le Sud apparemment ?

        • Bonjour Salamanque j ai fais une formation a Milan mais il y a environ 15 ans,travail subalterne,apprendre la soudure seulement(j esperer etre former sur differents postes helas non) et points de soudure seulement,il y avait ce mot « plus vite »repeter continuellement a nos oreilles,jusqu a mal executer la tache qui etait 2 fois moins rapide dans une autre entreprise,entreprise ou il m a bien sembler qu il y avait atelier..pas tres declarer:) ..et ou il y avait un senegalais fumeur de sticks!etonnant mais vrai c etait une periode de libertees sans doute..

          • Dom (rapport avec les auteurs ?), je n’ai aucune nostalgie, j’ai toujours regardé l’avenir avec envie et le progrès quel qu’en soit le domaine a toujours été synonyme de mieux, mais… force est de constater que nous étions plus libre, beaucoup plus libre, beaucoup moins conformistes (moi qui me plaignait de mon époque, ma jeunesse était moins rigide que maintenant) et surtout, moins préoccupés par le fait de gagner de l’argent, en fait j’en ai gagné (pas millionnaire, hein) mais en m’amusant, sans y penser car tout était possible. De nos jours tout est possible mais à la condition de bien rentrer dans le cadre.
            Je constate néanmoins qu’une partie la jeunesse semble se bouger, il y a des choses qui me plaisent, tel ce voyage et surtout l’esprit qui l’anime, et c’est bien connu, les voyages forment la jeunesse !

            • Non Salamanque je n ai aucun rapport avec Contrepoints..je consulte ses articles et parfois envoi un commentaire.
              J aime assez ce lieu je le vois comme une source d infos.
              L avenir semble sombre pour une partie de la jeunesse..
              Une reprise qui n aura jamais lieu quant a la possibilitee de trouver un emploi digne de ce nom.

      • Et en plus, ils aiment Audiard ces deux morveux !

        Tiens, pour la route :
        «  »- J’ai des envies d’voyages… L’Océanie, Bora-Bora, les vahinés… Tu connais ?
        – Pourquoi ? Tu veux m’emmener ?
        – On n’emmène pas des saucisses quand on va à Francfort.
        – Tu pourrais dire une rose quand on va sur la Loire… Question d’termes… »

        Merci les djeuns ! j’en ai la larme le yeux dis donc.

        • Hé oui sinon notre site ne s’appellerait pas ainsi 🙂

          Sinon pour l’Italie, nous y sommes passés très rapidement en stop et à vélo, à visiter des lieux touristiques assez classiques. C’est pas d’une grande originalité j’ai bien aimé Cinque Terre.

          Cette étape pour nous c’est surtout synonyme d’échauffement. Le premier pays étranger à vélo, premiers campings sauvage, etc. Des essais, un avant goût de ce qui nous attendait.

  • Ce qui me gêne dans cet article, c est cette posture tranchante anti-sécurité au nom d’une soit disant philosophie libertaire ( ou piposophie) ou on invoque de l infantilisation et de la mise sous tutelle tocquevillienne du peuple a tout bout de champ
    Je m estime libertarien mais j estime qu une compréhension plus profonde et une intégration transdisplinaire (souvent contreintuitive) de plusieurs champs est nécessaire pour appréhender la complexité

    Ici le sujet épineux de la liberté versus sécurité ( corporelle o combien importante) est balayé par une vision simpliste : la sécurité c est caca vaut mieux vivre dans le Larzac libre et sans société capitaliste debilisante
    Un pas de plus et on invoque le complot et le nouvel ordre mondial….

    Y a pas longtemps, un article similaire sur contrepoints, nous vendait la beauté de vivre dans une Afrique pauvre sans soins sans technologie sans science sans rien du tout, comme idéal de liberté perdu de nos sociétés occidentales

    Je travaille comme anesthésiste reanimateur
    Et ça m arrive de faire du SAMU et du dechocage, je vous invite a venir vivre ces moments de tragédies ou on ramasse DZ l écrasé, du brûlé et du coupé dans certaine usines ou AVP

    A force de piposopher autour de la liberté avec du story telling de salon et de proverbes grandiloquants, on oublie l essentiel et on se met dans une posture de masturabation intellectuelle

    La complexité a la française c est comme le débat sur les vaccins soit c est du scientisme sans recul soit c est une vison de complot pharmaceutique

    Ça promet

    • De et non pas DZ
      S il vous plait a quand une fonction correction sur les commentaires
      Merci

      • J ai rien contre le Larzac
        C est notre bush australien a nous

        • D ailleurs commencer l article par un
          « Parce qu’un con qui marche va toujours plus loin qu’un intellectuel assis » on dit long sur la simplicité de la réflexion et la pensée dichotomique bas de gamme a deux balles

          C est sur qu avec ce genre de proverbe tranchant, l humanité avancera bien

          C est fou cette volonté de cracher sur tout ce qui a fait la force et l avancement de l occident ( d ailleurs WASPS et non pas latin)
          Pour plaire au bobo ( et non pas a la ménagère) en mal de sens de la vie et qui trouve refuge dans la quatrième de couverture dans un livre de Tocqueville ou de la Boétie

          Alors monsieur l auteur
          Dites nous donc
          Vous qui sentez que la sécurité vous opprime :

          Alors vous attachez pas la ceinture de sécurité de vos enfants dans la voiture
          Quand vous voyager vous choisissez délibérément une compagnie aérienne poubelle
          Dites nous Mr l aventurier que faites vous comme sport : du wingsuit du basejump ?

          Ou plutôt écrire des articles sur MacBook air

          • « Parce qu’un con qui marche va toujours plus loin qu’un intellectuel assis »
            De toute façon, c’était la devise qu’ils annonçaient à leur départ de France…

            De toute façon, l’important, c’est la responsabilité. Il semble que le chantier d’une de nos cathédrales (Paris?) qui a duré plus de cents ans n’a connu aucun mort car l’accident à cette époque c’était la mort directe ou dans la misère…

          • Ce qui est sûr c’est que l’auto-dérision ne fait pas partie de votre palette. Le con qui marche c’est de l’humour, hein. Audiard. Taxi pour Tobrouk. Toussa. Excusez notre simplicité.

            C’est fou cette capacité à ne rien entraver. Alors pour résumer, notre sport à nous c’est le vélo autour du monde, les bus pourraves et les cales de bateaux. On prend parfois des risques, on en retire aucun fierté, mais on aime le faire.

            Alors oui, de notre point de vue, nous obliger à porter un casque sur le vélo en Australie ou remplir des papiers à ne plus en finir avant de travailler nous parait barge. Après avoir vu des mômes de 3 ans agiter des machettes plus grandes qu’eux ou 8 laotiens sur un même scooter, oui, on se marre bien de voir les gros costaux tatoués remplir 50 papiers avant de lever un marteau ou se laver les dents avec de l’eau en bouteille en Thailande. Oui je rigole de m’être fait reprocher de ne pas avoir rempli la fiche manual handling (qui sait d’ailleurs ce qui y est inscrit?) avant d’utiliser une scie, d’avoir enlever mon casque au milieu du désert parce que le vent n’arrêtait pas de le faire voler, d’avoir enlever mes lunettes de soleil à 6h30 du matin quand il fait à peine jour! Je rigole aussi de voir certains ouvriers ne plus savoir quoi faire quand on sort un peu des normes, ou voire d’en profiter pour tirer au flan parce que la tâche qu’ils exécutent depuis 10 ans n’est pas bien définie.

            Est-ce que demander un poil de bon sens et de responsabilité et moins de paperasserie dans ces situations a un quelconque lien avec les bobos? Dites nous donc monsieur à quel point ce que j’ai évoqué fait la force de l’occident et l’avancement de l’humanité?

            • Bonjour Greg, frère de l’auteur et con qui marche
              Yen a surtout qu’on pas d’humour. Bravo à vous et à vos périples.

    • Bonjour liberal think
      Je n’ai pas vu d’attaque contre la sécurité dans cette article mais plutôt la vision bureaucratique de la sécurité.
      C’est comme dans les avions les hôtesses de l’air font leur topo et tout le monde s’en fout.
      Il est une vrai question sur la gestion de la sécurité et de l’utilité des rapport d’incident.

      • Bonjour libéral think,
        C’est comme si on te faisait signer des papiers avant d’arriver au bloc, puis un questionnaire à remplir pour voir si tu connais bien tes produits, puis un test d’aptitude à rester vigilant 2 heures de suite, puis une douche avant de mettre tes vêtements stériles, puis des prélèvements après la douche stérile, puis test de procédure de l’anesthésie, puis … puis … puis … après 2 heures de procédure de tests, tu peux enfin dire bonjour à ton patient ! Il est clair que des procédures de sécurité existent déjà mais pas à ce niveau de délire ! C’est contre productif.
        PS je ramasse aussi : du coupé (surtout) de l’écrasé (un peu) et du brulé (parfois)… voir de l’infecté, d’une entreprise du coin pour qui c’est le délire inverse !

    • Le liberal qui recherche la perfection et la pureté partout et tout le temps, ça devient fatigant.
      c’est un temoignage, point barre. Il n’y a aucune leçon à tirer du choix du témoignage en lui-même. Aucune conclusion à tirer sur Contrepoints. Preuve que parfois, la masturbation intellectuelle, c’est celui qui le dit qui l’est….

  • J’ai travaillé 8 ans dans une entreprise où la sécurité était élevée au rang de vertu, voire de déesse. Réunions hebdomadaires, safety reports, trainings, exercices d’alerte, procédures, conférences à l’étranger, et tout le tsoin-tsoin. Ca ne se passait pas en Australie. Non. Ca se passait en Belgique… L’argument du CEO (américain) était simple : un mort coûte bien plus cher à la boite que tout le cirque « safety », tant en terme de frais dus à l’accident qu’en terme de réputation. Les usines du groupe (40 rien qu’en Europe) connaissaient le taux d’accident le plus faible d’Europe… Pourtant, l’activité était dangereuse, je peux vous l’assurer !

  • On ne protège pas la sécurité du travailleur mais la responsabilité de l’employeur. Si les controles sont bien ciblés et efficaces, on protège évidemment le travailleur. Si …

    Par exemple, tester l’alcoholémie est une mesure évidente. Mais teste-t’on le manque de sommeil ou les problèmes phychologiques personnels de l’ouvrier ? Ne peut-on mettre en place un test de concentration ?

    La paperasserie ne fait pas tout. Et avec l’habitude les ouvriers doivent remplir les formulaires les yeux fermés. N’oubliez pas non-plus comment des problèmes d’ergonomie ou de sur-confiance en soi ont provoqué les crash des A320. L’analyse des accidents passés présentée aux ouvriers est probablement la meilleure mesure du lot.

  • A lire certains commentaires, je me demande si ceux qui les ont écrits se souviennent de leur jeunesse, mais peut-être ne sont-ils pas partis à travers le monde, à l’aventure… d’autres critiquent Contrepoints, alors que justement ce site montre son libéralisme dans la pluralité des articles et dans la liberté qu’il nous donne à les commenter…

    Cet article n’a aucune prétention, c’est un récit de voyage fait par deux jeunes.
    Bonne continuation à eux !

    • Le titre de l’article aurait néanmoins pu préciser … Safety first in an Australian company » .
      Cette vision franco-centrée de tirer des généralités infondées est bien pénible malgré certains thèmes évoqués.

  • J’ai toujours lu vos papiers avec intérêt (ceux en Papouasie, excellents!) car ils donnent une vision originale des sociétés que vous rencontrez. Celui-ci est dans la ligne, avec, effectivement, ce contraste entre le gros costaud tatoué et ses pampers successifs. Cette recherche de la sécurité devait déjà être en germe dans » 1984″. Je reste personnellement accablé par les dispositions franco-européennes interdisant les feux de jardin et de campagne, bientôt de cheminée. Ceci dit, en lisant liberal think , je me demande si on ne devrait pas penser à faire remplir des formulaires adaptés pour assurer la sécurité des commentaires?

  • Pas pour aller pisser. Pas encore.
    Pour celui qui les lave, oui. Il remplit ses fiches comme les autres !

    • Il y a un facteur socilogique que vous n avez pas percu. Il faut du temps pour le conceptualiser.
      L obsession de la securite est historiquement liee a la « mate society ».

  • Les commentaires sont fermés.

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